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My Baby Wants to eat your Pussy, Islands, Blackalicious, Dominique A, Ghislain Poirier, Art Brut, Mogwaï, Archive, Sigur Ros, Muse, Cult of Luna

Eurockéennes de Belfort 2006   Dimanche 2 Juillet

Concert à ne pas manquer

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    Y’a un truc que je trouve formidable dans les Eurocks, c’est le petit livret avec la présentation des groupes qui est distribué à l’entrée du festival. Ca a l’air tout con, mais on sent que les mecs qui l’ont rédigé font tout pour éviter de dire qu’un groupe est nul mais ils y arrivent pas… et ils nous laissent suffisamment d’indices pour nous éviter pas mal de déconvenues.

    Dimanche, ayant raté le Crapo des Marais à cause d’une logistique défaillante, je me décide finalement à aborder cette journée par les effémines MY BABY WANTS TO EAT YOUR PUSSY sur la plage.

    Faut dire que le livret édité par le festival était plutôt éloquent « sex-tet allemand travestis comme des entraîneuses de Las Vegas qui se seraient faites relooker par les Guns N’ Roses et maquillées par Marilyn Manson… » Voyez-vous ça.
    Déboulent les tatas teutonnes sur la plage et je pressent qu’on va assister à un grand moment.
    Pour vous donner visuellement une idée du physique du chanteur du groupe, imaginez un être hybride composé d’un harmonieux mélange entre la coiffure de Simply Red version 1990, la carrure de l’humoriste décédé Sim, et la tête de Jean-Paul Rouve. Déjà on se rend compte tout de suite que le gars possède un charisme physique, quasi-chamanique, mais ce n’est pas le pire… A sa gauche, une personne de sexe indéterminée joue de la guitare, hé oui, je l’ai vu (e), Amélie Mauresmo a un sosie. Jusqu’à maintenant et après des recherches poussées sur la toile, impossible d’en déterminer le genre…

    Crachent les décibels, un curieux mélange de ska festif, métal, glam-rock, en soit pas désagréable à écouter, le groupe fait ce qu’il peut pour rameuter le plus de monde possible a coup de teasing incessant. D’ailleurs, je constate que le bassiste du groupe fait de l’œil et envoie des bisous à ma petite voisine laquelle devait avoir 13 ans à tout casser… Juste au moment ou je trouvais ça gonflant, v’la ti pô que le chanteur annonce dans un anglais tout shakespearien que le groupe n’a jamais sorti d’album, et dans un élan de générosité balance un CD cartonné dans la foule. 2 ou 3 moutons se jettent dessus, et ne réussissent qu’a choper le carton, puisque le CD va malencontreusement échouer (et se rayer) dans le sable.

    Tout se passait pour le mieux quand on se rend compte finalement que le groupe ne se contente pas de se saper comme des rondelles locatives, mais en adopte aussi l’attitude… Un salut à six, 2-3 petits sourires hypocrites, dernier bisou du bassiste à ma petite voisine et le batteur du groupe descend avant-scène avec une pile de CD cartonnés dans les bras. Les moutons de la fosse se jettent sur lui, s’attendant à une distribution gratuite. NEIN ! 5 euros le CD mesdames, messieurs, et du coup le comportement aguicheur du groupe pendant le set prend tout son sens. Pas très rock’n’roll tout ça… Je quitte la plage, fortement amusée par les invectives de certains festivaliers au groupe « crevards » « voleurs » « capitalistes », ce qui laisse rêveuse quand on sait que le groupe est originaire de Mannheim en ex-RFA… Un bref coup d’œil de retour à la maison au site officiel du groupe et on comprends que les Eurocks étaient avant tout une occasion pour eux de se faire de la thune, c’est sur que ça doit leur changer des MJC d’Outre-Rhin…

    Quelques rares tee-shirts noirs aperçus, malheureusement tous estampillés MUSE (à croire que le label Naive est en faillite), 2 ou 3 hardos quincaillés nostalgiques du Hellfest égarés et une barquette de frites froides plus tard, j’aborde en toute sérénité une de mes découvertes du festival, les canadiens de ISLANDS, belle surprise, chanteur à la voix extraordinaire et au physique archangélique, compos magnifiques, éclectisme ethnique au rendez-vous. Totalement sublime, je reste scotchée jusqu’à la fin… ce groupe me rappelle les regrettés BOO RADLEYS, et leur dernier opus « King Size ». Génialissime.

    Histoire de me sortir de mon rêve, je file grande scène histoire de head banger sur les rythmiques de BLACKALICIOUS et de toute façon crevée par une nuit sous la tente sans matelas, je me chope un torticolis d’enfer. Du coup, histoire de me restaurer je file manger une poutine et je m’endors sous les arbres. Je me réveille 1/2h plus tard. Le bonhomme respire la joie de vivre, c’est dire que son orchestre faisait furieusement penser à un congrès de croque-morts en villégiature un dimanche à Saint-Quentin (02). Définitivement pas mon truc, Dominique, par contre les fans avec qui j’ai pu discuter étaient aux anges… c’est bien là l’essentiel finalement.

    Déprimée, je pars assister aux balances de GHISLAIN POIRIER, et force est de constater que le bougre à du talent et aussi une belle gueule (chacun ses goûts), je reste donc l’admirer pendant une petite demi-heure, le temps pour moi de comprendre pourquoi il a autant de succès au Québec. J’adôôôôôôôre !

    Un petit coup d’œil au livret des Eurocks, et je capte rapidement qu’on va assister au set d’un groupe très particulier sur la Grande Scène : je cite » chez ART BRUT », le seul vrai objectif est l’entertainment » Je sais pas pour vous, mais c’est pas vraiment le genre d’understatement qu’on utilise pour souligner les qualités d’un groupe musical… Je pense qu’il faut plutôt lire « bon, c’est pas génial ce qu’ils font, mais au moins ça distrait », merci m’sieur le rédac’ chef, je crois que jamais ô grand jamais je n’ai autant été consternée devant un groupe. D’ailleurs est-ce vraiment un groupe ?? Une musique pompeuse et bruyante, sorte de rock déclamatoire et arrogant, collant parfaitement à la personnalité du chanteur Eddie Argos, un batteur qui tape debout, une bassiste inexistante et 2 chevelus à la guitare. Bon, y’en a certainement qui me diront que c’est moi qui n’étais pas dans le trip, peut-être, en tout cas l’accueil du public fut plus que tiède…

    Un p’tit coup de Diet Coke pour noyer mon chagrin et je pars à la découverte de MOGWAI, rien à dire sinon que ça me casse les oreilles. Le public adore, ils sont là pour ça…

    Je me précipite sur la grande scène et c’est collée aux barrières que j’assiste à la représentation d’ARCHIVE : son excellent quoique quelques ratés qui rappellent le plantage sonore vu chez DIONYSOS l’avant-veille, charisme absent, chanteur performant, rien à dire ils enchaînent les tubes « again », « fuck you », je suis aux anges, j’adore …tellement que j’en oublie d’aller me placer aux barrières chez SIGUR ROS sur le Chapiteau, déjà depuis longtemps assaillies par une rangée d’irréductibles. Rien à redire la encore, Sigur Ros en live c’est comme en studio, magnifique à en pleurer, et voila que revient mon vieux fantasme celui de me baigner nue dans le Blue Lagoon à Reykjavik en écoutant Aegatis Byrjun en boucle… Un petit regret, en festival ça perd un peu de son côté intimiste… dommage !

    On sort du rêve, et je me noie dans les 30 000 gamins venus voir le nouveau MUSE. Bon je vais vous épargner les jeux de mots douteux, mais l’infect single « soupa massive black-euh hole » augurait du pire pour le rossignol grand-briton, fatigué, usé, lessivé le Bel-Ami, on sent que le mec en a marre des falsettos et autres arpèges outranciers qui faisaient tourner la machine depuis sept ans. Un jeu de scène beaucoup plus sobre, des compos pâlotes, Matthew a fini de souffrir et du coup on s’ennuie à mourir. Le sensationnel y’a que ça de vrai, mais ça avait finalement du bon. Oui, je sais, cela ne fait que la 4e fois que je les voit en concert, je faisait même partie des rares à les avoir vus à Château-Arnoux en 2000 (et à savoir où se trouve cette ville). C’est dire si la chute est dure. Et je le comprends le Matt, respect quand même, man, tu as besoin de vacances. Nous aussi, surtout nos oreilles je pense, beaucoup de festivaliers se sont plaints du volume sonore, notamment sur les sets de Daft Punk et des Strokes. Muse ne méritait plus son nom, c’est avec bonheur que je me dirigeai vers la sortie, mon âme de métalleuse se rappelant à mon bon souvenir sous la forme des athmosphériques CULT OF LUNA sur la plage, bon en intro un instru interminable (j’ai réussi à placer une allitération en t), c’était-t’assez-de-toute-façon, direction la sortie et adieu les Eurocks… jusqu’à l’année prochaine qui sait ?

    Signature : Cybermetisse
    le 20/07/2006
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