Il y a 8 ans à l’Elysée Montmartre, le premier concert des Smashing Pumpkins auquel j’assistais avait été d’une intensité rare : 1h20 de communion noisy. Les années ayant passées, le line up ayant changé, la salle s’y prêtant moins, retrouver cette intensité aurait été un objectif surréaliste et tout ce que j’espérais était un concert de qualité équivalente au Bercy de leur tournée d’adieu ; c’est effectivement ce qui m’attendait.
Dans un Bercy aux gradins clairsemés, les Pumpkins entâment leur show avec Porcelina Of The Vast Oceans ; le public reste assis, j’en fais de même ; entrée en matière étrange, impropre à provoquer l’hystérie d’un public qui a déjà bien vieilli. La première heure du concert se déroule ainsi, sans vraiment décoller : Tonight, Tonight est trop vite expédié tandis que Try, Try, Try ne décolle pas. La setlist est étrange et les Pumpkins jouent des titres auxquels on aurait vraiment pas pensé au premier abord : Behold! The Night Mare (la 13 de Adore), des bonus tracks (Stellar), des titres en cours de finition (Superchrist).
Si la démarche est noble – on ne vient définitivement pas à un concert pour entendre un groupe débiter ses singles sans la moindre surprise – elle n’en n’est pas moins frustrante en ce début de concert, d’autant plus qu’à maintes reprises le clavier semble être trop mis en avant tout en manquant de pertinence. Ainsi, il faut attendre 22h et Today Is The Day pour voir le groupe enfin prendre ses marques et relancer la machine qui faisait des Smashing Pumpkins l’un des meilleurs groupes des années 90. Les tueries s’enchaînent : Tarantula, Stand Inside Your Love, Bullets With Butterfly Wings et l’on constate avec plaisir que les titres du nouvel album s’intégrent parfaitement à l’ensemble. Jimmy Chamberlain joue comme le grand batteur qu’il est. Puis après les frissons sur Everlasting Gaze et les déluges de guitares sur United States, la formation finit sur Cherub Rock pour une prestation de 2h45.
Au final, le bilan est mitigé, la puissance pure côtoyant parfois un léger ennui. En fait le problème relève du fait que l’on a par moment plus l’impression d’assister à la tournée solo de l’ex leader des Samshing Pumpkins qu’au Smashing Pumpkins. Difficile de ne pas voir en Billy Corgan, un Chris Cornell reprenant sur scènes les titres phare de Soundgarden. Pour vraiment se réimposer, les Pumpkins doivent retrouver l’équilibre, l’unité de groupe, la cohésion, et cela semble difficile vu la fadeur des deux nouvelles recrues, clones grossiers de Iha et D’Arcy. Malgré ces quelques remarques, Billy Corgan reste un acteur incontournable de la scène US, et l’on ne peut qu’espérer que cette tournée sera le ciment d’une nouvelle vie pour le groupe.
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