Quelques semaines après l’incendie qui a détruit le Dock des Suds, l’équipe de Marsatac a pu rapidement trouver une solution de secours en maintenant les concerts prévus à l’esplanade St Jean, où le festival eut lieu en 2003, ouf.
A une différence de taille tout de même, ces mêmes chapiteaux impersonnels et froids qui abritent les grosses soirées de la Fiesta, avec un son rarement à la hauteur.
Dommage pour le public, dommage pour les artistes à commencer par
Vibrion qui ouvre les hostilités à l’heure de l’apéro devant une assistance clairsemée mais attentive à leur slam éclectique et électrique.
Ni les musiciens ni les orateurs ne se laissent pas déconcentrer par les conditions et livrent une bonne prestation dans l’ensemble, habitée et maîtrisée.
Quel plaisir ensuite de retrouver le Californien
Busdriver qui nous avait tant impressioné en première partie de TTC l’an dernier.
Il arbore un t-shirt de
Bowie mais n’a plus de dreadlocks.
Pas de dj avec lui cette fois mais les tubes sont là, de l’inusable
« Imaginary places » au récent
« Avantcore », rappés à une vitesse hallucinante, une énergie impressionnante et un humour omniprésent. Le freestyle sur fond de
»Club Hoppin » était tout bonnement dévastateur.
Meilleur moment de la soirée, et de loin.
La suite est loin d’être aussi heureuse, même si la fatigue et la lassitude nous ont peut être fait passer à coté de grands moments de la part de
Raw-t et
Kid Koala.
Les
X-Ecutioners ont beau être des dieux du turntablism, leur set est aussi démonstratif que répétitif, probablement génial pour les fous de scratches mais redondant pour les autres.
The Herbaliser n’ont pas changé d’un iota leur formule depuis des années, ça n’a que peu de rapport avec leur disques, au lieu de hip hop grand angle on a droit un funk cuivré très propre sur lui, qui peine à décoller et semble ne jamais vouloir se terminer.
Pas mal de gens eurent l’air d’apprécier cela dit, tant mieux pour eux.
Dépité, on se dit que l’invité inattendu de cette 7ème édition, l’inénarrable
Joey Starr allait peut être remonter le niveau. Accompagné de
Dj James,
Naughty J et d’un gars non identifié qui était parfaitement bourré, ce fut plus un sound system qu’un véritable concert.
Certes, on eut droit aux imparables
« Seine st denis style », « Pose ton gun » et
« Ma benz » mais le reste du temps, l’ex NTM se contente de gueuler au dessus des sons mille fois entendus.
Quand c’est du Neptunes ou Dr Dre on s’amuse bien, quand c’est du 113 ou Booba on rigole déjà moins.
Bilan plus que mitigé donc, gageons que la soirée suivante, plus alléchante sur le papier et plus diversifiée tienne davantage ses promesses.
Photos Pirlouiiiit