Bon, que l'on ne me demande pas d'écrire une chronique objective sur Sonic Youth. Je précise d'emblée que je suis une fan inconditionnelle de cette formation mythique de rock indé.
Nous arrivons donc au Zénith, cette grande salle impersonnelle, une de celles que nous n'avons pas sur Marseille, et qui permet malgré tout de recevoir quelques grands. Il y a sur place une très bonne ambiance et des gens de tous les âges, dû bien sûr à la longévité et à la qualité du groupe, qui a tout de même joué le rôle de parents spirituels et musicaux à Kurt Cobain.
Le concert démarre avec Candle de l'album Daydream Nation et ce morceau a tellement tourné chez moi depuis 10 ans que je ne peux m'empêcher de verser une petite larme (la vraie débile).
Mais aussi, et à ma décharge, le groupe a un son tellement à lui, que de l'entendre live fait tout de même un drôle d'effet. Batterie énervée, gratte de Thurston Moore qui sonne faux, tout autant que le chant de Kim Gordon..
Cela reste un mystère de savoir comment ils parviennent à jouer si dissonant, si « à côté », et de parvenir à rejouer exactement leur musique distordue! Mais c'est évidemment ce qui fait leur force, ça et le fait de parvenir à ce qu'elle reste accessible. Parce que même dans les morceaux les plus énergiques, il y a toujours un équilibre entre la saturation auditive et les passages mélodieux, qui fait qu'on n'a jamais envie de s'arracher les cheveux, mais juste de hurler et de se défouler avec eux!
On passe de compo connues et reconnues, celles évidemment de l'album Washing Machine à des morceaux plus expérimentaux, le tout en ayant un aperçu de leur dernier album qui vient juste de sortir dans les bacs.
Album qui a l'air assez doux en comparaison de leur passé musical plutôt punk, un peu dans la lignée de Sonic Nurse, leur avant dernier disque qui est plus noisy grunge.
Mais ne nous inquiétons pas, les membres du groupe sont toujours aussi déchaînés, Kim Gordon sautant et tournant sur elle même telle une enfant et autre solo guitare directement joué... sur l'ampli!
Un grand concert donc, dont on sort forcément frustré (si on ne les voit pas régulièrement) tellement ils ont d'albums et de morceaux phares.