Les 2 Dj le plus déjantés de l'abstract hip hop made in royaume Uni. Les deux anglais nous font valser dans leur monde du hip hop, celui qui flirte innocemment avec l'electro, le dub, le jazz, la funk, la soul, le downtempo, qui rend un bel hommage au son sixties.
Samedi 14 juin 2008…le soleil se lève sur Sébazac. Ravitaillement chez Edouard et on se met à la recherche du cours d’eau le plus proche…la région est magnifique…Millau, Rodez…ah l’Aveyron !!! On tombe sur un charmant coin de verdure en bordure de l’Aveyron (le ruisseau)…
On en profite pour se reposer et commencer à rédiger les premières lignes de l’article concertandco.com.
17h00 : Il est grand temps de retourner vers le festival. Le premier concert démarre à17h15 : SICK OF IT ALL… Avec un nom pareil, c’est surement pas du reggae…On arrive…et en effet : les musiciens sont plutôt énervés et le chanteur chante…ou plutôt crie dans le micro. C’est du METAL. Pas grand monde devant la scène mais quelques fans se donnent à cœur joie dans un gros pogo. A noter la jolie crête du guitariste…
Pas des grands fans de métal, on se dirige directement sur la petite scène avec un ovni tombé du ciel londonien : DAN LE SAC accompagné de son efficace et stylé MC Scroobius Pip. Un barbu (25 cm…..) avec une gueule de premier de la classe qui rappe sur des gros gros bits distillés par son DJ. Hallucinant… le mec est tout seul avec une valise dans laquelle se trouvent maints accessoires très justement utilisés en fonction du thème de la chanson : lunettes, képi de flic, bible… Le son est énorme…pas grand monde au début du concert mais blindé à la fin. C’est LA découverte du festival….courrez-y…
C’est l’heure de The Herbaliser…coup de bol, ils viennent de sortir leur nouvel album Same As It Never Was. Excellent cru : tout y est : flute traversière, rythmes bien dansant et une chanteuse qui a du coffre…et c’est le moins que l’on puisse dire… La moyenne d’age est d’environ 40 ans mais on sent une énorme envie de faire danser le public et une énergie assez impressionnante. Omniprésence des cuivres, dj classe, trompettiste fou, chanteuse sexy…un cocktail parfait !!!!
La programmation est toutefois modifiée…On se perd un peu. On apprend qu’on ne verra pas COCO ROSIE qui a annulé le jour même. Enorme déception… Bertrand est très très déçu.
Allez on va se consoler avec DAVID CARRETA.
DJ marseillais, seul sur scène avec deux machines, un micro, des lunettes de soleil et une moustache… La sensation de voir quelqu’un d’un autre temps m’envahit. Un style old school mais une musique plus que moderne. On se croirait dans un club made in Montreal. Du bon gros son electro parsemé de petits samples bien 80’s. Le mec a du style, tout comme sa musique. Le public est complètement fou. Les filles dansent, les mecs boivent et vice-versa. DAVID CARRETA ne bouge quasiment pas sur scène : contraste très net avec le public. ENORMOUS !!!
Vite vite vite, il faut rejoindre la grande scène… Un monstre de la chanson Belge s’y produit…ARNO. Avec un physique du mec qui en a vu, il nous prend aux tripes. Je ne connaissais pas mais ses paroles me parlent immédiatement. Alternance de chansons profondes à textes (sur sa mère par exemple) et de mélodies totalement intemporelles posées sur une musique très moderne. Savant mélange, le public est charmé… Très intense !!
On repart dans le monde de l’electro: Does it offen you, yeah! . Un chanteur avec une petite tête de beau gosse, un clavier et un DJ tout droit sorti d’un clip de Yelle. Tout le monde a le sourire, c’est parfait. Mes pieds bougent tout seul. Un savant mélange électro-dance, toujours Montréal style. Décidément ce soir, on passe de club en club !! J’ai même droit à un petit séjour sur les épaules de Bertrand, histoire de voir une foule immense en mouvement…Le sol tremble et nos cœurs battent à l’unisson !!!
Retour sur la grande scène pour attendre l’ivoirien TIKEN JAH FAKOLY. Les minutes passent, on est serré..compressé même… « Tiken Tiken !!!!! ». L’attente est interminable, les vigiles sont un peu dépassés… Ouf, le concert démarre…
TIKEN arrive en béquille…mais tout ça ne l’empêche pas de bouger, de danser, de communiquer largement avec le public. C’est magnifique, le jeu de lumière est parfait, mes musiciens sont à l’unisson. Un véritable mélange des peuples, je me fais embrasser par un black content qu’un petit blanc s’éclate sur de la musique africaine. Quelle ambiance !!! Tout y passe : ouvrez les frontières, mon pays va mal, l’africain…. On transpire, on danse, on a chaud mais c’est tellement bon !!!
Bertrand doit se régaler !!!
On les attendait…ils sont là. L’affiche initiale annonçait WU TANG. Ils ne sont malheureusement pas tous là mais on a quand même l’honneur de voir débarquer deux colosses nommés : Raekwon et Ghostface Killer
Voix puissante, mouvements amples, démarches stylés : bienvenue à NYC tonton. Les instrus claquent et s’enchainent. Les bras bougent et les corps tout autant…
La fatigue se fait sentir mais on court voir DIGITALISM LIVE. J’en revais. 2 Djs tout fraichement débarqué d’Allemagne. Un show lumière et son magistral. De la grosse électro bien lourde. Le DJ chante et son acolyte tape sur une caisse claire comme un dingue.
On finit en nage avec un sourire grand comme la tout Eiffel.
Un festival qui a de l’avenir… 25000 personnes en deux jours, 10 éditions au compteur.
Une diversité musicale qui n’a rien a enviée aux grands festivals plus au nord.
Physique, intense, dur pour l’organisme mais pour rien au monde on aurait raté ça.
On file direction Marseille avec du son pleins les oreilles et des souvenirs plein la tête.
Bravo à tous les artistes et un grand merci aux organisateurs !
Vivement l’année prochaine. On y sera….
A la plume : Julien RU // collectif 13RU _ www.13rugissant.com
A la photo : Bertrand // collectif 13RU _ www.13rugissant.com
Bon, puisque je n'ai pas vu les mêmes groupes que Philippe et qu'en plus je n'ai pas forcément le même avis sur ceux qu'on a vu tous les 2, je fais ma petite chronique...
Tout d'abord et définitivement, la place où il fallait être hier soir pour tout fana de hiphop (genre dont je suis complètement fan que depuis quelques années, mais maintenant c'est à fond) c'était ici et pas au dôme pour "50centimes" (artiste certes bien efficace) à 38,50 euros l'entrée(!)
J'ai vu la fin de VIBRION, c'était ma 1ere expérience live de slam, et j'ai trouvé ça plutôt original avec des titres assez variés. Notamment un avec une montée en puissance à renfort de guitare électrique (notamment) et un purement slam assez hypnotique où il est question de "l'ombre des nuages dans le ciel"(bien vu).Je ne suis pas tombé amoureux, mais ça m'a donné au moins l'envie de les revoir ...
Ensuite, sur la même scène, ça a été carrément la GROSSE CLAQUE avec BUSDRIVER (seul sur scène avec son sampler(?)) J'avais vraiment envie de le voir, car son mp3 sur le site de marsatac m'avait enthousiasmé et il était comparé aux groupes du label "anticon" (référence du hiphop indé U.S.)Et bien WAOUH, la salle était quasiment -pleine et il a mis le feu avec pour armes sa grosse énergie et son immense talent!Ses instrus sont assez originaux et très enlevés, son phrasé (parfois très très rapide) est une pure tuerie et dans les moments + cool, sa voix m'a rappelé CHUCK D, j'ai juste regretté de ne pas comprendre totalement ce qu'il disait (putain l'américain!!!).
Les organisateurs avaient eu la mauvaise idée(pour moi) de faire se chevaucher son set avec celui des X-ECUTIONERS( ceux que j'avais envie de voir par dessus tout vu leur réputation énorme). Et j'ai donc plutôt regretté de rater la fin du set de BUSDRIVER (le concert de la soirée pour moi), car le set des X-ECUTIONERS s'adressait plutôt aux pratiquants (DJs). C'était visiblement ultra technique même si certaines finesses me sont étrangères vu que je ne pratique pas (encore) le djing. Malgrè tout ils ont envoyé certains bon grooves (connus ou - connus), mais à chaque fois c'était trop court, car entrecoupé d'interventions purement technique et pas forcément visuelles(à part un volte face d'un des 3 djs en plein mix...), en plus sous ce grand chapiteau le son était plutôt pourri...enfin quand même sympa mais déçevant...
Ensuite, j'ai vu de courts instants de DAVID WALTERS, mais ça ne m'a pas donné l'envie de rester, on est donc allé se poser...
(((Parenthèse publicitaire mais sympa:les organisateurs ont eu la bonne idée d'installer un gros stand coca-cola (genre V.I.P. avec tout gratuit, donc on se l'est joué je suis un cocacola VIP!), on s'est donc installé dans les immenses poufs (expérience marrante), à siroter un petit verre de coca (bien + frais que ceux des bars), à se faire prendre en photo (souvenir développée dans la 1/2heure suivante), à écouter au casque 2 djs qui mixaient en live un genre de house (tout venant), et à regarder sur un superbe écran lcd des vidéos genre éxpérimental, enfin on était surtout là pour se détendre les guiboles)))
Une des bonnes surprises de la soirée fut pour moi, le set de THE HERBALISER. Je les avait déjà vu il y a quelques années pour un concert à la fiesta des Sud, où ils avaient remplacé au dernier moment PUBLIC ENEMY(hélas!!!), alors qu'ils n'ont pas leur stature et surtout qu'ils ne pratiquent pas le même style, j'en gardais le souvenir d'une musique pâle et molle.Et bien là je fus très très agréablement surpris!Au début les grooves étaient sympas quoiqu'un peu easylistening, mais ensuite ils se sont mis à enchainer des morceaux qui pétaient vraiment bien.La force de leur hiphop instrumental réside surtout dans leur section cuivre très efficace (absents, je crois la 1ere fois que je les ai vu) qui délivraient des mélodies genre "films à suspens des 70s".Bref, le fait est que sans trop m'y attendre, je me suis laissé emporté par ce hiphop cinématographique et funky (par moment ils ont été rejoint par un MC, pas phénoménal, mais bien efficace). Donc, un très bon moment!
Je suis à peu prêt du même avis que Philippe, concernant Joey Starr, (j'avais vu ce blaireau ya quelques années avec NTM), donc cette fois-ci je me suis abstenu et je suis allé découvrir BIRDY NAM NAM ((groupe de 4 djs où officie DJ Pone, dj auteur d'une compilation funky 70s très réussie...)) Où j'étais, l'ambiance était carrément volcanique (ou bien étais ce moi qui dégageait toute cette chaleur?). Bref, j'ai beaucoup aimé leur utilisation de sons 70s (moog,...des sons électro sursaturé de basse), couplé à des scratch de haute volée (DJ Pone fait partie de la "crème" mondiale), le tout sur des rythmiques mid tempo allégées et efficaces.Bon je vais faire mon auto promo(c'est gratuit?), je les ai d'autant apprécié qu'en ce moment je compose des instrumentaux à base de ces sons là...
"Le travail m'a tuer": sur le coup des 2 heures, j'ai commencé à sérieusement manqué de peps, mais je suis quand même resté car j'avais très envie de voir KID KOALA (dj Canadien d'origine visiblement asiatique, que j'avais découvert dans l'excellent docu hiphop "scratch").
En attendant, RAW T (groupe de MC très jeunes, et apparemment hype en Angleterre) officiait sous le grand chapiteau pour un hiphop énergique mais qui manquait singulièrement d'envergure...tandis que sous le petit chapiteau PATPANIK MEETS NETIK proposait une drumnbass sans originalité (dans ce genre (plutôt bourrin) j'ai vraiment vu beaucoup mieux!) qui a malgrè tout enthousiasmait pas mal de gens...
Pour l'arrivée de KID KOALA, je me suis placé dans les 1er rangs pour pas en rater une miette, la "salle" s'est totalement remplie, car on était rejoint par tous les "énervés" de la drumnbass (set terminé). KID KOALA a calmé tout le monde au propre et au figuré!!!
Vraiment le gars qui paye pas de mine, dans sa chemisette (genre je vais au boulot), il a gardé son sourire (poli ou asiatique dirai-je) alors que les ingés son tardaient à bien régler ses retours et le son façade...Il a commencé son set tout en douceur, en alternant des morceaux pas connus et des classiques genre "close to me" (cure!), bjork, led zep, beastie boys, le tout mixé sur des rythmiques hiphop et agrémentés de scratchs dans un style bien particulier (assez doux, marrants, et virtuoses) qui font sa réputation!J'étais entourré de djs, et tous étaient d'accord pour dire (que l'air de rien) IL TUAIT SA RACE!
Sans être un spécialiste, j'ai vraiment compris à quel point (au-delà de son talent évident pour le scratch) il faisait preuve d'une précision démoniaque dans son mix et d'une très grande musicalité (qualité finalement plutôt rare chez les djs, qui privilégient souvent, plutôt l'efficacité...) Il s'est permi de mixer aussi un morceau jazz, de la musique "chinoise" du plus bel effet, toujours à la "sauce" hiphop...Puis il a annoncé, non sans humour, que "la musique allait devenir plus lourde", il a commencé avec des morceaux simplement heavy (mais ça fonctionnait super bien) pour finir par le classique ""fuck u i won't do what you tell me"" de RATM.
Pour le dernier morceau, il a annoncé que c'était le titre préféré de sa mère (!) et nous a envoyé "over the rainbow" (chantée par je ne sais plus quelle ancienne actrice, Marilyn???)
Bref, pour moi, et une majorité des gens présents un trés agréable moment, qui m'a confirmé le réel talent d'ARTISTE du bonhomme...
En cloture, MISSIL (djette que j'avais envie de découvrir), qui visiblement,elle, privilégie l'efficacité...plutôt entrainant, mais il était déjà 4h30, et je voulais mon lit, alors à l'année prochaine!
Une très bonne soirée!!! Réagir à cette critique
L'arrivée sur le site de repli de Marsatac donne une bonne première impression : on se dit qu'on sera aussi bien sur le J4, dans une nuit assez douce, en plein air et en déambulant entre ces deux très beaux chapiteaux, qu'entassés dans ("feu") le Dock des Suds... Il faut dire que les organisateurs ont appris à être réactifs au fil des années, où il leur est arrivé toute les c... imaginables et même d'autres !
Nos protégés de Vibrion ouvrent le bal à l'heure pétante devant un chapiteau presque désert. Exactement comme au Café Julien ou je les découvris, je sais que ça ne les a jamais démontés ... Même notre photographe Pirlouiiiit n'est pas encore arrivé, c'est dire ! Pas démontée non plus par un son paraît-il pas terrible sur scène (dans le public c'était plutôt bien pourtant), la bande de slammeurs célestes déclame avec enthousiasme ses poèmes musicaux.
Connaissant l'album on profite encore davantage des diatribes de Fred Nevchehirlian et Eric Cartier ; par exemple l'hypnotique et youngodsesque Fusées qui fait irrésistiblement trépigner, la reposante Fresque et l'oppressante Cage... et toujours ce terrible et dérangeant texte J'ai 8 ans.
Le fameux solo a capella L'Amérique laisse le chanteur seul faire grosse impression devant un chapiteau mieux rempli. La Mer sait décliner les bleus est hautement adaptée au contexte, même si la fin du concert est perturbée par les gros beats qu'on entend chez les voisins (l'insonorisation entre 2 chapiteaux situé à 50 mètres, c'est pas évident).
Après Khora, on reste encore une fois tétanisé par le show de ce groupe de haute intensité pour qui veut bien lui prêter l'oreille. Chapeau Vibrion...
Je vais aller un peu plus vite pour les autres groupes dont j'ignorais généralement jusqu'à l'existence avant-hier... par exemple Laurent De Wilde qui fait un jazz techno techniquement très au point, avec montées et descentes impeccables.
Pendant un moment je me demande comment fait le batteur pour faire autant de bruit avec 2 bras, avant de comprendre que certains sons sont samplés. Quelques instants fasciné par une danseuse en transe, je réalise ensuite que c'est pas trop mon style (la musique, pas la danseuse).
La grosse surprise viendra de Busdriver. Imaginez un type tout seul, un black un peu bedonnant avec une barbe et des lunettes, et qui vous envoie un flow digne des plus grands, une diction fabuleuse qui permet malgré tout de comprendre grosso modo de quoi il parle. Il enchaîne reggae, rap, dance hall, et emporte l'adhésion sans aucun problème devant une scène enfin pleine.
A un moment je me crois dans 8 Mile avec toute la salle qui marque le rythme en bondissant un bras en avant. Pour finir Busdriver nous invite à supporter nos groupes locaux de hip hop plutôt que 50 Cent (en concert au Dôme ce soir), c'est bien ce qu'on est en train de faire d'ailleurs non ? Il nous laisse après un rap enflammé sur un beat techno tout à fait énorme.
X-ecutioners marque l'entrée dans le hip hop pur et dur, thématique plus ou moins avouée de cette soirée. 3 DJ's amerloques qui se lancent dans des longs solos de scratch, surement virtuoses, mais qui nous en bougent une sans toucher l'autre même quand ils utilisent un morceau d'Eminem. C'est un peu comme regarder un guitariste faire un trop long solo technique... ça manque un peu de chaleur.
On gagne donc l'autre chapiteau, encore une fois déserté, pour accueillir David Walters, 2ème bonne surprise de la soirée (hélas pas pris en photo par Pirlouiiiit qui devait roupiller sous l'autre chapiteau ...). Tout seul entouré de son petit bordel : percussions africaines, pédales d'enregistrement, guitare et instruments exotiques... On tombe instantanément sous le charme de ce type qui fait donc tout, tout seul, et surtout très bien. Human beat box, il s'enregistre en boucles successives et précises, pour créer des dubs parfaits (j'ai même pensé à Ez3kiel), des reggae enflammés par sa belle voix, ou bien un mambo irrésistiblement dansant. Ainsi qu'une très belle chanson à la guitare, qui est dédiée à son collègue venu espécialement des Antilles. La grande classe, il nous laisse tout énervés avec un afro beat sauvage, Awaaaa, David je pronostique que tu iras loin !!
Après 3 très bons concerts, on commence donc à se sentir très bien en gagnant Herbaliser. Mais il s'avère qu'on a mangé notre pain blanc. Le groupe de big band jazz-hop commence avec des chansons lentes et parfaitement ennuyeuses à mon goût (j'ai même pensé aux trucs entre les flash sur France Info tard le soir, c'est dire).
Je m'échappe vite fait pour aller découvrir Wang Lei, star underground en son pays, un DJ chinois qui mixe une techno plutôt lente, originale, à base de big beats et de sons organiques.
Je croise un collègue et prêterai donc une oreille distraite à cette musique, qui finit par s'emballer un peu au fur à mesure que du public arrive. Je me dis que même underground, l'avantage c'est qu'en Chine on a vite vendu 500 000 CD vu la taille du public !! Le brave garçon brandit un drapeau avec une feuille de cannabis, ce qui fait un peu sourire chez nous mais est probablement chez lui un acte purement subversif et digne du bagne !!
Je refais un petit tour à la fin de Herbaliser, devenu quand même bien mieux, carrément plus funky et plus agité (il me semble reconnaître une chanson de drum'n bass languide qui doit être sur l'excellente B.O. du film Snatch). Carton rouge en passant à l'espèce de gros connard de videur black qui rebalance en bas très violemment 2 ou 3 jeunes qui ont grimpé sur scène dans la fosse. Jamais vu un traitement aussi brutal même à des concerts de metal ! T'as de la chance que personne ne ce soit cassé le cou à cause de toi, espèce de brute !
Tant que j'en suis aux cartons, un rouge aussi pour l'organisation qui a oublié les handicapés - pas la moindre estrade, qui aurait pourtant été facile à installer à l'arrière de chaque chapiteau comme ça se fait en général. Je sais bien qu'ils ont été un peu bousculés mais quand même, ça fait peine de voir ces gens qui eux, ne voient rien ce soir. Il est vrai qu'au Dock des Suds c'était pareil, l'estrade était réservée aux huiles et les spectateurs roulants pouvaient bien mourir étouffés dans la fosse ou regarder les concerts sur écran géant... est-ce que ça se sent, là, comme j'aimais pas le Dock des suds ? Désolé, je m'égare.
Musicalement donc c'est de pire en pire en ce qui me concerne. Birdy Nam Nam, 4 DJ bien synchronisés de la tête et très sympathiques, mixent un gros hip hop électro assez sympa mais qui n'arrivera pas à me captiver (pas encore très bien compris pourquoi il fallait être 4 pour faire ça d'ailleurs, enfin...)
Pour avoir vu NTM il y a des années, je connaissais d'avance l'effet urticant que provoquerait Joey Starr sur moi, mais je suis allé le voir avec ses potes de B.O.S.S. histoire de lui donner sa chance. Il s'avère que ce fut tout à fait pitoyable.
Avec ses 3 collègues qui passent des disques de rap américain dont personne n'a rien à foutre, il se contente de haranguer la foule avec sa grosse voix, et ses fameux Bouuuuu ! qui évoquent au mieux une imprimante Xerox en phase de bourrage final...
Je fais donc des allers-retours avec l'autre chapiteau, pour constater que selon le sain principe des vases communicants, l'abruti braillard perd rapidement de son public au profit des 4 DJ qui, au moins, ne prennent pas la tête à tout le monde. Le seul moment presque supportable sera celui ou il fera sa partie d'une chanson de NTM (à base de po po po po), trois minutes à chanter sans boire de rhum ni faire chier ses DJ's, chapeau l'artiste (et surtout, que le c.. te pèle).
Fatigué d'errer en peine entre deux concerts, je me décide à regagner mes pénates, et recroise mon collègue avec plaisir : je constate que je ne suis pas le seul à avoir trouvé pénible ce rappeur méchamment sur le retour. Bilan de la soirée : trois très bons concerts, d'autres plaisants, des découvertes musicales... un assez bon moment même si le hip hop à tendance électro n'est pas réellement ma musique de prédilection.
Pas eu la force de rester pour la fin qu'Ultrateckel pourra donc raconter à ma place !! Longue vie à Marsatac, où je ne pourrai pas aller le lendemain, hélas, voire une programmation beaucoup plus rock et donc plus excitante à mon goût, pour laquelle je laisse donc aussi la main à un autre chroniqueur.
Quelques semaines après l’incendie qui a détruit le Dock des Suds, l’équipe de Marsatac a pu rapidement trouver une solution de secours en maintenant les concerts prévus à l’esplanade St Jean, où le festival eut lieu en 2003, ouf.
A une différence de taille tout de même, ces mêmes chapiteaux impersonnels et froids qui abritent les grosses soirées de la Fiesta, avec un son rarement à la hauteur.
Dommage pour le public, dommage pour les artistes à commencer par Vibrion qui ouvre les hostilités à l’heure de l’apéro devant une assistance clairsemée mais attentive à leur slam éclectique et électrique.
Ni les musiciens ni les orateurs ne se laissent pas déconcentrer par les conditions et livrent une bonne prestation dans l’ensemble, habitée et maîtrisée.
Quel plaisir ensuite de retrouver le Californien Busdriver qui nous avait tant impressioné en première partie de TTC l’an dernier.
Il arbore un t-shirt de Bowie mais n’a plus de dreadlocks.
Pas de dj avec lui cette fois mais les tubes sont là, de l’inusable « Imaginary places » au récent « Avantcore », rappés à une vitesse hallucinante, une énergie impressionnante et un humour omniprésent. Le freestyle sur fond de »Club Hoppin » était tout bonnement dévastateur.
Meilleur moment de la soirée, et de loin.
La suite est loin d’être aussi heureuse, même si la fatigue et la lassitude nous ont peut être fait passer à coté de grands moments de la part de Raw-t et Kid Koala.
Les X-Ecutioners ont beau être des dieux du turntablism, leur set est aussi démonstratif que répétitif, probablement génial pour les fous de scratches mais redondant pour les autres.
The Herbaliser n’ont pas changé d’un iota leur formule depuis des années, ça n’a que peu de rapport avec leur disques, au lieu de hip hop grand angle on a droit un funk cuivré très propre sur lui, qui peine à décoller et semble ne jamais vouloir se terminer.
Pas mal de gens eurent l’air d’apprécier cela dit, tant mieux pour eux.
Dépité, on se dit que l’invité inattendu de cette 7ème édition, l’inénarrable Joey Starr allait peut être remonter le niveau. Accompagné de Dj James, Naughty J et d’un gars non identifié qui était parfaitement bourré, ce fut plus un sound system qu’un véritable concert.
Certes, on eut droit aux imparables « Seine st denis style », « Pose ton gun » et « Ma benz » mais le reste du temps, l’ex NTM se contente de gueuler au dessus des sons mille fois entendus.
Quand c’est du Neptunes ou Dr Dre on s’amuse bien, quand c’est du 113 ou Booba on rigole déjà moins.
Bilan plus que mitigé donc, gageons que la soirée suivante, plus alléchante sur le papier et plus diversifiée tienne davantage ses promesses.
Le petit frère des Transmusicales de Rennes (dixit les organisateurs) a tenu toutes ses promesses pour sa première grande soirée.
Première constat : il y avait (beaucoup) de monde. Le pari de Marsatac, 7e édition, est en passe d'être tenu, en tout cas, du côté du public qui s'est déplacé en masse et de loin (j'ai même vu une plaque de...Strasbourg...).
Deuxième constat : rien à regretter des docks des Suds qui a cramé voici 15 jours et où devait se dérouler le festival. Le J4 (grande esplanade entre le Vieux port et le quai d'embarquement des ferrys) est en soi magique, surtout quand il fait très bon comme ce soir (pas moins de 20 °C dehors, bien plus dans les 2 tentes). Certes, la déco n'y est pas, mais le son oui. Dans les deux immenses tentes blanches, le son était merveilleusement bien équilibré. Félicitations aux techniciens.
Troisième constat : après plus de 4 heures de hip hop à fond les manettes, qu'il est bon de rentrer chez soi (pas trop tard) et d'écouter, tiens, au hasard, Nick Drake...Ah, ça repose, ça coule dans les oreilles...
Quatrième constat : Marsatac est VRAIMENT un festival de découvertes...La preuve ? On y va pour ceux qui passe dans la grande tente (X-ecutionners, Herbaliser, Joey Starr...) et on en ressort avec d'autres idées en tête, toutes pêchées dans la petite tente.
Allons-y pour les groupes. Faute à un genou plutôt récalcitrant, je suis arrivé vers 21h30 et j'ai quitté le navire vers 2H du mat. Je n'ai pas donc tout vu...Alors, j'ai vu quoi ?
Un technicien du son complètement bourré avec sa copine qui tanguaient ensemble en vidant des bières gratos, de grands cons qui se fritaient version capoeria hip hop, des jeunes vite fatigués assis par terre, des vieux en pleine forme, un service d'ordre qui va même jusqu'à fouiller dans les paquets de cigarettes, et puis, beaucoup, beaucoup de personnes avec le sourire (certainement content d'avoir choisi, dans la même soirée à Marseille, la première de Marsatac pour 21 euros plutôt que 50 cents au dôme pour 37,5 euros...)
Sur scène, tout n'a été qu'une leçon de scratch. Cela a commencé avec les 3 New-Yorkais de X-ecutionners. Bon, d'accord, ils sont virtuoses, il font cela avec les mains, les coudes et même la langue...mais... ça reste juste un bel exercice de style. Car à force de casser tout phrasé mélodique pour montrer combien ils sont agiles avec les scratchs, ils finissent par rendre leur set un rien monotone...Un samedi dans une MJC pour apprendre à des jeunes comment scratcher, pourquoi pas, mais là, il y avait quand même un paquet de gens devant eux qui ne demandaient qu'à vibrer...
Ben, ils sont partis assez rapidement pour aller se rincer le gosier et vibrer avec LA révélation (pour moi) de cette première grande nuit : DAVID WALTERS. Le jeune homme, en plus d'être beau comme un dieu, chante très bien et est multi-instrumentiste. Assis au beau milieu de la scène de la petite tente, il balance avec son sample des beats, se charge de la percu , trempe ses mains dans de l'eau pour faire vibrer un étrange instrument, prend sa guitare, se lève, se rassoit.
Il nous entraîne loin, à mi chemin de ses îles des Caraîbes (dont il est originaire) et le son si urbain du Hip Hop. Les scratchs et les boucles ne se suffisent pas à eux-mêmes, portées qu'ils sont par une espèce de mélancolie des îles...C'est entraînant, triste, amusant, revigorant, épatant, surprenant...
On le quitte un peu avant la fin pour ne pas louper le crew de The Herbaliser. 10 musiciens sur scène dont une énorme section de cuivre et plein de bière. En voilà qui ne sont pas Anglais pour rien...ça part en musique de film comme ils savent si bien le faire...Un morceau, deux, trois, quatre...On commence à s'ennuyer, à regretter l'absence d'une chanteuse à oa voix soul comme sur leur album quand intervient un MC de Birmimgham qui bouge un peu tout cela le temps de 2 chansons...Les bras se lèvent, ça commence à remuer dans l'asistance, mais les english ont décidé de nous la jouer ambiente (trop de lager et de cônes backstage ?)...
Donc, ça retombe un peu dans l'instrumental (d'un bon niveau, mais c'est comme tout, on s'en lasse à force...) et public commence à s'éclipser par paquet. Dommage
Hop, on se rince le gosier et dans la petite salle commence le set de Wang Lei, l'inévitable artiste chinois de toute manifestation occidentale...Bon, on se croirait à Sollac avec sa techno métronome et ses petits beats aigues. Il a beau se la jouer Samouraï avec sa queue qui se balance sur la tête, on s'emmerde vite.
Dans la grande tente, c'est l'heure de la grande gueule de Joey Starr...Il a amené ses potes qui passent des vinyles et lui, fidèle à sa belle dentition, héructe de sa voix si caverneuse des "Hoauuu" et des "Marseille t'es mou" et des "Oahhhh". En gros, il manque juste Kool Shen quoi...Le public (salaud ce public, exigeant, intransigeant, pas copain, qui fait la claque au début pour y croire mais se barre aussi sec si ça ne va pas), le public, donc, se barre en douce, par petits jets.
C'est que la petite tente est pleine à craquer, elle. Il s'y déroule un petit miracle pour les Birdy Nam Nam (merde, comment ils font pour trouver des noms aussi cons...)
4 MC blanc becs de Paris qui s'éclatent sur leur platine...Et le public qui suit. ça bastonne des basses, ça scratch (encore !!!), ça rigole sur scène et ça sourit dans la salle qui ne désemplit pas.... C'est pas un dancefloor, c'est bien mieux que cela...Une espèce de mélange entre les beats froids des années 80 rehaussé de pirouettes hip hop...Bon, je ne sais pas si je suis dans le vrai, mais le public, lui a choisi, le salaud. Il n'est pas parti avant la fin du set...
Mon genou n'a pas tenu encore 1h30 pour aller s'énerver sur le set de Kid Koala, le petit prodige canadien...Mais comment pourrait-il faire mieux que sa prestation l'année dernière dans le Cabaret rouge lors du...Marsatac 2004 ? Réagir à cette critique