S’il y avait bien un concert que j’attendais pour ces 29e transmusicales, c’est celui réunissant les vétérans punks hollandais de The Ex et l’ancêtre du free jazz éthiopien le saxophoniste Getachew Mekuria.
Comme le concert de l’an dernier, ici même à la Cité, réunissant David Krakauer, Fred Wesley et SoCalled, ce concert a tenu toutes ses promesses.
Bon voilà rien à dire de plus, voir photos…
Non, je déconne. Mais clairement, c’est le type de concert sensoriel difficile à rendre en mots…
Déjà je suis heureux d’avoir enfin vu The Ex même si ce n’est pas totalement leur répertoire habituel…mais malgré tout il y a eu quelques belles montées énervées où le guitariste gaucher à pantacourt et longues chaussettes (un look remarquable) m’a impressionné par l’engagement qu’il met dans son jeu.
Il est comme pris de convulsions, de violents tics nerveux au niveau du cou. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai pensé à un poulet qu’on égorge (c’est bientôt l’Aïd, bientôt Noël…une pensée pour tous ces animaux qui vont souffrir pour notre plus grand plaisir, mais je m’égare…revenons à nos poulets euh, à nos punks).
On a donc eu droit à un concert chargé en intensité. Le bassiste de The Ex m’a aussi impressionné par l’apparente simplicité de son jeu, alors qu’en réalité il est la clé de voûte de ce bel ensemble.
Getachew Mekuria (pas loin de 80 ans, d’après mes infos) nous a sorti des instants rares de beauté musicale où personnellement je fermais les yeux pour mieux saisir toute la magie et la puissance de ces moments hors du temps.
Les invités de The Ex : un tromboniste, un clarinettiste et un saxophoniste ont aussi apporté leur part d’émotions.
Le clarinettiste nous a sorti une multitude de sons surprenants de son instrument.
Quant au second saxo, il a, à certains moments, atteint des sommets qui n’ont pas laissé Mekuria insensible…
Ce concert m’a mis dans un état second et mes souvenirs sont donc épars.
J’ai le souvenir d’une chanson Propaganda qui m’a littéralement scotché.
Pour le reste, j’ai juste hâte d’écouter l’album, puisqu’ils ont eu la bonne idée d’enregistrer ces compositions.
Après ces instants uniques, direction le parc des expos et j’ai à ce moment un peu le désagréable sentiment, d’avoir déjà eu droit au meilleur de la soirée et que le reste sera forcément fade en comparaison…C’est la descente en quelque sorte.
Faux départ : la soirée démarre poussivement par le duo mixte The Ting Tings, pop-rock qui surfe sur la vague CSS, The Gossip…
Pour moi, ça pue l’artificiel et le calcul commercial. Bon allez pas grave, je vais pas me fâcher pour si peu. D’autant que la soirée va progressivement offrir son lot d’émotions.
Je commence par me mégamixer le cerveau entre la salle hiphop et la salle électro. Foreign Beggars : jeune collectif de Mcs et Djs anglais d’origines diverses. Au moment, où je les ai vu, il y avait sur scène un Mc indo-pakistanais au flow nasillard et un renoi à la grosse voix grave.
Les deux gars se complètent à merveille, le son est bon mais j’ai la sensation d’avoir déjà trop entendu ça du coup je pars voir…
Modeselektor : paire de Djs berlinois qui font dans l’infrabasse qui te vrillent les tympans (putaing, malgré mes bouchons…ya un problème docteur ?) et dans l’ambiance cold. Sympa mais sans plus. En tout cas pas ce soir.
Mon véritable trip musical va véritablement débuter avec le set surprenant voire hallucinant de Girl Talk.
Ne vous fiez pas au nom, GirlTalk est un jeune américain, seul sur scène avec son ordi portable.
Des sets de ce type, j’en ai déjà vus, d’un ennui mortel qui m’ont fait regretté qu’on ait inventé l’informatique.
Et bien là, GirlTalk est une exception et de taille !
A lui seul, et sa multitude de samples (pop, RnB, métal, hiphop…) il a retourné toute la salle. Inoubliable.
Il faut dire qu’il met beaucoup d’énergie dans ce qu’il fait.
Et qu’il est à ranger dans la catégorie ovni, voire des gentils sociopathes.
GirlTalk commence dans le noire presque complet, seul son visage est éclairé par son écran d’ordi. Il donne l’impression d’être complètement possédé…
Il s’est rapidement mis à headbanger comme un malade. Du coup, il me fait penser à ces scènes de transes où les gens cherchent la perte de conscience en agitant frénétiquement leur nuque.
Un début captivant, d’autant que ce qu’il mixe dans un style mashup (superposition de titres avec des mariages contrenature, ex : One de Metallica avec du RnB) ne laisse pas indifférent.
Au fur et à mesure l’ambiance monte de plusieurs crans. A certains moments GirlTalk quitte son apple pour tourner autour de la scène surélevée comme un aliéné.
C’est là que j’ai commencé à comprendre à qui nous avions à faire.
Finalement, ça a dégénéré grave : il a terminé torse nu, a fait monté une bonne partie du public sur scène (qui est parti dans un délire communicatif), et il est aussi venu plusieurs fois dans le public : putaing juste à côté de moi ! Il chante et hurle des trucs zarb dans son micro, je suis sidéré : « euh, tu mords ? »
C’est la première fois que je vois ça dans un set dj, il demande à ce qu’on le porte à bout de bras et je participe au truc…Une ambiance assez irréelle et comme il le dit « Hey, it’s Saturday night ! ».
Je le remercie car ça m’a aidé à rentrer de pleins pieds dans cette soirée, d’autant qu’il a même mixé In a big country par le groupe écossais Big Country, une de mes chansons favorites des 80s.
Je ne suis pas du tout sûre qu’il eu été né à l’époque mais en tout cas merci pour ce dj set complètement frappadingue. Je sais pas à quoi tu tournes mon pote, mais c’est de la bombe !
Hasard ou pas, je continue ma soirée par un autre hurluberlu : l’américain Dan Deacon, dont je n’ai vu hélas que la fin du set.
Lui aussi est seul et dans le noir quasi complet, simplement éclairé par un crâne vert fluorescent et d’autres petits éclairages d’ambiance.
Dan Deacon ne fait pas du mix, il triture de vieilles machines électroniques pour en sortir des sons assez abstraits. Parfois, il chante, superpose des voix qui aboutissent à une sorte de chorale surréaliste.
Dan Deacon est plus à classer dans la catégorie savant fou. De par son look Amérique profonde et certains de ses sons, il m’a un peu évoqué Grandaddy, en version 100% expérimental.
Là aussi, je sais pas à quoi il tourne mais ça développe sûrement son imagination et sa créativité. Ah, putain merci les Trans.
Ca fait plaisir de voir ce type d’artistes, plutôt que la merde formatée qu’on voit trop souvent ailleurs.
Ensuite, on a eu droit au premier groupe de hiphop féminin de la soirée : YoMajesty. Le programme les comparait à ESG et SaltNPepa et c’est assez juste.
La seule question que je me pose, c’est sont-elles féministes ou bien simplement relou comme une bonne partie de leurs confrères masculins.
Le fait est YoMajesty ça parle pas mal de fesses avec pas mal d’humour.
Morceau choisi : « monkey, monkey do it like a monkey ! » puis « monkey » devient « donkey, donkey ».
Amis de la finesse bonsoir, ça vous parle non? Pas besoin de sortir le dico franco-anglais.
Là aussi, un set assez riche en émotions, d’autant que je me trouve aux premières loges, dans la fosse à photographes.
J’avais lu qu’elles terminaient fréquemment complètement nues.
Nous n’avons (hélas ?) pas eu droit à un striptease intégral, mais la moins mince (je suis élégant là) des deux a retiré son soutifs (ça te change une ambiance ça, quoi que puissent en dire les féministes) et la plus jolie (plus à mon goût en tout cas) a terminé en soutifs et pantalon chutant sur une cambrure émotionnante.
Ca devient chaud les Trans, après le set déjà sexy de Mickey Avalon l’an dernier…
Bon, là aussi parlons musique ne soyons pas obsédés par ces corps ondulants qui hurlent de désir (la moins mince s’est allongé par terre, à un mètre de moi, et a simulé le coït…). Bon parlons musique j’ai dis.
Non j’y arrive pas. Bon allez : elles ont des voix énormes, un flow à faire pâlir d’envie bon nombre de mcs masculins, une énergie du tonnerre, et au niveau du son c’est plutôt sympa même si j’en garde des souvenirs flous vu qu’il était difficile de rester concentré…
Evidemment, au niveau texte c’est assez cru et elles attaquent souvent la gente masculine notamment dans un texte où elles parlent de masturbation et de vrais hommes…Elles ont terminé sur un sample de Pump up the Jam et ses paroles évocatrices « I don't want a place to stay Get your body on the floor tonight Make my day Make my day ».
Pas de doute you make our day et pas qu’aux garçons, les filles de l’assistance sont aussi émotionnées par ce set hors-norme…
A nouveau hasard ou pas de la programmation, après les féministes de YoMajesty, nous avons droit dans le hall 3 à un trio New-Yorkais The Glass, pour ne pas les nommer, qui m’a semblé un brin machiste au travers de leurs propos (en français) [malgré des dégaines un peu queer, mais c’est la nouvelle génération de machistes ça]…
Bref, on va mettre leurs propos sur le compte de la provocation et du whisky (puisqu’une bouteille est de la partie). Il n’y a pas de cons à New York, ça se serait. Là aussi, je vais essayer de rester concentré sur la musique.
Le public, un peu clairsemé, n’a pas semblé totalement conquis. Moi j’ai trouvé ça plutôt sympa : une grosse basse, une guitare et un dj (aussi guitariste), trois voix pour un électro-rock assez enthousiasmant même si j’ai trouvé le chanteur principal un peu limité voire faux.
Je rate la fin de leur set (m’ont donné envie de boire ces cons) et nous avons ensuite droit au second groupe hiphop féminin de la soirée : Santagold.
La mc principale est diablement belle et sexy mais le registre est nettement plus soft que chez YoMajesty.
Du coup, j’ai moins de mal à rester concentré sur la musique.
Au niveau du son, Santagold est un assez beau cocktail crossover hiphop/rock/RnB. Leur set a été beaucoup trop court, mais ça m’a clairement donné envie d’écouter ça sur disque…Energique et émotionnel.
Mes Trans 2007 sont bientôt terminées et j’ai décidé de terminer en beauté (j’espère) avec MixHell…Mais avant ça, je vis la fin de set de BoysNoize, énième dj allemand qui fait dans le boum-boum bourrin bigrement efficace ma foi.
Bon allez place à MixHell (putaing, quel nom !) qui n’est autre que le projet électro mix de M.Igor Cavalera, batteur phénoménal de Sepultura, et de sa charmante épouse. Belle affiche, non ?
Et bien, je suis heureux d’avoir terminé là-dessus, car ce fut jouissif au plus haut point.
Etant donné les antécédents Métal de Cavalera, nous étions en droit d’espérer du gros gros son. Et bien, c’est ça du gros gros son électronique qui te retourne le corps et l’esprit dans tous les sens.
Et comme si c’était insuffisant, Igor Cavalera part derrière sa batterie à certain moment, alors que son épouse continue à mixer, et là ça devient carrément bestial et orgasmique.
En plus, Cavalera a vraiment des allures de brute épaisse. Par deux fois, il a balancé des verres de jus d’orange dans le public. Personne ne s’est plaint. Il impose le respect. Moi je me trouve juste en dessous du couple de djs et un instant j’ai craint le pire : Igor saisit sa console et la soulève au-dessus de sa tête comme s’il voulait la fracasser…Finalement, il la repose gentiment, ouf !
On veut bien mourir mais d’un headbangage prolongé pas écrasé par une table de mixage. Enfin, c’est un peu la sensation MixHell : se faire écraser par le son. Enorme !
Bilan de mes Trans 2007 : c’est pas encore cette année que je repartirai
déçu, encore de belles découvertes qu’il me tarde d’écouter sur disque ou de revoir : Fujiya & Miyagi, GirlTalk, Galactic, MixHell, Bibi Tanga, Santagold, Dead Kids, Getachew Mekuria + The Ex, …Merci. Un an de repos maintenant.
Bien entourée par un groupe soul funk de belle tenue, la très fluette Candie Payne a eu tout loisir pour démontrer l’étendue de ses multiples talents de chanteuse pop n’ soul. Voix mutine, gorgée d’âme, ou parfois plus musclée, cette Candie là a de la ressource ! Un peu timide, mais plus souriante et généreuse que Nicole Willis ou Amy Winehouse, Candie Payne a tout les atouts en main pour se frayer un chemin sur la route du succès… Ravi de l’aubaine, le public de la Cité réserve donc un accueil très chaleureux à cette diva soul qui ne se la péte pas, préférant mettre toute son énergie dans l’interprétation - souvent magistrale - de ses chansons captivantes…
Getatchew Mekuria & The Ex :
Déjà bien entamée, cette après midi rennaise, se poursuit admirablement avec le concert du saxophoniste éthiopien Getatchew Mekuria avec les punks bruitistico world deThe Ex en guise de backing band de luxe… Une rencontre surprenante (mais pas tant que ça, si l’on considère la soif de découvertes des mythiques Hollandais) qui fonctionne à plein régime du début à la fin du set ! le public savoure ce moment d’exception à sa juste valeur et obtient des rappels enthousiasmants. Tout au long de ce brulant set, les embardées free de Getatchew Mekuria au sax, bien secondées par la section de cuivre de The Ex, s’entrechoquent génialement avec les duels de guitares joliment désaccordées et les rythmes envoûtants produits par ce groupe incroyablement libre. Vraiment un superbe concert !
The EX - 12 Février 2006 - Le Poste à Galène Marseille
Première surprise même s'il fallait s'y attendre, une longue file d'attente pour entrer au Poste alors qu'il est déjà 21H20, ce un Dimanche soir !
Puis après les réglements d'usage, nous entrons .../...
Première surprise même s'il fallait s'y attendre, une longue file d'attente pour entrer au Poste alors qu'il est déjà 21H20, ce un Dimanche soir !
Puis après les réglements d'usage, nous entrons dans l'antre du loup bondée (+ de 250 pers.)
Un joueur de Kora officie sur scène, apparament très heureux d'être là et surtout bien applaudi par un large public. On ne peut s'empècher de respecter cette musique tant elle est bien jouée. Un long set à mon gout et une attente un peu longue avant de voir monter The EX sur scène (sans compter un bar qui n'a déjà plus de "pressions" comme s'il était si dur d'en prévoir...pour un marchand, bref)
Quel n'est pas le contraste de voir The Ex dans ce lieu si loin des idées pronés par ce groupe car politique il est (engagé et dénonciateur de surcroit) bref la première surprise c'est que Luc le bassiste n'a pas été remplacé mais déjà Katrin martelle ses futs (excellent son / mixage) Terrie et Andy lachent leurs premier accords tandis que G.W. s'empare du micro et voilà la magie The Ex qui commence.
C'est Tribal, dissonant par moment mais leur musique vous penetre en douceur pour vous emmener loin dans les montées en puissance dont ils savent si bien jouer. un premier quart d'heure suspendu puis resonne les accords d'un de leur très vieux morceaux (plus orienté sur une base Punk) et voilà le feu qui s'embrase, le public suit et ne les lachera qu'après une heure et demi de set et trois rappels, dont le dernier ou Katrin pendra le chant lead (superbe voix trop rare).
Le sourire du public resté, ainsi que celui des musiciens en dit long sur cette communion partagé. Une très bonne soirée à renouveller dans 7 ans ? (date de leur dernier passage ici)
Ps : 2ème constat (après les Fleshtones la semaine passée...) que les groupes sincères savent vous rendre ravis.
The Ex + Djibril Diabate - 12 fevrier 2006 - Poste a Galene - Marseille Photos cherchent chronique ...NdPh : je propose une chronique collective et j'ai déjà montré l'exemple !
Djibril Diabate
The Ex :
Petite contribution de Philippe :
Je .../...
Photos cherchent chronique ...NdPh : je propose une chronique collective et j'ai déjà montré l'exemple !
Djibril Diabate
The Ex :
Petite contribution de Philippe :
Je connaissais très mal The Ex malgré quelques écoutes de Turn. J'ai passé un excellent moment, pris par moments d'une sorte de transe jouissive dûe à des riffs lancinants (notamment le démoniaque Theme from Konono,une pure tuerie).
Un point d'originalité : deux guitares affreusement trafiquées (4 cordes normales et deux cordes de basse) qui permettent à chacun d'alterner lignes basses et hautes. J'ai passé un moment à me faire brasser tout devant, avant d'être définitivement agacé par certains pogoteurs de mauvais esprit (genre qui puent la sueur, vous mettent dix fois de suite le coude dans le bide et semblent tout faire pour s'en prendre une dans la gueule).
J'ai donc fini le concert au bar mais j'ai passé un très bon moment. Par ailleurs j'ai compris pourquoi je trouvais la batterie si classe sur album : c'est parce que c'est une fille ! Big up à The Ex qui, comme par exemple Sonic Youth, incarnent un rock bruitiste sans complaisance ni compromission. Et maintenant qu'un connaisseur continue !
Allez Fabrice, Philippe, Philippe (done !), Stefan, Yann, Fredo, Delphine, Thierry, Corinne, Jean Phi, Christophe, Tom, Isa, ... je sais que vous etiez la !
ps : pour voir des photos de Andy (m'etant retrouve une nouvelle fois au pieds de Terrie) voir ma chronique d'il y a un peu plus d'un an ici Réagir à cette critique
The BellRays + Nashville Pussy + The Ex (Printemps de Bourges 2005) - 19 avril 2005 - Le 22, Bourges
The BellRays + Nashville Pussy : "Are you ready ? It's pussy time !"
Juste après le concert plutôt touchant de Nancy Sinatra à la Hune, retour fracassant à une musique plus .../...
The BellRays + Nashville Pussy : « Are you ready ? It’s pussy time ! »
Juste après le concert plutôt touchant de Nancy Sinatra à la Hune, retour fracassant à une musique plus violente avec les deux groupes amis The BellRays et Nashville Pussy qui évoluaient dans le 22 peu de temps après… Ces deux-là font vraiment la paire : ils sont aussi fascinés l’un que l’autre par AC/DC (les Pussies reprendront Shoot to Thrill, on remarque très vite que leur discographie entière est un hommage ému aux riffs d’Angus Young ; les Bellrays, quant à eux, jouant en rappel l’anthologique Highway To Hell… avec les Nashville Pussy aux chœurs, CQFD), le rock ‘n roll joué à fond et le sexe franchement débridé…
C’est Nashville Pussy (et son couple leader, les inénarrables Blayne Cartwright et Ruyters Suys) qui avaient commencé à nous signaler à tout bout de champs que l’heure du « Pussy time » était venue... Et bien sûr les BellRays ne manqueront pas de le proclamer à leur tour en fin de soirée, chorégraphie ultra suggestive entre le couple Lisa Kekaula et Bob Vennum à l’appui…
Les deux combos sont raccord jusque dans leurs incessants changements de personnels : chez les Rays ce sont les batteurs qui défilent (le nouveau, à rouflaquettes, est encore une fois excessivement méchant avec son kit de batterie : c’est expressément demandé dans le C.V.) ; chez les poètes de Nashville, c’est la consommation de bassistes vulgaires qui est hallucinante (la « petite » nouvelle est grande, arbore un look et des attitudes de star du porno, ainsi que tout l’attirail complet des poses rock ‘n roll).
Les deux groupes américains en goguette sur les routes françaises présenteront deux sets carrés, sans surprise mais assez jouissifs au final, malgré un volume sonore vraiment déraisonnable. On remarque néanmoins que les Nashville Pussy se révèlent parfois un peu poussif – peut-être un peu trop occupés à rouler des pelles et à faire des ronds de jambes aux deux « animatrices » de l’émission de Caaanaaal Plusshhe « 20 h 10 pétantes » montées sur scène - et l’on regrette par moments le côté répétitif des BellRays : Lisa nous les brise quand même sévère avec ses « Are you ready » qui n’en finissent plus…
Mais il serait malhonnête de ne pas avouer que le hard rock punk graisseux des premiers et le maximun rock & soul boosté au jazz des seconds font toujours leur petit effet en live ! Le final sur l’autoroute de l’enfer vaudra son pesant de cris hystériques, de sueur et de pogos…
The Ex : plus que jamais imparables en live.
Entre Nashville Pussy et The Bellrays, (et dans un style radicalement différent) dans l’autre salle du 22, les Hollandais straight edge (ça change avec les excès revendiqués d’à côté !) de The Ex ont prouvé une fois de plus que, 25 ans après leurs débuts, leur indéfectible passion pour la musique punk originale les conduisait irrémédiablement à offrir à leur public des sets mémorables. Quel spectacle scotchant que de voir ces musiciens d’âge mûr se comporter comme de véritables gamins avec leurs instruments ! Les deux guitaristes s’en donnent véritablement à cœur joie : ils maltraitent leurs « jouets » avec une jouissance visiblement très forte. Les symphonies punk bruitistes ourdient par le groupe et son chanteur habité ont réellement quelque chose de fascinant sur scène… La batterie - aussi minimaliste que martiale - et le chant de la batteuse apportent une touche Velvet Underground assez réjouissante. On ressort complètement groggy du set de The Ex, en se disant que des claques musicales de ce type, il ne serait pas gênant de s’en faire administrer régulièrement.