"HAPPINESS : Chance, réussite, ce qui rend heureux."
Attiré au Cargo de Nuit par quatre globe trotteurs de la pop qui avaient vu Sébastien Schuller à la Route du Rock cet été et étaient revenus de cette orgie musicale en le portant aux nues (Sébastien par ci... Schuller par là...), me voilà à Arles entouré de ces quatre fans, un peu fébriles, inquiets d'être cette fois ci déçus tellement le souvenir du concert du Parisien au Palais du Grand Large restait gravé dans leurs mémoires.
Moi, je connaissait l'album, j'en apprécias les parties chantées, je me laissait charmer par la voix de Sébastien Schuller et la beauté de ses compositions, mais je ne peux pas dire que j'étais fan... et puis quand on regarde l'affiche de la Route du Rock 2005, on se dit que les potes ont un peu exagéré, qu'un "petit" groupe français (et oui, même un fou de pop française comme moi peut avoir ce genre de préjugés) doit quand même avoir du mal à rivaliser avec Sonic Youth, The Polyphonic Spree, The Cure (sur le retour, certes, mais The Cure quand même), etc.
La première partie du concert est assurée par Armand Mélies, seul à la guitare, aux samples et pédales d'effets. Il commence fort avec une première chanson qui accroche, mais les discussions de fond de salle reprennent vite le dessus... pas facile de faire une première partie, pas facile de jouer en solo...
Les Schullers arrivent ensuite (certes, le "grand frère" Sébastien écrit et compose la quasi totalité des morceaux, mais je dis les Schullers, parce que ce concert n'est pas la réussite d'un seul homme). Un batteur époustouflant, un bassiste décoiffant, un guitariste impeccable et un second clavier discret mais indispensable arrivent en effet en même temps que le réservé Monsieur Schuller. La claque est immédiate, la musique envahi la petite salle arlésienne et envoûte le sceptique que j'étais en arrivant. Les gens autours de moi semblent également conquis. C'est rock&roll, c'est électronique, c'est pop, c'est la très très grande classe. La classe internationale. Adieux les préjugés sur les "petits groupes français". Si ce groupe là avait été anglais, américain, australien ou n'importe quoi d'autre que français, il aurait sûrement la tête d'affiche dans les festivals de l'année prochaine.
Impossible en écoutant l'album, pourtant très réussi, de prévoir le bonheur de les voir et de les entendre jouer sur scène... bref HAPPINESS en CD et GREAT HAPPINESS en live. Si ils passent près de chez vous, allez les voir !
Et si, près du bar, pendant que les autres musiciens passent de la musique, Sébastien Schuller s'excuse après le concert de ne pas avoir apporté les visuels (dessins animés qu'ils ont parfois diffusés à l'arrière de la scène pendant cette tournée), dite lui que ce n'est pas grave, que ça permet de se concentrer encore plus sur la musique et les performances des musiciens.