La pluie tombe doucement sur les parois de la Quechua, et la fraîcheur humide de l’air me fait sortir de ma torpeur. Simili torpeur. J’ai passé la nuit à subir les vociférations d’un ghetto blaster impromptu, venu se poser au milieu de notre campement, sitôt les concerts de la veille terminés. Comme dans toute fête tardive, la playlist a dégénéré, passant du cool au carrément embarrassant. Vers 10h du matin, j’errais dans les profondeurs d’un étrange rêve éveillé, ou se baladait pèle mêle Sitting Bull, les Ghostbusters, et une envie fondamentale d’écrabouiller la sono à coup de pelle. Quel esprit scientifique pourrait m’expliquer pourquoi les esprits embués d’alcools et de dope finissent fatalement par écouter Corona et 2 Unlimited quand pointe l’aurore ? La réponse est probablement dans la question.
A l’extérieur de la tente, les piles de canettes froides diffusent un parfum douloureux de réalité. C’est le dernier jour. Le sol s’est ramolli. Le gris à envahi le ciel, et les gouttes maigrelettes nous sommes de préparer notre départ en nous giflant les joues. On passe la journée sous une bâche. Le Norvégien semble avoir disparu dans la nuit. Où est-il ? Qu’a-t-il fait ? J’imagine les scénarios les plus dingues. Je me décide pour celui où, à la tête de la fête de la tribu du camping, torse nu et recouvert de peintures de guerre, il est entré dans une transe de shaman. Ses yeux se sont révulsés, sont corps s’est tordu dans des positions démentes. Puis, faisant taire les tambours, il a raconté à son auditoire hypnotisé la blague de la pipe pingouin. Il a baissé son pantalon jusqu’au cheville, s’est mis à courir en tortillant du cul, et à hurlé : « Hey ? C’est quoi la pipe pingouin ? » vers une pute imaginaire.
Epiphanie. Révélation collective. Soudain, le Grand Esprit du Nord est descendu du ciel pour se présenter dans toute sa gloire, se posant au milieu de la foule en folie, une canette de seize à la main.
« Mes enfants, » s’est-il exclamé « Les forces conjuguées de cette fête et de cette blague m’ont invoqué. Et, pour vous remercier (car il est bon d’offrir au Grand Esprit du Nord moult drogues diverses et autant de comportements incohérents) je vais vous révéler le Secret. La véritable Nature de l’Homme. »
Le G.E.N se tû et prit une profonde inspiration.
« Vous êtes tous des pingouins. » Déclara-t-il solennellement (N.B. utilisons l’aoriste pour le propos du Manitou. Signé : GGT inside). « Repartez vers la banquise et soyez libres ! »
La foule en folie fut prise d’un soubresaut. Immédiatement, les fêtards baissèrent leurs pantalons sur leurs chevilles, s’ébrouèrent, couinèrent et caquetèrent. Comme un seul pingouin, ils se dandinèrent vers la sortie du camping et prirent la direction du cercle polaire.
Et c’est ainsi qu’ils ont disparu, aux premiers rayons du soleil. On n’entendit plus jamais parler d’eux. Fin.
C’est une possibilité comme une autre. Ca explique aussi pourquoi une grande partie du camping avait déjà plié bagage à 10h du matin. Mais je m’égare.
On arrive sur le site vers 19h. Je regrette amèrement de ne pas être arrivé plus tôt car j’aurais bien voulu voir Sinik. Juste pour pouvoir lui hurler dans un mégaphone cette question de geek soupçonneux : « Pourquoi la pochette de ton album Sang Froid (2006) ressemble t-elle trait pour trait à celle de Damaged (1981), le disque de Black Flag ? J’aimerais savoir. Tu aimes Black Flag ? Respect mec, tu as du goût. Non, tu connais pas ? Sache que ça a déjà été fait alors. Et sans retouche sur Photoshop. » (Bon j’extrapole un peu là.)
La pluie a détrempé le terrain et les derniers brins de gazon ont disparu. On croise quelques hommes de boue, des malchanceux qui ont glissé dans la gadoue. L’idée de nous vautrer nous hante, aussi avançons nous avec précaution, concentrés comme des funambules.
On patauge jusqu’au sommet de la butte qui domine la grande scène. La foule est dense et compacte. Je pédale tellement dans tourbe que mes godasses manquent de rester collées au sol à chaque pas. J’ai l’impression d’être une mouche crapahutant sur la surface d’un immense pot de nutella (pour ne pas utiliser de comparaison plus évidente avec d’autres matières moins nobles). Cali use la scène depuis un moment, et sa vigueur sur les planches stoppe mon périple un instant. Je constate que sa réputation de frontman n’est pas usurpée. Les écrans géants diffusent les images du bougre en train de se livrer à une périlleuse démonstration de body board sans planche, à moins qu’il ne s’agisse d’une technique de ninjustu pour éviter les gouttes de pluie.
C’est ainsi que l’on peut voir la grande bringue mélancolique se ratatiner avec bonne humeur au quatre coin de la scène, tenter de dérober leurs caméras à des cameramen pas très coopératifs et divaguer dans tous les sens, trempé comme une soupe, un grand sourire d’enfant aux lèvres.
Dégoulinant, il s’approche du micro.
« Libérez les sans papiers ! » mugit-il d’une voix de pochtron déséquilibré.
Exclamation difficile à interpréter sur le moment. S’agit-t-il d’un véritable cri du cœur, d’une déclaration à prendre au 36ème degré, d’opportunisme politique ? À vrai dire on s’en fout. Le sieur Cali se la donne à fond quand il joue et de ce fait mérite le respect dû à tout véritable musicien. Le reste est une affaire de goût. Et si les sonorités aigrelettes de ses mélodies ne me touchent pas, je ne peux que m’incliner devant sa générosité et son grain de folie.
Ces quelques compliments faits, on reprend la route vers Future of the Left, le groupe qui m’a été fortement conseillé aujourd’hui. Qui sont-ils ? Que font-ils ? Comment sonnent-ils ? Je ne sais guère pour l’instant. En tout cas, leur nom est abscons. (Futur de la gauche ?! Ces anglo-saxons là seraient ils intéressés par notre politique nationale ? étrange…)
Je reçois un SMS du Norvégien : « Pourrai pas être là. On a pas réussi à trouver de place pour aujourd’hui. » Ah ! La cruelle déception. Au moins il n’est pas en train d’attraper une broncho-pneumonie en nageant les fesses à l’air dans la mer du Nord
On arrive à la loggia en plein milieu du soundcheck. La pluie se calme progressivement. Comme la plupart des « petits » groupes du festival, la balance est faite par les musiciens en personne. C’est l’occasion de constater que ceux-ci ont l’intention de jouer fort et méchamment.
Ainsi le guitariste-chanteur-clavier prend un plaisir de tortionnaire argentin à faire hurler à la mort une note stridente sur son synthé pendant de longues secondes.
« Ceux la sont des empêcheurs de tourner en rond » note-je avec application dans mon petit calepin. « Un bon point ».
Et donc, paf, ça démarre. Shbaoum bing vlan ! Voilà t’il pas que Future of the Left déroule le tapis rouge à un rock cyborg aux tonalités de scie à ruban. Le batteur imprime une rythmique robotique sur les riffs acerbes du bassiste et du guitariste. Comme je n’aime pas faire de comparaisons entre les groupes (vile manœuvre qui ôte toute originalité aux groupes émergents et les fait passer pour des ersatz de groupes plus anciens qui n’étaient eux-mêmes des ersatz de groupes plus anciens, etc. ad infinitum), je ne dirais pas que ça ressemble à du Devo conduisant à tombeau ouvert, défoncé sous P.C.P (merde ! je me suis fait eu !). Bref ça groove à mort et ça donne une patate d’enfer.
Je passe en mode lunettes noires, et me mets à danser en prenant des poses de surfer, les pieds incrustés dans la gadoue et boudiné dans mon k-way vert chiasse.
Le guitariste alterne coup de gratte aigue et lattage de synthé en règle. Quelque part, il me rappelle Jack Black, moins par son gabarit que pour ses répliques insolentes.
« J’espere que vous irez tous voir un bon oto-rhino après ça, parce qu’à par nous, y que de la merde dans ce festival » rigole t’il narquoisement.
Un très amusant laïus sur le langage châtié de Max Cavalera (qui, d’après eux, construit ses phrases en suivant le schéma Sujet + Verbe+ Fuckin’ + Complément) finit de me les rendre éminement sympathiques. Un bon esprit absurde et fouteur de merde.
J’adhère à leur refus de l’uniforme, et à leur besoin tangible de faire de la musique pour la musique, autrement dit, de prendre beaucoup de plaisir à jouer. J’adhère aussi à la boue qui en train de se transformer en ciment, mais ça n’a rien à voir en l’occurrence.
Pour preuve de cette envie de se la donner, la fin du show. Le batteur inarretable voit sa batterie se faire démonter sous son nez par ses deux camarades, ce qui ne l’empêche pas de continuer quand même. That’s the spirit !
Une fois la claque encaissée, on se dirige tout guilleret vers l’improbable bar à vin (qui vend un picrate tout aussi improbable) et on observe The Offsprings s’installer.
J’avoue avec honte afficher une mentalité de vieil aigri.
« Ouais bon oui Offspring, il joue comme des pieds,et pis, le chanteur chante faux (mon tendre amour acquiesce fortement, pour les avoir subit en 1994), mais bon il paraît que le nouveau batteur, c’est celui de Rocket From The Crypt, alors ce sera ptet mieux hein ? »
Tout le monde me regarde avec des yeux de merlans frits. Ils ne doivent pas connaître RFTC. Snif, mais moi je l’aime ce groupe !
« C’est plus lui le batteur » me répond un rockologue avertit
Oups.
Je rentre la tête dans les épaules et dans mon verre de vin.
C’est donc avec plus que de que des a priori negativo-condescendants que l’on regarde le début du concert.
Une foule immense trépigne sur ce qui fut jadis le gazon de la grande scène.
Premier morceau. Je me rappelle qu’il était dans la B.O de Crazy Taxi. Sympabof. Un Dexter Holland grassouillet arbore une coupe disons… Euh… Différente. Il ressemble franchement à un Beach Boy. Brian Wilson en blonde, ouahou ! Qui se rappelle du bon Dexter des débuts, avec ses dreads pourries sur le citron ?
Effectivement, il chante pas mal de traviole. Mais les Offsprings ont la bonne idée d’envoyer la bombe H d’entrée : Come out and play en deuxième position sur la set list !
Une étrange et fascinante mutation s’opère sur la cousine de ma délicieuse partenaire. Un rictus démoniaque déforme le visage de la ravissante et menue dentiste diplômée. Foudroyée par le pogo-virus, il ne lui faudra pas plus de 2 minutes et 34 secondes pour foncer tel un tank sherman dans la masse des spectateurs et disparaître corps et bien dans le magma de chairs qui se malaxent frénétiquement.
Je beugle avec entrain les « you gotta keep em separted » et autres « hééheeyyy » qui ponctuent le tube, d’une voix d’ado en pleine mue.
Et oui que voulez vous, soit, Offsprings ça craint, c’est vendu, patati et patata. Mais pourquoi réfuter nos amours d’antan ? Je sautille sur mon banc, une raquette de tennis invisible entre les mains, et me voilà 15 ans plus tôt dans ma chambre, les écouteurs sur les oreilles en train de jammer avec un groupe qui etait la bande son de ma vie à cette époque-là. Certes the Offsprings seront toujours décriés par les gardiens du bon gout, mais il est de tout aussi bon goût de libérer un honnête plaisir des chaînes du « si j’ai l’air trop à fond sur ce groupe, je vais passer pour un blaireau ».
Pour la première fois de ma vie, je vois enfin en vrai ce qu’est un public acquis à la cause d’un artiste. De la scène aux plus lointaines hauteurs, c’est un seul et unique corps qui saute au rythme du punk bubblegum. Et c’est beau. Je réalise que c’est ainsi que l’humanité fusionnée a pu construire des pyramides titanesques où renverser des cités millénaires, que finalement, la communion importe plus que la « culture ».
Finalement, on ne reste pas. Offsprings ça va deux minutes, hein, ho.
Je croise un pote courageux ayant assisté au concert de Sinik. Il déclare :
« C’est le degré zéro du rap ».
Merde, je suis encore plus dégoûté. Qu’il est bon d’être embarrassé par un artiste. C’est un plaisir morbide semblable aux accidents de la route.
On glisse de nouveau à la Loggia, voir Holy Fuck. Nouvelle agréable surprise. À l’instar de Futur of the Left, voici des partisans de la non-uniformisation. Un groupe à la formation bizarroïde qui confirme l’utilisation de plus en plus fréquente d’instruments autrefois honnis par le rock, c’est à dire machins électronique, sampler et cotillons. Est ce le fameux electro dont tout le monde parle ? Ca va faire plus dix ans et je n’ai toujours pas compris ce que ça signifiait, electro. Électrique ? Électronique ? Du Rock Electrique et Electronique ? Y aurait pas comme qui dirait un ptit peu de pléonasme la dedans ?
Bref, voici une musique trippante, diffuseuse d’happy vibes. Je me dit qu’avec un acide ça doit être parfait, alors je fait comme si j’en avais pris un. Un des musiciens se dépatouille avec un étrange bidule qui semble etre un distributeur de bande magnétique. Ça fait des bruits qui rappelle la scène de l’Exorciste où le Père Karras réécoute les bandes enregistrées de la possédée. Du strange donc.
On passe un bon moment à dodeliner sur la musique incisive et à fleur de peau. Puis, une fois le spectacle terminé, nous revoici errant tel des escargots dans le bourbier général.
C’est l’occasion pour moi de flâner (enfin, plutôt de déraper), le long des multiples échoppes qui rappellent au festivalier que oui, nous vivons dans un monde capitaliste ou tout est hors de prix. Je goûte au Rivella. Ca devrait s’appeler Dégueulla.
Les ballons Bob l’éponge n’en finissent plus de s’envoler vers les étoiles, mais je constate avec amertume que ceux à l’effigie Hamtaro ne connaissent pas le même succès.
Je regrette d’avoir écouté d’une oreille distraite Battles. Ça avait l’air parfait. C’est aussi la première fois que je vois un batteur jouer avec une cymbale placée si haute (au moins 1m50 au dessus de lui ! C’est dingue ! Mais ca sert à quoi ?) Mes souvenirs, déjà déstabilisé par l’absorption un peu trop massive de THC, se sont encore plus floutés avec les jours qui ont passé. Je n’ai plus que quelques bribes d’un noise intense et puissant.Désolé pour cette attitude fort peu professionnelle (d’autant plus que je ne le suis même pas, professionnel.)
On se presse pour avoir une bonne place au show d’ Ez3kiel. La lune caresse la surface de l’eau aux bords de la plage. Les flambeaux disposés en tridents me mettent dans l’ambiance d’une messe neptunienne.
Choix fort judicieux, qui se prête à merveille à l’atmosphère sous-marine proposé par le groupe.
A ma droite, un noir immense à la basse, physique de Monsieur Propre, sourire de Bouddha étiré sur les lèvres. L’instrument est à l’image de son propriétaire. Enorme. Un direct dans le bide qui accélère la digestion et transforme le contenu de l’estomac en bouillie liquide au fil des lignes coulantes.
A ma gauche, un bidouilleur de samples-guitariste, gringalet Géo Trouvetout au commande des lames de fonds mélodiques.
Derrière eux et légèrement décalés, deux batteur aux jeux imbriqués.
Superbe spectacle que celui-ci. Des vidéos effarantes et bloquantes font oublier les musiciens. Je plonge littéralement dans celle évoquant un naufrage, tellement concentré sur les images que seul mes yeux dansent à ce moment. La machine à rythme, synchro avec les batteurs est un moment d’émerveillement, semblables à ces instants plus jamais renouvelables ou l’on découvrait, scotchés, nos premiers jeux vidéos. Le point culminant de l’interactivité viens avec ce rigolo ballon gonflable lancé dans le public, égrainant des notes au fil des smashs du public (évidemment tout le monde veut taper dedans, ce qui provoque de sympathique moulons dès que la baballe retombe). Gimmick très sympa qui me permet d’admirer la parfaite technique du groupe. A aucun moment le morceau ne flotte.
Ma cops est en transe. Moi aussi. Mais je ne sais pas pourquoi, je n’ai pas le courage de montrer ma poitrine. Il doit faire trop frais.
Je rentre ravis de cet ultime concert. Les vieux briscards semble penser que celui-ci est en deçà des anciennes performances, et lui reproche l’utilisation de chants samplés. En tant que néophyte du groupe, je suis pas mal emballé quand même.
On rentre mollement au campement, la mélancolie n’est pas encore là, elle attend de nous fondre dessus le lendemain. Je laisse les dernières vapeurs de psychotropes se dissoudre dans la rosée.
Voilà. Pourquoi 4 étoiles à toutes les journées ? Parce que sincèrement, j’ai adoré ce long week end. Peut être est-ce l’enthousiasme des premières fois. Probablement. Mais c’est aussi pour la joie d’avoir traîné ma carcasse au milieu d’une population fraternelle et amicale. D’avoir jacassé avec des passionnés, des gens qui défendent leur paroisse musicale avec sincérité. D’avoir ri de bon cœur avec des trublions de passages, des absurdes rigolards où des ravagés hilarants. Comme je l’ai dit auparavant, je ne décrirais pas ces moments privés, qui furent pourtant ce qui donnèrent tout le sel à cette expédition et qui m’ont encouragé à apprécier la musique pour ce qu’elle est : la matérialisation d’une émotion. Bien sûr il y avait des bémols, des trucs moyens, des trucs bof, des trucs argh. Mais j’ai refusé de les enregistrer. Alors ils n’ont pas existé.
>> Réponse (le 24/07/2008 par Anaïs 39) J'ai vu Cali en concert pour la 4ème fois aux eurockéennes et je ne m'en lasse pas, vivement la prochaine !
Un grand .../...La suite
Pour cette troisième et dernière journée, encore mal remis de la deuxième, vraiment énorme, il va nous falloir un sérieux stage de remotivation... Déjà parce que la première chose que nous voyons au lever, c'est qu'il pleut ! Petite pensée pour les campeurs (dont nous ne faisons plus partie - nous sommes bien au sec) : c'est pas parce que le camping propose de plus en plus d'animations qu'ils ne doivent pas se sentir un peu gâchés par ce vilain temps. Tout au long de la journée finalement, ce ne sera pas si dramatique, avec des ondées par intermittence mais pas de violentes averses. Une partie des amis ayant rendu les armes comme prévu, c'est en petit comité que nous arrivons sur le site, où l'effet "sold-out" se fait sentir dès lors qu'il faut se garer - la galère. A ce stade-là il n'aurait pas fallu trop nous chauffer pour rebrousser chemin - on aurait eu bien tort, la programmation des 20ièmes Eurockéennes recèle encore de bien belles surprises !
On gagne la plage sous une éclaircie pour les French Cowboy, dont tout le monde dit le plus grand bien ! On les connaît peu, sauf par la bande : en tant qu'ex-Little Rabbits, ex-accompagnateurs de Katerine et même ex-comédiens occasionnels (le batteur jouant le très rock'n'roll conducteur de Mustang du documentaire Belfort). Le groupe alterne les titres de pop-rock racé, de folk à la cool, et autre noisy rocks contondants (il va vraiment falloir se procurer leur premier album !), tandis qu'un impressionnant anaconda composé de manchons gonflables publicitaires traverse le public dans tous les sens. Composé de 3 types bien habillés... et d'un Deschien (le French cowboy donc ?), la bande ose même une agréable reprise du Back to Black d'Amy Winehouse après que le chanteur se soit équipé d'une petite blonde à qui déclamer sa poignante rupture... avant de nous quitter sur un rock invitant à exploser son groupe (Split the Band). Pas mal du tout pour un dimanche, et pour l'instant sans rincée !
Petite attraction intermédiaire sur le podium d'une marque de pile à lapins musiciens bien connus : un trio sympa de human beat boxes va nous ramoner un peu les écoutilles, avec notamment une imitation de Snoop Dogg et diverses pitreries comme un zapping de radio, sur des rythmes rap, électro, rock etc. Note pour plus tard : le concept du mini-concert de 10 minutes serait à creuser entre deux gros plateaux, ne serait-ce que pour fluidifier certains mouvements de foule : sur les petites scènes (Loggia et Plage), on fait couramment la queue dans les deux sens (entrée et sortie), à cause des gens qui ne veulent pas s'avancer, un peu comme s'ils allaient payer plus cher...
Mais voici la sensation hype du dimanche : MGMT (prononcez ... MGMT si ça vous chante, non mais pour qui ils se prennent ces p'tits salopards ?) qui sont 5 sur scène, avec des looks mi-nerd, mi-hippie (esprit lunettes carrées et/ou bandeau rose dans les cheveux). A défaut d'être entièrement réussi, leur album est il est vrai une agréable surprise : ce rock planant est exactement ce qu'il nous faut pour ne pas nous brusquer en ce début de dimanche fatigué. La tonalité de la voix, très habitée, rappelle par moments franchement les chevelus Lennon/Van Morrison (Weekend Wars et Pieces of What) chantant du Mercury Rev (The Youth) : référencé donc, mais très bien en l'occurence...
Les chansons se finissent par des montées psychédéliques maîtrisées et charmantes, certains titres sont allègrement réorchestrés sur scène, ce qui est très louable pour un jeune groupe ! La pluie ayant repris, tout le monde se serre un peu plus sous le bienfaisant chapiteau, tout en se dandinant au son du très funky Electric Feel, puis de Time to Pretend, pas si loin d'Arcade Fire et où le chanteur se couvre d'un ridicule drap multicolore qu'il gardera jusqu'à la fin. Vient ensuite la vrombissante Kids, leur tube incontestable en live, si l'on en croit l'élévation de la température dans le chapiteau ! L'un des musiciens fait une énorme bourde, provoquant un rattrapage bringuebalant tandis que le chanteur lutte contre un fou-rire. L'assistance commence néanmoins à se disperser (effet Cali ?) tandis que le groupe finit dans un grand n'importe quoi sur scène, et jamme en bondissant dans tous les sens. Au contraire des Vampire Weekend, il semble donc que MGMT soit bel et bien meilleur sur scène que sur album !
C'est à 18 heures ce dimanche que le coup de bol (il y en a toujours un) se produit... Alors que j'hésite mollement entre Cali (sympa mais déjà vu) et Danko Jones ("rock", c'est un peu court pour donner envie quand il flotte, non ?), mes amis m'entraînent à la scène Club Deville : nous y attend un bluesman absolument extraordinaire, non pas tant par ce qu'il joue (du très bon blues du Mississippi) mais par sa personnalité. Seasick Steve, c'est son nom, est ce qu'il convient d'appeler un vieux plouc américain, salopette et casquette John Deere, accompagné par un sosie de Garth (celui de Wayne's World bien sûr) à la batterie. Arrivé là on-ne-sait-comment, le vieux barbu a une terriblement bonne bouille (difficile de dire s'il est noir, blanc, indien, ou un peu des trois).
En fait il a l'air aussi étonné que nous d'avoir un tel succès : "You know, I'm so fuckin'happy, I really don't understand what the fuck you're doin'here listening to me, goddammit !". Il est vrai qu'il a face à lui environ 300 K-Ways et pébroques plutôt remuants, tous avec la banane - les rescapés du Cali-pso (hum) : marrant et sympa, le bonhomme nous présente successivement sa vieille guitare ("... just an old piece of shit"), une guimbarde qu'il fait sonner ... comme une Gretsch, et plus tard son pedal steel ("...another real piece of shit") - guère plus qu'un bout de bois avec trois cordes et un micro... qu'il fait sonner comme une Weissenborn.
Il nous fait chanter, taper dans les mains, compte fleurette d'un ton égrillard à une jeune demoiselle qui pourrait être sa petite-fille (et qui ne comprend rien, la pauvre), nous entretient d'un vin affreux qui rendrait aveugle et de diverses choses sur lesquelles il a écrit des chansons. Notamment un blues émouvant en hommage à son cher clébard Boss qui est mort l'année dernière... Bref on est comme face à un vieux pote, mais aussi un compteur malicieux et roublard. Son batteur et lui montent en puissance et finissent sur une boucle rock de plus en plus rapide, qui rend le public absolument euphorique - en rapport qualité-prix, Seasick Steve est probablement le meilleur ce week-end ! Et puis quand il est rentré chez lui à la ferme à Tupelo, Mississippi (oui, ça existe !), sa vieille bonne femme n'a pas du le croire quand il lui a raconté le triomphe qu'il a fait là-bas, au bout du monde et sous la pluie !
Après ça, on est au moins dans de bonnes dispositions pour redonner sa chance à Pete Doherty et ses Babyshambles (pour ce qu'on en sait, mauvais sur scène comme sur disque, tout le contraire de Carl Barat et son nouveau groupe...). Il faut leur rendre justice : ils arrivent à l'heure et presque sobres, habillés de costards noirs du plus bel effet. Et leur single Delivery sonne pas mal sous chapiteau ! Il est vrai qu'une légère tendance à la toxicomanie ne fait pas de vous un mauvais musicien - ça peut même avoir l'effet inverse, la nouvelle copine de Pete, la sublime Amy Winehouse, en sait quelque chose !
Cependant après quelques titres on revient presque au même constat : sans la drogue (Pete s'est débarrassé de ses bras les plus cassés), le groupe a certes une énergie notoire et lui chante mieux, mais ils n'ont toujours pas des vraies chansons - tout ceci sonne un peu tout le temps pareil et assez faiblard, les petites mélodies à la guitare de M. Doherty manquant quand même méchamment d'inspiration. Disons qu'il y a des bons passages mais que sans ses frasques, le quatuor ne serait sans doute jamais sorti des pubs où il a du commencer... En partant, je croise mon cousin (pour la troisième fois), une vraie encyclopédie du rock de 25 ans, tout content et très bien accompagné, mais semblant assez fatigué - il aurait paraît-il dansé jusqu'à 7 heures du mat' au camping avec ses potes les forumeurs du site des Eurock's - c'est bon de savoir que ça suit derrière !
Pour ma part je retourne sans délai à la recherche de nouvelles sensations au Club Deville : Dan le Sac vs Scoobius Pip est dans la place ! Deux types, un Mac et deux micros, c'est tout ce dont ils ont besoin pour foutre le feu avec un hip-hop déchaîné sur des scratch volontiers technoïdes... De loin la ressemblance de la voix et la diction de Mr Pip avec Eminem est à s'y méprendre (de près on dirait plutôt Buck 65...), il a une grande barbe de mollah et pratique un white trash de bon aloi, sous des trombes de bruine horizontale qui finissent par menacer jusqu'à l'ordinateur de Dan... Pour ma part je n'avais pas vu un one-man-show de rap aussi addictif depuis Busdriver, ça secoue jusqu'au fond du slip ! Sur un efficace remix de Radiohead, le slammeur déclame A Letter from God to Man et le tout se termine sur du boum-boum si efficace que la pluie, tout étonnée, finit par en oublier de tomber. Dans le genre, tuerie.
La suite est notre seul passage de la journée sur la grande scène, et pas le meilleur : The Offspring, qui a cramé son unique tube Come out and Play pendant qu'on s'approchait en essayant de ne pas se casser la gueule dans la grande montée transformée en un mortel miroir de merde marron (jolie allitération, non ?) Pour la suite le groupe de plus-très-frais-surfeurs-blonds-décolorés-de-45-balais enchaîne les titres très standard de college punk, certes reconnaissables entre mille, mais terriblement datés et ... fast food ! Un petit passage à Holy Fuck, électro-noise à guitare assez scolaire, ne nous fera pas davantage vibrer : plaisant, sans plus. C'est le moment de visiter les sandwicheries !
Petit détail très horripilant : les nouveaux tubes de The Offspring, exactement les mêmes riffs qu'il y a 15 ans donc, The Kids aren't allright et autre Pretty Fly ("Aha, aha !"), où des centaines de portables se brandissent ("Ecoute ça, chérie ! Tu reconnais ? C'est le truc trod'laballe qu'on nous passe sur Fun Radio et le Mouv', on s'éclate grave !")... Je ne sais pas, moi, vous ne préférez pas No FX dans le genre au moins ? Connaissez-vous seulement The Hives, passés ici-même il y a un an jour pour jour ? CA, c'est du punk rock qui pousse au cul ! Pour un peu, on aurait eu l'appétit coupé de penser que c'était probablement à cause de ces nazes que la journée était sold-out, tant la grande scène était blindée de monde ...
On préfèrerait pourtant croire que tout le monde est venu pour les inédits et superbes Gnarls Barkley et leur discographie pour l'instant parfaite, mais ce n'est pas le cas - merci à Offspring qui n'a pas encore fini puisqu'on peut se placer tout devant, pour notre plus grand espoir de ce dimanche - une scène où l'on aperçoit une contrebasse, c'est forcément un bon présage... Bonne pioche ! Après trois notes de Charity Case, on miserait déjà un an de salaire sur ce concert ! Les duettistes, physiquement un peu des Blues Brothers version black, se sont présentés dans des costumes à paillettes, accompagnés de 5 musiciens dont une musicienne, efficace à la basse et comme aux choeurs - Surprise enchaîne, ça groove déjà à mort ! Puis un titre "to start the party" - s'il en était besoin, Gone Daddy Gone, enchaîné avec Run, tube joué à l'harmonium vintage et rutilant de Danger Mouse, et qui nous fait éructer de plaisir.
Sur Blind Mary, le petit et quelque peu cubique Cee-Lo, tout en chantant de sa poignante voix nasillarde, commence à se déshabiller au fur et à mesure que le chaud / le show le gagne - il finit rapidement en marcel, tous tatouages dehors, et encore, son crane chauve continue ...à fumer comiquement ! C'est en nous haranguant que le chanteur enchaîne tube sur tube (à ce stade, autant recopier les titres des deux albums) : entre autres, le twist Going On, le slow My Neighbour (quelle voix, mais quelle voix nom de Zeus...), les good old rock'n'roll (Whatever and co...). Et puis soudain, il s'excuse pour nous imposer la chanson qu'il va chanter et on en défaille de bonheur : la basse et les violons de Crazy, dont le refrain est repris en choeur par le chapiteau désormais plein (voir petite vidéo par ailleurs), nous foutent une chair de poule de tous les diables !
Ayant eu leur single téléchargé, les consommateurs de musique commencent à partir se placer pour Moby, grand bien leur fasse : nous aurons droit encore à un slow qui donne juste envie... de danser tout nu, et en rappel (après une formidable bronca), M. Williams interprète presque à capella un Who's gonne save my soul now ? très émouvant, ainsi que Reckoner... de Radiohead, cover de toute beauté. Et le show se finit sur, il me semble, Smiley Faces, et en participant de notre mieux à la clameur finale, on prend instantanément la résolution ferme d'acquérir toute leur musique en vinyle. On s'attendait à ce que ce soit génial, mais pas à ce point quand même... Concert de ce dimanche, incontestablement !
Bref on est KO debout, et pourtant il reste un dernier concert de haute volée à écouter sur la plage : celui de nos bien-aimés Ez3kiel qui viennent vendre leur très méchant Battlefield. Assez loin des volutes bleues de leur dernier passage ici avec Nosfell (où l'on avait pleuré quelques instants d'émotion devant tant de grâce), à mille lieux des danseuses vaporeuses et des mélodies délicates de Naphtaline, le groupe de 2 batteurs et une guitare, et son leader (et graphiste) Yann Nguéma nous embarquent dans un trip sonique de près d'une heure, fascinant dès les premières mesures de Adamantium. Ici aussi, difficile de trouver les titres d'albums qu'on ne saurait écouter autrement qu'en entier - heureusement certains seront projetés, par la suite !
La dispositif visuel se met en tout cas en place sur A better World, avec des femmes changeantes qui rappellent un peu le film A Scanner Darkly, puis on reconnaît des titres de Barb4ry (également très dûrs), la splendide Volfoni's Revenge évidemment plus méchante que sur disque, la ballade The Wedding (et son trip visuel hallucinant et sublime, dans un théatre parcouru de spectres)... Vers la fin les percus s'emparent de l'image qu'ils font changer d'un claquement de doigt - sur un autre titre, c'est toute une machine métallique devenue comme folle qui s'agitera au rythme de leurs coups secs. Jah's Hardcore et Spit on the Ashes pour leur part, sont tout simplement grandioses.
Les deux minutes de Fire Damp, plus violentes encore que Max Cavalera & son orchestre, inaugurent un style improbable, le death dub, avant que sur une ballade ancienne, un énorme et énigmatique ballon transparent s'en aille rebondir dans le public, déclenchant de jolis sons cristallins et guillerets à chaque contact. Connaissant la créativité du groupe, on passe un moment à se demander si c'est pour de vrai... Un pur moment de poésie, en tout cas ! Le concert, génial une fois de plus, se finit par un Barb4ry remixé dont les basses ont du faire tressauter jusqu'aux dentiers dans les verres, chez les mamies d'Evette-Salbert.
Photos & visuel : Eurockeennes.fr
Le rideau descend sur ce vingtième anniversaire et l'on s'aperçoit qu'une fois encore, on a été complètement bluffés. D'abord déçus par l'affiche, sans un ou deux groupes énormes qu'on attendait (par exemple, on était certains de revoir Portishead, déjà présent aux dix ans et venant enfin de sortir un album...), voire un peu ulcéré par des têtes d'affiches souvent déjà venues... On a pourtant pas touché terre de ces trois jours, courant du Chapiteau à la Loggia et du Club Deville à la Plage pour voir des prestations plus classieuses les unes que les autres, souvent surprenantes, trouvant juste le temps de nous livrer entre temps à une furieuse consommation de gobelets consignés !
Et toujours sur le site, un engagement associatif sincère, avec outre les gobelets consignés : Fondation Abbé Pierre, accompagnement d'aveugles aux concerts, sandwiches à 2 euros caritatifs, etc, etc. Live Action peut bien étendre son emprise sur le monde du live, gageons que la petite presqu'Ile gauloise saura encore longtemps résister aux sirènes des grosses machines qui tentent de l'engloutir - elle peut en tout cas, je pense, compter sur le soutien sans faille des 100 000 veinards qui l'ont fréquentée ce week-end, alors finalement peu importe qu'ils soient venus pour The Offspring ou pour Gnarls Barkley...
Longue vie aux Eurockéennes donc, et si possible, à toujours !
De vraies photos (réussies) à venir par Flore-Anne Roth, et des vidéos-souvenir par ici !
Photos & visuel : Eurockeennes.fr
Flashback : Chroniques des Eurockéennes 2007, 2006, 2005, 2004, 2003.... et plus anciennes encore à partir de 1994 !
Egalement sur Concertandco, et sur ce dimanche : la version gonzo par mon collègue Vince Venckman, à lire ici !
PS : Chroniques dédicacées au 'Echenans BBQ Power Crew' et son accueil irréprochable, merci-merci-merci !!
PS2 : Réaction, insultes, félicitations, concerts ratés, n'hésitez pas à réagir ! Réagir à cette critique
>> Réponse (le 11/07/2008 par Soso) Cali. Excellent concert,nous étions un petit groupe d'une dizaine de personnes et nous sommes tous tombés sous le charme .../...La suite
the OFFSPRING - 16 mars 2004 - POPB - Paris A tous les excités qui ont trouvé le concert génial, je voudrais un peu contrebalancer vos arguments. Certes, une bonne ambiance mais un groupe moyennement proche de ses fans, pas trop bavard, pas .../...
A tous les excités qui ont trouvé le concert génial, je voudrais un peu contrebalancer vos arguments. Certes, une bonne ambiance mais un groupe moyennement proche de ses fans, pas trop bavard, pas trop délire pour des soi-disant punk-rocker. Noodles faisant qqs fausses notes et un 4ème larron inutile qui passe son temps à fairre joujou avec des samples, des percu, une gratte et un micro...heutreusement que holland chante bien et que le nouveau batteur a une très bonne frappe. mais j'attendais un peu plus de ce groupe, limite culte.
carton rouge aux jeunes fans qui n'ont pas prêté attention à l'album des SEX PISTOLS avant l'entrée du groupe....ça c t du PUNK!! Réagir à cette critique
OFFSPRINGS - juillet 2004 - halle tony garnier Le concert en lui même était bien, OFFSPRINGS est un excellent groupe, le problème ce sont les deux premières parties interminables et nuls !!!! Ils ont commencé très tard et joué pas très longtemps. .../...
Le concert en lui même était bien, OFFSPRINGS est un excellent groupe, le problème ce sont les deux premières parties interminables et nuls !!!! Ils ont commencé très tard et joué pas très longtemps. Il ne faut pas oublier que nous étions en semaine et qu'il y a des gens qui viennent de très loin. Réagir à cette critique
the offspring - 16 mars 2004 - Palais Omnisports de Paris Bercy good habit ! 18h00 on entre dans le popb, une légère brume sur un fond rouge, frisson, on sent qu'il va se passer quelque chose de trés fort... Il y a 2 ou 3 gratteux pour accorder les guitares, une .../...
good habit ! 18h00 on entre dans le popb, une légère brume sur un fond rouge, frisson, on sent qu'il va se passer quelque chose de trés fort... Il y a 2 ou 3 gratteux pour accorder les guitares, une pose et la lumière s'éteint... pas de chance je suis en train de me faire servir une bière sous le parassole vittel...
Premier groupe de la première partie TAT plus bon pour mettre de l'ambiance: bonne music et bon contact avec le public. Ensuite deuxième groupe de la première partie horror pops, super ringard et une musique pourrit qui fait mal aux oreilles. ouf c est fini ils se cassent au grand soulagement du public qui le fait bien sentir. Repause. Accordage et tout et tout, putain de projo qui a décider de faire la gueule ce soir la, mais c'est pas grave y a des technicien pour changer ça.
Et, là sur la gauche de la scène apparaissent les mèches blondes de Dexter... la lumière s'éteint puis les projo se braquent sur le batteur qui nous pète une entrée sur Neacon. la salle exulte comme un seul homme. les Offspring sont LA et nous enchaine une putain de série de hit. la fosse saute et s'entre rentre dans la gueule, le plancher des tribunes monte et descend sur 5 cm. les deux plus grands moments: hit that et bad habit!
ils auraient pu mettre AC/DC en première partie pour renvoyer la balle du stade de france !
Pour conclure: un grand moment de bonheur pour mes potes et moi gros fans depuis 1994. Merci Réagir à cette critique