Encore un groupe de pop surprenant ! Quel plaisir de se laisser transporter dans l’univers barré de ces gallois fascinés par les années 60, 70, 80, 90, 2000 voire 2010 et 2020 ! Loin d’être un groupe de néo-métal méchant pour la nouvelle génération hardcore,
Super Furry Animals est, malgré son nom, un groupe qui s’attache à créer de belles harmonies tout en transmettant une énergie juvénile à ses fans. Fort d’un album sorti en juillet 2001 au format CD et DVD,
Rings around the world, le groupe s’attache désormais à le promouvoir sur scène avec une nonchalance teintée de brio, comme à Benicàssim en ce samedi 3 août 2002.
Grâce à une inspiration particulièrement débridée, ces jeunes gens débordant d’imagination ont réussi à se forger un répertoire leur permettant de donner des concerts variés ; le groupe passe sans forcer d’une ballade acoustique à la guitare sèche chantée par
Gruff Rhys avec une voix évoquant
Damon Albarn (
Blur) à une symphonie miniature à la
Brian Wilson non sans avoir pris « soin » de jouer un hymne punk rock toutes guitares dehors !
Ce groupe est vraiment schizophrène dans sa manière de composer ! Ces jeunes hooligans sont en effet capables de créer un Hit joliment intitulé
The man don’t give a fuck contenant 52 fois le mot
« fuck » puis de s’atteler à l’écriture d’une ballade bouleversante et romantique… Les
Super Furry Animals peuvent tout aussi bien décider d’enregistrer sur un coup de tête un album entier en gallois - leur langue natale assez peu parlée dans le monde, il faut le signaler - de sortir un single dont le nom tient sur deux lignes entières ou de partir en tournée à bord d’un tank… La personne de la maison de disques qui s’occupe d’eux doit vraiment être
« zen » pour supporter toutes les facéties concoctées en catimini par ces clowns !
Pour ajouter à la confusion, les projections sur les deux écrans géants de chaque côté de la scène apportent une touche psychédélique et humoristique, on peut y apercevoir des images surprenantes montées en boucle pour créer un effet hypnotique. Par exemple, pendant un morceau bien rock ‘n’ roll,
Ozzy Osbourne se met violemment son micro dans le front (en boucle !) pendant que son guitariste
Tony Iommi distille un riff titanesque : très drôle ! Sur quel morceau Ozzy inflige-t-il ce violent traitement à ses neurones déjà passablement malmenés,
Iron man,
Paranoïd,
War Pigs ? Les paris sont ouverts !
Les concerts agrémentés de projections, les albums et les vidéos des
Super Furry Animals sont chaudement recommandés à tous les mélomanes excentriques : ils en prendront plein les yeux et les oreilles et garderont à coup sûr des poussières d’étoiles plein la tête !