Scorpions, le groupe qui m'a fait me mettre à la musique, il y a de ça cinq ans, puis à la guitare il y a trois ans. scorpions, le seul groupe dont j'ai tous les albums, depuis Lonesome Crow (à la fin des années 70) jusqu'à Unbreakable en 2003. En un mot, Scorpions : le seul groupe dont je puisse dire que je suis fan, bien que je n'aime pas ce mot qui renvoie l'image d'un mec incapable d'être objectif quand il parle du groupe en question.
Alors, quand j'apprends que Scorpions passe à l'Olympia, inutile de dire que je plonge pour acheter ma place. Et puis, le jour dit, je me rends, avec plaisir pour la première fois de ma vie, à Paris. Un problème de RER ma laisse envisager le pire : je vais arriver en retard, cauchemard, horreur, désespoir... Et en fait non. Le RER part finalement, et me mène à bon port, juste à temps pour entendre la dernière chanson de la première partie ; des français, puisque Scorpions a toujours le bon goût d'offrir sa première partie à un groupe du pays où il joue (voir GorkyPark en URSS en 1988, par exemple). Manigance (c'est le nom du groupe) ne me laissera aucune marque : trop court, et de toute façon, c'est Scorpions qu'on veut...
Puis longue attente, au cours de laquelle nombre de spectateurs vont se désaltérer. Au contraire, moi j'en profite pour m'avancer le plus près possible de la scène. J'arrive enfin à 2 mètres des planches, qui attendent maintenant l'arrivée du groupe. Et c'est long à arriver, un groupe, quand on l'attend depuis 3 ans. Mais enfin, j'aperçois, derrière les amplis situés au bord de la scène, la silhouette de Pawel, le "petit" nouveau, le bassiste recruté pour Unbreakable. Et immédiatement, l'intro à moitié psyché de "New Generation" résonne dans l'Olympia. Personne ne semble avoir compris que ça commençait, je suis surpris, et surtout angoissé : personne ici ne connais cet album ?! c'est donc que des gens qui viennent entendre "Still Loving You", ou autres tubes, géniaux certes, mais ce que j'attends de Scorpions ce soir, c'est du bon rock, pas que de la ballade... Eh ben finalement, ça va : ça mélange allegrement ancien morceaux et plus récents, même si les grands classiques se taillent une bonne part du show. Sur scène, les vieux s'éclatent, et le montrent. Ils jouent drolement bien, les bougres : quand je ne suis pas en train d'essayer de chanter aussi fort que Klaus Meine, je reste les yeux fixés sur les doigts de Matthias Jabs, à à peine 4 mètres de moi... C'est rapide, et c'est bon, ça balance du son en pleine figure, et ça fait du bien, bon sang. Pendant deux heures, le public en folie saute à en faire trembler dangereusement le projecteur posé en quasi-equilibre sur un échaffaudage au dessus de la tête de Matthias... Angoisse, puis bon, ça tient, alors je continue... Et ça pendant deux bonnes heures, alors que Maiden, quelques jours avant, au Parc, n'avait tenu qu'une demi-heure. Puis, ça s'arrète, et je me retrouve dans le train, la voix bousillée mais heureux. Un bon concert, voilà ce que les cinq compères de Scorpions nous ont fait ce soir, avec des bonnes chansons et du punch à revendre.
Du bon, c'est tout ce qu'il y a à dire.