Saxophoniste célèbre, membre leader du groupe mythique Blurt qui était dans les années 80 la réplique anglaise de la No Wave new yorkaise et s'aventure dans des territoires free jazz et art-rock depuis plus de 20 ans.
Voilà l’été, il fait chaud et c’est la saison des festivals : quelle belle introduction, non ?…un journaliste de France3 Marseille n’aurait pu faire mieux…
En ce moment, je n’ai pas franchement envie de me retrouver dans un immense festival à avaler des tonnes de décibels en tubes…donc quoi de mieux que de prendre la route du Vaucluse et de me rendre pour la première fois à « La Gare » de Coustellet pour la 7ème édition de son festival consacré aux musiques inclassables « Gare aux Oreilles ».
Comme son nom l’indique, la « gare » était autrefois… une gare ! Les rails ne sont plus là, mais subsistent encore le quai, le hall refait à neuf et quelques panneaux de signalisation. C’est devenu ma foi un bien beau bâtiment qui abrite une petite salle de concert avec un bar à la déco chaleureuse. A l’extérieur se trouve la grande scène et on peut aussi trouver différents espaces dédiés à la création qui font souvent assez art contemporain.
Autant le dire tout de suite, à Marseille j’ai souvent du mal avec le « monde de la culture » : bobo ou bien microcosme pseudo intello. Pendant les deux jours que j’ai passé à « Gare aux oreilles », à aucun moment je n’ai ressenti ça : une équipe très très sympathique et un public finalement plutôt familial et « à la cool ».
Ah oui, un détail qui a son importance : cette année le festival est gratuit.
Le premier artiste de la soirée a déjà débuté son concert, il s’agit de Lionel Malric, jeune pianiste qui propose un « solo pour 227 cordes ». Tel John Cage, son piano est un piano préparé : c’est-à-dire qu’il a installé sur les cordes différents objets qui provoquent des sons très surprenants. Il s’agit d’une improvisation et on est en plein délire bruitiste. Le public n’est pas très nombreux mais concentré. Personnellement, je ne suis pas totalement rentré dedans mais j’ai trouvé ça intéressant et un peu court…
Ensuite, nous avons donc droit aux têtes d’affiches de la soirée Les Bampots + Ted Milton. Soit une fanfare free-punk de la région lyonnaise associée à un chanteur/saxophoniste anglais surtout connu pour être le leader du groupe de musique alternative Blurt.
Les 4 Bampots (deux trombones, une trompette, un sax) ont chacun un « bout » de batterie, du coup ça donne quelque chose d’assez rythmé.
Ted Milton, la soixantaine classieusement punk, alterne saxo et chant ou spoken word. C’est souvent très habité et pour le moins dissonant et expérimental.
Le public assis, car hélas il s’agit de concerts assis, n’a pas l’air plus passionné que ça et les sièges ont tendance à se vider.
Ce manque d’ambiance plus le fait de ne pas pouvoir rester debout devant la scène, vu que tout le monde est assis derrière m’ont empêché une nouvelle fois de rentrer totalement dans le truc. Dommage car ces rythmes anarchiques et ces notes épileptiques se prêtaient certainement à un trip hallucinogène…Ce sera pour une autre fois, plus exactement septembre puisque Ted m’a dit qu’il viendrait jouer avec Blurt à la rentrée à l’Embobineuse…
Finalement le vrai bon trip de la soirée, je le dois à Dodocafonico. Il ne s’agit pas vraiment d’un groupe mais d’une installation réalisée par les deux sympathiques compères Olivier Germain-Noureux et Vincent Copier.
Ces deux charmants jeunes hommes invitent les spectateurs à s’allonger par terre pour une sieste d’avant-garde.
En effet, ils utilisent différents objets (talkie walkie, ressorts, ballons,…) et quelques instruments au son déformé pour nous mener au pays des rêves d’une bien belle manière. Bon parfois, les sons entendus sont si incongrus qu’on pourrait se croire en présence de psychopathes, mais dans l’ensemble c’est plutôt paisible et suffisamment surprenant pour provoquer un bien beau voyage même sans substances illicites. Donc merci, et comme dirait l’autre « last night a dj saved my life » sauf que ce soir les djs sont des artisans de musique abstraite.
A demain…
Blurt - 08 février 2007 - Espace Montévidéo – Marseille
A peine remis de la soirée de la veille je me fais violence pour enfourcher mon vélo alors qu'il fait un temps qui encouragerait plutôt à rester chez soi. Et pendant que la Pinguin lit des BD dans son bain tout en buvant du vin rouge je remonte péniblement al cote vers l'Espace Montevideo, pour aller découvrir sur scène ce Blurt dont j'ignorais .../...
A peine remis de la soirée de la veille je me fais violence pour enfourcher mon vélo alors qu’il fait un temps qui encouragerait plutôt à rester chez soi. Et pendant que la Pinguin lit des BD dans son bain tout en buvant du vin rouge je remonte péniblement al cote vers l’Espace Montevideo, pour aller découvrir sur scène ce Blurt dont j’ignorais l’existence il y a quelques jours encore mais dont j’entends dire le plus grand bien.
Prévoyant j’ai appelé pour savoir a quelle heure ça allait vraiment commencer. Comme il pleuvait a moitie on m’a dit que pour attendre le public, le concert commencerait a 21h-21h15. J’arrive a 21h20 il n’a pas encore commencé. Je rentre et pose mes affaires devant la scène alors que Ted Milton va entre et sort se demandant (comme moi) quand cela va commencer.
Les trois musiciens prennent alors place sur scène. Il s’agit d’un trio composé de Ted Milton au saxophone, aux grimaces et au chant, de Steve Eagles a la guitare et Bob Leithz a la batterie. C’est clairement Ted Milton qui assure le spectacle, ne serait ce que physiquement. Cette coupe de cheveux, ce regard halluciné, ces grimaces (je me répète), …
Ils attaqueront assez rapidement posant l’ambiance, pour ceux qui comme moi ne connaissaient que les 4 morceaux de leur page myspace (dont je reconnaîtrai le Eat Up Your House, et peut être Machina Machina). Je ne suis pas tout a fait sur des termes a employer pour décrire leur musique (free rock ? jazz ?), mais ce qui est sur c’est que ça m’a fait pensé a beaucoup de choses.
J’ai ainsi pensé a The Ex (pour le chant, sûrement), a Morphine (pour le saxo) mais aussi a James Brown a un moment ou a Zop Hophop.
Assez entraînant et hypnotique leur musique donne envie de danser … sans être forcement obligé de se déchaîner comme les gars de l’Embobineuse. Morceaux chantés, parlés, ou purement instrumentaux (dans ce cas le chant est assuré par le saxo), les morceaux s’écoutent avec beaucoup de plaisir et sans lassitude. Il faut dire qu’ils balaient un large spectre de genres, car si je me souviens bien il y a même eu un morceau que l’on pouvait qualifier de ska !
D’ailleurs leur musique s’écoute mais elle se regarde aussi. En dehors du très scénique Ted Milton, le batteur Bob Leithz est lui aussi assez sympa a regarder. Très concentré, le regard en général braqué sur Ted il ne se ménage pas. Le concert durera une bonne heure et vingt minutes ce qui était parfait pour moi.
Encore une belle découverte grâce au GRIM et sa série de concerts One Shot (en général un peu plus accessible que ce qu’ils programment habituellement).