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Sharko + Nouvelle Vague

Maison de la radio, Paris   26 novembre 2004

Bon concert

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    Concert privé du Mouv’ : Mor - tel !

    Pour notre première dans le studio de la maison de la radio abritant habituellement les mythiques Black Sessions de Bernard Lenoir, nous avons été gâtés : Nouvelle Vague et Sharko se sont succédés sur la scène… Malheureusement, avant le concert, entre les groupes et après la fin des enregistrements, la vedette des filles du Mouv’ - la sémillante Emilie - est venue effectuer devant nos yeux ébahis des « animations » bien risibles … On savait déjà que les auditeurs du Mouv’ étaient jeunes mais la vue de ces préadolescents hystériques à chaque apparition de leur idole radiophonique préférée nous a pour le moins interloqués. Par contre, la programmation musicale entre les séquences live étaient, elle, attendue : le meilleur (The Strokes) côtoyant le pire (Good Charlotte) dans un grand fourre tout destiné à gagner des parts de marché... Il découle de ces choix discutables un nivellement par le bas assez navrant, on se souvient par exemple d’enchaînements plus que douteux sur les ondes de cette radio du service public : Indochine succédant à Radiohead à l’antenne. Mais ne boudons pas trop notre plaisir, ce n’est pas NRJ qui oserait proposer en direct à 20 heures deux concerts avec des groupes aussi inconnus du grand public que les Français de Nouvelle Vague ou les Belges de Sharko… merci Le Mouv’ ! Avant le début des « hostilités », on nous explique qu’il ne faut pas fumer et surtout qu’il ne faut pas hésiter à monter notre joie si on ressent un grand bonheur (!) … Ce genre de propos tenus à des jeunes assistant à un de leurs premiers concerts, c’est la porte ouverte au grand n’importe quoi ! Sans vouloir jouer au vieux con, on se retrouve avec une bande de petits agités hystériques acclamant aussi bien les annonces limite débilifiantes d’Emilie (« Vous kiffez le bon son ? » « Ils sont super craquants les trois gars de Sharko ! C’est important de le dire ! », « Ça déchire ! », « C’est Mor - tel ! » et etc) que les groupes… Si quelqu’un pouvait couper le micro d’Emilie et faire comprendre au public qu’on n’applaudit pas en plein milieu d’un morceau calme, ce serait fort appréciable...

    Une Nouvelle Vague nous atteint

    Toujours est-il que Nouvelle Vague, après une intro un poil longue (oh, le joli blanc !) réussit à la fois à émouvoir (A forest, Making plans for Nigel… ) tout en déclenchant moult cris et tapements dans les mains (pas en rythme) sur Guns of Brixton. Grâce au naturel facétieux de la chanteuse Camille - qui se roule par terre, fait des commentaires hilarants, exécute un solo d’harmonica avec sa bouche (!), danse comme une folle et accessoirement, chante divinement - les kids prennent leur pied - ou kiffent gravement si vous préférez -, et montrent (très bruyamment) leur approbation, ce qui n’était pas gagné au départ… Nouvelle Vague, c’est certes un peu « mou » et ça ne vaut pas Limp Bizkit mais… ça déchire quand même sa race, quoi ! Pour notre part, nous regretterons l’absence de la troublante Mélanie (présente lors des prestations magiques de Sédières et Saint-Malo mais remplacée pour cette occasion par deux vocalistes légèrement moins convaincantes), et la durée du show, trop courte : une demi heure seulement…

    Sharko, ça déchire grave !

    Après trente minutes de changement de plateau, ce qui permet d’apprécier la programmation du Mouv’ et les facéties d’Emilie derrière la vitre du studio (auxquelles les jeunes répondent au quart de tour, comme si c’était une star), Sharko arrive enfin sur les planches, pour enchanter son auditoire dès le premier morceau. David Bartholomé (et sa toque en fourrure) se révèle être plus que jamais un showman invétéré, doublé d’un bassiste percutant et d’un chanteur survolté… Teuk, un guitariste discret mais inventif, et Jules, un batteur fin et racé, complètent ce tableau musical idyllique. Le public (très finaud : il réclame une histoire.. belge, ouarf !) assiste, les yeux émerveillés, au traditionnel morceau dont les chœurs sont effectués par la chaussure de David, à un strip tease du clown chanteur de service - presque intégral (le public improvise alors brillamment un « on veut voir la frite ! » : ah, la jeunesse… ) et à un petit séjour dans le public pour déclencher des hola méritées… Les personnes présentes constatent également avec satisfaction que le trio pop/rock est capable de se lancer dans un impressionnant numéro d’équilibristes pour palier aux problèmes techniques en cascade qui s'abattent sur lui (retours, guitares etc) ; le sens de l’improvisation fait définitivement partie des qualités de Sharko, pas un seul blanc ne sera à déplorer ! La deuxième partie s'en trouve donc plus calme, sans doute par la force des choses : monsieur Bartholomé se saisit d’une guitare sèche ou d’un ukulélé pour nous conter en anglais ses histoires abracadabrantes. Le résultat est tout aussi convaincant et jubilatoire, grâce aux textes souvent très drôles et au charisme insensé du personnage. La reprise d’Highway to hell d’AC/DC en version folk ralentie - presque alanguie - ravit les fans et l’unique rappel, quant à lui, vient confirmer le statut de bête de scènes sachant écrire des chansons de Sharko.

    Emilie, j’te kiffe trop !

    Sur ce, Emilie revient clôturer la soirée avec son brio coutumier, en remuant sa blonde chevelure et sa lourde poitrine comme une écervelée (« hou, le macho frustré », dirait-elle). Dans un bel élan, elle invite les auditeurs à la rejoindre pour son émission (sans intérêt certes mais quand même beaucoup plus intéressante que les œuvres radiophoniques complètes de la lamentable Jessica). Et là, c’est le drame : un spectateur proteste un peu, Emilie veut aller le chercher dans les gradins en oubliant de regarder devant elle et se vautre de manière fort risible dans les retours de Sharko en poussant un cri strident. On se dit que ça va lui couper le sifflet… Et bien non : elle enchaîne en grande pro - rouge de honte quand même - et réussit à entraîner avec elle un jeune poussant, lui aussi, des cris suraigus dans le micro. Merci à Sharko et à Nouvelle Vague pour ce concert privé, au Mouv’ pour cette heureuse initiative et… à Emilie pour cette bonne tranche de rigolade !


    A consulter également : le site Internet de Sharko (www.sharko.be) et Nouvelle Vague (www.nouvellesvagues.com), les comptes rendus des concerts de Sharko et de Nouvelle Vague à Saint-Malo et Sédières, ainsi que la chronique du dernier opus des Belges frappadingues.


    Signature : pierre andrieu
    le 29/11/2004
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