Concert archi complet, les billets s’étaient quasiment vendus dans le quart d’heure qui a suivi leur mise en vente. Il faut dire que l’affiche était alléchante, puisque c’est le 1er concert programmé de la tournée mondiale des Smashing Pumpkins, et leur grand retour après 7 ans d’absence et la séparation en 2000. Donc c’est l’effervescence aux abords du cinéma, ça parle anglais à tout va, le public a l’air d’être particulièrement connaisseur, et les vendeurs au marché noir font leur boulot avec un grand sourire, preuve supplémentaire de l’importance de l’évènement.
Personnellement, j’ai eu une chance énorme, parce que je n’ai obtenu mon précieux sésame que la veille du concert par tirage au sort. Je suis de plus merveilleusement bien placé au 10ème rang, plein centre. Il n’y a quasiment que des places numérotées - au nombre de 2200 environ.
A 20 h 30 précises, ca commence par une introduction musicale comme on en rencontre de plus en plus souvent. Et c’est l’arrivée sur scène. Du groupe orignal, ne subsistent que Billy Corgan (chanteur/lead guitar) et Jimmy Chamberlain (batteur), et comme on ne change pas un équipe qui gagne, il y a une bassiste Ginger Reyes (qui ressemble à Elsa Fayer), et un guitariste asiatique Jeff Schroeder - en remplacement respectivement de D’Arcy et James Iha - presque une copie conforme point pour point.
Dès le début du set, ça commence fort, et les guitares sont distordues à l’envi. La voix est bien présente, et l’équilibre sonore excellent, même s’il y a quelques duretés dans l’aigu, certainement dues à la salle. Ils impressionnent sur scène, tout de blanc vêtus, sorte d’alchémie entre Nosferatu et Startrek, pour peu, on se croirait à la messe... ça commence par “United States” parfait pour la mise en bouche. Today joué en 2ème morceau déclenche une salve d’applaudissements, et leur assure un respect certain. Dès le 3ème morceau, ils sont rejoints par une claviériste Lisa Harriton - qui a l’air très mignonne, et dont les formes sont bien mises en valeur par l’éclairage, mais je m’égare.
Ensuite, ils enchaînement pas mal de titres du nouvel album, pour arriver à un déluge sonore expérimental que j’ai trouvé quelque peu longuet, et qui sera la seule ombre au tableau. Sur les disons 8 premiers morceaux, je trouve que Jeff est en retrait, comme s’il faisait allégeance à son mentor, mais maintenant, il s’est bien mis au diapason - le trac oublié ? - et il est complètement dans le set, et cela s’entend nettement au son de sa guitare. Il a maintenant l’assurance d’un musicien expérimenté, commence à assurer des solos, et “Bullet w butterfly wings” est interprété d’une manière absolument énorme. Ensuite, nous avons droit à un intervalle plus calme à la guitare acoustique 6, puis 12, puis de nouveau 6 cordes, c’est beau. Il doivent jouer depuis 1 H 30 et je me dis que c’est bientôt fini, même si je n’ai pas vu le temps passer. Je suis loin du compte, ils vont enchaîner les morceaux / tubes comme on enfile des perles, piochant le meilleur de Siamese / Mellon, et même Adore. Après bien plus de 2 H de show, ils débutent l’intro de “the End” des Doors, et je me dis que c’est la fin, et qu’ils finissent par une reprise légendaire (comme l’ont fait Oasis, Wolfmother, etc...) - Mais non, ce n’était qu’une diversion, et ils repartent vite à du Smashing pur et dur, et tout le monde est sur le cul. Ils vont continuer ainsi, nous laissant complètement pantois au bout de 2H55 de set, dont 2 rappels. Je n’avais pas assisté à un concert aussi long depuis, je crois Chicago, il y a de cela 25 ans au moins.
Manifestement, ils ne se sont pas moqués de nous, et il y avait un réel respect entre le groupe et le public. Le concert - qui a d’ailleurs été filmé par au moins 5 caméras - était absolument incontournable, et c’est un doux euphémisme. Il ont placé la barre très haut, et je ne vois pas qui pourrait les déloger de la hauteur stratosphérique où ils nous ont emmenés ce soir. C’est l’endroit où il fallait être hier au soir, sans l’ombre d’un doute.