Le premier passage de
-M- à Clermont-Ferrand avait eu lieu dans une sorte de squat où une centaine de spectateurs s’étaient amassés pour découvrir l’univers captivant de ce nouveau venu hirsute. Le jeune homme, déjà affublé du costume de
-M-, avait prouvé son talent de musicien et de showman avec une guitare, un sampler, des fleurs et les chansons de son premier album,
Le baptême, pour seules armes. En 2003,
Matthieu Chédid est désormais capable de remplir une salle de 1500 places pour un concert destiné à roder les morceaux de son prochain album qui sortira dans six mois ! Comme lors des deux précédents passages de
-M- à la Coopérative de Mai en 2000, l’accueil du public a été triomphal et enthousiaste.
Ce personnage aux cheveux dressés sur la tête, arborant un costume ridicule et chantant avec une voix de fausset (un attirail peu enviable a priori !) a réussi l’exploit de transporter de bonheur une salle avec des morceaux qu’elle ne connaissait pas cinq minutes plus tôt ! Grâce à un charisme et un humour sans faille,
-M- vient même d’inventer le concept de « human sampler » : au début de chaque nouveau morceau, il apprend le refrain au public qui le chante au moment opportun.
Démarré par un titre parodique évoquant le hard rock hilarant, le concert s’est poursuivi avec une série de titres très prometteurs aux effluves funk, pop, rock, électro, folk ou chanson. Grâce au talent de
Cyril Atef (batterie, piano),
Vincent Ségal (violoncelle, basse, piano),
DJ Shalom (platines, basse) et
Sébastien Martel (flûte, guitare), les nouveaux morceaux de
-M- ont toujours ce coté bricolo et original qui fait mouche à chaque fois ! Le maître de cérémonie fait le reste, avec ses textes simples jouant plus sur les sonorités que sur le sens et son jeu de guitare flamboyant… Et oui, quand ils sont bien placés et ne durent pas des heures, les solos de guitare à genoux sont jubilatoires ! Quand, en plus, on sait jouer avec sa langue et ses dents comme
-M-, les filles tombent comme des mouches... Mais le monsieur sait aussi être sobre : quand il retire son costume de « super guitar hero », il est capable d’émouvoir en jouant des ballades touchantes avec la guitare folk rose de sa fille Billie.
Au cas où certains auraient besoin de points de repère, quelques tubes sont intercalés entre les morceaux en cours d’élaboration. Le percutant et dansant
Onde sensuelle est accueilli par les hurlements du public alors que
Je dis aime rend l’assistance hystérique au même titre que
Machistador, pourtant joué en solo à la guitare sèche. Le génialement enfantin,
Mama sam donne, quant à lui, lieu à la traditionnelle gestuelle du public sur le refrain : un moment de communion public/artiste assez rare...
-M- est décidément très fort car il a réussi à garder un côté consensuel et festif en s’embarquant dans une démarche assez risquée et plutôt aventureuse ! Il a même permis à son ami
Sébastien Martel de triompher en première partie malgré un trac évident. Après avoir fait chanter le public avec les chansons de son album
Ragalet, le parrain de la fille de
-M- a même obtenu un rappel et le droit de jouer avec son ami Matthieu à la fin du concert.
L’Avantour, ça a décidément du bon...