Sonic Youth - 09/08/2008 - Saint Nazaire j'attendais ce concert de sonic youth depuis longtemps. Le groupe mythique de l'underground new-yorkais passait près de chez moi. Alors me direz-vous ? Un peu resté sur ma faim. Concert trop court, un .../...
j'attendais ce concert de sonic youth depuis longtemps. Le groupe mythique de l'underground new-yorkais passait près de chez moi. Alors me direz-vous ? Un peu resté sur ma faim. Concert trop court, un seul titre en rappel et le choix des morceaux pas très judicieux. Mais je ne suis pas objectif. Je ne suis pas un fan de la première heure des sonic youth. Daydream nation, sister ne sont pas mes albums préférés. Sacrilège me direz-vous. J'ai découvert le groupe avec l'album "GOO". J'ai acheté tout ce qui a suivi et surtout l'ecellent 'thousand leaves".
Je préfère donc le sonic youth plus mélodieux et moins bruitiste des premiers albums. Et hier soir c'était un concert rentre-dedans, très underground.B ien-sur on salue l'intégrité du groupe et l'aspect non-compromis.Mais dans un registre un peu similaire, un radiohead que j'ai pu voir il y a quelques semaines à Bercy pour un concert monstrueux sait mélanger ses côtés expérimentales et des chansons plus pop.
Bon le concert de Sonic Youth était bon mais j'attendais plus(trop) d'un mythe et peut-être que le cadre d'un festival était moins approprié pour le groupe (set + court donc + concis) Réagir à cette critique
>> Réponse (le 11/08/2008 par troud) Saint Nazaire - 9 aout 2008 Je suis un fan pur et dur de Sonic Youth depuis une quinzaine d'année, le concert de samedi était bon, mais je les ai .../...La suite
>> Réponse (le 22/08/2008) idem, mais avec un plus gros bemol, tres satisfait de les voir pour la premiere fois, je les ai decouvert quand goo .../...La suite
>> Réponse (le 22/08/2008 par sandoz) Sonic Youth en concert a une vraie pêche, ce sont des rois de la gratte, des bêtes de scène, Kim Gordon a une voix très .../...La suite
Bilan un peu mitigé pour la Route du Rock 2007, qui avait lieu près de Saint-Malo, du 15 au 17 août 2007 : la pluie du premier jour et le froid nocturne des autres soirées n'ont pas empéché de découvrir des artistes classieux et/ou émergents, mais c'est le concert pathétique (et hors de prix, en plus !) de la tête d'affiche - les Smashing Pumpkins - qui laisse de gros regrets. Venu pour défendre un album sans intérêt aucun, le groupe de Billy Corgan a englouti presque la moitié du budget programmation, pour rien serait-on tenté de dire, s'il n'avait attiré le public nécessaire à la survie du festival. Cela étant dit, la qualité du reste de la présentation de la collection été au fort de Saint-Père était de nature à satisfaire le festivalier en manque de sensations électro pop rock, comme tous les ans... Compte rendu.
Mercredi 15 août :
Herman Düne : ensoleillé, groovy et rock.
Le festival débute pour nous, après une très (trop) longue attente sous des trombes d'eau, avec un bon concert d'Herman Düne. C'est malheureusement sous la pluie que le groupe français délivre sa musique ensoleillée, groovy et rock ; cela permet néanmoins de mettre du baume au coeur des premiers arrivants... David-Ivar, Neman et leur acolytes semblent ravis de se produire à la Route du Rock devant un public tout acquis à leur cause. Le concert, peut-être un peu trop calibré pour les festivals, place en tout cas la soirée sur de bons rails...
The National : puissance émotionnelle remarquable.
Juste après, The National présente brillamment son excellent nouvel album Boxer, avec quelques retours percutants sur sa discographie plus ancienne. Avec un tel groupe, impossible d'être déçu, malgré l'absence du violon magique de Padma Newsome : les morceaux sont tous intensément captivants, le groupe joue de manière inspirée, le chanteur semble habité par des démons insaisissables... Cerise sur le gateau, les éléments déchainés (pluie, vent, froid) conviennent parfaitement aux atmosphères délivrées par le combo new yorkais, selon Matt Berninger lui-même. Cela donne même une dimension supplémentaire au spectacle... Qui, une fois de plus, emporte tout sur son passage, grâce à une puissance émotionnelle remarquable.
Quelques instants plus tard, le show d'Eddie Argos et ses musiciens redonnent définitivement le sourire. Ce monsieur, en apparence propre sur lui et sans relief, est en fait une véritable bête de scène : il est drôle, facétieux, imprévisible et toujours en forme. Entre deux bons mots, quelques exercices physiques pour éliminer les excès (un peu de corde à sauter avec son fil de micro) et quelques provocations bon enfant, le leader omnipotent n'oublie pas d'insuffler une énergie et une hargne incroyables aux morceaux de son groupe de rock. C'est un peu comme si Jarvis Coker de Pulp et Mark E. Smith de The Fall ferraillaient avec un groupe de punk rock obsédé par le hard rock ; on assiste à un feu d'artifice de tubes concis et percutants osant parfois aller jusqu'aux limites du bon goût. En un mot, c'est totalement jouissif ! Les deux albums truffés de hits d'Art Brut et ses concerts survoltés sont vivement conseillés à... absolument tout le monde !
The Go ! Team : irrésitiblement frais et joliment brouillon...
Pour oublier le froid et l'humidité, rien de tel qu'un peu d'exercice. The Go ! Team et son mélange hip hop/soul/pop/rock bricolo bruitiste semble tout indiqué pour faire bouger le public, surtout avec une chanteuse aussi surexcitée que Véronique et Davina réunies. Même avec un genou douloureux, la très craquante vocaliste s'en donne à coeur joie en sautant partout, en chantant avec enthousiasme et en dégageant une énergie plus que communicative... Certes, tous les morceaux sont batis sur la même formule et se ressemblent un peu, mais sur scène l'ensemble se révèle irrésitiblement frais et joliment brouillon. De quoi faire tourner la tête à plus d'un !
Sous des cieux enfin plus cléments (il fait beau et chaud !), les Anglais de Fujiya & Miyagi permettent de décoller en douceur avec leur électro krautrock de fort belle facture. Au menu : guitares légères, claviers vintage aériens, voix lancinantes, boites à rythmes caressantes... Les atmosphères éthérées délivrées par ce groupe sans charisme aucun ont le grand mérite d'être saisissantes ; l'auditeur, peut-être un peu distrait au début, se laisse progressivement envouter par les entrelacs de guitares et de claviers, les boucles sonores oniriques, les gimmicks entétants et les montées hallucinogènes. A revoir au plus vite dans une salle intimiste...
Déjà auteurs d'une prestation impressionnante au festival Europavox deux mois plus tôt, les furieux Norvégiens de 120 Days confirment à Saint-Malo leur statut de groupe de scène imparable... Si à la Coopérative de Mai, ils avaient joué seulement deux morceaux – géniaux, planants, vrillants – en 45 minutes, la tactique d'attaque est différente en territoire malouin : plus de morceaux avec guitare façon Stone Roses/Primal Scream, mais toujours des tentatives réussies de mélange rock/électro/punk entre Suicide, Kraftwerk et « Rolling Stooges ». Malgré un public peu réceptif (sans doute à cause d'un horaire de passage trop précoce), 120 Days a fait étalage de toute sa classe. Un combo tout à la fois à voir sur scène pour péter les plombs, à écouter chez soi pour partir en vrille et à passer sur un dance floor pour sauter partout ; aussi à l'aise avec des boucles préenregistrées, des claviers triturés et des instruments de rock classiques, l'avenir semble véritablement radieux pour ces quatre musiciens-là.
Encore un très bon moment juste après avec le set psychédélique en diable des Montréalais volants de Besnard Lakes, sorte de croisement stellaire entre Pink Floyd, Neil Young, les artistes du label Constellation et les Beach Boys. Oui, rien que ça ! La troupe semble s'entendre à merveille et être ravie de se produire en France ; dans ces conditions idéales, elle donne donc le meilleur d'elle même, avec de longs morceaux propices pour laisser divaguer son esprit à très haute altitude. Certes, tous les fans hardcore des Smashing Pumpkins (qui sont attendus incessamment sous peu) ne sont pas très enthousiastes, mais qu'importe : les fans de musique pop expérimentalo planante se sont vus proposer une dose de leur drogue préférée par un groupe simple et inspiré.
Smashing Pumpkins : un cauchemar...
Tout le contraire donc des Smashing Pumpkins qui ont plongé dans le désarroi le plus total une très grande partie de leur public... La faute à un nouvel album inintéressant au possible, à la transaprence des remplaçants de James Iha et D'Arcy, à un Billy Corgan en pilotage automatique, à un Jimmy Chamberlin ultra lourdingue sur ses fûts... Le résultat : dès le premier morceau – interminable, avec une tentative d'hymne américain à la guitare en plein milieu ! -, l'on se dit que la soirée va tourner au cauchemar. Entre prog rock sans inspiration, métal plombé et massacre éhonté du répertoire (une bonne partie de Mellon Collie And The Infinite Sadness est jouée mollement, avec en « bonus » un Bullet with butterfly wings complétement raté), la bouillie sonore qui provient de la scène donne envie de prendre ses jambes à son cou et de fuir au plus vite ! Avec un peu plus d'envie de jouer, une bonne dose d'humilité, une volonté d'oublier un peu les racines hard rock et un meilleur choix de set list (pourquoi oublier 1979 ?), il aurait pu en être autrement. Dommage, vraiment dommage, surtout vu le cachet excessif demandé par les Smashing Pumpkins ! A oublier...
New Young Pony Club : efficace.
Fort Heureusement, New Young Pony Club réussit à faire – un peu – disparaître de notre esprit la désagréable impression laissée par la soi-disant tête d'affiche du festival. Et cela en proposant une électro pop/New Wave loin d'être géniale, mais efficace en diable et servie très fraiche par un groupe monté sur ressorts. New Young Pony Club a le grand mérite de se bouger le cul pour nous donner envie de remuer notre popotin, et c'est déjà énorme !
CSS : on a envie de danser n'importe comment et de faire l'amour n'importe où... et avec n'importe qui en plus !
Dans le même registre, mais en plus musclé et fruité, les furies brésiliennes de CSS ont fait bonne impression au coeur de la froide nuit malouine. Ce groupe bigarré et fluo dispose pour principaux atouts d'une énergie débridée, d'un brin de folie et d'un manque flagrant de complexes pour mélanger tout et n'importe quoi. Et ça marche : on a envie de danser n'importe comment et de faire l'amour n'importe où... et avec n'importe qui en plus ! Tous les morceaux se ressemblent, mais l'éssentiel est là : on est content de communier bêtement avec cette bande de doux dingues. Comme pour récompenser le public d'être resté, CSS propose « une reprise de Daft Punk », qui s'avère être en fait une version électro rock du hit mortellement jouissif de L7, Pretend we're dead. Finalement, la nuit sera belle, en attendant Sonic Youth...
Déjà le dernier jour de cette route du rock 2007, avec le gros morceau de l'affiche : Sonic Youth jouant son mythique album Daydream nation dans l'ordre et en intégralité... Le grand moment - prévu à 23h - nous trouble au point de nous faire manquer les excellentes Electrelane, qui remportent un véritable triomphe auprès du public. Juste après, Albert Hammond, Jr., le guitariste des Strokes, n'a pas cette chance, malgré le concert correct qu'il propose. Le public accueille assez fraichement les morceaux pop folk rock de l'album Yours to keep qui sont pourtant de très bonne tenue ; il faut dire qu'Albert et ses impeccables musiciens se la jouent un peu et ça ne plaît pas à tout le monde. Malgré ce petit détail et le côté expéditif du concert (qui se termine sans un aurevoir par le jet intempestif de la guitare dans la batterie... ), les amateurs avaient sans aucun doute pu remarquer les mélodies immédiates, l'écrite soignée des morceaux, les arrangements percutants, la belle voix du monsieur et la surprenante reprise de Frank Black himself : Old black dawning. A suivre donc.
Sonic Youth : la flamme artistique brûle toujours chez la jeunesse sonique.
Puis Sonic Youth arrive à l'heure dite pour jouer l'un de ses chefs d'oeuvre, paru en 1988 : le double album Daydream nation, subtil mélange de rock bruitiste, de punk rock déstructuré et de mélodies aussi planantes que toxiques. Tout commence avec l'excellentissime Teenage riot, un incontournable du répertoire du groupe de New York, joué en général à la fin des shows. Le son est bon, le groupe a envie de jouer, le public est chaud et l'énorme bougie figurant sur la pochette du disque sert de fond de scène, sans doute pour prouver que la flamme artistique brûle toujours chez la jeunesse sonique : tout cela ressemble bel et bien au bonheur... Le disque défile donc avec ses passages noisy bruitistes, ses morceaux plus immédiats (Silver rocket, Eric's trip, Hey Jony) et l'on se dit qu'effectivement cet opus est d'une sacrée trempe. La relecture scénique qu'en propose le combo de Thurston Moore, Kim Gordon, Lee Ranaldo et Steve Shelley est à la fois fidèle et aventureuse ; seul petit détail, les très bons morceaux du nouvel album - Rather Ripped - joués lors d'un très long rappel auraient peut-être pu être intercalés dans Daydream nation. Tout cela relève du détail car Sonic Youth, renforcé par l'ex bassiste de Pavement, Mark Ibold, lors des rappels, a démontré que sa musique - qu'elle date de 1988 ou de 2006 - était toujours d'une éclatante actualité.
C'est donc un concert mémorable d'une tête d'affiche digne qui clôture pour nous cette Route du Rock. Malgré les quelques aléas inhérents à ce genre de manifestation, l'édition 2007 laissera finalement un excellent souvenir. La preuve : on a déjà très envie de revenir en août 2008.
Sonic Youth, Kaisers Chiefs, Elista - 3 juillet 2007 - Palio Istres Quand Sonic Youth fait la nique au "son pop rock"
Autoroute, doubles voies, ronds points, panneaux clairs, délestage facile, la route entre Marseille et Istres est d'une clarté rassurante... Ce qui .../...
Quand Sonic Youth fait la nique au « son pop rock »
Autoroute, doubles voies, ronds points, panneaux clairs, délestage facile, la route entre Marseille et Istres est d’une clarté rassurante… Ce qui l’est beaucoup moins à fur et à mesure qu’on avale les kilomètres, c’est le nombre de voitures qui vont dans le même sens que nous… Bon, quand même, Sonic Youth… 25 ans d’activisme musical, une influence majeure pour bon nombre de groupes, Kim Gordon, New York, une authenticité jamais pris à défaut… un mythe quoi ? Et un mythe, ça se vénère, non ? Alors, on se dit qu’on découvrira, en arrivant, la petite ville d’Istres bloquée par toutes les bagnoles où s’entasse un public nombreux et excité... Kim Gordon, quand même, merde !
On arrive dans la ville, enfin, si on peut appeler ça une ville, puisque Istres, tel un escargot, semble uniquement composé de larges doubles voies rythmées par des ronds points et on tourne et on tourne… Un peu comme un morceau d’électro, vous voyez… une boucle, un scratch, une boucle, un break… Bon, sauf que là, on va plutôt voir et entendre des larsens, des distorsions, des trucs tordus, des angles obtus, des cheminements étroits…
On arrive au Palio, espèce d’arène top moderne tout en béton au milieu d’un quartier comme on les aime en Provence : immeubles compacts de 3 étages avec colonnes romaines et crépis jaune sale en façade…hum… A l’entrée, y a pas plus de monde qu’un samedi soir d’été au cinéma dans le sud… Bon, On se rassure comme on peut le parking est plein…
On s’approche de l’entrée et les mauvaises sensations perdurent… Aucun bruit à l’intérieur des arènes et un mec qui revend une place à 30 euros (tarif normal à 38,5 euros…)
D’après les pompiers sur place, quand c’est plein, les arènes peuvent contenir environ 3 000 personnes. Et bien, ce soir, ce sera concert intime, nous serons, au plus fort de la soirée, un petit millier à vibrer.
Petite parenthèse : Un parking de 120 places pour un espace qui peut contenir 3 000 personnes… ça fait 25 par voiture… faut leur acheter une calculatrice à la mairie ou est ce pour faire marcher la police municipale ?
La scène, impressionnante (10 mètres de haut, large de 15), occupe la moitié des arènes… heureusement… Quelques uns sont devant, la plupart des spectateurs sont montés dans les gradins pour siroter une bière et taper la discute… Derrière eux, des banderoles de pub pour Europe2 TV.
20h pétantes, quatre gars en chemise cravate montent sur scène. « Bonjour, nous sommes Elista et nous sommes très content d’être avec vous ce soir ». Dans les gradins, bien que l’on soit loin de la scène, on a forcément une vue imprenable et puis le son est plutôt bon. Le béton, c’est bien, ça renvoie bien les La et les Mi. Par contre en bas, c’est incroyablement fort.
Comme diras une amie « En bas, ça va trop fort et c’est trop déprimant, y a personne ». Bon, c’est vrai qu’on se sent bien petit dans cette grande arène vide… ça doit faire une drôle d’impression, vu de scène.
Premier morceau plaisant avec des guitares tranchantes et une batterie bien présente, chant en français ça sonne comme un bon morceau de pop rock qui met la pêche. Et puis surtout, ça remplit les arènes de sons, à défaut d’avoir du monde. Deuxième morceau (Folie douce), plaisant, troisième morceau (Perceval), plaisant, quatrième morceau…eh oh, c’est encore la même chose !
Durant une heure, Elista, ce sera ça : Variations sur le même thème : à la recherche du tube pop rock… M’est d’avis qu’ils sont pas prêts de trouver…
21h15. Les Kaisers Chiefs montent sur scène. A vrai dire, je ne connais pas leur album (et pour tout dire, c’est pas pour eux que je suis venu… mais les apéros peuvent être agréables…). Ils sont 5 sur scène et rameutent un peu plus de monde devant.
21h15. Les Kaisers Chiefs montent sur scène. A vrai dire, je ne connais pas leur album (et pour tout dire, c’est pas pour eux que je suis venu… mais les apéros peuvent être agréables…). Ils sont 5 sur scène et rameutent un peu plus de monde devant. Leur musique, c’est comme une bouteille de coca. Au début, ça fait pchiiiit, c’est sautillant, plein d’énergie, léger, on sent que les parents des gars ont fait tourner les Beatles sur la platine familiale plutôt que les Clash. C’est de la pop vitaminée par un zest de rock, et puis ils sont plutôt marrants… un petit quart d’heure…
Parce qu’on se lasse vite du coca, surtout quand il n’y a plus de bulle. Ça devient plat et puis on sent vachement plus le sucre, la canette, on la finit pas, elle nous écoeure… la bascule, dans leur concert, pas de chance, ça va être leur dernier sigle, Ruby.
Leur concert deviendra indigeste avec son « Rubyrubyrubyrubyrubyruby »… Leurs parents, ils ont du également passer en boucle Abba, c’est pas possible… Eh, les gars, faudrait se décider à faire votre crise d’adolescence, là…
Mais on n’est pas au bout de nos peines, car le morceau suivant, c’est leur premier single « na na na na na » (juré, c’est pas un mensonge, c’est vraiment leur titre, à un ou deux na na près).
Et là… mesdames, messieurs, j’ai entendu… un solo de guitare…ouais ouais… un solo de guitare. Merde, on ne leur a pas dit que les punks, à défaut d’abolir la monarchie dans leur pays, avaient au moins eu le mérite de renvoyer le solo de guitare dans le placard des ringardises absolues ?
Et puis, c’est pas tout, c’est pas seulement un solo de guitare. C’est le plus mauvais solo de guitare que j’ai jamais entendu, un truc d’apprenti pour cours du soir dans un MJC. Laborieux là où ça doit être aérien, lourdingue là ou ça devrait être félin. D’ailleurs, les gars du groupe doivent le savoir, parce que le solo est soutenu par le clavier…
Bon, ça n’a pas l’air de déranger les deux petites blondes, qui, sur le bord de la scène, continuent de pousser des cris stridents en sautillant… J’ai retrouvé Véronique et Davina… Mais oui, ça irait bien aux Kaiser Chiefs, ça, une reprise de Ah tout tout you tout…
Le chanteur, continuera à s’époumoner en balayant la scène en courant pour essayer de faire chanter son public et puis de le faire taper dans les mains en rythme et puis de lui tendre le micro pour qu’il hurle... Peut se reconvertir comme chauffeur de salle, lui…
Tiens, et puis à un moment, le son se durcit, ça commence à monter en puissance, le chanteur arrête de gesticuler… et pan, coupure électrique en plein milieu du morceau… Ah ben, en plus d’avoir un mauvais guitariste (je ne vous parle même pas de sa coupe de cheveux), ils n’ont pas de chance….
Bon, ça dure 5 minutes, ça pimente un peu le tout, on se dit que ça va foutre un peu d’intensité au concert… Mais quand ça repart… c’est toujours aussi mou du genou… Allez, à ranger définitivement avec Bloc Party et autres the Rakes, en seconde division.
Et là, à ce moment, je repense aux banderoles du pub en haut des gradins… « Europe 2 » et je me souviens de leur credo… «Europe 2, le son pop rock »… Pop rock, c’est un peu le centre quoi. Un peu de mélodie à droite, un peu d’énergie à gauche, c’est agréable à l’oreille, ce mélange, c’est plastique, on peut le malaxer à volonté, pas énervant, pas planant, musique d’ascenseur moderne.
Voilà, c’est une soirée pop rock. Pop rock à la française avec Elista, pop rock anglaise avec Kaiser Chiefs… Mais attends là… Qu’est ce que vient foutre Sonic Youth là dedans ? Un trou à combler dans leur tournée européenne entre Berlin et Rome ? Où vont-ils nous présenter la version américaine du « son pop rock » ? Et Pourquoi pas ? Après tout, leur dernier album Rather Ripped, est de loin le plus mélodique de leur longue discographie…
Hum, ça commence à m’inquiéter sérieusement là… Vite une bière…
23h. Les lumières s’éteignent. La moitié des gradins est descendue dans la fosse pendant que les roadies installaient les guitares. J’en compte une bonne vingtaine en tout… Dans une clameur jamais atteinte jusque-là (pas trop difficile non plus), le géant Thurston Moore, Kim Gordon, Lee Ranaldo , Steve Shelley et un 5e membre non identifié montent sur scène. Sonic Youth en concert pour 1 000 privilégiés.
Thurston Moore a toujours l’air d’un étudiant avec ses cheveux en bataille, son jean troué et sa chemise blanche, Kim Gordon en robe droite blanche courte et escarpins noires semblent être une gentille petite fille tranquille. Lee Ranaldo, qui aborde une belle chevelure plus sel que poivre se marre (pense-t-il au guitariste de Kaiser Chiefs ?).
Bon, ils ont l’air plutôt content d’être là. Ça branche les guitares et Thurston lève le poing et c’est parti avec Incinerate, l’un des morceaux du dernier album qui sera largement repris pendant ce concert que j’ai forcément appréhendé comme une petite leçon pop rock.
A savoir, une petite mélodie sympathique, dont on s’ingénue à tordre dans tous les sens, comme un morceau de pâte à modeler. Pour cela, il faut juste envisager sa guitare comme un petit laboratoire aux infinies possibilités. On n’est pas dans les accords folkeux, pas dans les solos à la Hendrix, pas dans les riffs des Stones.
Ici, on est dans la recherche du point de rupture entre la mélodie et le chaos. Ça change tout du « son pop rock », puisque là où certains cherchent l’équilibre (entre mélodie et rock), Sonic Youth cherche constamment le déséquilibre. Et dans le déséquilibre, eux, ils ont inventé leur équilibre, le son Sonic Youth.
Au second morceau, un pogo se déclare dans la fosse, et Moore finit de travailler sa guitare en la frottant sur l’ampli de droite.3e morceau, Reena toujours de Rather Ripped, voit pour la première fois Kim Gordon prendre le micro et Steve Shelley, l’incroyable batteur, transpercé à chaque coup de baguette sa caisse claire.
Et savez-vous que l’on peut danser élégamment au milieu d’un déluge sonique ? Kim Gordon nous montre : Au début, elle danse comme un hippie, vous voyez, avec de grands mouvements de bras et des balancements circulaires du bassin, comme ça jambes écartées et puis, on balance un peu les mains derrière et devant la tête, on dodeline de la tête d’avant et puis quand ça monte, quand ça prend aux tripes, on fait tout plus vite, comme une espèce de crise d’épilepsie.
Lee Ranaldo se met au chant sur Hey Joni, extirpé du Daydream Nation. Forcément moins pop, on entend siffler les acouphènes. Le public commence à être vraiment en osmose avec le groupe qui semble prendre pas mal de plaisir sur scène…
Forcément, entre chaque morceau, Moore et Ranalo changent de gratte… C’est que ça doit pas être facile, la vie d’une 6 cordes électriques chez Sonic Youth…
Et puis, d’un coup, on entend…Freddy Mercury… I want to break Free… l’une des pires de Queen, tout engoncés de claviers et de chababa… Mais qui passe très bien sur « Europe 2 le son pop rock »… Bon Moore s’amuse un peu en la scratchant avec une émission de radio… Evidemment, quand il rebranche sa guitare… on sent toute la différence.
S’ensuit 2 3 morceaux plus calmes, presque pop… Enfin, chassez le naturel, il revient au galop… Car, plus c’est calme au début, plus la fin de la chanson est noyée dans un déluge sonique maîtrisé. Sans blague, Luz a écrit un jour que si une bite pouvait parler, elle aurait la voix d’Iggy Pop… Moi, hier soir, je pensais que si l’électricité avait un jour un son, ce serait celui d’une guitare de Sonic Youth.
Car même quand Lee Ranaldo sort… une folk… C’est pas pour nous la jouer « la mi sol »…Les cordes ne l’intéressent pas, c’est plutôt la résonance de la caisse. Durant tout le morceau, il frappe dessus pour en sortir des sons toujours en contrepoint de la guitare de Moore.
1 heure de concert intense, trois rappels, une set liste à moitié composée du dernier album et des regrets éternels de ne pas avoir entendu les mythiques Kool Thing, Dirty boots, Sugar Kane ou Purr… sans parler de ma guitare que je regarde depuis avec un drôle d’air…
>> Réponse (le 04/07/2007 par Le Pinguin masqué) Tout pareil. L'attente a été longue avec Sonic Youth... Moi j'aurais préféré Nitwits ou Elektrolux en 1ere partie...La suite
>> Réponse (le 04/07/2007 par Néonoise) Je partage complètement la première analyse faite mais mon parcours fut moins épique! Sonic youth est parmi les groupes .../...La suite
>> Réponse (le 05/07/2007 par chepaki) Je voulais juste rajouter a la critique que "la 5eme personne non identifiée" avec sonic youth n'est autre que Mark .../...La suite
>> Réponse (le 06/07/2007 par Pascaloo) Arènes du Palio - Istres - 03 Juillet 2007 Pourquoi le son était-il si pourri ? certains disent que les guitares n'étaient pas assez fortes, d'autres m'ont dit que .../...La suite
>> Réponse (le 10/07/2007 par Paulo) Merci à Istres d'accueillir des groupes sympa et jeunes comme ELISTA et KAISER CHIEFS. Mention spéciale à KAISER CHIEFS .../...La suite
>> Réponse (le 17/07/2007 par jerome) istres - 17/07/2007 Pour info , je suis un ex Lillois devenu habitant de Chartres qui a fait 900 km pour venir voir les Sonic Youth en .../...La suite