Actuellement musiciens de Philippe Katerine, la joyeuse bande des Little Rabbits se reconvertit fraîchement en French Cowboy donnant une folk introspective, céleste et torturée. Son nouveau projet musical est un pas de plus vers l'univers de Calexico et Giant Sand... Ce qui est plus surprenant, c'est la voix de Federico qui évoque désormais un Michael Stipe fatigué et un Will Oldham folk pop.
Une soirée entre folk, pop et rock dans un 22 d'Auron affichant complet... La première journée du Printemps de Bourges 2008 a permis à toute une flopée de bons groupes de faire leurs preuves ou de confirmer leurs talents dans deux petites salles intimistes et devant un public enthousiaste. Pendant ce temps, juste à côté sous le phénix, 6000 fans de variétés consensuelles acclamaient Rose, Renan Luce et Chistophe Willem... C'est le lot commun d'un grand festival : il en faut pour tous les goûts, aussi discutables soient-ils.
Syd Matters :
Déjà vu il y a peu pour un extraodinaire concert en tête d'affiche au festival les Volcaniques de Mars, Syd Matters a confirmé son éclatante forme du moment. malgré le peu de temps alloué à sa prestation, le groupe parisien a fait très forte impression ! Il faut dire qu'avec un répertoire irréprochable, des harmonies vocales à tomber à le renverse, des musiciens habités, un son de rêve et des éclairages impeccables, il faudrait être vraiment très difficile pour bouder son plaisir. Ce concert aux fortes réminiscences des travaux pop/folk de Thom Yorke et Radiohead s'est en outre terminé par un passage post rock aussi surprenant que superbe. A voir absolument sur scène !
Constance Verluca :
Dans un style beaucoup moins intimiste et plus chanson française folk, Constance Verluca a su tirer son épingle du jeu, en usant de son humour corrosif, de son charme et de sa bonne humeur communicative. L'ensemble se révèle plaisant, même si l'on n'est parfois pas franchement loin de la variété française.
Cocoon :
Si l'on en juge par l'accueil triomphal qu'il a reçu au 22 d'Auron, le groupe clermontois Cocoon faisait partie des têtes d'affiche de cette soirée, un an à peine après son passage en tant que Découverte du Printemps de Bourges 2007. Son excellent album truffé de tubes, la présence décontractée du charmant duo et la qualité des morceaux - tour à tour mélancoliques ou enlevés - sont des atouts qui semblement parler au grand public, et c'est tant mieux... On est parfois à deux doigt du dérapage car le public est vraiment chaud et trivial ("à poil !"), mais Cocoon s'en sort avec sa classe et ses sourires. Quelles que soient les circonstances, Mark et Morgane chantent toujours divinement leurs titres délicats, en grand professionnels qu'ils sont désormais. Vivement le prochain album de Cocoon !
La Maison Tellier :
Dans un style plus country folk et plus aride, La Maison Tellier a su capter l'attention du public avec un concert entre chanson française de qualité (à la Bertrand Cantat/Noir Désir), folk rustique et country ancestrale. Les titres sont bien écrits, arrangés avec autant de goût que d'authenticité et interprétés avec foi ; tant et si bien qu'on se laisse emporter par la musique de ce groupe normand un peu bourru.
French Cowboy :
Les Nantais de French Cowboy ont confirmé à Bourges leur statut de groupe de scène imparable. Les compositions signées Federico Pellegrini (à lire : une interview récente du monsieur), excellentes sur disque, prennent une dimension supplémentaire en live : les ex-Little Rabbits habitent littérallement les morceaux tout au long d'un concert quasi parfait, c'est du grand art ! La désormais traditionnelle reprise folk rock du Back to Black d'Amy Winehouse est l'ultime preuve de bon goût et de savoir faire d'un groupe appelé à régner de nouveau en France. Et ailleurs.
Adam Green :
Malgré un début de show un peu déroutant (c'est quoi ces arrangements kitchissimes ? se dit-on en nous mêmes... ), le songwriter new-yorkais Adam Green - habillé comme un clone du chanteur d'Aerosmith avec un t-shirt noir à franges blanches - a finalement embarqué le public - clairsemé et mou au début - dans son monde absurde et fascinant. Le roi de l'antifolk/pop a réussi à su convaincre grâce à ses talents d'entertainer complétement fou (il va jusqu'à rouler des pelles au premier venu monté sur scène), de chanteur crooner à la voix grave façon Lou Reed drôle et de songwriter doué (influences : Velvet Underground, Bob Dylan et les Beach Boys). Entre deux facéties et autre danses débiles, notre homme - qui ressemble à une sorte d'iggy Pop bedonnant, non agressif et aux cheveux bouclés quand il empoigne son pied de micro - n'oublie pas de chanter comme un demi dieu et de faire plaisir à ses fans en interprétant des titres à la demande (Jessica Simpson, Kokomo des Beach Boys etc etc). Comme il le dit si bien, ce gars là a tout compris du show busyness ! Et il revient pour de généreux rappels alors que la majorité du public est allée voir le show survitaminé des rockers de Hushpuppies. A la fin du show, l'on se dit qu'Adam Green a la classe, et que ce n'est pas près de changer !
Hushpuppies :
Les Hushpuppies ont la classe eux aussi, se dit-on en assistant à la fin de leur show supresonique. Compos en acier trempé, musiciens hystériques, chanteur classieux, lumières vrillantes, son démoniaque : cette troupe de jolis énervés a tout pour cartonner dans la monde entier, et en France, si l'on en croit la réponse ultra enthousiaste du public de Bourges ! Les pogos et autre slams se succèdent à un rythme infernal jusqu'à la dernière note du concert high energy des Mods de Hushpuppies. Bien envoyé messieurs !
French Cowboy + Heidi - 11 Avril 2008 - Poste à Galène - Marseille
Quelle bonne surprise que ces French Cowboy ! J'ai toujours eu un réflexe (à la con) qui me fait me méfier des groupes dont un buzz trop et, même vieux fan des Little Rabbits, je n'avais pas .../...
Quelle bonne surprise que ces French Cowboy ! J'ai toujours eu un réflexe (à la con) qui me fait me méfier des groupes dont un buzz trop et, même vieux fan des Little Rabbits, je n'avais pas écouté ce nouveau projet, sans doute un relent d'anti-Katerinisme primaire.
J'avais peur aussi d'un côté countrysant trop marqué, pas forcement ma tasse de thé. Au final, je suis sorti emballé. Folk mais pas trop, une énergie rock indéniable, un sens de la mélodie imparable, des zicos qui assurent leur race, des choeurs bien trouvés et cette putain de voix bien ravagée et absolument fascinante.
On se balade donc entre folk qui lorgne vers les étendue US, avec toujours un côté mélancolique, voire torturé, et des morceaux plus rock'n'roll (ah cet excellentissime Shake) qui me font penser aux (fabuleux) Violent Femmes (à priori je suis le seul à faire le rapprochement mais je maintiens !).
Moins intimiste que sur disque (que je me suis procuré rapidement après le concert !), le set est carrément rock'n'roll par moment. Notamment un morceau ou après un slow langoureux avec une spectatrice, le chanteur se jettera à ses genoux pour lui déclamer je ne sais quoi de cette voix écorchée et inimitable.
Même s'il est fascinant, cela ne lève en rien la classe du reste du band qui assurent comme des bêtes. Que ce soit sur ces mélodies accrocheuses, ou sur des choeurs assez bloquant, le groupe délivre une musique dans laquelle je suis entré immédiatement, que ce soit pour bouger mon corps ou bien dans des phases plus introspectives. Encore une fois une bien belle découverte !
Un mot sur Heidi en première partie. J'avoue que j'avais pas particulièrement accroché quand je les avais vu lors de sets précédent mais là j'arrive sur le dernier morceau qui finit sur un long instrumental bien bloquant, entre pop et noise. A revoir donc.
Interview avec French Cowboy - mars 2008 - La Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand
Auteurs d'un très bon retour discographique sous le nom de French Cowboy, les ex Little Rabbits méritaient qu'on se penche sur leur (passionnant) cas... Leur passage à Clermont-Ferrand pour deux .../...
Auteurs d'un très bon retour discographique sous le nom de French Cowboy, les ex Little Rabbits méritaient qu'on se penche sur leur (passionnant) cas... Leur passage à Clermont-Ferrand pour deux concerts classieux et un enregistrement d'album était l'occasion idéale. Réalisé en février 2008 lors de la résidence de French Cowboy à la Coopérative de Mai, cet entretien avec Federico Pellegrini nous a permis de revenir sur la fin des Little Rabbits, les débuts de French Cowboy, la composition de l'album Baby Face Nelson was A French Cowboy, l'enregistrement et le mixage à Tucson avec Jim Waters à Tucson, la création du label Havalina Records, les multiples projets du groupe et la résidence avec Lisa Li-Lund... Beaucoup de sujets abordés de manière simple et décontractée par un artiste qui fait de la musique pour les bonnes raisons. Si vous voulez en savoir plus au sujet de French Cowboy, lisez ce qui suit...
Peux-tu revenir sur la conception de l'album de French Cowboy ? Federico Pellegrini : « Alors ça date un peu : j'ai écrit la plupart des morceaux à la fin des Little Rabbits, le groupe qu'on avait avant... Pour plus de la moitié, ce sont des chansons que j'ai écrites pendant un mois (j'en ai enregistré une partie avec Helena Noguerra pour notre album en duo) et l'autre moitié, des chansons ont été faites avec les French Cowboy. Comme les gars étaient souvent en tournée en tant que backing band de Philippe Katerine, l'album a un peu tardé à sortir. Au départ, on voulait continuer chez Barclay puis l'idée a germé de monter notre label ; tout ça a un peu retardé la sortie, si bien qu'au bout d'un moment j'avais envie de mettre des chansons plus récentes dedans, donc tout ça s'est fait bout par bout, mais on a quand même fini par sortir l'album.
Comment en êtes-vous venus à créer votre propre maison de disques, Havalina Records ? Federico Pellegrini : « Au départ de French Cowboy, on était encore sous contrat chez Barclay avec les Rabbits, au début ils étaient ok pour continuer avec le nouveau projet puis le temps a passé, on a parlementé et comme ça n'avançait pas j'ai appelé Jim Waters à Tucson, je lui ai dit " ça n'avance pas, combien tu me fais pour tant de jours studios". Comme c'était moi, il m'a fait un cadeau par rapport à une maison de disques donc j'ai pris mon billet, je suis allé là-bas, j'ai dormi chez quelqu'un qui me prêtait son appart donc ça ne m'a pas conté très cher... Et quand je suis revenu, le disque était fini. Au bout d'un moment, on a eu un déclic, un pote nous a conseillé de faire notre label ; nous quatre, plus des amis on a monté le label et deux mois après on sortait le disque. On a envie de sortir des disques d'autres artistes mais on a un petit budget donc on verra...
Est-ce que c'était prévu au départ de faire le disque avec Helena et après de réutiliser certaines chansons pour l'album de French Cowboy ? Federico Pellegrini : Non, au départ il n'y avait rien de prévu. Quand j'ai arrêté les Little Rabbits, assez vite j'ai commencé à écrire des chansons et à vouloir les faire avec les Little Rabbits, pas tous : guitare, basse et batterie. Parallèlement, j'avais filé les mêmes morceaux à Helena qui devait en prendre un ou deux, et puis elle a tellement aimé les démos qu'elle en a pris huit (et après j'en ai écrit deux en plus pour faire les 10 de son album). Les deux choses se sont donc faites parallèlement, sans les prévoir...
Est-ce que tu peux revenir sur les raisons de la fin des Little Rabbits ? Vous vous êtes engueulés ? Federico Pellegrini : Non, non, pas du tout, il était même prévu qu'on fasse un autre album ensemble. Mais on était un groupe qui durait depuis longtemps, les motivations étaient un peu dispersées, on était tous un peu paumés. C'est moi qui est arrêté le truc ; je n'arrivais plus à me projeter dans l'avenir, c'est à dire passer trois ans ou deux ans à réécrire un disque, je ne savais pas quoi mettre dedans. Dès que j'ai arrêté le groupe, j'ai su quoi faire puisque je le faisais tout seul, c'était plus pareil. Je crois que j'avais besoin de ça et peut être que tout le monde avait besoin de ça, on était peut-être à bout de souffle dans ce projet là...
Comment s'est passé l'enregistrement de l'album à Nantes entre 2006 et 2007 ? Federico Pellegrini : On a enregistré dans un local prêté par la municipalité où on avait installé notre studio, un 8 pistes digital sur ordinateur. C'était notre matériel à nous, notre studio, on était un peu chez nous, mais on vient de se faire jeter de cet endroit...
Et en ce qui concerne le mixage ? Federico Pellegrini : On l'a fait à Tucson avec Jim Waters... La moitié de l'album a été mixée par Jim chez lui (il nous envoyait les MP3 et on rebondissait dessus) et l'autre moitié j'y suis allé pour recoller tout ça puisqu'il y a des morceaux de différents acabits et aussi pour rajouter quelques bricoles avec des amis qu'on a là-bas.
En particulier les cuivres avec le groupe The Jons... Federico Pellegrini : Oui, c'est ça. On a vu les Jons en concert chaque fois qu'on est allés à Tucson. Il y a une quinzaine de groupes qu'on connait là-bas, qu'on a rencontrés petit à petit et qui font des musiques assez différentes, pas mal déglinguées. Les Jons, c'est un peu différent, c'est un groupe mexicain qui habite à Tucson (qui est à une heure du Mexique), ils font une musique plutôt à tendance pop rock américain mais ça reste des Mexicains et quand ils se mettent à faire des cuivres y'a pas photo.
A Tucson, vous avez également rencontré Al Foul qui a fait votre première partie à la Coopérative de Mai et sur d'autre dates... Federico Pellegrini : Oui, lui c'est pareil : on le voit depuis le début... Les premières fois, il nous invitait chez lui en fin de soirée à boire du vin et puis petit à petit il a commencé à venir en France (c'est plus facile pour lui, comme il est seul sur scène il a juste un billet d'avion à payer). Il fait quelques dates avec nous sur cette tournée.
Al Foul
Vous avez beaucoup enregistré à Tucson et les USA semblent toujours autant vous attirer... Qu'est ce qui vous séduit dans ce pays ? Federico Pellegrini : C'est surtout Jim Waters qui nous plait : au départ, ça m'était égal d'aller en Finlande ou aux Etats-Unis. On avait vu son nom sur un disque de Jon Spencer qu'on aimait bien, à cette époque avec les Little Rabbits on voulait arrêter de sonner trop produit comme sur nos deux premiers albums : on voulait avoir un son live. On cherchait un ingénieur du son qui sache cerner le son du groupe et le retranscrire sur l'album. On a fait plein d'albums avec lui... Et comme à chaque fois qu'on lui propose des morceaux la musique a bougé, on a chaque fois un travail assez drôle à faire. Ce n'est pas donc pas du tout répétitif, et en plus, on s'entend vraiment bien avec lui !
On parlait à l'instant de Jon Spencer, as-tu écouté son nouveau projet, Heavy Trash ? Federico Pellegrini : Oui, ça me plait bien ! J'aime bien la manière dont il a rebondi. Après son album Orange, ça commençait à moins m'intéresser mais là j'aime vraiment bien ce qu'il fait...
Sur l'album de French Cowboy, il y a beaucoup de styles différents (pop, folk, country rock), c'était voulu au départ ? Federico Pellegrini : Non, pas du tout : j'ai pris ma guitare et c'est venu comme ça sans me dire ceci ou cela... Ce spectre là, c'est un peu toute la musique que j'aime...
Il y a trois titres avec des grosses guitares (Supermarket en particulier), c'est arrivé avec les ex Little Rabbits ? Federico Pellegrini : Non, la démo de Supermarket par exemple est déjà très saturée... J'ai écrit cette chanson deux jours après avoir vu les Buzzcocks qui jouaient après 20 ans d'arrêt. Je prends à droite à gauche juste pour m'amuser, et après ça devient des chansons, je ne me pose pas la question. Et je crois qu'on aime bien passer du coq à l'âne, sans se forcer : on enregistre un maximum de titres et après on regarde ce qu'on a. Pour ce disque là, on avait 20 morceaux, et il en reste une quinzaine ; on a enlevé tous ceux qui n'étaient pas assez aboutis ou qui n'allaient pas jusqu'où on voulait.
La première fois que j'ai assisté à un concert de French Cowboy (qui s'appelait alors The French Cowboy et The German Dudes), vous aviez projeté un film avant votre concert (c'était en première partie de Katerine à Rennes)... Pourquoi ne le faites vous plus ? Federico Pellegrini : Le nom du groupe, c'était un délire, on a viré "German Dudes" pour que le nom soit plus facile à retenir... J'avais réalisé le petit film dans mon salon à Nantes. Et pour tout ce qui suivait, j'avais mis bout à bout tout ce que j'avais comme images des Little Rabbits, c'était un peu le deuil de ce groupe là... Le court métrage du début, le plan fixe de moi, j'avais fait ça à l'occasion d'un concert qu'on devait faire avant un truc de surf. On a parfois réutilisé ce film pour la tournée, mais on ne le fait pas toujours...
Sur le disque de French Cowboy, il y a beaucoup de titres chantés en anglais mais il y a également des morceaux où le français est utilisé... Comment choisis-tu la langue ? Federico Pellegrini : Tous les morceaux en français sont venus après... J'ai eu envie d'en faire un peu en français aussi. En général, je ne choisis pas la langue au départ, cela dépend plus de la chanson que j'ai à faire... J'essaye et après quand ça me plait je le prends tel quel. Au tout départ, c'était uniquement en anglais et puis après le temps a passé, j'ai essayé d'autres choses.
As-tu voulu faire passer quelque chose de particulier dans tes textes ? Federico Pellegrini : C'est comme pour la musique, je ne réfléchissais pas mais il y a quand même quelque chose d'assez plombant, qui tourne autour de la mort, suite à la mort des Little Rabbits. C'est une période où je pensais pas mal à une copine qui est décédée depuis pas mal d'années. J'étais un peu dans ce mélange de tout ça et j'ai papillonné à droite à gauche.
Est-ce que vous avez rajouté des titres en français parce que c'est sensé mieux marcher commercialement parlant ? Federico Pellegrini : Non, absolument pas, sinon on aurait fait des tubes... ça fait longtemps que j'ai dépassé ce truc ; en plus on a sorti l'album nous mêmes donc on n'a aucune obligation. On n'est pas du tout dans cette logique-là : les morceaux sont en français parce qu'ils sont en français.
Peux-tu parler de la pochette signée Barbara Pissere, qui fait également des chœurs sur le disque ? Federico Pellegrini : Je la connais de très longue date - on a même un enfant ensemble (rires) -, elle est graphiste, je lui fais toute confiance pour les visuels. Elle me connait bien, on a fait les choses tous les deux : je lui montrais des choses que j'aimais bien, elle s'est inspiré des photos qu'on avait prises pour la pochette intérieure.
Ton nom French Cowboy est venu comment ? Federico Pellegrini : On doit ça à Jim Waters... Chaque fois qu'on va à Tucson on y va avec peu de vêtements parce là bas il y a beaucoup de magasins type armée du salut. J'avais acheté un chapeau très gros et chaque fois que je rentrais, ça faisait marrer Jim - tellement c'était grotesque - et il m'appelait le "French Cowboy"... Le nom allait bien avec la musique à mon avis : ce n'est pas de la folk pure et dure, on voit bien que ça passe par la France...
Lisa Li-Lund
Vous êtes actuellement en résidence à la Coopérative de Mai avec Lisa Li-Lund... Comment la rencontre entre vous s'est produite et qui vous a proposé la résidence ? Federico Pellegrini : On avait un concert à la Coopé samedi et la direction de la salle nous avait proposé de faire une résidence si ça nous disait... On a dit pourquoi pas, puis on a réfléchi à ce qu'on pourrait faire (en général une résidence ça sert à préparer une tournée, mais là on était déjà en tournée... ) et on a décidé d'emmener notre matériel d'enregistrement et de faire un disque à la Coopé. On a croisé Lisa il y a quelques temps lors d'un concert à Rognes près de Marseille, on s'est bien entendu et on a l'a donc invitée à venir à la Coopé, elle est venue avec 5 ou 6 chansons à elle, moi également, personne ne les connaissait... On les a fait, on les a montées, et voilà.. On a fait 10 morceaux ensemble en trois jours. On verra ce qu'on en fait...
Au niveau de votre public, vous repartez de zéro avec French Cowboy ou vous avez gardé une base de fans ? Federico Pellegrini : Un peu les deux je crois... Il y a des gens qui aimait bien les Rabbits et qui aiment French Cowboy. On était pas non plus un groupe mastodonte, on avait du public mais ça variait suivant les endroits. Avec French Cowboy, je n'ai plus envie d'écumer toutes les salles de France ; je veux vraiment jouer à l'étranger, c'est une musique qui peut parler autant à des Allemands qu'à des gens de Mâcon. On va jouer partout où on peut... On va faire une tournée de 10 ou 15 dates sur la côte ouest des USA avec des amis .
Peux-tu évoquer les deux reprises que vous faites en ce moment sur scène : Back to Black d'Amy Winehouse et Little 15 de Depeche Mode ? Federico Pellegrini : Quand j'écoute la radio, je chante tout le temps en même temps, j'adore ça ! Quand j'aime bien un disque, j'aime bien piquer les accords, voir comment ça marche... J'ai beaucoup aimé l'album d'Amy Winehouse quand il est sorti, je me suis donc amusé à reprendre trois ou quatre titres. Depeche Mode, ça m'est venu il y a peu quand je jouais tout seul dans un bar, c'était facile de jouer cette chanson avec des boucles et de rajouter des voix dessus ; ça a plu aux autres, donc on la fait sur scène, voilà...
Est-ce que tu suis ce que font les autres French Cowboy avec Philippe Katerine et Les Vedettes ? Federico Pellegrini : Oui, un peu au début, ils me font écouter ce qu'ils font, mais je ne sais pas si je suis très fan de cette musique là. Mais l'important c'est qu'ils s'éclatent dans ce qu'ils font !
French Cowboy, c'est un vrai groupe ou c'est seulement toi ? A l'avenir les autres vont composer ? Federico Pellegrini : C'est un vrai groupe, oui ! Mais surtout ce qui est important c'est qu'on ne soit jamais prisonnier de ce groupe, c'est bien de participer à des choses qui nous font envie, d'être à l'aise et de pouvoir faire des choses en dehors du groupe, pour ne pas mettre trop de pathos dans la seule chose qu'on fait, c'est peut être ce qui nous a perdu avec les Little Rabbits. Avec French Cowboy, il y a de grandes chances que je continue à composer parce que Stéphane ne veux plus composer et comme je suis dans un format chanson, ce n'est pas évident pour un batteur et un bassiste de composer des mélodies sur des chansons déjà faites.
Et une dernière question : lors des concerts, tu descends souvent de scène pour danser avec une jeune fille, pourquoi ? Federico Pellegrini : Je le faisais déjà avec les Little Rabbits, ça me manquait donc j'ai recommencé ! J'aime bien faire ça. Je ne suis pas très loquace lors des concerts, c'est un moment où il se passe quelque chose d'un peu particulier et qui met souvent les gens à l'aise (sauf la personne avec laquelle je danse !) : ça met une espèce de bonne humeur et ça ramène le concert sur Terre. C'est un moment que j'aime beaucoup, j'aime danser des slows, c'est un moment très doux et les jeunes filles me remercient après... Je le fais presque toujours, mais c'est pas grave, y'a des choses comme ça qu'il faut faire souvent ! »
French Cowboy est actuellement en tournée pour promouvoir son excellent premier disque ; si vous êtes tentés par une bonne rasade de country folk pop rock, vous pouvez consulter les (nombreuses) dates de concerts du groupe juste en dessous...
Le garage club treizième du nom a tenu toutes ses promesses avec trois bons groupes de rock 'n roll dans le club de la Coopérative de Mai : Al Foul and The Shakes from Mammoth, Arizona, Mustang from Clermont-Ferrand, France et French Cowboy from Nantes, France... La seule chose qui manquait, c'est un peu plus de public pour soutenir les artistes, mais en cette semaine du festival international du court métrage de Clermont-Fd, la majorité des gens semblaient avoir fait le choix des salles obscures.
Al Foul and The Shakes :
Une belle erreur, soit dit en passant, que de faire l'impasse sur cette soirée rock, car voir débouler sur scène un sosie d'Elvis Presley à 20h40 en Auvergne est une expérience réellement troublante... Al Foul and The Shakes, qui se produit seul avec sa guitare et sa grosse caisse (qu'il actionne avec son pied), convoque tous les clichés du genre (banane gominée, tête de mauvais garçon, moues hautaines, hoquettements incontrôlés et morceaux au fort parfum de rock 'n roll fifties) pour créer un univers décalé, authentique et immédiatement séduisant. Et oui, Al Foul y croit à fond, il transpire la passion pour le rock des pionniers et sa foi en Saint Elvis éclate au grand jour à chaque morceau. Des les premières secondes de chaque titre, des tremblements apparaissent dans le genou, c'est bon signe ! Découvert par French Cowboy à Tucson Arizona, Al Foul mérite assurément le coup d'oeil sur scène !
Mustang :
Un autre groupe qui mérite le coup d'oeil sur les planches, c'est Mustang, un tout jeune combo - présent sur la compile L'auvergne revisite The Velvet Underground and Nico - qui écume sans relache les bars de Clermont et ses environs depuis quelques mois. Fasciné par Elvis Presley, les Shadows, Roy Orbison, Link Wray et Serge Gainsbourg, le trio Mustang a un culot incroyable : il faut quand même oser composer des titres de rock fifties chantés en français façon Elvis en 2008. Et oui, en s'attaquant à ce genre de titre, on peut très vite tomber dans le ridicule façon Johnny Hallyday, Jesse Garon ou Les Forbans... Mais l'audace de Mustang et de son ténébreux chanteur quasi sosie du King (décidément, c'est la soirée... ) est finalement payante : malgré des textes assez naïfs et fleur bleue, les premières compositions du groupe - En Arrière, en avant, Je m'emmerde - convainquent grâce à la candeur et à l'énergie rock 'n roll qui s'en dégagent... Sur ces morceaux comme sur les reprises (Blue Bayou de Roy Orbison, I´m Gonna Sit Right Down And Cry (Over You) d'Elvis Presley ou encore Rumble de Link Wray), le chant est saisissant, le jeu de guitare est électrisant (façon Carl Perkins ou Link Wray) et la section rythmique (basse, batterie) claque, malgré un son qu'on qualifiera de dramatiquement baloche/variétoche ce soir à la Coopé... En travaillant sur ce point là, et en en se présentant avec de tenues de scène raccord avec celle – joliment vintage - du chanteur, Mustang peut aller très très loin !
French Cowboy :
Pour terminer la soirée, French Cowboy a fait étalage de sa classe coutumière en présentant son premier album Baby Face Nelson Was A French Cowboy, entre country/folk, pop et rock. Emmené par Federico Pellegrini, les impéccables ex Little Rabbits ressassent admirablement leurs obsessions américaines ; dès les premiers morceaux, l'on se croirait à Tucson en Arizona. Chantées en anglais, les compositions allanguies de Federico sonnent comme un mélange entre Giant Sand, Calexico, The Velvet Underground et Serge Gainsbourg ; l'univers ainsi créé fonctionne pleinement sur les fans du genre, les autres quittent la salle ou discutent en regrettant les Little Rabbits. Dommage de passer ainsi à côté d'un belle série de chansons très bien écrites et truffées de mélodies accrocheuses... Car en plus de proposer ses titres country folk pop, pour éviter l'éventuelle monotonie, French Cowboy se la joue rock 'n roll de temps en temps en poussant ses amplis à fond, tente une jolie reprise d'Amy Winehouse (avec descente dans le public du chanteur et danse langoureuse avec une spectatrice, sous le charme) avant de conclure ce bon concert par une très belle et inattendue reprise de Depeche Mode, Little Fifteen... Bonne route à French Cowboy et à très bientôt !
Vingt-neuvième édition pour les Trans Musicales de Rennes et toujours aucun signe d'essoufflement dans l'intarissable soif de découvertes des programmateurs… Aucune tête d'affiche fédératrice ou putassiére, que de la nouveauté et un public qui suit malgré tout : ce doit être le rêve de tous les festivals. Malgré l'absence de dernière minute des très attendus Von Suddenfed, le projet des électroniciens de Mouse On Mars avec le fou furieux Mark E. Smith de The Fall (retranché à Manchester, téléphone débranché), le jeudi 6 décembre 2007 restera comme un excellent souvenir. Compte-rendu...
My Federation :
Dès 20h30, le groupe de Brighton My Federation fait bonne impression avec sa pop sixties mâtinée d'un rock psychédélique du meilleur effet… Le groupe est content de se produire à Rennes, les morceaux tiennent parfaitement la route et il y a même un tube dans le lot : Honey bee, le titre qui donne son nom à l'album, est une véritable tuerie influencée par le versant pop de Sonic Youth. Impossible de rester de marbre devant le set de My Federation : le chant marquant, les parties de guitares racées et les rythmiques élastiques sont autant d'invitations à remuer les guiboles ou à faire voyager son esprit.
French Cowboy :
Déjà vus sur scène ici même à Rennes en première partie de Philippe Katerine à l'Aire libre, les French Cowboy (ex Little Rabbits) ont désormais un très bon album à leur actif et une belle série de concerts à leur actif. Emmené par Federico Pellegrini, le combo du grand ouest se complait dans les country pop folk songs fortement influencées par Calexico, Giant Sand, Bonnie and Clyde de Serge Gainbsbourg et les ambiances de Tucson, Arizona. C'est classieux, peut-être trop intimiste pour un immense hall et malheureusement parasité par la diffusion du concert en direct sur Second life (sur un écran géant). Mais si l'on veut bien se donner la peine d'entrer dans cet univers personnel et captivant, le trip est d'excellente qualité. Sur la fin du concert, les guitares se musclent pour varier les plaisirs et empêcher l'éventuelle impression de monotonie qui pourrait s'installer. A revoir en tournée dans une petite salle…
The View :
Juste après, les gamins de The View récitent impeccablement leur petit Libertines illustré : des pop songs hirsutes et punky brayées par un combo voulant méchamment en découdre. Pas très originaux, mais efficaces et percutants, les titres de The View témoignent d'une réel savoir faire pour composer des mimi bombes explosant immédiatement.
The Do :
Place maintenant au meilleur concert de la journée (pour nous) : The Do, un duo franco finnois dont le premier album est une petite merveille… Renforcés sur scène par un batteur, la ravissante chanteuse guitariste Olivia Merilahti et le basssite/organsite/percussioniste/songwriter Dan Levy mettent immédiatement en transe le très nombreux public du hall 3 avec leur pop songs originales, colorées et ultra accrocheuses… Comment en effet ne pas tomber sous le charme de ces chansons portées par la voix sidérante de beauté d'Olivia et par son jeu de guitare aussi basique que direct ? Dès le premier morceau, on a très envie de danser comme Dan Levy, c'est à dire comme un guerrier mongol surexcité. Et oui, la musique de The Do parle aux sens, elle peut produire un effet violemment sexuel, avant d'emmener dans un voyage onirique ou une ballade dans un univers franchement différent. Outre le génial single On my shoulders, The Do a dans sa besace un répertoire imparable, qu'il s'oriente vers la pop radiophonique, le rock barré ou la chanson finnoise. A voir absolument sur scène !
Twisted Charm :
Comme lors de ses premières parties des Klaxons, le groupe anglais Twisted Charm a démontré un talent certain pour trousser des pop songs post punk taillées sur mesure pour la génération fluo. Tout cela est très remuant, joliment acidulé, idéal pour bouger son corps sans penser au lendemain et parfait pour les radios. Avec des synthés kitch à souhait, des guitares ultra trafiquées, un chant vociféré et des rythmiques énergiques, Twisted Charm a tous les atouts en main pour pénétrer de manière fracassante dans la discothèque d'un maximum de teenagers, voire plus si affinités…
The Heavy :
Forts d'un excellent premier disque, les Anglais de The Heavy ont eux aussi fait très bonne impression avec leur mélange ultra epicé entre soul, blues, funk, folk, pop et heavy rock. Sur scène comme sur disque, dès que la musique de The Heavy traverse les enceintes, on a la très agréable impression d'entendre Mick Jagger et ses Stones, Screaming Jay Hawkins, James Brown, Ike Turner, Aretha Franklin, Curtis Mayield et Led Zeppelin jammer furieusement ensemble. C'est dansant, sexy, remuant, langoureux et vrillant… Chaque morceau est un appel impérieux au rapprochement des corps et au déversement de litres de sueur sur le dance floor… ou dans le lit. Les feulements du chanteur sont admirablement mis en valeur par des guitares, des cuivres samplés et autres rythmiques humides. On regrettera seulement la durée du set de The Heavy à Rennes (à peine 40 minutes) et sa fin en queue de poisson ; mais à part ce léger détail, il y avait là tout pour passer une soirée de rêve ! Comme tous les ans, dès le premier jour, les Trans remboursent le déplacement avec une série de concerts réjouissants…
Photos : Dom Vrignaud (The Heavy, The Do, The View), Nicolas Joubard (French Cowboy, My Federation), Julien Tine (Twisted Charm)