Annulation de dernière minute pour Spontane dont le disque n’avait pas spécialement convaincu mais à qui on était prêt à donner une chance, c’est ballot, ce sont les locaux de Vibrion qui se chargent d’ouvrir la soirée.
Contrairement au concert de Buck 65 ils sont au complet et ils jouent devant plus de monde qu’à Marsatac, et avec un son enfin digne de leurs aspirations.
Sans doute galvanisés par le fait de précéder celui qui les a grandement inspiré, ce fut un très bon concert, enlevé et livré devant une assistance attentive et enthousiasmée.
Les morceaux du disque passent bien, mention cette fois à « La mer sait décliner les bleus », et à l’inédit et engagé « J’ai huit ans » qui en laisse plus d’un médusé.
Le très attendu Saul Williams arrive à l’heure et livrera un set court mais intense, on en attendait pas moins de l’acteur du film Slam, incontestablement meilleur sur scène que sur ses disques, assez chiants sur la longueur il faut bien l’avouer.
Il ne tient pas en place, déclame ses textes avec emphase, rage et agilité, et se paie le luxe d’expédier ses semi tubes dès le départ sans qu’il y ait essoufflement ensuite.
L’enchaînement « Coded language » / « Grippo » / « Black Stacey » et un peu plus tard « La la la » est renversant et fait chavirer le public qui ne trouve pas anormal de bouger de la tête sur les guitares de SOAD et la drum’n’bass de Dj Krust dans le même quart d’heure.
Une performance que l’on doit en partie à l’excellent dj Ex Kidtronix, le sorcier sonique de feu Anti Pop Consortium qui se déchaine à scratcher et maltraiter des beats electro avec des effets mash up, crunk et baile funk que ne renierait pas le génial Diplo (qu’un programmateur couillu s'il lit ces lignes serait bien inspiré de faire venir ici un jour), un son qui tue quoi.
Bon évidement le coté prédicateur de Saul peut parfois tirer vers un discours louable mais convenu sur les gouvernements, la condition des Noirs (ses invectives tres Last Poets « Where my niggas at ? » sonnent bizarres alors qu’il y en a pas beaucoup dans la salle), ou les valeurs du hip hop mais la qualité de sa prestation l’emporte sur ces quelques bemols, à un moment donné il se calme un peu et s’adresse aux spectateurs comme à des potes, tout content qu’il est de passer dans le dirty south français, et finit avec deux titres accapella impressionnants.