 |
|
 |
SIGUR ROS
Libre comme l'air, le groupe Sigur Ros publie régulièrement des pop songs stratosphériques. Auteurs d'une flopée de disques magistraux, les Islandais volants élèvent le débat à chaque occasion, avec force cordes stellaires, voix d'anges déchus, guitares en apesanteur et pianos déchirants.
Dernière actu : Pour tous ceux qui n’auront pas la chance de voir en concert cet été le groupe Sigur Ros, une session de rattrapage est annoncée pour novembre. En effet le groupe jouera le 15 novembre 2008 au Zénith de Paris.
Pour rappel, Sigur Ros sera présent au Werchter Rock Festival, Main square festival, Benicassim, Route du Rock…
|
Sigur Ros : vos critiques de concert
Sigur Ros : vos critiques de CDSigur Ros albums, cd, bio avec musicMe |
|
|  | Sigur Ros, Tindersticks, Girls In Hawaii, Poni Hoax, The Breeders, Why ?, No Age, The Notwist, Adam Kesher, French Cowboy, The Ting Tings, The Do, The War On Drugs, Pivot, Menomena, Midnight Juggernauts (La Route du Rock 2008) - 14,15,16 août 2008 - Fort de Saint-Père, Saint-Malo 
Très bonne édition de la Route du Rock 2008, un "petit" festival qui - après une période difficile cette année - semble reparti du bon pied grâce à une programmation classieuse et l'abandon de .../...
La suite  |
|

Très bonne édition de la Route du Rock 2008, un "petit" festival qui - après une période difficile cette année - semble reparti du bon pied grâce à une programmation classieuse et l'abandon de la chasse aux têtes d'affiche ultra coûteuses type Smashing Pumpkins... Avec 15 000 spectateurs répartis sur trois jours de festivités, la Route du Rock a gagné le droit de revenir l'année prochaine, une très bonne nouvelle !

The War On Drugs
C'est sous une pluie battante que commence le festival au fort de Saint-Père , le jeudi 14 août. Les Américains de The War On Drugs font très bonne impression avec le mélange complètement fou et barré qu'ils concoctent avec passion... C'est à la fois pop, folk et rock, c'est très frais et cela donne envie de revoir ce groupe sur une scène plus petite.

The Do
Juste après, The Do fait - comme d'habitude - un carton avec sa musique entrainante, épicée et échevelée. Un peu plus de sobriété dans la gestuelle du bassiste/organiste ne gênerait pas, mais c'est là le seul défaut qu'on puisse trouver à ce réjouissant duo franco finlandais !

Tindersticks
De défaut, on n'en trouvera pas à la prestation impeccable des Tindersticks, en forme et magistralement renforcés par une section de cordes et de cuivres. La classe effarante de Stuart Staples et de ses acolytes transparait à travers chaque composition interprétée devant une public ultra respectueux. Un moment magique donc, à prolonger en écoutant le dernier disque en date - The Hungry Saw - et en se préparant à la tournée automnale du groupe anglais...

The Breeders
La soirée se termine pour nous par le concert brouillon et branleur des Breeders : Kim et Kelley Deal semblent ne pas avoir répété depuis des lustres, et c'est ce qui fait leur charme. Quoique... Sur certains morceaux, c'est un véritable massacre : voix fausses, harmonies vocales hors sujet, guitares pas en place. Heureusement que la section rythmique évite au groupe de prendre l'eau, car le naufrage n'est vraiment pas loin. Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, on finit par se réhabituer à l'attitude LO FI ultra dilettante des Breeders et à apprécier ce qui peut l'être : Tipp city, Cannonball, Happiness is a warm gun (une reprise décalée des Beatles) et une flopée de titres punk 'n pop déjantés.

No Age
Après la pluie, le beau temps : c'est en effet sous un soleil radieux que les Américains de No Age ouvrent les hostilités le lendemain - vendredi 15 août - dans un Fort de Saint-Père encore en train de se remplir... Les (remuants) pensionnaires du mythique label Sub Pop font honneur à leurs illustres ainés avec un set épatant convoquant sur scène le meilleur du punk bruitiste, de la pop nerveuse et du rock énervé. C'est fou le bruit qu'on peut faire à deux avec une batterie démoniaque et une guitare électrifiée ! Sorte de rencontre entre Husker Du, Ramones, Nirvana et Neil Young & Crazy Horse, No Age allie avec maestria l'énergie maléfique du punk rock, l'intransigeance de l'expérimental et la candeur de la pop. Chapeau bas !

Why ?
Immédiatement après cet excellent départ, le groupe Why ? offre également une prestation remarquable au public de la Route du Rock. Les quatre musiciens s'attachent en effet à créer un univers entre pop grinçante, rock chaotique et hip hop étrange ; c'est un véritable enchevêtrement de rythmes, de sons et de voix qui aboutit au final à un maelström sonore délicieusement envoutant. La puissance des morceaux - déjà incroyable - est de surcroît renforcée par des textes extrêmement barrés... On ne peut donc qu'apprécier le talent scénique de ce groupe décidément brillant (on se souvient d'un concert génial donné ici même il y a deux ans).

The Notwist
La suite s'avérera d'un superbe niveau également, puisque les très discrets Allemands de The Notwist se lancent dans un set parfait en tous points. La finesse de l'écriture, le subtile équilibre entre distorsion et électronique et l'alchimie entre mélodie et dissonance, tout concourt chez The Notwist à l'obtention de petites merveilles électro pop légèrement bruitistes. Le genre de morceaux insidieux et irrémédiablement accrocheurs qui ne s'oublient pas de sitôt ! Il ne manque chez ce groupe qu'un peu de charisme et de présence scénique pour connaitre un succès plus grand (et mérité).

Sigur Ros
La tête d'affiche du festival - Sigur Ros - a confirmé tous les espoirs placés en elle en attirant un nombreux public et en proposant un set véritablement marquant. Les montées hallucinogènes, les descentes abyssales et les soubresauts soniques qui les accompagnent sont toujours aussi impressionnants et saisissants quand Sigur Ros occupe une scène. Le groupe a néanmoins décidé d'ajouter à cela une facette plus pop sur son dernier album, qui s'accompagne d'une mise en scène très réussie avec canons à confettis et section de cuivres tout de blanc vêtue. On gagne en spectacle ce que l'on perd (un peu) en mystère, mais l'essentiel est là, puisque la magie reste toujours présente aux spectacles en forme de grand messe des taciturnes Islandais.
Pivot
Il se fait déjà tard (1h30) quand le groupe Pivot se lance dans un concert entre électronique ultra dansante et expérimentations rock. Le résultat est aussi réussi qu'intéressant et maintient l'attention, à défaut de déchainer les foules encore sous le charme de Sigur Ros...
Adam Kesher
Le point final à cette soirée très réussie est mis de manière magistrale par les Français d'Adam Kesher, en grande forme malgré l'heure tardive et le froid. Avec leur rock teinté d'électro et de R&B, les six musiciens récents auteurs de l'excellent album Heading For The Hills, Feeling Warm inside ont tous les atouts en main pour faire danser lascivement, pogoter et s'entrechoquer leur public. Tout cela sonne à la fois ultra actuel (Adam Kesher est tout à fait dans la vague électro rock), branché (dans le bon sens du terme) et rock 'n roll (les guitares font franchement plaisir à entendre) : la musique de ce combo doué et sexy en diable est de nature à réconcilier durablement les filles et les garçons, avant de les pousser à se lancer dans des parades amoureuses incontrôlées. Adam Kesher est un groupe à voir absolument sur scène (avant de rentrer se coucher bien accompagné) !

Menomena !
La dernière journée de la Route du Rock 2008 débute avec d'étranges hommes venus de Portland... Ils ont choisi le nom de Menomena ! et leur musique entre électro, funk et punk a de quoi faire devenir hystérique n'importe quel réfractaire à ce style musical. Avec une batterie, un saxophone, une basse et une guitare, les trois extra terrestres de Menomena ! arrivent sans problème à atteindre une sorte de nirvana expérimental, planant et dansant... Une aventure à tenter !

French Cowboy
La prestation enlevée, drôle et pleine de rebondissements de French Cowboy a été sans conteste un des grands moments du festival malouin... Avec un répertoire superbe (entre pop, folk, et rock), une reprise magique d'Amy Winehouse (l'immense Back to black) et un sketch hilarant en chanteur désespéré invitant deux jeunes filles sur scène, on ne peut pas dire que French Cowboy ait laissé une seule seconde de répit au public, véritablement aux anges ! Quel bonheur de constater que le grand retour des Little Rabbits avec un nouveau style soit aussi apprécié... Complices, passionnés et doués, les French Cowboy méritent amplement ce nouveau départ.

Girls In Hawaii
Comme au festival Europavox en juin 2008, le concert des Belges de Girls In Hawaii a permis au groupe de démontrer ses talents de mélodistes et de créateurs d'atmosphères hors pairs. Concentrée, contente d'être là et très en forme au niveau vocal, la troupe présente un joli florilège de sa discographie ne souffrant d'aucune tâche. Le très bon dernier album se taille la part du lion dans une set list de rêve, à la grande joie d'une assistance conquise... A la prochaine !

The Ting Tings
Les suivants à passer sur la scène du Fort de Saint-Père sont les Anglais de The Ting Tings. Leur show ultra carré et professionnel est sans doute un peu trop formaté (on aimerait un peu plus de simplicité et de naturel), mais le résultat est là : on se trémousse au rythme des tubes imparables écrits à la chaine par ce duo percutant et funky. Seul hic : le slow mielleux et ennuyeux placé au milieu d'un concert truffé de bombes pop 'n rock groovy.

Poni Hoax
Grosse sensation peu après, avec la prestation humide (dans tous les sens du terme) et vrillante de Poni Hoax, un groupe français promis à un bel avenir avec sa kyrielle de compositions irrésistibles. En faisant s'entrechoquer à vive allure du Post Punk démoniaque, de la new wave mélodique, du rock énergique et de la pop accrocheuse, cette machine de guerre scénique fait un effet boeuf ; l'on se sent positivement électrisé par la virulence des titres de Poni Hoax (le crachin breton faisant encore plus passer le courant). Le diabolique chanteur et ses vocalises mélangeant les influences de Ian Curtis (Joy Division) et Dave Gahan (Depeche Mode) est l'un des points forts de ce groupe dont la musique se révèle joyeusement malsaine, furieusement sexy et sacrément dansante... A voir !
Midnight Juggernauts
Le festival se termine par une prestation remuante et truffée de tubes planétaires des Midnight Juggernauts. Chaque titre est plus électronico funky que le précédent, tant et si bien qu'on peut parler de best of groove 'n rock pour le show des Australiens. Seul défaut - et il est de taille -, la voix du chanteur principal est très mal assurée ; soit la tournée mondiale a mis a mal ses cordes vocales, soit le travail de l'ingénieur du son en studio a été remarquable (car sur le disque cela sonne très bien). Quoi qu'il en soit, la Route du Rock 2008 se termine sur un concert festif, une belle manière de saluer la bonne nouvelle du jour : il y aura une édition 2009 de ce précieux rassemblement indépendant ! Champagne !
Sites internet : www.laroutedurock.com, www.myspace.com/laroutedurock, http://www.myspace.com/thewarondrugs, http://www.myspace.com/tindersticksofficial, http://www.myspace.com/thebreeders, http://www.myspace.com/nonoage, http://www.myspace.com/whyanticon, www.myspace.com/notwist, www.myspace.com/sigurros, www.myspace.com/pivotpivot, www.myspace.com/adamkesher.
Photos : F. Villemin (www.tasteofindie.com www.froggydelight.com) sauf Pony Hoax (photo par Vincent Moreau, www.zeroflash.net)
Réagir à cette critique |
|  | Vampire Week End, the Wombats, the Do, Sigur Ros, Radiohead (Main Square Festival) - 6 juillet 2008 - Arras, Main Square Festival  Dernière journée du festival d'Arras avec une affiche alléchante, ayant pour point culminant les Radiohead qui finissent là leur tournée française.
ça commence doucement par les New Yorkais de .../...
La suite  |
|
Dernière journée du festival d'Arras avec une affiche alléchante, ayant pour point culminant les Radiohead qui finissent là leur tournée française.
ça commence doucement par les New Yorkais de Vampire Week End, avec leur pop teintée de reggae, ils font parfois penser à Talking Heads sans le génie de David Byrne.
Ensuite The Wombats, venus de Liverpool. Un xème groupe "rock" du Nord de l'Angleterre, qui n'a pas beaucoup soulevé les foules. Pas très original comme approche, alors que le reste de l'affiche l'est.
The Do, le duo franco-finlandais. Une approche à la Bjork, la voix de la chanteuse m'a un peu exaspérée, mais force est de reconnaître leur originalité, ce sont des bons musiciens. mais cette voix... pas top.
On monte d'un cran avec l'arrivée très attendue des Islandais de Sigur Ros. Habillés en costume local, avec des ballons blancs qui habitent l'arrière scène, ces quatre zouaves, accompagnés par leurs fidèles violonistes/arrangistes Amina et une section cuivre vont nous délivrer un set court mais d'une intense beauté. ça démarre avec un classique, Svefn g englar, pour s'envoler avec le magnifique Saeglopur. Quelques extraits de leur nouvel album, le groupe est métamorphosé, joyeux, envoutant, et on atteint le Nirvana avec Hoppipola, et leur "single" Gobbledigook et une pluie de petits rectangles blancs "soufflés" dans le public. Magnifique. Le public ne s'y trompe pas, ils quittent la scène pour revenir juste saluer et applaudir l'assistance. Pour qui les a connus très introvertis et sombres, voilà ce nouveau sigur ros.... enjoué, magique, sans rien perdre de leur force lyrique. Une claque !
L'attente se prolonge, pour Radiohead, les stars du soir. Un doute m'habite, je les adore, mais comment vont ils faire pour succéder à cet instant où le temps a suspendu son vol ?
Quand ils arrivent, dès le départ ça colle pas. Le groupe semble très fatigué, à la peine, quelques pains, malgré de très beaux moments sur Paranoid Android, exit music ou weird fishes. C'est pro, enfin, presque, carré, fort, mais on les sent tendus et fatigués. Le public ne s'y trompe pas, et l'accueil est pour le moins... froid ! Thom Yorke plaisante en dédicaçant paranoid android aux habitants des maisons de la grand place et s'excusant du bruit qu'ils font. Can we come for a drink at the end of the show ? Bref, la surprise ne fut pas là où on l'attendait !
Belle affiche, mieux que la veille (BB Brunes et Mika en playback, quel bonheur....), mais les stars du jour n'ont pas été celles que l'on croit. Merci à ces islandais et leur générosité, et à bientôt... Réagir à cette critique |
|
|
>> Réponse (le 08/07/2008) Arras - 05/07/2008  Je voulais juste réagir à la critique plus haut qui se terminait par "Mika en play-back... quel bonheur"
Je trouve .../... La suite |
|
>> Réponse (le 11/07/2008 par The Shaft)  Pas tout a fait d'accord....
Agréable Vampire Weekend, sympathique, simple et sympathique ! Ok sur les Wombats, encore .../... La suite |
 | My Baby Wants to eat your Pussy, Islands, Blackalicious, Dominique A, Ghislain Poirier, Art Brut, Mogwaï, Archive, Sigur Ros, Muse, Cult of Luna - Dimanche 2 Juillet - Eurockéennes de Belfort 2006  Y'a un truc que je trouve formidable dans les Eurocks, c'est le petit livret avec la présentation des groupes qui est distribué à l'entrée du festival. Ca a l'air tout con, mais on sent que les mecs .../...
La suite  |
|
Y’a un truc que je trouve formidable dans les Eurocks, c’est le petit livret avec la présentation des groupes qui est distribué à l’entrée du festival. Ca a l’air tout con, mais on sent que les mecs qui l’ont rédigé font tout pour éviter de dire qu’un groupe est nul mais ils y arrivent pas… et ils nous laissent suffisamment d’indices pour nous éviter pas mal de déconvenues.
Dimanche, ayant raté le Crapo des Marais à cause d’une logistique défaillante, je me décide finalement à aborder cette journée par les effémines MY BABY WANTS TO EAT YOUR PUSSY sur la plage.
Faut dire que le livret édité par le festival était plutôt éloquent « sex-tet allemand travestis comme des entraîneuses de Las Vegas qui se seraient faites relooker par les Guns N’ Roses et maquillées par Marilyn Manson… » Voyez-vous ça.
Déboulent les tatas teutonnes sur la plage et je pressent qu’on va assister à un grand moment.
Pour vous donner visuellement une idée du physique du chanteur du groupe, imaginez un être hybride composé d’un harmonieux mélange entre la coiffure de Simply Red version 1990, la carrure de l’humoriste décédé Sim, et la tête de Jean-Paul Rouve. Déjà on se rend compte tout de suite que le gars possède un charisme physique, quasi-chamanique, mais ce n’est pas le pire… A sa gauche, une personne de sexe indéterminée joue de la guitare, hé oui, je l’ai vu (e), Amélie Mauresmo a un sosie. Jusqu’à maintenant et après des recherches poussées sur la toile, impossible d’en déterminer le genre…
Crachent les décibels, un curieux mélange de ska festif, métal, glam-rock, en soit pas désagréable à écouter, le groupe fait ce qu’il peut pour rameuter le plus de monde possible a coup de teasing incessant. D’ailleurs, je constate que le bassiste du groupe fait de l’œil et envoie des bisous à ma petite voisine laquelle devait avoir 13 ans à tout casser… Juste au moment ou je trouvais ça gonflant, v’la ti pô que le chanteur annonce dans un anglais tout shakespearien que le groupe n’a jamais sorti d’album, et dans un élan de générosité balance un CD cartonné dans la foule. 2 ou 3 moutons se jettent dessus, et ne réussissent qu’a choper le carton, puisque le CD va malencontreusement échouer (et se rayer) dans le sable.
Tout se passait pour le mieux quand on se rend compte finalement que le groupe ne se contente pas de se saper comme des rondelles locatives, mais en adopte aussi l’attitude… Un salut à six, 2-3 petits sourires hypocrites, dernier bisou du bassiste à ma petite voisine et le batteur du groupe descend avant-scène avec une pile de CD cartonnés dans les bras. Les moutons de la fosse se jettent sur lui, s’attendant à une distribution gratuite. NEIN ! 5 euros le CD mesdames, messieurs, et du coup le comportement aguicheur du groupe pendant le set prend tout son sens. Pas très rock’n’roll tout ça… Je quitte la plage, fortement amusée par les invectives de certains festivaliers au groupe « crevards » « voleurs » « capitalistes », ce qui laisse rêveuse quand on sait que le groupe est originaire de Mannheim en ex-RFA… Un bref coup d’œil de retour à la maison au site officiel du groupe et on comprends que les Eurocks étaient avant tout une occasion pour eux de se faire de la thune, c’est sur que ça doit leur changer des MJC d’Outre-Rhin…
Quelques rares tee-shirts noirs aperçus, malheureusement tous estampillés MUSE (à croire que le label Naive est en faillite), 2 ou 3 hardos quincaillés nostalgiques du Hellfest égarés et une barquette de frites froides plus tard, j’aborde en toute sérénité une de mes découvertes du festival, les canadiens de ISLANDS, belle surprise, chanteur à la voix extraordinaire et au physique archangélique, compos magnifiques, éclectisme ethnique au rendez-vous. Totalement sublime, je reste scotchée jusqu’à la fin… ce groupe me rappelle les regrettés BOO RADLEYS, et leur dernier opus « King Size ». Génialissime.
Histoire de me sortir de mon rêve, je file grande scène histoire de head banger sur les rythmiques de BLACKALICIOUS et de toute façon crevée par une nuit sous la tente sans matelas, je me chope un torticolis d’enfer. Du coup, histoire de me restaurer je file manger une poutine et je m’endors sous les arbres. Je me réveille 1/2h plus tard. Le bonhomme respire la joie de vivre, c’est dire que son orchestre faisait furieusement penser à un congrès de croque-morts en villégiature un dimanche à Saint-Quentin (02). Définitivement pas mon truc, Dominique, par contre les fans avec qui j’ai pu discuter étaient aux anges… c’est bien là l’essentiel finalement.
Déprimée, je pars assister aux balances de GHISLAIN POIRIER, et force est de constater que le bougre à du talent et aussi une belle gueule (chacun ses goûts), je reste donc l’admirer pendant une petite demi-heure, le temps pour moi de comprendre pourquoi il a autant de succès au Québec. J’adôôôôôôôre !
Un petit coup d’œil au livret des Eurocks, et je capte rapidement qu’on va assister au set d’un groupe très particulier sur la Grande Scène : je cite » chez ART BRUT », le seul vrai objectif est l’entertainment » Je sais pas pour vous, mais c’est pas vraiment le genre d’understatement qu’on utilise pour souligner les qualités d’un groupe musical… Je pense qu’il faut plutôt lire « bon, c’est pas génial ce qu’ils font, mais au moins ça distrait », merci m’sieur le rédac’ chef, je crois que jamais ô grand jamais je n’ai autant été consternée devant un groupe. D’ailleurs est-ce vraiment un groupe ?? Une musique pompeuse et bruyante, sorte de rock déclamatoire et arrogant, collant parfaitement à la personnalité du chanteur Eddie Argos, un batteur qui tape debout, une bassiste inexistante et 2 chevelus à la guitare. Bon, y’en a certainement qui me diront que c’est moi qui n’étais pas dans le trip, peut-être, en tout cas l’accueil du public fut plus que tiède…
Un p’tit coup de Diet Coke pour noyer mon chagrin et je pars à la découverte de MOGWAI, rien à dire sinon que ça me casse les oreilles. Le public adore, ils sont là pour ça…
Je me précipite sur la grande scène et c’est collée aux barrières que j’assiste à la représentation d’ARCHIVE : son excellent quoique quelques ratés qui rappellent le plantage sonore vu chez DIONYSOS l’avant-veille, charisme absent, chanteur performant, rien à dire ils enchaînent les tubes « again », « fuck you », je suis aux anges, j’adore …tellement que j’en oublie d’aller me placer aux barrières chez SIGUR ROS sur le Chapiteau, déjà depuis longtemps assaillies par une rangée d’irréductibles. Rien à redire la encore, Sigur Ros en live c’est comme en studio, magnifique à en pleurer, et voila que revient mon vieux fantasme celui de me baigner nue dans le Blue Lagoon à Reykjavik en écoutant Aegatis Byrjun en boucle… Un petit regret, en festival ça perd un peu de son côté intimiste… dommage !
On sort du rêve, et je me noie dans les 30 000 gamins venus voir le nouveau MUSE. Bon je vais vous épargner les jeux de mots douteux, mais l’infect single « soupa massive black-euh hole » augurait du pire pour le rossignol grand-briton, fatigué, usé, lessivé le Bel-Ami, on sent que le mec en a marre des falsettos et autres arpèges outranciers qui faisaient tourner la machine depuis sept ans. Un jeu de scène beaucoup plus sobre, des compos pâlotes, Matthew a fini de souffrir et du coup on s’ennuie à mourir. Le sensationnel y’a que ça de vrai, mais ça avait finalement du bon. Oui, je sais, cela ne fait que la 4e fois que je les voit en concert, je faisait même partie des rares à les avoir vus à Château-Arnoux en 2000 (et à savoir où se trouve cette ville). C’est dire si la chute est dure. Et je le comprends le Matt, respect quand même, man, tu as besoin de vacances. Nous aussi, surtout nos oreilles je pense, beaucoup de festivaliers se sont plaints du volume sonore, notamment sur les sets de Daft Punk et des Strokes. Muse ne méritait plus son nom, c’est avec bonheur que je me dirigeai vers la sortie, mon âme de métalleuse se rappelant à mon bon souvenir sous la forme des athmosphériques CULT OF LUNA sur la plage, bon en intro un instru interminable (j’ai réussi à placer une allitération en t), c’était-t’assez-de-toute-façon, direction la sortie et adieu les Eurocks… jusqu’à l’année prochaine qui sait ? Réagir à cette critique |
|  | Sigur Ros + Art Brut + Dominique A + Islands + Aberfeldy + My Baby Wants To Eat Your Pussy (Les Eurockéennes de Belfort 2006) - 2 juillet 2006 - Presqu'île de Malsaucy, Belfort 
Dimanche 2 juillet, troisième jour des Eurockéennes de Belfort 2006 toujours aussi ensoleillées et agréables, après deux belles journées (vendredi et samedi) de musiques et de chaleur. Compte .../...
La suite  |
|

Dimanche 2 juillet, troisième jour des Eurockéennes de Belfort 2006 toujours aussi ensoleillées et agréables, après deux belles journées (vendredi et samedi) de musiques et de chaleur. Compte rendu...

My Baby Wants To eat Your Pussy :
Malgré un nom aussi alléchant qu’évocateur pour tout homme ayant un jour dans sa vie fréquenté une femme bisexuelle, et une choriste bougeant joliment son derrière (bien ferme !), le groupe My Baby Wants To eat Your Pussy nous a laissé complètement froid. Un comble avec un nom pareil ! Cette troupe bigarrée se présente comme suit : un chanteur de hard rock couine à l’envi, un guitariste habillé en femme en fait des kilos sur ses six cordes et le reste du groupe essaie de se montrer le plus possible… Le gros problème, c’est que dans tout ça, il manque cruellement de morceaux percutants ; cet assemblage disparate de pop FM, de heavy metal à cheveux permanentés et de funk est assez dispensable. Reste le nom, dont le groupe semble très fier, puisqu’il le répète continuellement. Un nom excitant donc, pour un groupe peu bandant.

Islands :
Toute de blanc vêtue, cette secte musicale canadienne se fait fort de distiller des ambiances psyché pop/rock à la Arcade Fire. Les ex Unicorns ont fait étalage de leur talent si particulier pour trousser des pop songs bizarroïdes aux vertus euphorisantes. Voix continuellement à la limite (c’est ce qui fait sa beauté), constructions de morceaux alambiquées (ruptures de rythme, changements d’atmosphère dans la même composition), cordes partant en vrille, Islands réussit à emmener le chapiteau dans son univers bien barré, malgré une présence un peu timide et une communication limitée…

Dominique A :
« Désolé, je ne parle pas beaucoup, vous me tétanisez ! » déclare Dominique A au bout de quelques chansons ; mais personne ne semble lui en tenir rigueur, vu la qualité du set proposé. Accompagné par les excellents musiciens de la tournée précédente (qui jouent également sur son très beau dernier opus, L’horizon) et par le fidèle guitariste Olivier Mellano, monsieur Ané - pour l’état civil - donne un concert de très haute tenue. Morceaux envoûtants, interprétations habitées, orchestrations soignées : rien ne manque à l’appel… Le chapiteau - ouvert aux quatre vents - n’est pourtant pas l’endroit idéal : on entend le satané sound system au loin, mais la mayonnaise prend immédiatement. Et puis comme le dit ironiquement, l’ex chanteur nantais : « Il y a deux musiques en même temps, c’est bien, ça fait gagner du temps ! » Malgré ce « petit détail », on retiendra des versions magistrales de Pour la peau, Le commerce de l’eau, L’horizon (avec un solo sidérant) et du Courage des oiseaux, pour conclure cette prestation de fort bon aloi…

Art Brut :
Malgré un cadre inhabituel pour lui (la grande scène, en plein après-midi), le groupe Art Brut a encore une fois fait très bonne impression (après la Route du Rock 2005 et le Printemps de Bourges 2006) avec son mélange très relevé entre la pop anglaise, le punk et le hard rock…. L’intro sur Back in black d’AC/DC donne le ton : le combo n’est pas là pour faire dans la dentelle ; son but ultime est plutôt de provoquer des étincelles entre les points de frottement des différents genres abordés. Et ça marche ! Grâce à un enthousiasme communicatif, à une belle série de discours débiles d’Eddie Argos, à ses textes tous plus savoureux les uns que les autres et à une belle série de hit singles joués à l’arrache, avec une conviction rafraîchissante. C’est un peu comme si ces petits garnements venaient de découvrir le rock ‘n roll : ils n’en reviennent pas de faire du bruit avec leurs instruments respectifs et d’être applaudis, en plus.
Aberfeldy :
Le groupe Aberfeldy se fait fort de délivrer une pop fleur bleue et sautillante avec violon émouvant, claviers cheap, voix douces et choeurs bucoliques… Cela a déjà été fait avant, et cela sera encore fait après eux, mais ces jeunes gens bien sous tous rapports semblent sincères et très contents d’être ensemble sur une scène. Petit détail qui pourrait éventuellement avoir son importance au moment du jugement : Aberfeldy écrit de jolis morceaux qui rendent heureux ou joyeusement mélancoliques. Et c’est déjà beaucoup, non ?

Sigur Ros :
Toujours très impressionnants en live, les Islandais de Sigur Ros confirment juste après leurs excellentes dispositions scéniques. Mise en scène captivante, musiciens ultra concentrés, morceaux propices au décollage vers d’autres sphères, public de fans attentifs, le mega show façon Sigur Ros réussit l’exploit d’être à la fois intimiste et grandiose, puissant et délicat. On se sent un petit peu comme dans du liquide amniotique, tranquillement bercé par la fureur du monde extérieur, sans que rien ne puisse nous atteindre et altérer ce précieux sentiment de bien-être. Après une sorte de best of post rock versus pop, le set se termine sur une ode au bruit proprement renversante. A la fin, on se sent comme orphelin, seul au monde… D’autant plus qu’en sortant de la foule massée devant la scène, on se rend compte que la moitié des spectateurs est allée se presser aux abords de la grande scène pour assister à l’horrible démonstration technique de Muse. Qu’on évitera soigneusement, préférant avoir un sommeil bercé par le souvenir du concert magique de Sigur Ros… A l'année prochaine !

Site Internet : www.eurockeennes.fr.
Réagir à cette critique |
|  | (mes) Eurockéennes de Belfort 2006 3/3 : Dominique A, Art Brut, Mogwai, We are Wolves, Las Ondas Marteles feat.Camille, Archive, Sigur Ros, Muse... - 2 juillet 2006 - Presqu'Ile du Malsaucy, Evette Salbert 
Photos sans autorisation par Philippe
Pour le premier jour c'était par ici et pour le deuxième, fallait commencer par là !
Toujours d'esprit flâneur sous un soleil qui a du prendre comme nous .../...
La suite  |
|
 site3-3.jpg)
Photos sans autorisation par Philippe
Pour le premier jour c'était par ici et pour le deuxième, fallait commencer par là !
Toujours d'esprit flâneur sous un soleil qui a du prendre comme nous un pass 3 jours (à moins qu'il n'ait eu une accréditation, LUI...?!), on commence tranquillement la journée en n'écoutant quasiment pas Dominique A (ouais, bon, certes c'est pas comme ça qu'on va devenir journaliste professionnel...) Cela étant il est sûr que cet artiste à la voix un peu monocorde mais aux jolis textes, dans une salle fermée, doit être sympa à écouter... moi je ne le vois toujours qu'en festival.
 ab.jpg)
"We are Art Brut, any questions ?" Ouais, quelques unes. Pourquoi le chanteur est-il si vilain et mal habillé ? Connaissant l'album on soupçonnait bien qu'il chanterait mal, mais à ce point : grassouillet et probablement bourré, on dirait un supporter anglais, tout droit sorti d'un pub karaoke ... quand au groupe il est composé de gens biens lookés mais assez poseurs.
Pourquoi commencer par un riff d'AC/DC ? pour attirer le chaland ? Bref, supportant plutôt bien le groupe sur son premier album, on prête tout de même une oreille attentive au combo de, comme on dit, rock arty. Et ses chansons toutes plus désinvoltes les unes que les autres : We formed a Band, My young brother (au son sympa, mais nous désolé on a pas attendu 21 ans pour découvrir le rock),Bang bang rock'n'roll (déjanté et noisy, avec un petit côté Libertines), ou encore Rusted guns of Milan (qui pourrait se résumer en "Too drunk to fuck"). Au bout d'un moment, l'arrogance de ce type devient franchement agaçante, un petit côté tête à claque à la Pete Doherty... On est donc partis pendant Emily Kane, laissant ce groupe réfléchir à la possibilité de recruter un vrai chanteur...
 mw1-2.jpg)
Quoi qu'il en soit, l'un des rendez-vous majeurs de cette édition nous attend : Mogwai !
D'ailleurs le chapiteau dégueule de monde, impossible de s'approcher sans écraser quelques pieds quand le concert débute sur un air celtique. Le groupe a la réputation non usurpée de jouer très fort : on se fait effectivement salement ramonner les cages à miel avec plusieurs chansons du dernier album, l'excellent Mr Beast dont on a dit le plus grand bien, même si par exemple Happy songs for happy people est au moins aussi bon. Le leader, guitariste souvent et chanteur rarement (et encore, avec la voix vocodée à mort), est un ptit gars pas fier planqué sous sa casquette : Stuart Braithwaite, qui comme tous ses potes reste imperturbable, quelle que soit la tempête sonique qu'il déchaîne. On note qu'ils portent pour la plupart des bouchons dans les oreilles, quand même, les petits joueurs...
 mw2-2.jpg)
En tout cas Travel is Dangerous et plus encore, la magnifique Friend of the Night ravissent nos oreilles. Cette musique vrombissante a des effets variés : la fuite -pour pas mal de gens- ou un état second de trip extatique (que certains aident avec diverses substances). Des passages très calmes (où l'on tend presque l'oreille) sont enchaînés sans ménagements avec des déferlantes soniques, littéralement des murs de larsens que construisent, impavides à la manière d'un Ron Asheton des Stooges, le chanteur de Mogwai et sa bande. Ce son totalement anti-commercial, à rebours des modes, que l'on appelle le "post-rock", est décidément bien jouissif et rafraichissant. Dommage qu'on ne puisse pas changer d'oreilles dans une vie ... Mais on veut bien prendre le risque, quand retentit la diabolique Glasgow Mega Snake (que Muse n'arrivera jamais à écrire, car pour cela il faudrait d'abord baillonner Matthew Bellamy...). Le final tout à fait chaotique se fait après un slow très lent, en béton armé, qui doit être sur l'album HSFHP ? Le groupe nous quitte sur ce que l'on appellera un bruit "noir" : tous les instruments saturant tous en même temps, à force d'être maltraités, piétinés, cognés etc. Au final, un excellent moment expérimental qui fait du bien... même quand il s'arrête.
 WaV.jpg)
Bien sûr on aurait pu s'échapper plus tôt. Mais pour une fois qu'il y avait peu de groupe popeux à la Belle & Sebastian, on ne s'est pas rués pour voir la fin d'Aberfeldy(sheim*) ; un grand amateur de ces groupes mélodiques (et ch...) nous en a cependant dit du bien, avec la réserve que c'était un peu limite easy-listening variété par moments.
* private joke pour alsaciens d'origine - ne pas confondre avec Mittel- et Niederfeldysheim bien sûr
Bref, on reprend ses esprits avec la fin de We are Wolves, live on the beach. Restaient seulement 10 minutes de cet excellent power trio rock, au son électro-garage (guitare, synthé et batterie), super sympa, à revoir en salles si possible !
 Lom1-2.jpg)
Car animé d'un mauvais pressentiment, on a traîné des pattes avant de rejoindre la grande scène et Archive. Et notamment, on a poussé jusqu'au sound system, minuscule scène (comparée aux autres) à l'entrée du site, pour revoir un petit coup de Las Ondas Marteles, sympathique trio de musiques espagnoles déjà vu avant un inoubliable concert de -M- au Dôme. Un vrai plaisir que d'écouter de la canson tranquilla en español (un peu de calme après la tempête), des trios a capella avec carillons délicats, un rockabilly guitare/contrebasse acoustique et néanmoins endiablé qui doit s'appeler My baby left me.
 Lom2-2.jpg)
Au moment où l'on remarque un truc amusant, que Sébastien Martel a comme un petit air de Manu Chao plus jeune et plus grand, voilà Camille qui arrive !! La même que hier, mais ce coup-ci à peine à trois mètres ! Trop classe. Elle est venue chanter avec Nicolas Martel (chanteur délicat s'il en est), 2 slows rock très classieux, d'une voix archi-sexy digne de Betty Boop. On les quitte à regret sur un blues, mais quelle idée super sympa que cette petite "saynette" à l'entrée du site, pour des collaborations sans façons entre grands artistes !
 ar1-2.jpg)
On rejoint cepentant quand même Archive par acquis de conscience, sur Fuck U. Bien sûr la musique est toujours très belle mais la voix du nouveau chanteur n'est vraiment pas top, bof, il n'y a rien à faire, on regrettera toujours Craig Walker, le rouquin torturé et charismatique parti il y a presque 2 ans. Le groupe joue des nouveautés de l'album Lights, un peu faiblardes a priori (en tout cas répétitives par rapport à leur dernier bon album en date, You all look the same to me, lui-même aussi beau que Londinium - on pardonnera s'il le faut beaucoup de galettes mineures aux deux auteurs de ces oeuvres sublimes).
 ar2-2.jpg)
Mais horreur ! En plus du nouveau chanteur de qualité standard, revoilà le chevelu casse-couille qui nous les a déjà brisées par le passé aux Docks des Suds. A deux doigts de filer, on est retenus par un peu de la magie d'antan, toujours reconnaissable dans les orgues en trémolos magnifiques. En plus le groupe se lance dans Again, les salauds, plus possible de partir, la guitare nous a scotché... musicalement la chanson est évidemment sublime mais vocalement aie aie aie, quand il crie ça fait presque peur (on dirait Bono !). Le concert à Rock en Seine 2004 restera donc celui du top du top d'Archive, on en reste à jamais inconsolables...
 sr.jpg)
Inconsolables, ça tombe bien c'est ce qu'il faut être pour apprécier Sigur Rös. Encore du post-rock, on est gâtés, sauf que celui-ci vient d'Islande. Encore plus planant, presque aussi sonore que Mogwai, le groupe joue d'abord caché derrière un rideau aux images abstraites - dernière photo qu'acceptera de prendre mon appareil photo épuisé. Le chanteur apparaît alors, Jonssi Birgisson, pour votre gouverne borgne et gay selon le (très complet) site web du groupe, mais surtout charismatique et assez beau gosse apparemment, qui joue de la guitare avec un archet, tout en chantant avec une voix d'ange.
Le groupe interprête plusieurs chansons de l'album Takk et notamment le "tube" (ça c'est de l'info non ?). Pour être plus précis, plusieurs chansons aussi de l'album ( ), mon préféré. A ce sujet, un petit regret d'ailleurs : autant ils ont joué ( ) que j'aime bien, autant j'ai attendu en vain la très floydienne ( ), que j'adore (blague à part, la 7e sur 8, 13 minutes qui contiennent la naissance et la disparition d'un monde, cette chanson est un vrai trip, elle est belle à en mourir).

(Photo : image.freemusic.cz)
Le public, il fallait s'y attendre, est complètement euphorisé par ce son tout à fait énorme. Sur scène, il y a pas mal de monde dans l'ombre : des percus et carillons féminins, au moins 5 cuivres, et le son est un peu soporifique (mais au sens positif du terme : on a envie juste de rêver, allongé dans l'herbe), au son de la superbe ( ) (5ième, 8ième ?) qui est vraiment magnifique. Il faut dire que le hopelandic, langue inventée par Sigur Rös, est au moins aussi mélodieux en bouche que le klokobetz de Nosfell... A la fin le rideau retombe, en ombres chinoises, le groupe offre un final grandiose avec un triomphe total (petite surprise, je ne doutais pas que les gens aimaient tant ce groupe - autant de bruit que pour Mogwai...). Et pas moins de 14 personnes qui viennent saluer ! Les deux meilleurs groupes de post-rock en activité, le même jour, elle est pas belle la vie à Belfort ?
Ivre et saturé de bonne musique, il n'est plus question de se battre avec des hordes de minots en t-shirt siglé, pour aller absolument voir les frimeurs prétentieux de Muse, et leurs chansons trop écrites. Déjà vus, plusieurs fois, ils nous énervaient déjà en 2000 quand ils avaient 17 ans et un seul album au compteur. De loin, on entend Bliss et d'autres tubes "historiques", toujours plaisants à l'oreille mais aussi Stockholm Syndrome de l'album Absolution (et comme lui et tout ce que fait Muse : facile d'aimer à la première écoute, facile de se lasser à la deuxième). Le groupe n'a certes pas le génie de la composition, mais ce sont de bons entertainers, et en partant leurs chansons bien connues nous accompagneront agréablement jusqu'à la voiture.
 amis2-2.jpg)
Au final, on retient de ces trois jours une très jolie édition, rien qui nous ait rendu totalement fous (quoique, Daft Punk et Katerine ? ...) mais plein de très beaux moments. De la tempête décibelienne de Mogwaï à un p'tit blues sexy avec Camille et Las Ondas Marteles en passant par l'élixir de jouvence que nous a délivré Depeche Mode ou le prozac sonore de Sigur Rös, du délire francophone de Dionysos à celui en yaourt anglo-nippon des Polysics, une fois encore les Eurockéennes ont su nous étonner, nous amuser, nous énerver, nous faire vibrer...
Avec un engagement écologique et même citoyen (l'association Trop C trop contre la surcharge des prisons) qui ne se dément pas, une organisation sans failles aucune (y compris la météo), on est toujours dans le plus beau des festivals, alors c'est sûr, l'an prochain, on reviendra !
Longue Vie aux Eurockéennes !
A lire aussi sur ConcertandCo : (mes) Eurockéennes 2005, ou même celles de 2004, voire celles de 2003... et puis aussi un retour sur les années 1994 à 2002 !
Quelques vidéos en bonus, à voir par ici ! Réagir à cette critique |
|  | Toutes les critiques de concert pour Sigur Ros  |
Copyright © Neolab Production 2000-2008. Reproduction totale ou partielle interdite sans accord préalable.
|
 |
|