Yes they can ! Après avoir sorti il y a 2 ans un disque de rock qu'un classicisme presque orthodoxe, qui évoquait immanquablement les riches heures des Kinks, mais sans les singer puisqu'avec une production rajeunie de 40 ans, le tout avec une tonalité garage subtile (en gros, .../...
Yes they can ! Après avoir sorti il y a 2 ans un disque de rock qu'un classicisme presque orthodoxe, qui évoquait immanquablement les riches heures des
Kinks, mais sans les singer puisqu'avec une production rajeunie de 40 ans, le tout avec une tonalité garage subtile (en gros, une tuerie totale), le trio des
Bishops est de retour et a fait le pari de tenter autre chose. Enfin soyons clair, un peu autre chose ! Il s'agit toujours de chanson à tonalité résolument vintage, parlant de filles qui sont parties, et de comment ça fait mal... Et leur look costard et coupe craignos rappelle toujours celui des groupes époque "merseybeat/swingin'London", dont se moque avec talent le père
Ungemuth à chaque occasion.
Pour autant, les deux dynamiques jumeaux (dont un au moins se prend pour Angus Young sur
scène) et leur batteur blondinet se renouvellent donc en partie, jouant un certain nombre de titres qui sonnent comme de la pop anglaise époque Thatcher finissante (
The La's, vous vous rappelez ?) : la délicatement triste
Nothing I can do or Say ou la formidable et crypto-surf
Train won't stop, nous font revivre vocalement les riches heures des
Smiths (grâce à une parenté étonnante avec la voix du jeune
Morrissey, pas repérée précédemment)... mais évidemment sur une base rock agée de 20 ans de plus que les disques du Moz.
Et tout de même quelques chansons dans le style pêchu qu'on aimait tant chez eux :
For Now notamment (où l'on croit tout de même entendre 4 musiciens et non trois, auraient-il triché ?), ou
Laughter in the Dark, sont de nature à enchanter les puristes de la bande à
Ray Davies. De toutes façons, et c'est sans doute dû au double chant systématique, à chaque fois que ce groupe commet une chanson, elle sonne
instantanément comme un classique.
Il en va ainsi de
Hold On, pop funky avec un petit bruitage électro furieusement entraînant (pourtant pour eux, un détail qui représente quasi une révolution copernicienne), tout comme de la balade
He was a friend of mine (un vrai classique de la country-music, en l'occurence...), ou de la séminale et splendide
Rain Dance. Ou encore de la presque ...
Beatles-like,
Pass Away.
Un tel classicisme assumé et revendiqué mérite une comparaison flatteuse pour finir :
The Bishops sont au rock'n'roll ce que
Clint Eastwood est au cinéma hollywoodien : des Gardiens du Temple, tout simplement ! Largement de quoi se réjouir à en crever de voir ou de revoir les très, très, très, (très, puisqu'on vous le dit!) classieux Evêques sur
scène !
(2009)