SKIN
Un set de 35 min qui démontre que cette fille (ex-chanteuse de SKUNK ANANSIE) possède effectivement un indéniable goût pour la scène en multipliant les traversées de scène et autres poses suggestives mais elle ne fut vraiment pas aidée par un son désastreux surtout au début, une reverb' à tomber et des basses recouvrant tout sur un “Weak” à peine reconnaissable (seuls ceux possedant des oreilles bioniques ont du pouvoir percevoir la gratte acoustique). Ce fût un peu mieux sur les 3 derniers morceaux mais pour un peu, son mini-concert à la fnac dans l’aprèm était mieux (ok je suis dur).
PLACEBO
17 000 aficionados, une fosse blindée par un public plutôt connaisseur si l’on s’en réfère à la façon dont il a réagi pendant les morceaux diffusés en warm-up : ovation pour « Seven Nation Army » des White Stripes, ainsi que pour Bowie, Jane’s addiction, Interpol et bronca pour Beyoncé (mais ils sont fous ces programmateurs de nous faire des coups pareils !). Grosse ambiance donc pour une entame énorme : lente montée de pression avec diffusion d’images du groupe sur une ligne électro avant l’explosion de l’exutoire instru “Bulletproof cupid ” (Dédicace à Griotte), pogos instantanés, vagues et quasi impossibilité d’entrevoir les musiciens malgré un placement relativement bon : environ 20m à droite. Il a donc fallu attendre le tassement des pogos pour enfin apercevoir Brian Molko, ses acolytes habituels bassiste et batteur en pleine lumière additionnés d’un second guitariste et d’un clavier gentiment en retraits. Se sont ensuite enchaînés des tubes et presque rien que des tubes, comme on pouvait s’y attendre pour un concert à la Halle. “Sleeping With Ghost” fut joué quasi en entier (manquait “Something Rotten”) plus les meilleurs morceaux des 3 premiers albums. Après cette intro de feu, ils enchaînèrent direct avec “Every You Every Me” hyper vigoureux, “Bionic” splendide de tonicité, joué 2 fois plus vite que sur l’album (Dédicace à Vigoman). Un triptyque absolument génial donc avant le retour au calme avec une interprétation assez libre du sensible “Protect Me From I Want” sur lequel Molko abandonna sa gratte pour se concentrer sur le chant. Ensuite, les meilleurs ont été pour moi: ”Plasticine” “Special K” (bien repris par la fosse) “Slave To The Wage” « Allergic to Thoughts of Mother Earth » et « Special Needs » (Dédicace à my spécial G) qui bénéficiaient d’un vrai rendu scénique très fédérateur et puis du plus décevant pour cause de basses omniprésentes : « Second Sight » « English Summer Rain » . Les chansons plus calmes furent pas mal : «Without You I’m Nothing » (Dédicace à ma belle et tendre) « I’ll Be Yours » bien que parfois très lentes. Pour ce qui est de l’inévitable single « The Bitter End », son énergie n’eut aucun mal à enflammer un public qui n’attendait que ca même s’il fût joué de façon un peu criarde à mon goût.
Question show, rien à dire, Molko est luminescent voire carrément christique dans son ensemble blanc, Olsdal est très présent également, il troque parfois sa basse pour une gratte afin de suppléer Molko, participe au harmonies vocales, exhibe fièrement sa basse en l’érigeant à la moindre occasion et nous gratifia d’une étrange danse nuptiale pour le 1er rappel ainsi que d’un (très) timide slam torse nu sur 2m à la toute fin du set. Quant à Hewitt, il confirme qu’il n’est pas nécessaire d’être un batteur démonstratif pour être efficace, son jeu est en effet très fin avec une frappe très sèche sans amplitude, toujours juste. Molko ne nous a pas fait beaucoup profiter de sa maîtrise de notre langue, tout juste un consensuel « Bonsoir Lyon, Ca Va ? », un « Je pense que vous la connaissez celle-la » avant « Bitter End » , la présentation de sa bande « Stefan le toxicoman de service » et les remerciements d’usage.
Sinon, un 1er rappel assez convenu, incluant hélas un massacre de « Pure Morning », où toutes les subtilités du morceau furent littéralement noyées dans les basses mais aussi le méconnu « Peeping Tom ». Le 2ieme en revanche fût une merveille avec d’abord Molko au clavier pour un délicieux « Centrefolds » d’une beauté primitive (même si ca mériterait un vrai piano). Mais ils ne pouvaient pas conclure sur une chanson aussi mélancolique. Par conséquent, on eut droit à une apothéose extatique avec la reprise jubilatoire et introspective des Pixies (hélas sans Frank Black comme à Bercy) « Where is My Mind ? » pour la clôture définitive. Le tout en 1h45.
Bref un set très réussi sur lequel les fans ont pris leur pied malgrès une setlist peut-être un peu figée (encore que) et (je me répète) la réverb' des basses, parfois vraiment dommageable mais c’est le problème récurrent à la Halle et on sait à quoi s’en tenir quand on y va.
A la prochaine pour Muse
Flo