The BellRays + Nashville Pussy : « Are you ready ? It’s pussy time ! »
Juste après le concert plutôt touchant de
Nancy Sinatra à la Hune, retour fracassant à une musique plus violente avec les deux groupes amis
The BellRays et
Nashville Pussy qui évoluaient dans le 22 peu de temps après… Ces deux-là font vraiment la paire : ils sont aussi fascinés l’un que l’autre par
AC/DC (les Pussies reprendront
Shoot to Thrill, on remarque très vite que leur discographie entière est un hommage ému aux riffs d’
Angus Young ; les
Bellrays, quant à eux, jouant en rappel l’anthologique
Highway To Hell… avec les
Nashville Pussy aux chœurs, CQFD), le rock ‘n roll joué à fond et le sexe franchement débridé…
C’est
Nashville Pussy (et son couple leader, les inénarrables
Blayne Cartwright et
Ruyters Suys) qui avaient commencé à nous signaler à tout bout de champs que l’heure du « Pussy time » était venue... Et bien sûr les
BellRays ne manqueront pas de le proclamer à leur tour en fin de soirée, chorégraphie ultra suggestive entre le couple
Lisa Kekaula et
Bob Vennum à l’appui…
Les deux combos sont raccord jusque dans leurs incessants changements de personnels : chez les Rays ce sont les batteurs qui défilent (le nouveau, à rouflaquettes, est encore une fois excessivement méchant avec son kit de batterie : c’est expressément demandé dans le C.V.) ; chez les poètes de Nashville, c’est la consommation de bassistes vulgaires qui est hallucinante (la « petite » nouvelle est grande, arbore un look et des attitudes de star du porno, ainsi que tout l’attirail complet des poses rock ‘n roll).
Les deux groupes américains en goguette sur les routes françaises présenteront deux sets carrés, sans surprise mais assez jouissifs au final, malgré un volume sonore vraiment déraisonnable. On remarque néanmoins que les Nashville Pussy se révèlent parfois un peu poussif – peut-être un peu trop occupés à rouler des pelles et à faire des ronds de jambes aux deux « animatrices » de l’émission de Caaanaaal Plusshhe « 20 h 10 pétantes » montées sur scène - et l’on regrette par moments le côté répétitif des BellRays : Lisa nous les brise quand même sévère avec ses « Are you ready » qui n’en finissent plus…
Mais il serait malhonnête de ne pas avouer que le hard rock punk graisseux des premiers et le maximun rock & soul boosté au jazz des seconds font toujours leur petit effet en live ! Le final sur l’autoroute de l’enfer vaudra son pesant de cris hystériques, de sueur et de pogos…
The Ex : plus que jamais imparables en live.
Entre Nashville Pussy et The Bellrays, (et dans un style radicalement différent) dans l’autre salle du 22, les Hollandais straight edge (ça change avec les excès revendiqués d’à côté !) de
The Ex ont prouvé une fois de plus que, 25 ans après leurs débuts, leur indéfectible passion pour la musique punk originale les conduisait irrémédiablement à offrir à leur public des sets mémorables. Quel spectacle scotchant que de voir ces musiciens d’âge mûr se comporter comme de véritables gamins avec leurs instruments ! Les deux guitaristes s’en donnent véritablement à cœur joie : ils maltraitent leurs « jouets » avec une jouissance visiblement très forte. Les symphonies punk bruitistes ourdient par le groupe et son chanteur habité ont réellement quelque chose de fascinant sur scène… La batterie - aussi minimaliste que martiale - et le chant de la batteuse apportent une touche
Velvet Underground assez réjouissante. On ressort complètement groggy du set de
The Ex, en se disant que des claques musicales de ce type, il ne serait pas gênant de s’en faire administrer régulièrement.
A lire également sur le Printemps de Bourges 2005 : les chroniques des concerts de
The Craftmen Club,
The National + Herman Düne,
Interpol + Bloc Party + Gomm,
Low + Ray Lamontagne,
Nancy Sinatra + Alexandra Roos et
Marianne Faithfull + Françoiz Breut...
Sites Internet :
www.nashvillepussy.com,
www.thebellrays.com, ,
www.theex.nl,
www.printemps-bourges.com.
Photo
Flore-Anne Roth