Entre soul, rock, hip hop et rhythm and blues, The Heavy ne choisit pas, et c'est très bien comme ça : cette musique donne envie de vivre intensément. Ils envoient des guitares crades, une voix chaude et rugueuse à la fois, digne des plus grands chanteurs de soul, un groove énorme avec des accents hip hop....
Après une première soirée un peu gâchée par la pluie et la fatigue du voyage, cette seconde soirée, au programme alléchant, s’annonce sous de meilleurs cieux, puisque le soleil illumine les montagnes.
La soirée débute vers 19h par The Blakes, groupe américain de Seattle.
Ils ont beau être du pays des cowboys, et de la ville du grunge leurs influences sont plutôt à chercher du côté de la pop à guitare de l’Angleterre des 80s, même l’accent du chanteur fait plus penser à un anglais et j’ai parfois l’impression d’entendre Bobby Gillespie (Primal Scream).
Ce ne serait presque que de la pop, s’il n’y avait pas ce tueur de batterie derrière les fûts. A chaque fois qu’il tape sur son instrument, il donne vraiment l’impression de tout vouloir casser et que ce coup sera le dernier…Puissant à regarder et à écouter !!! Le seul petit truc qui manque peut-être pour rendre ce groupe imparable : des refrains plus accrocheurs et un chant plus scotchant…
A plusieurs reprises le batteur dégomme le pied de micro qui prend ses cymbales, provoquant à chaque fois l’intervention d’un technicien. Vas-y putain, fait tout péter !
Le titre qui m’a le plus emballé fut Basket, où le côté Primal Scream prend le dessus avec une énergie primitive à l’ACDC(d’avant avant).
En définitive, une bien bonne découverte, en plus le public a beau être un peu clairsemé en cette fin de journée, l’ambiance est super bonne, notamment grâce à un petit groupe de personnes (plus un chien) qui m’ont bien fait marrer. En effet, j’ai retrouvé la trace de Jean-Claude Dusse, qui n’était pas réellement reparu dans les Bronzés3…il vit en Haute-Savoie et il est fan de rock…La Palme au batteur et à ce groupe de gentils gens qui ne seraient peut-être pas venus si le festival avait été payant…Très bon moment.
Après une rencontre du 3e type au moins, c’est au tour des anglais (qui eux sonnent plutôt comme des américains) de The Heavy de venir enflammer la scène. La première fois que je les avais vu, en décembre dernier à Rennes, j’étais un peu resté sur ma faim, mais ça ne va pas du tout être le cas ce soir : première grosse claque de ce Musiques en Stock !
Ils arrivent sous le son des sirènes et d’entrée nous dévorent avec leur Big Bad Wolf…Autant à Rennes, j’avais trouvé une certaine ressemblance du chanteur avec William Gallas, autant ce soir avec sa petite crête, on ne va pas sortir du foot, il me fait réellement penser au décrié buteur de l’OM Cissé. En tout cas, il a une patate énorme et m’impressionne beaucoup plus que la première fois. Il court dans tous les coins, joue avec le public et il assure avec maestria ses parties vocales.
Le deuxième plus par rapport à la première fois que je les ai vu : exit la fille figée derrière son synthé qui n’apportait vraiment rien au truc, place à une mignonne soul sister qui a vraiment une voix sympa et apporte plus de soul et d’énergie à l’ensemble. J’avais décelé l’énorme potentiel de leurs compos estampillées 70s, avec des influences rock (toujours cette impression de Black Sabbath sur une ou 2 rythmique de guitare) et soul (limite plagiat de Curtis Mayfield, mais bon), et ce soir ils confirment enfin sur scène tout le bien que je pensais de leur musique.
Swaby, le chanteur finit de mettre le feu, en demandant « i need some girls », les filles se pressent donc sur le devant de la scène. Bon plan drague ça quand même. Ils terminent avec leur tube dû à Michel Denisot, alors que Swaby saute dans la fosse et vient tâter du spectateur.
Après il est l’heure de celle qui a peut-être attirer le plus de foule ce soir : Mademoiselle K…et là je me dis qu’il est peut-être temps d’aller faire KK justement.
Non, bon…euh…C’est sûr que depuis que je l’ai vu dans l’émission de Taddei avec son groupe, je me suis rendu compte que c’était moins pourri que ce que le nom, le look, et quelques extraits entendus me laissaient craindre. Mais bon, j’accroche pas quand même et pourtant c’est pas faute d’avoir essayé.
Les textes pas si mauvais s’adressent plutôt à des ados ou des ados attardés de 30 ans, ce qui est pourtant parfois mon cas…Le son des guitares est sympa, mais rien de vraiment original, enfin en tout cas pour quelqu’un qui n’était pas dans un couffin en 1980. Finalement, je demande son avis à une demoiselle visiblement fan, pour essayer de comprendre cet engouement, elle me réponds « moi, j’aime le rock »…Ah oui, désolé, ça doit être ça je ne dois pas être assez sensible à la musique Rock.
Bon, vaut mieux que j’aille m’envoyer un sambouiche merguez.
Quelques merguez plus loin, c’est au tour d’un de mes groupes préférés de prendre d’assaut la scène : The Bellrays. Ils ont dernièrement changé de line up, en effet le CharlesBronsonien guitariste Tony Fate a hélas quitté le groupe et c’est le leader et désormais ex-bassiste Bob Vennum qui tient désormais la 6-cordes.
Lui-même a été remplacé par un bassiste à crête plutôt doué et souriant.
C’est le troisième concert des Bellrays que je vois et ça va être, malgré l’énergie déployée, le moins passionnant. En effet, le dernier album (un peu dans la lignée du précédent déjà) est un peu trop formaté FM. Les envolées punkoïdes ou free jazz ont presque disparues et les Bellrays délivrent désormais des compos certes efficaces mais il faut bien le reconnaître un peu plates…Si encore ils avaient joués pas mal d’anciens titres, ce serait allé, mais hélas les fans de la première heure n’ont guère eu à se mettre sous la dent que You’re sorry now, Voodoo train et heureusement Blues for Godzilla en rappel.
Bob assure très bien à la guitare et il est presque méconnaissable dans son comportement : il saute de partout alors que quand il était à la basse, il était très appliqué et semblait limite s’emmerder…Bob et Lisa (en couple à la ville) terminent comme la dernière fois par une petite chorégraphie sexy où la Lisa semble un peu jouer avec les nerfs du garçon.
Conclusion : un concert sympa avec une bonne énergie, mais rendez-nous le groupe d’avant, les vrais Bellrays. Cela dit, le succès sera peut-être enfin au rendez-vous pour eux, et ce ne sera pas (hélas) la première fois que je me détournerai d’un de mes groupes préférés au moment où il atteint la consécration. A suivre. Réagir à cette critique
>> Réponse (le 18/07/2008 par banz) moi j' ai vu les Bellrays a cluse pour la première fois et j' ai vu un concert exceptionnel! Alors peut-etre moins .../...La suite
The Heavy - 29 février 2008 - La Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand
Furieusement The Heavy !!!!!!!
Comme prévu après son concert de feu aux Transmusicales de Rennes 2007, le groupe anglais The Heavy a donné un concert classieux, furieux et enthousiasmant à la .../...
Comme prévu après son concert de feu aux Transmusicales de Rennes 2007, le groupe anglais The Heavy a donné un concert classieux, furieux et enthousiasmant à la Coopérative de Mai : une heure de rock 'n soul épicé, servi très chaud et avec le sourire s'il vous plaît ! Malgré la faible durée du set (à sa décharge, The Heavy n'a qu'un – excellent – album au compteur : Great Vengeance And Furious Fire), le public est reparti majoritairement conquis par la qualité des compositions et la tenue du combo sur scène.
Emmené par un super chanteur aussi charismatique que showman et de bonne humeur, The Heavy alterne avec une facilité à peine croyable rock furieux façon Led Zeppellin/Black Sabbath, country folk façon Rolling Stones et soul à la Screaming Jay Hawkins/James Brown/Curtis Mayfield... C'est méchamment varié, extrêmement sexy, ultra frais et intensément dansant. Les guitares se font tour à tour agressives ou caressantes, la basse et la batterie groovent à mort, les samples de cuivres et les chœurs transportent dans la dimension sixties soul... Quant au chant principal, c'est un ravissement renouvelé !
On pourrait rester là jusqu'au bout de la nuit à bouger son corps avec ce groupe impeccable, mais au bout d'une heure (trois rappels compris) c'est déjà fini. Dommage, quelques reprises et des titres rares n'auraient pas fait de mal. Mais subsiste l'impression d'avoir vu un groupe d'exception promis à un avenir radieux : The Heavy !
The Heavy - 25 Février 2008 - Poste à Galène - Marseille
The Heavy a frappé fort avec un premier album qui marie avec merveille l'énergie rock avec la sensualité soul et l'excitation funk. C'est donc avec impatience que leur venue à Marseille était .../...
The Heavy a frappé fort avec un premier album qui marie avec merveille l'énergie rock avec la sensualité soul et l'excitation funk. C'est donc avec impatience que leur venue à Marseille était attendue.
C'est donc dans un Poste à Galène, nouvellement équipé d'un fumoir à l'étage, plutôt bien rempli pour un lundi soir, qu'on allait se faire une idée.
Le combo débarque avec batteur, bassiste, gratte, clavier (pas mal de sample de cuivres) et un chanteur survitaminé. Alors, pas de doute, c'est efficace, c'est à la fois dansant et sexy. Guitares acérées et feulement soul, une rencontre Stones et Screamin Jay Hawkins faite pour danser. Ca joue, le chanteur est à fond et moblise la foule.
Mais voilà, le set est bien bien court, et un lundi soir, il m'en aurait fallu un peu plus pour décoller. Ça n'empêche pas le public d'être à fond mais pour ma part, j'aurais préféré les voir en fin de soirée d'un festival quand t'es déjà chaud, parce que là je commençais à peine à entrer dedans, ben qu'il fallait rentrer à la maison... Bref à la fois prometteur et décevant.
Retour à Rennes, pour les 29e trans. Et cette fois-ci, j’ai vraiment envie de dire Rain plutôt que Rennes. Non pas pour la programmation, mais évidemment la si douce pluie rennaise quasi omniprésente…tant pis, la nuit je sors le jour je dors…
Démarrage à « la Cité » sous les effluves orientales junglisées et patchoulisées de l’habitué de la maison Big Buddha. Ambiance…
Faisons un rêve : voir ici même à la Cité, dont les murs sont chargés d’histoires, Mahmoud Ahmed ou Mulatu Astatke, ces deux légendes de la soul éthiopienne…
Hélas, avec les bretons ( !) Badume’s band nous n’avons droit qu’à une sorte de tribute…
Rien à dire, ce sont de très bons musiciens (hélas tous bien blancs, pas la moindre pigmentation éthiopienne…) mais il manque l’essentiel : les racines et l’authenticité.
Résultat : comme devant n’importe quel groupe de reprises, je m’ennuie ferme. Désolé.
La suite sera heureusement beaucoup plus authentique et même originale, grâce à Bibi Tanga et le professeur inlassable.
Cette fois-ci, il y a du noir, il y a du blanc et le mélange des couleurs donnent un cocktail surprenant fait de grooves de basse méchamment funky, de guitares bien planantes, et de samples originaux qui sont des invitations à décoller du sol.
Malgré le groove, on sent parfois une tristesse diffuse et ça m’a bien séduit…
Décrit comme ça, on pourrait penser à une sorte de trip-hop, mais ce n’est pas tout à fait ça car les racines africaines de Bibi Tanga et son guitariste sont très présentes.
Le propos est appuyé par des images et des vidéos projetées dans les coins de la scène.
Bibi (rien à voir avec « tout doucement », hum…) a une très belle voix, aussi agréable dans les graves que dans des tonalités proches de Keziah Jones.
Il se permet le luxe de jouer en même temps des groove de basse que ne renierait pas Bootsy Collins.
Un très très bon moment, avec en point d’orgue au fil du temps (unique chanson en français) dont les paroles évoquent avec simplicité et force le déracinement, l’exil…
Allez, ça me persuade d’acheter leur disque dès ce soir…Merci pour ce moment.
Direction le Donner Kebab (les nourritures spirituelles ne suffisant pas) puis le parc des expositions pour cette première soirée de festival…
Après la bonne surprise Bibi Tanga, les affaires reprennent dans le hall 4 du parc des expos avec MF (tel qu’il est écrit sur la batterie)…Motherfuckers ?...Non, My Federation : groupe pop rock grand-briton mené par un chanteur/guitariste iranien.
En extraits, j’avais trouvé ça sympa, mais force est de constater que nous avons affaire à un pétard mouillé.
C’est pas mauvais, plutôt orienté 70s psychédélique, avec de gros sons d’orgues.
Mais à plusieurs reprises, les influences sont beaucoup trop évidentes (The Who, Queen ( ?),…) du coup ça m’ennuie un peu.
S’inspirer de groupes du passé c’est bien, mais j’ai jamais eu de vraies sympathies pour les perroquets…Bref, pas grave…
Direction, le grand hall pour Love Trio in Dub featuring U-Roy qui va être finalement une des bonnes surprises de cette soirée!
Pour tout dire, je suis totalement séduit par les pantalons à carreaux arborés par le clavier/saxo et le bassiste. Mais surtout, le son du clavier est monstrueux (un Fender Rhodes), les lignes du bassiste sont énormes et assez expérimentales, quant au batteur (habituellement batteur de Tom Waits) il n’est pas en reste question rythmes inhabituels et cerise sur le gateux Papi U-Roy part au quart de tour sur (visiblement) la moindre des improvisations.
Le public est légèrement clairsemé, pourtant l’ambiance « on marche tous sur du coton » est carrément bonne. Bilan : très bon moment.
Mais le meilleur est à venir avec LE concert de la soirée : Galactic featuring Chali2Na, Lyrics Born et Boots Riley.
Galactic est un quintet américain de funk instrumental qui emporte tout sur son passage. A eux seuls ça aurait déjà été bien. C’est du gros gros son à l’ancienne (ambiance Meters, Funkadelic…) mais à certains moments on peut penser à des trucs plus récents : Red Hot période Blood Sugar ou même à RATM sur les passages les plus puissants !
Au niveau instrumental c’est donc déjà la grosse claque : le top niveau, bravo les gars !
Mais ils ont eu la très bonne idée d’inviter sur leur dernier album et donc ici ce soir 3 Mcs issus de la crème du hiphop U.S. actuel (non, pas 50cent ou Lil’ Kim…hum).
Se sont donc succédés au mic : Lyrics Born (de Quannum), Boots Riley (de The Coup) et Chali2Na (de Jurassic 5).
L’esprit de compétition a dû jouer à fond entre les Mcs, car on a droit à une débauche d’énergie au niveau du flow et du bougeage de corps.
A ce petit jeu, Boots Riley en fait des tonnes, mais c’est pour notre plus grand plaisir : il a même fini par se jeter par terre comme un psychopathe.
Chali2Na, au timbre reconnaissable entre tous, est accompagné d’un pote Mc visiblement porté sur la bouffe (voir photo). Ils ont interprété une très bonne version de What’s Golden.
Pour le final, le groupe par dans une version instrumentale titanesque d’Immigrant Song de Led Zep. C’est le saxo qui joue la mélodie dissonante hurlé à l’époque par Robert Plant : putaing ! trippant !
Les zicos de Galactic sont alors rejoints par les 4 Mcs au grand complet pour une tuerie en règle : pas de quartier !!!
Meilleur concert funk de l’année (du siècle ?), meilleur concert hiphop de l’année (du siècle ?) [enfin, The Procussions à la dernière Marsatac c’était du même tonneau…]
Ouf, je pars boire un coup bien mérité, j’ai terminé en brandissant mon appareil photo dans les airs…Yo man !
Bon après ça, on peut aller se coucher ? Mais non ; il est à peine minuit : la soirée démarre. Et c’est l’heure du groupe dont j’avais peut-être le plus envie ce soir. Peut-être trop envie… ?
The Heavy : jeune combo anglais (au son pourtant plutôt U.S.) mené par un black sexy qui me fait penser à William Gallas (amis du foot et de la beaufitude, bonsoir !)
The Heavy me fait penser à un improbable accouplement entre Black Sabbath (certaines rythmique de guitare) et Screamin Jay Hawkins (certains grooves et certaines intonations du chanteur).
Le problème c’est qu’au fur et à mesure du concert, je suis devenu de moins en moins captivé…A un moment, je me dis « putain ce riff, c’est Freddie’s dead (Curtis Mayfield)…mais non, c’est une « compo »…puis « Ofan (en marseillais), ils reprennent I put a spell on you…encore manqué : une « compo »…
Bref, des influences pas suffisamment digérées à mon goût, en plus je les trouve un peu suffisants au niveau de l’engagement (certes, ils bénéficient actuellement d’une certaine hype outre-Manche)…et il me semble qu’il y avait des cuivres sur les extraits écoutés, mais ils sont absents ce soir.
Conclusion : à revoir une autre fois certainement, mais pas en 2e partie de Galactic !
La soirée continue avec les grecs Imam Baildi qui mixent musique traditionnelle grecque (avec de vrais instruments grecs sur scène) et balkanique avec des sonorités hiphop/big beat. Le résultat est ma foi assez convainquant (malgré des apartés au micro un brin mollassonnes). Le public ne s’y trompe pas…Bien.
Je pars me terminer avec les ricains chevelus de The Willowz, qui seront finalement une déception. Bon, allez je met ça sur le compte de la fatigue et de l’after (impossible) Galactic…Dodo, demain on remet ça…
Vingt-neuvième édition pour les Trans Musicales de Rennes et toujours aucun signe d'essoufflement dans l'intarissable soif de découvertes des programmateurs… Aucune tête d'affiche fédératrice ou putassiére, que de la nouveauté et un public qui suit malgré tout : ce doit être le rêve de tous les festivals. Malgré l'absence de dernière minute des très attendus Von Suddenfed, le projet des électroniciens de Mouse On Mars avec le fou furieux Mark E. Smith de The Fall (retranché à Manchester, téléphone débranché), le jeudi 6 décembre 2007 restera comme un excellent souvenir. Compte-rendu...
My Federation :
Dès 20h30, le groupe de Brighton My Federation fait bonne impression avec sa pop sixties mâtinée d'un rock psychédélique du meilleur effet… Le groupe est content de se produire à Rennes, les morceaux tiennent parfaitement la route et il y a même un tube dans le lot : Honey bee, le titre qui donne son nom à l'album, est une véritable tuerie influencée par le versant pop de Sonic Youth. Impossible de rester de marbre devant le set de My Federation : le chant marquant, les parties de guitares racées et les rythmiques élastiques sont autant d'invitations à remuer les guiboles ou à faire voyager son esprit.
French Cowboy :
Déjà vus sur scène ici même à Rennes en première partie de Philippe Katerine à l'Aire libre, les French Cowboy (ex Little Rabbits) ont désormais un très bon album à leur actif et une belle série de concerts à leur actif. Emmené par Federico Pellegrini, le combo du grand ouest se complait dans les country pop folk songs fortement influencées par Calexico, Giant Sand, Bonnie and Clyde de Serge Gainbsbourg et les ambiances de Tucson, Arizona. C'est classieux, peut-être trop intimiste pour un immense hall et malheureusement parasité par la diffusion du concert en direct sur Second life (sur un écran géant). Mais si l'on veut bien se donner la peine d'entrer dans cet univers personnel et captivant, le trip est d'excellente qualité. Sur la fin du concert, les guitares se musclent pour varier les plaisirs et empêcher l'éventuelle impression de monotonie qui pourrait s'installer. A revoir en tournée dans une petite salle…
The View :
Juste après, les gamins de The View récitent impeccablement leur petit Libertines illustré : des pop songs hirsutes et punky brayées par un combo voulant méchamment en découdre. Pas très originaux, mais efficaces et percutants, les titres de The View témoignent d'une réel savoir faire pour composer des mimi bombes explosant immédiatement.
The Do :
Place maintenant au meilleur concert de la journée (pour nous) : The Do, un duo franco finnois dont le premier album est une petite merveille… Renforcés sur scène par un batteur, la ravissante chanteuse guitariste Olivia Merilahti et le basssite/organsite/percussioniste/songwriter Dan Levy mettent immédiatement en transe le très nombreux public du hall 3 avec leur pop songs originales, colorées et ultra accrocheuses… Comment en effet ne pas tomber sous le charme de ces chansons portées par la voix sidérante de beauté d'Olivia et par son jeu de guitare aussi basique que direct ? Dès le premier morceau, on a très envie de danser comme Dan Levy, c'est à dire comme un guerrier mongol surexcité. Et oui, la musique de The Do parle aux sens, elle peut produire un effet violemment sexuel, avant d'emmener dans un voyage onirique ou une ballade dans un univers franchement différent. Outre le génial single On my shoulders, The Do a dans sa besace un répertoire imparable, qu'il s'oriente vers la pop radiophonique, le rock barré ou la chanson finnoise. A voir absolument sur scène !
Twisted Charm :
Comme lors de ses premières parties des Klaxons, le groupe anglais Twisted Charm a démontré un talent certain pour trousser des pop songs post punk taillées sur mesure pour la génération fluo. Tout cela est très remuant, joliment acidulé, idéal pour bouger son corps sans penser au lendemain et parfait pour les radios. Avec des synthés kitch à souhait, des guitares ultra trafiquées, un chant vociféré et des rythmiques énergiques, Twisted Charm a tous les atouts en main pour pénétrer de manière fracassante dans la discothèque d'un maximum de teenagers, voire plus si affinités…
The Heavy :
Forts d'un excellent premier disque, les Anglais de The Heavy ont eux aussi fait très bonne impression avec leur mélange ultra epicé entre soul, blues, funk, folk, pop et heavy rock. Sur scène comme sur disque, dès que la musique de The Heavy traverse les enceintes, on a la très agréable impression d'entendre Mick Jagger et ses Stones, Screaming Jay Hawkins, James Brown, Ike Turner, Aretha Franklin, Curtis Mayield et Led Zeppelin jammer furieusement ensemble. C'est dansant, sexy, remuant, langoureux et vrillant… Chaque morceau est un appel impérieux au rapprochement des corps et au déversement de litres de sueur sur le dance floor… ou dans le lit. Les feulements du chanteur sont admirablement mis en valeur par des guitares, des cuivres samplés et autres rythmiques humides. On regrettera seulement la durée du set de The Heavy à Rennes (à peine 40 minutes) et sa fin en queue de poisson ; mais à part ce léger détail, il y avait là tout pour passer une soirée de rêve ! Comme tous les ans, dès le premier jour, les Trans remboursent le déplacement avec une série de concerts réjouissants…
Photos : Dom Vrignaud (The Heavy, The Do, The View), Nicolas Joubard (French Cowboy, My Federation), Julien Tine (Twisted Charm)