Parental Advisory : Explicit lyrics !
Des gros mots se sont glissés dans ce compte-rendu de concert, sauras-tu les retrouver, ami mélomane ?
De la fumée envahit la scène du Pocoloco, un homme robuste s’approche de ses claviers et nous entendons une douce mélopée s’élever vers les cieux : "The Final countdown" du défunt groupe
Europe.
Arrête, ça fait mal aux oreilles ! Les inénarrables
Kunamaka ont pris violemment possession de la scène et ils ont l’air en forme, les salauds ! Ce groupe mérite réellement de passer à l’étape supérieure : leur set est réglé au millimètre sans paraître pour autant trop professionnel. Il y a toujours des discours très réussis du chanteur qui, au repos, à l’air d’un gentil étudiant à lunettes. Mais, dés que la guitare s’énerve, il se transforme en bête sauvage hurlant à la mort : belle transformation !
Comme ils passent du metal à la valse en abordant le reggae ou le hardcore dans le même titre, on ne s’ennuie pas une seconde. Les changements de voix et de style sont faits brusquement, par surprise, on se sent d’un seul coup électrocuté par une décharge de sons nouveaux.
Ce soir, nous aurons droit à une relecture de "New-York, New-York" chantée par
Frank Sinatra en son temps, à une version très personnelle du générique de "Thierry la fronde" et à la traditionnelle reprise du thème du film "L’étrange Noël de Mr Jack" composée par
Danny Elfman pour
Tim Burton, si je ne m’abuse. Et bien sûr, il y a le tube incontournable de
Kunamaka : "Santa Pignolo".
Trop fort ! Si le chanteur est déjanté, ses acolytes, ne le sont pas moins ! Le bassiste, un jeune homme charmant dans la vie semble-t-il, se transforme en primate énervé plié en deux sur son outil de travail. On a l’impression qu’il souffre le martyr pour extirper les notes de sa basse : cela donne lieu à toute une série de grimaces et de trépignements qu’il faudra un jour immortaliser par des photos.
Pour résumer, ce groupe est original, doué, drôle, métallique, visuel, calme et surpuissant. Un véritable tourbillon sonore récompensé par un triomphe du public venu très nombreux. Un putain de groupe !
Les quatre filles et le garçon de
X Syndicate foulent la scène, on s’attend à ce que ça pète gravement, et bordel de Dieu, ça pète !
Il faut bien deux titres pour s’habituer à la voix de la
Tina Turner du punk metal ! Cette jeune femme, montée sur ressorts et arborant une coiffure frisée du plus bel effet, a du papier de verre à la place des cordes vocales !
Un temps d’adaptation est également nécessaire pour la musique, un peu lourde au premier abord. Elles ne font pas dans la dentelle du Puy : même les bikers avinés du Bol D’or n’ont pas jeté de canettes sur scène. Ils en avaient envie ("Regarde Jean-Claude : merde, c’est un groupe de gonzesses, arf arf ! ! ") mais ils n’ont pas osé, terrifiés par la puissance de feu du quintet et enthousiasmés par un tel déballage de riffs meurtriers !
Dès le troisième morceau, on se met subrepticement à hurler, siffler, sauter ! Que c’est bon le rock ‘n’ roll joué à fond !
Ma préférence va vers les morceaux plus "punk rock" et presque chantés mais les titres avec des riffs métalloïdes m’enthousiasment aussi.
X Syndicate, ça calme ! Idéal pour pogoter entre amis, pensez-y pour les fêtes.
Les poivrots du hip hop, j’ai nommé les
Svinkels, arrivent ensuite. Ils ont de bonnes têtes d’alcollos, ce n’est pas qu’un genre qu’ils se donnent ! Dès le premier morceau, un de ces gentils messieurs se déverse une canette de bière sur la tronche, pas besoin de gel fixant !
Je suis venu réveiller le punk qui sommeille en moi derrière cette façade de gentil fan de
Jean-Louis Murat, mais j’ai été, en plus, conquis par les titres hip-hop concoctés par les trois rappeurs et le DJ. Les textes sont drôles, ce n’est pas très fin mais on s’en branle ! Qui a dit "c’est débile" ? Oui, et alors, je ne vois pas où est le problème : on n’est pas au café philo ! La puissance dégagée sur scène n’a pas grand chose à envier à Bruno Gomez et Didier Morville, alias
Kool Shen et
Joey Starr de
NTM. La musique de
Svinkels est aussi à base de "Pow pow pow ! ! !" et nique sa mère gravement ! Les gens reprennent les paroles en chœur, dansent, hurlent et picolent, normal !
Qu’il est bon de boire un verre ou deux entre amis… Normalement, le hit des Svinkels "Réveille le punk" est joué avec un sample de guitare mais là, magie du festival, nous avons droit aux deux guitaristes des
Uncommonmenfrommars pour ce moment de punk rap. Ah, ce riff simplissimement génial ! La musique tue, le texte est excellent, mais le clip qui passait sur M6 à 3 h 45 vaut aussi le détour, si vous avez l’occasion…
Rien à jeter ! Les
Svinkels nous annoncent qu’ils ont les
Parabellum en featuring sur un nouveau titre. Ils reprennent "Anarchie en Chiraquie" un titre datant de 1988 mais toujours d’actualité, Jacquo s’apprêtant à nous parler à nouveau d’un problème qui le tracasse méchamment pendant 15 jours à chaque élection : "la fracture sociale". Il y a des coups de santiags qui se perdent ...
Message aux rares personnes ne connaissant pas ces furieux et voulant s’éclater : ils doivent aller les voir illico presto. Le svink, c’est chic !
Les
Uncommonmenfrommars sont chargés de clôturer la soirée avec leur skate punk mélodique. Sur disque, ça me fait un peu chier, mais en concert c’est plutôt sympathique. Les titres sont courts et pop avec des harmonies vocales. Leur travail de sape porte ses fruits, le public slamme comme jamais, la scène est un véritable tremplin. Comme j’ai un lumbago, j’évite ce genre d’acrobaties et je commence à piquer du nez : il se fait tard. Je me dis qu’il vont nous réserver une surprise et j’ai raison. Une reprise hystérique des
Clash avec les
Dead Pop Club et une version joliment puissante de "The KKK took my baby away" des
Ramones. Oh yeah ! Comme le dit Joey Ramone sur son disque posthume : "What a wonderful world !"
(Photos prises au festival Osmose par Flore-Anne Roth, le 29 juin 2002. )