19h30, métro Maubert, je me faufile entre de jeunes catholiques en goguette venus célébrer la bonne parole et des groupuscules de filles britanniques hystériques, venues par cars entiers, alléchées par l’affiche qu’offre ce soir le palais de la mutualité, les Stéréophonics live dans une enceinte pas plus grande que la cour de récré de nos années collèges.
Mais ce qu’on annonce comme l’événement de la semaine voire du mois pour les aficionados de la pop va vite tourner court.
Après une fouille en règle (en extérieur s’il vous plait), j’accède enfin au lieudit surpris par une scène déjà occupée par un groupe français, dont je tairais le nom par pudeur, qui finit son set par du sous No Doubt made in France et beugle des paroles incompréhensibles au commun des mortels tant le son est épouvantable. Le combo, ersatz de Dolly, tente l’impossible pour séduire un public tout acquis à la cause pop galloise mais n’y parvient vraisemblablement pas… Je fuis vers le bar et ne manque pas de remarquer, en passant, l’absence des vigils lourdauds habitués à évoluer entre la scène et la fosse… Il va de soi qu’il n’y aura pas de débordements ce soir tant les spectateurs sont calmes, quasi inertes. Il est 21h10 quand les tant attendus Stéréos engagent leur set par un Mr writer très électro. La scène est recouverte de tapis et un grand logo just enough education to perform en matte painting vert en recouvre le fond. Nos british sont à leur place et servent leur sauce pop pop… Le son est toujours aussi strident… Dommage ça partait bien. Kelly Jones, au regard caché par une paire de lunettes noire, n’a plus rien à prouver… Il est juste, presque charismatique malgré sa petite taille, et se défend bien… Son grain de voix à la Rod Stewart fait chavirer le cœur des premiers rangs essentiellement féminins… Le bassiste, souriant, fait son boulot avec un minimum de présence, rien de plus… Idem pour le guitariste soliste… L’homme des claviers est, par contre, le seul à nous donner un vrai savoir-faire live avec une parfaite maîtrise de son Rhodes, ce qui relève le niveau… Mais leur talent est, hélas, desservi par l’ami Stuart Cable, caché derrière des fûts colorés portant son nom (si, si !!). Il n’aura de cesse de nous servir une rythmique du plus mauvais goût pendant deux heures sans oublier de se planter par deux fois, ce qui agressera même les oreilles du plus néophytes des spectateurs… Prenez le plus mauvais des batteurs et ajoutez-lui un look à la Scorpions… Vous êtes encore loin du personnage.
Les titres insipides se succèdent, principalement tirés de leur dernier opus… Une reprise de Don’t let me down des Beatles parfaite (avec des harmonies au clavier à couper le souffle) en milieu de concert me donne malgré tout envie de voir la suite… L’inévitable not up to you massacré me fera perdre tout espoir de passer une bonne soirée… C’est un concert formel, plat, sans aucun piment… . Headbags and gladrags en rappel et un rooftop en guise de derniers sacrements rocks me feront presque regretter de n’avoir pas assisté à la soirée d’anniversaire de mon voisin cul de jatte…