Ayant décidé de ne plus aller voir qu’un concert par semaine (faute de temps), cette semaine mon choix s’était naturellement porté sur
Susheela Raman, tout d’abord parce que j’avais été séduit par le disque (
Salt Rain) et parce que je l’avais raté lors de son passage au
Poste à Galène, ensuite parce que le concert avais lieu en plein air dans le Théâtre de la Sucrière où je n'avais jamais mis les pieds et était suivi du film
My Son the Fanatic et enfin parce que je crois que sinon l'Iguana ne m'aurait plus adressé la parole ...
En arrivant là bas, la foule massée à l'entrée me confirme que ce soir elle affichera complet (il faut dire 4 euros l'entrée !). Bien que la Fnac & co aient arrêté de vendre des places plusieurs jour avant une petite centaine de chanceux et patients arriveront à en acheter au guichet le soir même. Je récupère bien vite mon accréditation photo où je découvre qu'ils se sont trompés de site ...
et monte vite vers la "salle". A la queue de l'entrée succèdent la queue pour se restaurer et celle pour aller aux toilettes, avant celle pour aller s'asseoir.
On arrive par le haut et je dois reconnaître que le cadre est plus qu’agréable. Je me jette au pied de la scène et attend patiemment quelques minutes que cela commence.
Après une courte intro des musiciens : batterie, percussions et guitare, la diva (car s'en est une) arrive le sourire au lèvres vêtue d'une robe genre indienne, bleue, ouverte sur les côtés recouvrant un jean.
Elle attaque en douceur devant un public un peu bruyant qui tarde à s'asseoir, mais dès les premiers instants je retrouve la magie du disque. Très vite je suis frappé par la qualité du jeu des seulement 3 musiciens et par la beauté de sa voix. En plus il est vrai qu’elle ne manque pas de charme avec ses cheveux frisée et son regard en coin qui pétille … Les morceaux sont très habités ...
Quand elle ne chante pas elle danse, tourne sur elle-même, tape des mains, tout en s'approchant du public. Et surtout de la petite fille qui danse devant.
C'est d'ailleurs à elle qu'elle s'adressera tout particulièrement lorsque qu'elle reprendra
Trust In Me la chanson du serpent dans le livre de la jungle (comme l'avait fait
Jay Jay Johanson), assise par terre mimes à l'appui.
Une bonne partie de son premier album y passera, mais aussi au moins un nouveau morceau en anglais assez rock par rapport au reste.
On aura aussi droit à deux morceaux du batteur
Carlos Dajanuno Dabo dont une sur laquelle on se rend compte qu'il n'est pas non plus manchot à la guitare et la deuxième sur les enfants soldats en Afrique, très beau avec
Susheela aux chœurs. Aussi un instrumental de
Aref Durvech aux percussions (tablas en fait) particulièrement impressionnant avec ses 3 "tambours" et un morceau où il chante ... gémit, pas mal non plus.
Ils alternent vraiment bien tous les styles emmenés par la guitare de
Sam Mils: indiens (le thème de la soirée) mais surtout flamenco, africain, pop, asiatique ... avec parfois des petits accents à la
Sade ou
Tracy Chapman.
A la fin
Susheela invitera le public à se lever et à s'approcher de la scène. Pour sa plus grande joie, beaucoup d'enfants se sont approchés mais pas que. Un rappel sincère et mérité, pour un concert parfait de beauté, sincérité et communion.
L'ensemble du concert a été filmé par et pour
Arte, comme les autres dates du
Festival de Marseille je crois (à ce propos chapeau à
Susheela pour ne pas avoir été déconcentrée par le caméraman qui lui a parfois collé sa caméra en plein sur le visage – en prenant soin de filmer au loin le log d’Arte) donc à surveiller de près si ça passe.
Au passage on viendra me voir deux fois pendant le concert : une première fois pour me demander si j'ai une accréditation pour prendre des photos (et pourquoi il ne le demande pas aux deux photographes suréquipés qui parlent fort, se foutent complètement de savoir si c'est
Susheela Raman,
Star Academy ou une moto-cross et se mettent devant les gens pour faire leurs clichés - c'est ça le problème de prendre des photos discrètement avec un petit appareil) et la deuxième pour me reprocher d'utiliser un flash (que je n'ai pas utilisé une seule fois - alors que d'autres photographes moins discrets et tout aussi accrédités ne se sont pas gênés ... non mais !)
Pas eu la force de rester pour le film ... dommage