Réussissant l'exploit d'être à la fois subtile, inextricable, accessible, aventureux et insoumis, le nouvel album de The National, High Violet, est un chef d'œuvre de pop rock capiteuse et échevelée consciencieusement lardé de post rock et de touches bruitistes... Si lors des .../...

Réussissant l'exploit d'être à la fois subtile, inextricable, accessible, aventureux et insoumis, le nouvel album de
The National,
High Violet, est un chef d'œuvre de pop rock capiteuse et échevelée consciencieusement lardé de post rock et de touches bruitistes... Si lors des premières écoutes, on reste un peu dubitatif sur ses qualités – de manière assez contradictoire, le disque semble trop proche des précédents travaux du quintette et comporte des morceaux qui paraissent moins immédiats, – le cinquième opus des New Yorkais perchés dans la stratosphère se révèle véritablement après de nombreux passages, ce qui est souvent le cas des œuvres faites pour durer et accompagner longtemps l'auditeur lors de ses pérégrinations personnelles. La découverte patiente et attentive d'
High Violet permet donc de se laisser submerger petit à petit par des flots d'émotions brutes, d'idées tourmentées, d'atmosphères à couper au couteau, de mélodies attrape-cœurs et d'arrangements aussi accidentés que classieux (cordes, cuivres, effets de guitares sidérants)... La dream team
The National est à la manœuvre – le chant habité et les textes dérangeants de
Matt Berninger, les guitares évoluant en spirales aériennes d'
Aaron et Bryce Dessner, les rythmes à la fois martiaux et souples de
Bryan et Scott Devendorf... – avec sa garde rapprochée
Padma Newsome, au divin violon,
Peter Katis, au mixage et à la co production, sans oublier
Sufjan Stevens,
Richard Reed Parry (
Arcade Fire) et
Justin Vernon (
Bon Iver), en guests de grand luxe... L'addition des talents de tout ce beau monde entraine la création d'une collection de morceaux à la fois épiques, empathiques, sobres et poignants :
Terrible Love, très prenant et intense,
Anyone's Ghost, un tube à chialer de bonheur,
Afraid of Everyone, immense morceau avec Mr Stevens en featuring,
Conversation 16, majestueux et propice à donner des frissons sur tous le corps,
England, où les cuivres emportent tout sur leur passage,
Bloodbuzz Ohio, planant et torturé...
High Violet est donc encore une réussite signée
The National. Un disque à appréhender pas à pas, un peu comme une découverte amoureuse faite patiemment et délicatement, où l'on apprendrait un peu plus de choses passionnantes sur l'autre à chaque nouveau contact...
A lire également, la
chronique du concert de The National en 1ère partie de Pavement au Zénith de Paris, en mai 2010, ainsi que les comptes rendus des sets donnés à la
Route du Rock, en août 2010 et à
l'Olympia de Paris, en novembre 2010.
Liens :
www.highviolet.com,
www.americanmary.com,
www.facebook.com/thenationalofficial,
www.clogsmusic.com,
www.beggars.com,
www.myspace.com/thenational.
11 mai 2010 (Beggars Banquet)