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Stereophonics + Feeder

La Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand   06 octobre 2001

Concert pas terrible

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    En ce 6 octobre 2001, il fallait arriver à l’heure à la Coopérative de Mai pour assister aux 35 minutes du show de Feeder, en première partie des Stereophonics. Le terme « show » n’est pas usurpé : ce power quatuor britannique dépense une énergie impressionnante pour convaincre le public, ce sont de véritables chauffeurs de salle ! Dès qu’il y a un petit break, le bassiste et le clavier haranguent la foule pour obtenir une réaction encore plus hystérique. Bien qu’ils soient peu connus en France, leur power punk pop déclenche force applaudissements et sauts dans la salle, bien remplie. Leurs chansons sont très accrocheuses et elles comprennent toujours un refrain surpuissant à hurler entre amis. Comme ils sont souriants et affables, on leur pardonnera le slow moyen avec arpèges de guitare entendus 50000 fois. Le reste du concert est joué à 100 à l’heure, un peu à la manière de Placebo. Même si leur musique est un tantinet commerciale, Feeder est un bon groupe qui donne la pêche. Dans peu de temps, ils devraient jouer dans les stades en Angleterre et faire hurler les groupies.


    Les Stereophonics arrivent ensuite, je les avais déjà vus, encore sous forme de trio, à Rock au Max en 1998. Leur concert m’avait bien plu, ils étaient jeunes, fougueux et contents de jouer. Le mini-concert acoustique donné à la FNAC, le même jour, était, lui aussi, très réussi. En ce samedi soir de l’an 2001, ils ont l’air mous comme des chiques. Peut-être est-ce la correction infligée cet après-midi en rugby par l’ASM à Cardiff ? 37 à 10 ! En plus, les joueurs de Cardiff ont mis un essai alors qu’ils étaient à 15 contre 12, ce n'est pas très glorieux. C’est vrai que pour de fiers Gallois, ça doit être difficile à digérer, une telle branlée... Mais bon, ce n’est pas de notre faute ! L’arrivée des Stereophonics est saluée par des hurlements hystériques, de nombreuses jeunes femmes semblent subjuguées par le physique avantageux de Kelly Jones. Je change de place, lassé d’entendre hurler sans fin : « Kelly ! », « Keeeellyyyy ! », « Richard ! »… De nombreux Gallois, venus pour le match, soutiennent aussi à fond leur groupe. Ils sont, eux, vrailment en pleine forme... Ce soir, pendant les 1 h 30 du concert, Kelly Jones dira quatre ou cinq mots, ne décrochera pas un sourire et n’enlèvera pas ses lunettes fumées de rock star. Il semble blasé et en pilotage automatique. Assurer le service après vente de « Jeep », son nouvel album, ne semble pas le rendre fou de joie.
    Le concert commencent avec « Mr writer », le premier single du nouveau disque. L’ajout d’un clavier et d’une deuxième guitare apporte un plus sur ce titre mais après, on ne peut pas dire que ça soit très réussi. Cela alourdit même le tout. Même si les fans hurlent entre les morceaux et dès qu’il y a un blanc dans une chanson, les titres suivants sont d’une mollesse incroyable. Les compositions manquent cruellement d’inspiration. Le parti-pris de sortir un album plus calme était louable, mais il fallait penser à composer des chansons un peu plus originales ! Les Stereophonics s’orientent vers un classic-rock assez décevant. C’est dommage, car la voix de Kelly Jones, même si elle rappelle Brian Adams, est plutôt agréable. Par contre, saluons la performance du batteur. Il fait le spectacle et arbore une coupe de cheveux du plus bel effet, un peu à la Louis 14. Plus près de nous, il a de faux airs de Brian May, le guitariste de Queen, c’est dire l’étendue des dégâts ! Le bouquet, c’est le ventilateur dans les cheveux...
    Le concert, ne décollera qu’au cours de l’unique rappel où trois morceaux du premier album sont interprétés. « Not up to you » et « Local boy in the photograph » réveillent le groupe, qui semble moins abattu. Puis, leur travail accompli, ils vont se coucher dans leur hôtel quatre étoiles. Moyen. Feeder méritait la tête d’affiche.


    Signature : pierre andrieu
    le 08/10/2001
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