Après trois albums tendance hip-hop/jungle (Amethyst Rock Star), hip-hop/rock (Saul Williams) puis hip-hop/indus (Niggy Tardust), retour de l'immense slammeur Saul Williams pour un album moins radical, qui est un peu la synthèse des précédents, sans en atteindre l'intensité .../...

Après trois albums tendance hip-hop/jungle (
Amethyst Rock Star), hip-hop/rock (
Saul Williams) puis hip-hop/indus (
Niggy Tardust), retour de l'immense slammeur
Saul Williams pour un album moins radical, qui est un peu la synthèse des précédents, sans en atteindre l'intensité flamboyante malgré son titre qui brille :
Volcanic Sunlight. Se laissant porter par ses rencontres (comme la plupart des artistes prêts à prendre des risques), l'indien noir s'est en effet installé à Paris pour travailler avec
Renaud Letang, sans doute le producteur le plus côté en France (Manu Chao, ce genre). On avait déjà décelé sa francophilie à un curieux indice (l'usage de l'indicatif de la SNCF à la fin d'un concert à ...
San Francisco !).
Ce brave producteur n'est toutefois pas
Trent Reznor en terme d'apport mélodique, et de son reconnaissable entre mille, loin s'en faut ! Peut-être était-il là plutôt pour accoucher la star du slam d'un tube radiophonique ? La recherche de titres qui fassent enfin danser les gens peut se comprendre après trois albums sans concessions ; en appeler un
Dance est un peu voyant quand même, appeler l'autre
Triumph n'en fait pas un chef d'oeuvre non plus... mais c'est vrai que le résultat reste assez catchy. Dans ce registre, on préfèrera quand même
Girls on Saturn, plus slammée, moins racoleuse et plus authentique. Ainsi que quelques titres où l'on retrouve avec excitation ce sentiment d'urgence poétique (
Look to the Sun), renforcé par des rythmes destructurés (
Patience, bien !).
Hélas, cet album contient quand même une bonne moitié de titres mineurs (
Explain My Heart), un peu téléphonés (
Diagram,
Give it Up), voire carrément ennuyeux (
Fall UP) : la fin de l'album, tout ce qui vient après la post-reznorienne
Volcanic Sunlight, est plutôt décevante. Bon, heureusement, personne n'en voudra à
Saul Williams de faire un album mineur tous les 3 chefs d'oeuvre. Mais quand même, si quelqu'un voulait lui donner le numéro de téléphone de
Rick Rubin ou de
Dave Sitek, qu'il ne se gène pas, on lui en saura gré !...
(2011)