Pour commencer cette troisième et dernière journée, les envoutants
Blonde Redhead qu'on avait pu voir il y a quelques semaines seulement à
Marseille. Concert assez similaire mais forcément plus court, et heureusement servi par un son convenable. La majorité des titres joués venaient du récent
"Misery is like a butterfly" c'était donc plutôt tranquille, idéal pour un début d'après midi, avec quand même un final nettement plus noisy, histoire de nous préparer à la suite.
Bonne surprise sur la grande scène avec les facétieux
Svinkels dont les albums m'avaient plus amusé que convaincu mais qui, en live et devant des milliers de métalleux, ont largement tenu la route avec un show bien rodé et arrosé, car à l'instar des
Cypress Hill qui ne rappent que sur la fumette, leur thème de prédilection c'est la bière. Sur un sample de
"Every kinda people" ils balancent leur hilarant
"Bois mes paroles" (et prend d'la bouteille) et des titres forts comme
"Cereal killer",
"Bons pour l'asile" ou
"Plutot mourir". Une énergie communicative et un parti pris festif qui manque cruellement à beaucoup de groupes (suivez mon regard
Iam), avec du gros distillé par l'excellent
Dj Pone qui n'a pas été champion de France des dj pour rien. Un très bon moment cloturé par le fendard
"Je veux reveiller le punk" qui a provoqué d'impressionants pogos et un énorme nuage de poussière, qui autant que leurs chansons cons, donnait une putain de soif.
Vu quelques titres des Australiens
Cat Empire sous le chapiteau. Sympa sans plus, ce qui était présenté comme de la fusion ressemblait hélàs un peu trop à nos groupes de ska festif, avec des cotés latinos voire zouk, c'était bien la peine de faire venir d'aussi loin un groupe qui joue la même musique que de trop nombreux groupes de chez nous, ça dansait bien mais bon on s'attendait à quelque chose de plus exotique.
Pas de méprise en ce qui concerne
Amp Fiddler sur la Plage, c'est de la musique black dans toute sa splendeur, puisant dans le meilleur de la soul avec claviers groovy et basses funky. Il manque néanmoins un grain de folie à ce musicien habitué aux seconds roles (il a joué avec
Prince,
George Clinton etc) pour que ça décolle vraiment chez les non initiés. Les amateurs auront reconnu parmi les choristes la sublime
Stephanie McKay des
Brooklyn Funk Essential qui avait sorti l'an dernier un disque très sous estimé, les autres auront simplement dansé sur des titres chaloupés très agréables à écouter.
Sous le Chapiteau, on a rendez vous avec les trop rares
Belle & Sebastian, invités surprise de cette programmation pour le moins contrastée puisque les frêles Ecossais jouaient un peu avant des poids lourds du gros rock us
Slipknot et
Korn, ce qui n'a pas manqué d'amuser le leader
Stuart Murdoch qui se demandait s'il n'allait pas jouer des reprises de heavy metal. On aura surtout droit à des morrceaux du dernier album en date, comme l'enjoué
"Step into my office", le guilleret
"You don't send me" ou l'étonnant
"Stay loose" et son interminable solo. Les fans de la première heure sont heureux de retrouver des classiques tels que
"Seeing other people" ou
"The boy with the arab strap" mais aussi quelques faces b raffraichissantes comme
"Belle & Sebastian" et
"The loneliness of the distant runner". Par rapport à leur concert de
Benicassim en 2002, j'ai l'agréable impression qu'ils n'ont pas arreté de progresser et de s'assumer comme un groupe de pop grand angle majeur, loin de leurs timides débuts. La troupe s'est depuis aggrandie et accueille de bien charmantes violonistes et flutistes donc chaque apparition provoque un certain émoi chez certains. Tout le monde avait en tout cas l'air content d'être là, faisant monter des admiratrices sur scène et danser l'assistance sur le tubesque
"Legal man", un régal.
Le dernier concert du festival en ce qui nous concerne, ce sera sur la plage avec les New Yorkais de
The Rapture qui se devaient de se racheter de l'annulation de dernière minute l'an passé. On ne sait pas comment prendre leur déclaration en entrant sur scène :
"Nous ne sommes pas Franz Ferdinand, nous sommes The Rapture". Blague perso ? Jalousie ? Toujours est il que ça nous rappelle que leur formidable album
"Echoes" n'a rencontré en France qu'un succès critique tout relatif alors que celui des Ecossais est bien parti pour le disque d'or, avec une recette somme toute similaire, ce qui n'est à rien comprendre. Parenthèse fermée, on ne boude pas notre plaisir à découvrir en live les bombinettes electro punk qui nous ont tant fait danser depuis deux ans : du
"Into the races and onto the tracks" d'ouverture à l'inusable
"House of jealous lovers" de fin, en passant par les new waveux
"Olio" ou
"Sister saviour", et une poignée d'inédits, que du bonheur. Certes tout comme !!!, les deux chanteurs sont un peu juste, les ballades pas terrible mais il est diffcile de ne pas remuer sur leurs morceaux autant taillés pour les salles rock que pour les dancefloors. Une parfaite conclusion pour des Eurockéennes diversifiées et fortes en émotions, qui tant au niveau de la programmation que de l'organisation (mis à part le malheureux décalage des
Scissor Sisters) mérite bien l'énorme engoument des festivaliers.