Rokia Traoré - 10 juillet 2005 - Istres(13)-Les Estivales Je défie quiconque de ne pas tomber sous le charme de la belle Rokia lorsqu'elle est sur scène : quel charme, quelle voix, quelle bonté, quelle générosité, quel sourire, quelle simplicité, quel corps qui danse et vous hypnotise, là, comme ça, scotché !
Et puis la "bande" à Rokia est équipée d'instruments traditionnels, et comme ça joue là .../...
Je défie quiconque de ne pas tomber sous le charme de la belle Rokia lorsqu'elle est sur scène : quel charme, quelle voix, quelle bonté, quelle générosité, quel sourire, quelle simplicité, quel corps qui danse et vous hypnotise, là, comme ça, scotché !
Et puis la "bande" à Rokia est équipée d'instruments traditionnels, et comme ça joue là derrière, c'est impressionnant ! Des fous ! En plus de savoir faire de belles ballades, notre Malienne sait faire se lever les foules et nous emporte en 3 minutes dans une danse et une musique limite transe...
Du pur bonheur, à l'état brut. Courez la voir! Réagir à cette critique
Amadou et mariam + Rokia Traore + Tikken Jah Fakoly + Bernard Lavilliers (Printemps de Bourges 2005) - 21 avril 2005 - le Phénix - Bourges Le printemps revient et l'atmosphère bon enfant du festival de Bourges est toujours aussi agréable. Les concerts commencent à l'heure à Bourges, qu'on se le dise. Mais malheureusement le public attend toujours aussi longtemps pour pénétrer sous le chapiteau du Phénix.
AMADOU & MARIAM, toujours aussi souriants, débutent cette soirée aux couleurs .../...
Le printemps revient et l'atmosphère bon enfant du festival de Bourges est toujours aussi agréable. Les concerts commencent à l'heure à Bourges, qu'on se le dise. Mais malheureusement le public attend toujours aussi longtemps pour pénétrer sous le chapiteau du Phénix.
AMADOU & MARIAM, toujours aussi souriants, débutent cette soirée aux couleurs très africaines. On regarde si Manu Chao est à la guitare comme lors de leurs 3 concerts parisiens ; petite déception, mais les musiciens tiennent la route. L'ambiance monte très vite. On sent qu'ils sont de plus en plus populaires : ils le méritent, ce couple d'aveugles maliens est vraiment chaleureux et sincère dans ces textes. Le final est grandiose : "la Réalité" est applaudi de bout en bout. Malheureusement pas de rappel : on a l'impression qu'à Bourges il faut tenir la montre pour laisser le prochain artiste commencer à l'heure dite.
Le petit décor en forme de feuilles pour la chanteuse malienne est vite monté et voici l'envoûtante ROKIA TRAORE. Entourée d'instruments traditionnels : Balafon (grand xylophone), N’goni (petite guitare à 4 cordes), djembé etc… Même si elle chante en malien, l’émotion passe très vite.
Puis le public se resserre, pas mal de jeunes sont venu voir la voix de la rue de l’Afrique de l’ouest, le successeur d’Alpha Blondy : l’ivoirien TIKEN JAH FAKOLY. Entouré d’une petite formation de cuivres (saxo, trompette, trombone), le son très lourd balance rapidement le public. Il alterne quelques titres de son dernier album avec ses classiques : tous ces textes sont très revendicatifs : la dette africaine, la pauvreté, l’esclavage, la politique françafricaine, la dictature des présidents etc…. Il résume et dénonce toujours aussi parfaitement la situation catastrophique de l’Afrique de l’ouest et fait reprendre à la foule ses slogans : « Quitte le pouvoir ! Africa va mal ! ». Pour le final il interprète l’excellent « Y’en a marre » des présidents assassins, des aides détournées, des populations affamées…. Ca fait du bien d’entendre des textes engagés à la LKJ, bien loin des clichés du reggae roots habituel et d’un monde qui n’existe pas (Jah, Babylone, love, harmonie etc…). En plus, ce soir les chansons sont toutes en français : pour faire mieux passer son message ?
Enfin la salle se vide quelques peu ; le son change carrément : il devient très lisse pour accueillir la voix de BERNARD LAVILLIERS. Même si il introduit ses textes comme des invitations au voyage (c’est sympa), ses textes ressemblent à du Kerouac de bas étage.
Personnellement je remarque qu’il a toujours autant de certitudes lorsqu’il explique les genres de musique qu’il aborde : comme si il venait professer au public la vraie salsa, la vraie musique brésilienne. D’ailleurs pas mal de monde quitte le chapiteau ; à tel point qu’un gars de la sécurité à la sortie nous disait « Partez pas tous, le vieux y’ va se retrouver tout seul ! »
Deux regrets cependant. L’ordre de passage des artistes a été mal choisi : Rokia Traoré et Bernard Lavilliers (tête d’affiche !) auraient dû passer avant Amadou & Mariam et Tiken Jah Fakoly qui ont enflammé le public. Pas de duos entre les africains ce soir qui se connaissent pourtant bien : on a l’impression d’assister à des prestations pré formatées et sans improvisations.
Néanmoins le public est toujours aussi varié : de 7 à 77 ans, c’est ce qui fait le charme du printemps de Bourges.
Rokia Traoré - 24 octobre 2004 - Fiesta des Suds, MARSEILLE N'en jetez plus : ça suffit. C'est promis, on suivra la Fiesta des Suds jusqu'à sa dernière nuit, et on ne manquera aucun des rendez-vous qui nous attendent encore, par acquis de conscience, et curiosité personnelle. Mais d'ores et déjà, Rokia Traoré nous a offert notre compte de richesse et d'émotions, de bonheur et d'intensité. Plus tard, quand .../...
N’en jetez plus : ça suffit. C’est promis, on suivra la Fiesta des Suds jusqu’à sa dernière nuit, et on ne manquera aucun des rendez-vous qui nous attendent encore, par acquis de conscience, et curiosité personnelle. Mais d’ores et déjà, Rokia Traoré nous a offert notre compte de richesse et d’émotions, de bonheur et d’intensité. Plus tard, quand viendra l’heure de distribuer les récompenses et distinguer les moments forts de cette treizième édition, parions que la gazelle de Bamako raflera grandement la mise. Esquisse du discours que nous prononcerons alors.
Une fée tombée du Sahel
Elle chante. Vendredi 24 octobre, il est un peu plus de vingt-trois heures quand la princesse malienne monte sur la scène, et c’est aussitôt un tour de magie auquel a droit le public d’un Dock des Suds rempli à ras bord. Quand Rokia Traoré chante, ce ne sont pas des mots : c’est un vol d’oiseaux qui sort de sa bouche. Portés par des musiciens aux instruments séculaires, ils deviennent syllabes multicolores polies par le sable du désert ; entonnés, avec une diction parfaite, par une voix cristalline et sûre, ils se font sons aériens emplis des senteurs de l’Afrique, et c’est comme un soleil qui s’en vient soudain briller sur Marseille. Allô… Bamako ?
Elle parle. Parfois, entre deux airs, elle parle, et plutôt bien ; roulant de grands yeux intimidés, s’efforçant de transpercer les rais de lumière joliment disposés sur elle et ceux qui l’entourent, elle évoque sa joie sincère d’être ici, et le plaisir de jouer qui est le sien et celui de sa troupe. Sans prononcer une seule fois le mot « intermittent », sans prendre une fois de front l’accord du 26 juin, mais sans faiblir et sans baisser la tête non plus, elle remercie le public, qui lui permet, à elle, ses musiciens et à tant d’autres, d’être une artiste ; conquis, c’est une foule solidaire qui l’applaudit à tout rompre. Allô… Aillagon ?
Elle danse. Et elle se remet à chanter. Des chansons douces comme des ritournelles d’enfance, d’autres animées comme un orage d’été. Rythmes enlevés, tempos endiablés et sueur qui monte, tout ça bouge et donne irrésistiblement envie de bouger ; en bonne hôtesse de la soirée, c’est elle qui donne l’exemple. Lance deux bras ensorceleurs qui ondulent en cadence, balance un corps sensuel d’un côté puis de l’autre, tandis que sa longue jupe fendue s’ouvre sur deux jambes interminables et des pieds nus qui martèlent le sol à mesure que la température s’élève. « Glurps ! », fait alors la gorge des spectateurs mâles. Allô… Docteur ?
Elle sourit. Mais plus que cela (si c’est possible), s’il ne fallait vous dire qu’une chose de ces deux heures de pur bonheur que nous offrit la fée tombée du Sahel, c’est ce sourire gigantesque qui emplit souvent le visage de la belle qu’on retiendrait. Le sourire de Rokya Traoré ? Un soleil à lui tout seul. Une bouche immense qui s’ouvre, et dans laquelle s’engouffrent pour y être broyés tous les tracas d’une assistance sous le charme. Deux yeux profonds et clairs dans lesquels viennent se noyer les frimas de l’automne, les dépressions océanes et les anticyclones en rade. Allô… Météo France ?
Elle s’en va. Et quand les halos des spots en rideau offrent une reine à l’Eldorado, à l’issue de deux rappels bien trop brefs hélas, c’est Marseille qui frissonne et la Fiesta qui prend le deuil ; et la longue cohorte enchantée s’en va retrouver sa peine et ses soucis, en jurant de revenir se prosterner aux pieds de la belle au port altier dès que l’occasion s’en représentera. Allô… Rokia ? Réagir à cette critique