Je voulais réveiller le punk qui sommeille en moi en assistant au concert de Toxxic TV, bah, le pauvre, il a du se rendormir très vite ! Ce groupe est vraiment très moyen : leur musique est lourdingue. La seule chose qui les intéresse, c’est de faire des enchaînements « pro ». Comme dans Seven Hate, un bon groupe de skate punk (oui, ça existe !), c’est le batteur qui se charge du chant. Il essaye très fort de paraître méchant en hurlant le plus fort possible. Il réussit très bien à être risible : on a l’impression d’entendre un adolescent forçant sa voix. Tu n’as pas encore mué, ça arrive parfois, ne t’inquiète pas. Dommage, j‘aime bien les gens qui hurlent, ça me détend et m’évite de le faire moi-même ! Les titres s’enchaînent sans grand changement et là, j’ai l’illumination : il chante comme Dexter Holland du groupe Offspring. Alors là, bravo ! J’espère quand même que c’est involontaire, qu’il ne le fait pas exprès, sinon… Les applaudissements sont polis, sans plus, la horde de jeunes attend La Ruda Salska et se chauffe en slammant sans conviction.
Devant une grande salle bondée, La Ruda Salska fait une apparition tonitruante. Une horloge, qui rappelle « Time » de Pink Floyd (oui, je suis un vieux con !), sonne et donne le coup d’envoi d’un show attendu par un public en transe. Pour être poli et gentil, je dirais que c’est carré, pro, enjoué, mais, car il y a un mais, ce n’est vraiment pas original ! Les groupes de ska punk festif sont interchangeables : ils jouent les mêmes chansons, parlent des mêmes choses, bougent de la même façon, et s’habillent tous pareil. Le public s’en fout, il veut faire la fête et pogoter en paix, c’est son droit ! Les gens sont hystériques, tapent dans leurs mains, slamment à tout va. Moi, je pense qu’il est temps que La Ruda Salska se retire, fasse un petit rappel, et hop ! Un coup d’œil sur ma montre m’apprend qu’ils jouent depuis 29 minutes, hou là là, ça promet… J’avais fait l’effort de louer « Passager du réel » à la médiathèque, ce disque est absolument inécoutable. Je pensais que ça serait bien en live : en fait, c’est seulement un tout petit peu mieux. Dans le même style, j’ai un excellent souvenir d’un concert de Marcel et Son Orchestre. Je ne connaissais pas du tout, mais leur humour et leurs paroles débiles m’avaient fait rire. Enfin, la première fois, car je les ai vus une autre fois, et là, les gags étaient un peu éculés. L’humour manque un peu dans La Ruda Salska, il compenserait peut-être le manque de personnalité. En plus, ce soir, Bernard Menez n’est pas là pour faire le con, je suis déçu et je vais me coucher.