Ils libèrent une texture arty où s'entrechoquent en live machines et instruments. Il nous fait voyager dans un univers entre hip hop old school, électronique déviante, jazz narcoleptique, exotica foutraque, big beat hallucinées et punk rock noisy.
A l’instar de Philippe Katerine essayant de penser au truc le moins excitant possible (une chaise qui attend dans la salle d’attente du docteur, la nuit quand il n’y a personne dessus, ce genre de truc hyper bandant) pour ne pas jouir trop vite pendant son déjà culte Excuse-moi, on a eu beau essayé de penser à quelque chose de sinistre pendant son concert donné à la Coopérative de Mai, impossible d’arrêter de rire ou de sourire pendant la totalité du show. Car il s’agissait véritablement d’un show mettant à rude épreuve les zygomatiques : ce monsieur au look improbable (pantalon vert foncé, veste en velours noir, chemise rose, cravate rouge et blanche, fleur dans les cheveux, mèche sur crâne dégarni… ) et aux textes savoureusement ignobles a de véritables talents d’acteur, de chauffeur de salle, en plus de ses qualités musicales. Malgré une voix enrouée, (trop fait la fête la veille avec ses intenables musiciens ?), Katerine a proposé un spectacle remarquable qui fera date dans l’année de concerts 2006. Après avoir subi une piqûre par un jeune médecin plutôt sexy (dixit le maître de cérémonie), et respecté à la lettre son traitement consistant à prendre de fréquentes lampées de liquide médicamenteux… ou du meilleur représentant du vignoble local, le Saint-Pourçain - dont le monsieur semble être féru, puisqu’il le citera, normal, il fréquente Les grands restaurants -, c’est parti pour un spectacle super, génial, trop top, inouï, trop beau, groovy, trop frais, cheesy, classieux, stylé, ok, funky, trop drôle, trop cool, extra sympa, puissant, dément, hi-fi, glamour, sexy, crazy, Saint-Pourçain V.I.P. quoi ! Ça le fait, ça le fait, ça le faiiiit !
Pascal Nègre et Johnny, tu connais ?
Dès qu’il monte sur une scène, le Vendéen semble avoir pour but de propulser son public direction Huitième ciel ; il se lance dans des déhanchements dignes d’Elvis The Pelvis (et donc de notre sinistre Johnny national, son bien pâle imitateur), voire dans des pas de danse que n’aurait pas renié Michael Jackson avant ses multiples opérations, c’est un festival ininterrompu de bons mots, de réparties savoureuses (pour avoir un tel sens de la réplique qui tue, ce jeune homme doit être loin d’avoir une Cervelle de singe, c’est une certitude !) et de textes piétinant sauvagement le politiquement correct et le lieux communs habituellement servis dans notre beau pays, n’est ce pas La Phaze, Cali, Luke, Matmatah, Sinsémilia et « consorts » ? Car sous ses airs de dandy branchouille enregistrant son dernier disque Robots après tout avec le très « in » Gonzales, Katerine est un auteur bien plus subversif que tous les chanteurs soi disant engagés, et ce même s’il a pour patron l’infect rapace Pascal Nègre et comme collègue de travail chez Universal, l’idole des beaufs, Mr. Hallyday. Car notre homme gerbe sur tout sans exception, sur Marine Le Pen bien sûr (non mais tu le crois ça ?), mais aussi sur notre écoeurante société dans son ensemble et sur les travers lamentables de chacun. Sans prétendre être le sauveur universel et le porte parole de qui que ce soit, Katerine fait beaucoup, l’air de rien, pour faire bouger les mentalités sclérosées de notre pays, vous avez celui où Michel Sardou et Florent Pagny triomphent… Le début de succès actuel de l’album Robots après tout est d’ailleurs à ce titre assez réconfortant dans un pays vieillissant et frileux, s’apprêtant, selon toute vraisemblance, à appeler au pouvoir des gens qui défendent des idées nauséabondes.
Moi je suis un poète et je vous emmerde ! Mort à la poésie !
Ça ne sent pas la rose dans notre pays en ce moment, on pourrait même dire que ça pue la merde pour être grossier, et emprunter une thématique chère à ce grand chantre de l’humour scatophile qu’est Katerine… Celui qui fait de sa vie un chef d’œuvre que l’on visite pour 100 francs tous les deux ou trois ans apprécie particulièrement de placer des horreurs dans ses textes, jugez plutôt.... A la fin de l’incroyable Barbecue à la l’Elysée, il rentre chez lui faire caca ; dans Je vous emmerde, il déclare être une merde ; puis, il arrive à placer dans une chanson la phrase « caressez vos étrons, ce sont vos enfants » ; alors que dans Les grands restaurants, il lance « Toi, tu n’y vois que du feu, à croire que t’as de la merde dans les yeux… » ; et, enfin, il est l’heureux possesseur, parait-il, d’une collection de ses propres selles. Qu’est ce qu’il a dit ? J’ai rien compris ! Il a dit que… Katerine est une sorte de poète du quotidien et du réel, il fait de sa vie des chansons : il croise la fille de l’infect borgne à la Maison de la Radio, et hop, une chanson lui vient, comme ça. Il travaille dans un abattoir de poulets élevés en plein air en Vendée, et ça donne Poulet numéro 728 120, une chanson d’amour vache qui se termine par : « Poulet numéro 728 120, je t’aime ! » Il prend souvent le train, entretient une passion terrifiante pour les chiffres, semble terrifié par le temps qui passe et la mort qui arrive à grands pas et ça donne Le train de 19h, Numéros, Borderline ou 78-2008. Il regarde le Tour de France féminin à la télé en pensant fort à sa petite amie ? Et bingo, c’est le morceau Jeannie Longo qui jaillit du cerveau de ce psychopathe faisant sa thérapie en musique. Il tombe amoureux dans un jardin botanique ? Il écrit une belle chanson sur son histoire d’amour avec une jeune fille… morte ! Il y a du Serge Gainsbourg chez cet homme là : même volonté de provoquer, même sens de la formule, même envie de dépoussiérer la musique française en regardant vers l’étranger (Brian Wilson et les Beach Boys), même désir de changer du tout au tout d’un album à l’autre (de la chanson rive gauche à Daft Punk), même volonté de faire chanter les jolies femmes. Katerine a d’ailleurs écrit un magnifique titre en forme d’hommage absurde au grand Serge où il raconte, encore, une histoire mi vraie, en fantasmée : quelques jours avant sa mort, en mars 1991, il aurait croisé Gainsbourg au bureau de tabac en train de faire provision de fumigènes, et l’aurait suivi dans la rue, ce qui donne lieu à moult péripéties dans le texte…
A la guitare, Stéphane Louvain ! A poiiiil ! A la batterie, Eric Piffeteau ! A poiiiil ! A la guitare, Philippe Eveno ! A poiiil ! A la basse,Gaëtan Chataigner ! A poiiiil !
L’univers gravement barré de Philippe Katerine bénéficie en plus sur cette tournée de la présence des ex Little Rabbits (sans Federico Pellegrini, parti promouvoir son disque Bang !, enregistré à Tucson avec Helena Noguerra, et remplacé sur scène par le sémillant Philippe Eveno) qui s’adaptent parfaitement aux compositions et les font sonner ultra rock, voire funk ou pop. Ces gens bien sous tous rapports étaient faits pour se rencontrer et jouer ensemble ! Ils semblent en effet s’entendre comme larrons en foire, il règne sur les planches une ambiance de franche déconne teintée de professionnalisme : tout sonne impeccablement crade. Même la voix de Philippe K., encore plus drôle quand elle est cassée et peine à attendre les aigus de « fooolle » qu’il affectionne… Vers la fin des hilarants débats, la présentation des musiciens est l’occasion de se lâcher encore un peu plus pour le public, qui hurle à qui mieux mieux des « à poil ! » qui évoquent plus le public de l’ASM qu’autre chose… Quelques supporters lourdingues du club de Michelin se seraient-ils glissés dans la salle après avoir dérangé les musiciens pendant leur tentative de sieste dans l’après-midi ? Mystère… Katerine, en bon improvisateur demande : « C’est un concert naturiste ou quoi ? » et réussit à éviter que cela tourne à une fiesta à la Patrick Sébastien en enchaînant fissa… Et puis la foule obtient partiellement gain de cause, lors du dernier rappel, une deuxième version du désormais mythique Louxor, j’adore ; le backing band de luxe revient habillé comme les plantureuses jeunes femmes sur la pochette de Robots après tout : tallons hauts, slips moulants, sous pull en lycra et perruques de call girls. Le summum du cool est atteint par Stéphane Louvain qui, non content de jouer de la guitare en petite tenue - un tout petit slip ultra moulant (et bien rempli… ) - comme ses collègues, se retourne pour faire admirer la partie la plus charnue de son individu de manière joliment ostentatoire. Quel cul mes amis ! Bien ferme, et tout et tout… Toutes les femmes sont impressionnées et ont des envies lubriques sur le champ, de nombreux hommes aussi, il faut bien le dire. On a même très envie de prolonger la nuit au maximum et de faire une bringue d’enfer avec cette bande de joyeux drilles ! Lesquels descendront très rapidement de leur loge pour venir parler avec leur public et montrer qu’ils ne sont pas 100% V.I.P., n’apprécient pas forcément les discussions avec M. Nègre, les robes Gucci, les week end en Ferrari, ne fréquentent pas les barbecues de l’Elysée mais sont des êtres 100% humains trop cool, extra sympa etc etc.
J’adoooooooooore regarder danser les gens. Moi j’trouve ça fascinant. Vous dansez mademoiselle ?
Ce jour là, à la fin du concert de Katerine personne ne semble s’être dit : « il aurait mieux fallu rester chez moi ». « Phallus ? »« Fallu ? » C’est quoi ce mot ? Participe passé du verbe falloir, on aurait pu tout aussi bien utiliser le verbe valoir : valu. Bref, après avoir ri, et dansé pendant tout le concert, et pas seulement pour faire plaisir à celui qui adooooooooooore regarder danser les gens, tout le monde repart ragaillardi, avec une énorme provision d’énergie, et une envie de mordre à pleines dents dans la nuit qui s’annonce douce, belle, chaude. On aimerait bien par exemple danser avec Philippe Katerine comme cette jeune fan à lunettes (et à quéquettes ?) qui improvisera quelques pas de danse et quelques couplets sur scène avec son héros. Un concours de chorégraphies débiles avec le King français, le King of pop vendéen dans une boite ringarde de Clermont-Ferrand, ça aurait été la classe, non ? La prochaine fois peut être… En attendant, on s’entraîne.
Katerine ? C’est surfait ! Rubin Steiner Neue Band ? C’est stylé !
Soirée d’autant plus réussie, qu’avant la prestation déjantée de Katerine et ses petits camarades de jeu, une autre bande de fous furieux avait commencé par une sorte de happening musical : Rubin Steiner Neue band, qui a bébéficié d'une heure pour faire ses preuves, à cause des problèmes de santé de Katerine. Et en une heure avec Rubin Steiner et son réjouissant groupe de dangereux malades, il s’en passe des choses ! Le rock cuivré, le punk, l’électro, la folk, la pop, le jazz, l’exotica : chaque style est abordé avec originalité. Et s’il faut un petit temps d’adaptation pour entrer dans le délire musical, et aussi un peu de patience pour attendre que les titres sonnant punk festif se terminent (le sax ne sonne pas bien au tout début), après c’est le grand n’importe quoi musical. Le batteur fou passe à la guitare, puis le saxophoniste se saisit lui aussi d’une guitare, le contrebassiste/bassiste en rajoute encore un peu plus, Rubin Steiner fait un duo virtuel avec Madame Douze, et tout cela dans, une atmosphère décontractée et très drôle. Porté par un chanteur/guitariste barbu au registre vocal très étendu – on passe des hurlements rock aux susurrements quasi féminins –, le cocktail musical proposé au public est joyeusement étourdissant. Comme il l’a déclaré, Rubin Steiner semblait vraiment ravi de faire la première partie de Katerine ; il avoue même être fan depuis le début, et ses musiciens acquiescent, sauf le saxophoniste qui avoue qu’il trouve que c’est un peu surfait, Katerine, avant de partir dans un grand éclat de rires. Après avoir balayé un spectre musical hyper large, la troupe regagne ses quartiers non sans avoir interprété un titre influencé par la ligne de basse classieuse de Lust for life et un autre évoquant le percutant Seven nation army. Stylé donc, et très frais, le mélange musical proposé par le barbu fou et son Neue Band !
A lire également, les chroniques des concerts de Katerine à Rennes, Bourges et dans toute la France...
Le concert ce soir là a lieu sous les pins au bord de l’eau sur la petite scène de l’île du Gaou (scène B), beaucoup plus sympa et intimiste que la grosse scène, peut-être 300 personnes pour ce concert.
J’avais découvert Rubin Steiner à une émission sur France 4 où il était venu avec son groupe jouer un morceau en acoustique à l’occasion du festival Art Rock, ça m’avait bien emballé.
Rubin Steiner est arrivé accompagné de trois excellent musiciens, un bassiste, un gars aux cuivres (trompette et trombone) et un batteur. Rubin Steiner en jaune permute entre sa guitare et une console d’effets. Tous avaient la pêche et ont énormément bougé sur scène.
Leur musique est vraiment à part, dur de définir leurs influences, ça part des fois dans tous les sens, un peu brouillon peut être ? mais ça fait aussi parti de leur style : un mélange de rock festif, d’électro…bref une bonne expérience musicale…
Ensuite sont arrivés les LCD Soundsystem , j’avais été un peu déçu par l’écoute de leur album mais là j’ai été bluffé…une vrai claque ! Le son était excellent, c’était très rock et très dansant. Le groupe de James Murphy a enflammé le public. J ai bien aimé le son de basse de leurs morceaux, ils faut dire que souvent il y a avait deux bassistes sur scène (le guitariste jouant plus souvent d’une deuxième basse que d’une guitare).
Le batteur qui était sur le devant de la scène, très proche du public (ce qui est rare pour un batteur) était épaulé par des percussions et une fille au clavier et aux effets. James Murphy était souvent collé à son micro et s’administrait de temps en temps entre les morceaux un coup de vaporisateur (pour la gorge ?).
Mon morceau préféré reste quand même Tribulations mais ils nous ont fait pas mal de bons morceaux. Vraiment à découvrir en concert pour bien apprécier l’album.
>> Réponse (le 25/07/2007 par Buck Danny) Presqu'île du Gaou à Six-Fours - 19 juillet 2005 Parfaitement d'accord avec Douarte !
La petite scène du Gaou, planquée au fond de la presqu'île, sous les pins .../...La suite
Rubin Steiner - 1er Avril 2005 - Poste à Galène, Marseille
Arrivé vers 21h30 on constate que la salle est déjà bien pleine (pour finalement afficher complet), qu'il fait une chaleur épouvantable et que s'il n'y a pas de groupe en première partie, la bande .../...
Arrivé vers 21h30 on constate que la salle est déjà bien pleine (pour finalement afficher complet), qu’il fait une chaleur épouvantable et que s’il n’y a pas de groupe en première partie, la bande son est de qualité. En régie un dj anonyme (peut être un des membres du groupe qui sait) balance dans l’ombre une sélection parfaite de hip hop bondissant et de post-punk à la Liquid Liquid, le top du top pour commencer la soirée, ça change des habitudes paresseuses du lieu.
Vers 22h débarque Frédéric Laudier alias Rubin Steiner tout rigolard qui avant même de commencer à jouer s’adresse au public, qu’il est visiblement content de voir aussi nombreux. Il est accompagné d’une toute nouvelle formation (d’où le « Neu » Band sur les affiches), il me semble réduite comparée à sa prestation à Marsatac en 2003, mais composée de multi instrumentistes.
Alors que le leader chante (avec une voix vocodeurisée), joue de la guitare et active les samples, le trompettiste joue aussi du trombone, le batteur du piano jouet, quand au bassiste, ben il joue que de la basse mais il en joue fort bien.
Pas de visuels cette fois mais une présence scénique épatante malgré quelques temps morts (dus à des problèmes de son apparemment) et une bonne humeur communicative, des morceaux qui donnent la bougeotte, qui se suivent mais ne se ressemblent pas. Là ou ses albums tournent un peu en rond et ont un coté foutraque assez fatigant, la formule passe très bien en live, avec un bon équilibre entre les parties jouées et les séquences, scratches et autres extraits vocaux.
L’accent est mis sur le coté rock ‘n’ roll du dernier lp (« Drum Major ») avec des bombinettes comme ce poétiquement intitulé « Put your horn in your ass » qui envoie le bois, une balade hispanisante « Que bonida es la vida » interprétée par la souriante Madame Douze et puis un tube tellement efficace qu’il sera rejoué à la fin du deuxième rappel, le très DFA « Your life is like a Tony Conrad concert » qui résume bien l’ambiance qui se dégageait du set : un genre de rock festif la ringardise en moins, bourré de bonnes idées, joué par une bande de potes dont la nonchalance ne saurait dissimuler un talent indéniable.
Au rappel, ils reviennent un après l’autre pour jouer une partie et s’auto-sampler de leur groovy « Minellos » puis surprennent avec une reprise électrisante et très réussie du « Warm leatherette » de The Normal, le classique électro que « les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître » dixit Rubin, décidément homme de goût. Un excellent concert.
Sur la grande scène c'est Cinematic Orchestra qui commence en distillant sa musique grand angle alors que le soleil se couche, c'est très calme, parfait à l'heure de l'apéro. La chanteuse présente au départ apporte une touche soul bienvenue alors que les instrumentaux lorgnent souvent vers le jazz et les musiques de film.
Ca ne marche pas à tous les coups (certaines improvisations donnaient la désagrable impression que le groupe répétait devant nous) mais leur musique qui à mon avis s'apprécie plus sur disque que "live", est souvent recherchée, reveuse et presque dansante par moments.
L'autre scène qui a une vue superbe sur la mer et Notre Dame de la Garde (certes le festival devait se dérouler au palais Longchamps mais on ne perd pas au change dans un tel cadre) est placée sous le signe du hip hop avec pour commencer deux groupes du label New Yorkais Wax Poetic.
Le duo Equilibrium d'abord qui porte bien son nom tant les deux homeboys amateur de blunts sont agiles pour placer leur tchatche sur tout types d'instrus et mettent rapidement le public dans leur poche avec des poses et morceaux sympas mais un peu cliché ("roll that shit, light that shit, smoke that shit" ce genre).
Quelques morceaux après la scène est envahie des rappeurs plus inspirés de Dujeous, accompagnés de leurs musiciens pour un show old school de haute volée, avec des mélodies tubeques comme sur le morceau "All mc's" et une présence scènique remarquable.
L'apport de "vrais" instruments comme la batterie, la basse et la trompette séduit et fait penser à The Roots, l'experimentation en moins quand même.
Pour un rap plus novateur, on peut compter sur le Canadien Buck 65, un des secrets les mieux cachés du rap indépendant de ces dernières années, et qui n'a pas perdu de son originalité depuis que son album "Square" est sorti sur une major.
Il se présente sur scène tout seul comme un grand (il l'est d'ailleurs, très grand même) et impressionne d'emblée avec une voix eraillée très atypique entre Tricky et Tom Waits et un style bien à lui, bien maitrisé contrairement à ce que le coté artisanal du concert pourrait suggérer de prime abord.
En plus de rapper avec une gestuelle proche du mime marrante et utile pour les non bilingues, il s'avère redoutable aux scratches ce qui rend ses compositions abstraites très vivantes.
Pas mal d'humour ("Retrouvez moi en Septembre à Star Academy !") et une certaine audace qui l'autorise à reprendre un morceau folk de Woody Guthrie qui n'a aucun rapport à priori avec du hip hop. En jouant ainsi avec les étiquettes, cet artiste d'Halifax s'est taillé un succès plus que merité.
Vendredi
Affluence plutôt faible le lendemain, peut être à cause du retour de l'OM ou du plateau affriolant de l'after (payante, grr) et c'est bien dommage pour le collectif parisien Naab qui commence son concert devant une poignée de festivaliers. Leur musique est plaisante, sorte de trip hop oriental à la Nitin Sawhney avec de pas mal de musiciens, dont un agile joueur de tablas et un clavieriste/ambianceur dont la ressemblance avec Ramzy (de Eric et Ramzy) peut amuser, épatant quand il fait le beatbox humain, moins convaincant quand il s'essaie à un ragga assez poussif.
Il y avait également un chanteur particulièrement envoutant sur certains morceaux en Arabe et au final on passe avec eux un moment de dépaysement bienvenu.
Peu après les dj du label Strut déçoivent, autant leur compils sont canons ("Grass Roots" et "Disco Not Disco" par exemple), autant ils se révèlent assez laborieux derrière leurs platines. Les morceaux choisis, allant du funk au rap en passant par la house, sont bons mais pas très bien enchainés et du coup l'ensemble peine à décoller.
Tout le contraire du talentueux Cedric Benoit aka Cedr'x d'Avignon qui, accompagné d'un accolyte, a bluffé son monde avec un set electro redoutable, plus d'une heure et demie sans jamais faire tomber la pression, moi je dis bravo. Le public dechainé a également apprécié les clins d'oeil rock avec des versions vocodorisées de "Smells like teen spirit" ou "J'aime regarder les mecs".
Ils seront suivis par le montpellierain Clotaire K. dont le mélange de rap et de musique libanaise, son pays d'origine, évoque un croisement entre Asian Dub Foundation (pour le metissage) et Assassin (pour la rage froide). Il est accompagné d'un mc aussi hargneux que lui, d'un batteur, bassiste et dj qui lance des instrus percutantes et originales. Un artiste complet capable de reprendre (avec un oud) l'immense Oum Kalsoum, rapper en 3 langues (anglais, français et arabe, qui dit mieux ?) et faire à la fois danser et passer un message sur des morceaux comme "Maqam", "Beyrouth ecoeurante" ou le tubeque "Ya saryan" reconnu par beaucoup vu qu'il était sur une compil d'un celèbre magazine. Définitivement la révélation de ce 2ème soir.
Samedi
Pas grand chose à dire sur la selection sans faute de goût de Dj Morpheus, l'ame des compils Freezone et des Transmusicales, si ce n'est que c'était programmé un peu trop tôt pour que la sauce prenne pleinement.
Comme je me suis debrouillé pour rater chacune de ses (nombreuses) prestations cette année, Marsatac fut l'occasion de découvrir en live Jamalski ce toaster New Yorkais très présent en Europe, qui était ce soir avec les djs du collectif Mars Exist.
Bien que je ne sois pas un grand amateur de drum'n'bass je dois avouer que j'ai pris une belle claque ! Un flow implacable sur des rhytmiques tapageuses et sophistiquées, et une très bonne communication avec le public qu'il n'hésite pas à rejoindre en déscendant tranquille de la scène et en gueulant "Fuck George Bush", bon esprit donc.
Bonne surprise que le concert de Rubin Steiner Quartet, très bonne même puisque c'est à mon avis le groupe le plus marquant de la soirée. Une écoute distraite de ses albums pouvait faire craindre un set planplan pour amateur de musique lounge mais il n'est est rien, avec un joueur de trombone, un autre à la contrebasse, un vj qui projettait des visuels épatant et lui même avec ses machines et son ventilateur (il a tout compris lui) ce cocktail jazz/hip hop/electro était mélodique, remuant, plein de bonnes idées. Typiquement le genre d'artistes à découvrir sur scène pour mieux apprécier les disques ensuite. Chapeau bas.
Le dj set de Richard Dorfmeister et son projet Tosca sera forcément moins palpitant, même si musicalement ça tenanit largement la route et qu'il y avait un drôle de gugusse qui invitait des charmantes demoiselles à monter sur scène bouger du popotin sur l'electro dub du Viennois, avec là aussi des très beaux visuels sur l'écran en forme de M comme Marsatac, dont la 5ème édition se sera globalement bien passé et aura été riche en découvertes.
Rubin Steiner - 1er juin 2002 - Clermont-Ferrand Et bien voilà un groupe à la fois accessible et classieux, avec cette finesse et cette culture toute Tourangelle. Ils tuent sur scène et sont d'une simplicité désarmante une fois les spots éteints. Un .../...
Et bien voilà un groupe à la fois accessible et classieux, avec cette finesse et cette culture toute Tourangelle. Ils tuent sur scène et sont d'une simplicité désarmante une fois les spots éteints. Un vrai charisme et un côté festif qui ne manque pas de technique. Légereté et travail bien fait, que dire de plus, du vrai talent ! Par chez nous on adore et on le revendique ! Réagir à cette critique