Arrivés vers 21h on est pas mécontent de trouver des places assises (aubaine rarrissime dans une fiesta souvent bondée) car la première partie assurée par Bugge Wesseltoft était pour le moins soporifique.
Pas de mauvaise surprise pour autant, on en attendait rien donc on a pas été déçu, juste un peu impatient de voir la suite en s'interrogeant quand même sur l'engoument succité par les compilations lounge et radios branchouilles auquel on a pensé en s'infligeant cet affligeant mélange de jazz et de house qui ferait passer St Germain pour un génie.
Seuls les musiciens et le dj ont l'air de s'amuser, plus sans doute quelques esthètes habitués à cette musique papier-peint où les morceaux semblent ne jamais commencer (ou s'arrêter ça dépend), aussitôt oubliés une fois terminés.
Cette Dock session ne deviendra vraiment interessante qu'à l'arrivée de Roy Ayers (plutôt discret sous son chapeau et derrières ses lunettes noires) et ses musiciens, pour un bon moment de funk et de soul millesimée 70's.
Bonne idée d'avoir programmé de gars-là : en général les pointures du genre préferent d'autres festivals (Montreux ou Nice, ce genre) ou pour certains une retraite dorée loin des scènes.
Ca commence avec "Runnin away" et ses fameuses onomatopées Doo-bi-bou-bam-bam-bam (euh c'est pas évident à retranscrire par écrit mais bon...), et en quelques minutes à peine il y a plus de vie qu'en une heure et des poussières avec la poussièreuse formation qui précédait.
Hommage est ensuite rendu à Curtis Mayfield sur un morceau soulful avec des bouts de Waiting in vain de Bob Marley dedans, chanté par le multi-instrumentiste de la bande qui, en plus d'avoir une voix tantot de velours tantot gueulard, maitrise le saxo et les claviers.
Le bassiste est d'un niveau correct, mais un peu eclipsé par un très bon guitariste qui connait ses riffs wah-wah du bout des doigts. L'absence de choristes feminines peut étonner quand sont joués des titres comme "Everybody loves the sunshine" mais on est souvent jamais mieux servi que par soi même et le maître chante toujours aussi bien.
Si on apprécie les improvisations faites et certains soli (du batteur notament, impressionant), on regrette parfois des relectures trop longues et alambiquées, du coup pas aussi flamboyantes que les versions originales, je pense notamment au superbe et sombre "We live in Brooklyn, baby", qui gagnait en groove ce qu'elle perdait en intensité.
Mais tout ça n'est que chipotage de puriste, il y avait une belle ambiance, avec des gens ravis qui tapent des mains, chantent et dansent sur des compos inusables et imparables. Respect !
On sera parti avant l'excellent dj's du label Ninja TuneMr Scruff(déjà vu à Pantiero l'an passé donc ce n'est pas bien grave) mais le début du mix de Dj Food entre hip-hop et funk laissait augurer une excellente fin de soirée.