Arrivé vers 21h30 on constate que la salle est déjà bien pleine (pour finalement afficher complet), qu’il fait une chaleur épouvantable et que s’il n’y a pas de groupe en première partie, la bande son est de qualité. En régie un dj anonyme (peut être un des membres du groupe qui sait) balance dans l’ombre une sélection parfaite de hip hop bondissant et de post-punk à la
Liquid Liquid, le top du top pour commencer la soirée, ça change des habitudes paresseuses du lieu.
Vers 22h débarque
Frédéric Laudier alias
Rubin Steiner tout rigolard qui avant même de commencer à jouer s’adresse au public, qu’il est visiblement content de voir aussi nombreux. Il est accompagné d’une toute nouvelle formation (d’où le
« Neu » Band sur les affiches), il me semble réduite comparée à sa prestation à
Marsatac en
2003, mais composée de multi instrumentistes.
Alors que le leader chante (avec une voix
vocodeurisée), joue de la guitare et active les samples, le trompettiste joue aussi du trombone, le batteur du piano jouet, quand au bassiste, ben il joue que de la basse mais il en joue fort bien.
Pas de visuels cette fois mais une présence scénique épatante malgré quelques temps morts (dus à des problèmes de son apparemment) et une bonne humeur communicative, des morceaux qui donnent la bougeotte, qui se suivent mais ne se ressemblent pas. Là ou ses albums tournent un peu en rond et ont un coté foutraque assez fatigant, la formule passe très bien en live, avec un bon équilibre entre les parties jouées et les séquences, scratches et autres extraits vocaux.
L’accent est mis sur le coté rock ‘n’ roll du dernier lp («
Drum Major ») avec des bombinettes comme ce poétiquement intitulé
« Put your horn in your ass » qui envoie le bois, une balade hispanisante
« Que bonida es la vida » interprétée par la souriante
Madame Douze et puis un tube tellement efficace qu’il sera rejoué à la fin du deuxième rappel, le très
DFA « Your life is like a Tony Conrad concert » qui résume bien l’ambiance qui se dégageait du set : un genre de rock festif la ringardise en moins, bourré de bonnes idées, joué par une bande de potes dont la nonchalance ne saurait dissimuler un talent indéniable.
Au rappel, ils reviennent un après l’autre pour jouer une partie et s’auto-sampler de leur groovy
« Minellos » puis surprennent avec une reprise électrisante et très réussie du
« Warm leatherette » de
The Normal, le classique électro que
« les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître » dixit
Rubin, décidément homme de goût. Un excellent concert.
Photos Pirlouiiiit, bien degue d'etre reste si longtemps au Moulin