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The Raconteurs : les derniers concerts |
|  | Ve 29 août 2008 (15h) Kate Nash, The Raconteurs, Jamie Lidell, Black Kids, Louis XIV... | Domaine National - St Cloud (92) |  |
 | Sa 19 juillet 2008 My Morning Jacket, The Raconteurs, The Ting Tings, Tricky | Playa Costa Azahar - Benicassim |  |
 | Ve 18 juillet 2008 Archie Bronson Outfit + Moriarty + The Raconteurs + Data | Ferme des Valettes - Angoulême (16) |  |
 | Di 06 juillet 2008 The Raconteurs, Kaiser Chiefs, Beck, dEUS | Plein Air - Werchter |  |
|  | The Raconteurs, The Jon Spencer Blues Explosion, Louis XIV, Jamie Lidell, Justice, Fortune, The Roots, Kate Nash (Rock en Seine 2008) - 29 aout 2008 - Domaine National de Saint-Cloud, Paris 
Malgré l'annulation (fort dommageable) du concert d'Amy Winehouse, le dernier jour du festival Rock en Seine 2008 a vu se succéder sur les différentes scènes du domaine de Saint-Cloud pléthore de groupes - jeunes ou moins jeunes - en forme olympique... En l'absence de la reine de la soul music dépoussiérée, c'est The Raconteurs qui a .../...
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Malgré l'annulation (fort dommageable) du concert d'Amy Winehouse, le dernier jour du festival Rock en Seine 2008 a vu se succéder sur les différentes scènes du domaine de Saint-Cloud pléthore de groupes - jeunes ou moins jeunes - en forme olympique... En l'absence de la reine de la soul music dépoussiérée, c'est The Raconteurs qui a éclaboussé de sa classe les dernières heures du grand rassemblement musical de fin d'été.

The Raconteurs
Si l'on fait abstraction des titres ratés (trop FM et/ou trop hard rock) du dernier album du combo emmené par Jack White et Brendan Benson, la longue prestation des Raconteurs (1h30) a permis de voir à l'œuvre un excellent groupe de rock mâtiné de country blues et de heavy rock façon Led Zeppelin... Si parfois la voix de Brendan Benson se fait parfois trop sirupeuse, si les soli de guitares à l'unisson sont fatigants, il faut avouer que sur la majorité des morceaux la mayonnaise prend, vite et bien. La section rythmique insuffle un groove imparable, permettant aux deux guitaristes/chanteurs de donner le meilleur d'eux-mêmes (Level, Steady as She Goes, Salute Your Solution, Hands... ). Si l'on peut préférer la sobriété rigoriste des White Stripes, l'univers foisonnant et plus ample des Raconteurs emporte l'adhésion en live. Il faudra toutefois partir dans une autre direction sur le prochain album - en évitant les errements trop consensuels - , et offrir à Jack White une coupe de cheveux digne de se nom...

Justice
Jack White l'avait annoncé en début de set, Amy Winehouse ne foulera pas la scène de rock en Seine, permettant aux Raconteurs de rallonger leur set et à Justice de jouer plus tard devant une immense foule. Comme au Printemps de Bourges, le duo ultra branché fait le job : tout le monde danse les bras en l'air pour saluer les hits électronico rock'n roll vrillants des deux Parisiens. Même si le contrat est respecté, l'horaire de passage est un peu précoce et si l'on a déjà vu le set, l'on se rend vite compte que le pilotage automatique a été enclenché. Il y a quand même là de quoi conclure (pour nous) le festival sur une bonne note, en repensant au reste de la journée, plutôt réussi.

Louis XIV
Dans l'après midi, Louis XIV confirme son statut de stars du heavy glam rock... Si l'on excepte une ignoble slow sirupeux que ne renierait pas le sénile Elton John, le groupe de San Diego fait oublier les poses, les coupes de cheveux et les accoutrements ridicules (surtout chez le chanteur... ) avec une jolie série de tubes aussi pop que rock ; le domaine de prédilection de cette bande de pervers patentés étant de faire s'accoupler sur scène (et sur disque) T. Rex et AC/DC... Le résultat marchait sur les morceaux du premier album (toujours aussi percutants aujourd'hui) et à première vue, c'est parti pour continuer sur le nouvel album, si l'on en croit les extraits proposés à Rock en Seine.

Jamie Lidell
Juste après et dans un style radicalement différent, Jamie Lidell offre au public - enthousiaste, sous le soleil exactement - un florilège de ses multiples talents. Cela commence par une démonstration plutôt expérimentale d'électronique expérimentale (idéale pour se défoncer sur un dance floor, longtemps après le coucher du soleil), avant de bifurquer en fin de set par une brillante série de hits soul & funk du meilleur effet. Non content de savoir bidouiller les sons comme personne, notre homme est absolument impeccable au micro, accompagné par le très souriant Gonzales au piano et Mocky à la batterie. De quoi donner le sourire donc...
Comme la prestation franchement "pop groovy" du groupe Fortune, de charmants jeunes hommes capables d'écrire des hits dansants et joliment remuants... Entre pop fraiche, funk tonitruant et électronique agitée, ce combo là s'y entend pour faire remuer le popotin de son public...
Il est désormais temps pour The Jon Spencer Blues Explosion de se reformer sur scène pour un concert de rentrée de bon aloi. Malgré de nombreux problèmes techniques sur les guitares, le furieux power trio punk 'n blues a rassuré ses fans sur le fin de son concert, avec une réjouissante enfilade de titres méchamment rock 'n roll. Si ces trois là ont envie de refaire durablement du bruit ensemble, cela peut faire très mal ! Wait and see...

The Roots
Terminons la chronique de cette fin de festival, par quelques mots sur deux déceptions notables... The Roots continue à s'embourber dans un rock n' jazz hip hop lourdingue, démonstratif (écoute ce solo mon gars !) et facile. C'est bien dommage quand on est aussi bons musiciens, et quand on a écrit autant de bons titres... Dans le registre " je me fourvoie pour faire un show consensuel spécial festival", Kate Nash n'est pas mal non plus avec son groupe de tacherons tout juste bons à faire la tournée des baloches du Royaume Uni. Chapeau bas quand même : ces gens là sont capables de fusiller une belle chanson en deux temps trois mouvements. Bravo !
Malgré les aléas inhérents à tout festival (volonté de trouver des groupes classieux, tout en attirant le plus de monde possible), Rock en Seine 2008 laissera un bon souvenir, même si cette édition était clairement en dessous des précédentes. Rendez-vous en août 2009 pour un Rock en Seine plus homogène, sans groupes trop mainstream et... sans annulation !
Sites internet : www.rockenseine.com, www.myspace.com/rockenseine.
A lire également, les chroniques de la journée du 28 août 2008 (R.E.M., Tricky, Dirty Pretty Things, Hot Chip, Narrow Terence, The New Puritans, Plain White T'S, Kaiser Chiefs, Apocalyptica) et de l'édition 2007 du festival Rock en Seine : Arcade Fire + The Hives + The Shins + Dinosaur Jr + Hey Hey My My + Rodeo Massacre + Dizzee Rascal + M. I. A. + Rock & Roll, Kings of Leon + Bat For Lashes + Bjork + Devotchka + Bromheads Jacket + Mark Ronson + Housse de Racket, The Jesus And Mary Chain + Cold War Kids + Jarvis Cocker + CSS + The Fratellis + Hellogoodbye.
Photos : Ros Miller (Jamie Lidell), Nicolas Joubard (Justice, The Roots, Louis XIV) Réagir à cette critique |
|  | The Raconteurs + The Sadies - 4 juin 2008 - le Métropolis, Montréal  Un bon petit concert en perspective ! Je suis bien content de retourner dans cette salle très sympathique. La dernière fois c'était pour Xavier Rudd (excellentissime). Ce soir, un groupe en passe de devenir mythique (si ce n'es déjà fait), les Raconteurs, qualifiés très souvent et injustement de "supergroupe"... Un peu réducteur non?
"Supergroupe .../...
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Un bon petit concert en perspective ! Je suis bien content de retourner dans cette salle très sympathique. La dernière fois c'était pour Xavier Rudd (excellentissime). Ce soir, un groupe en passe de devenir mythique (si ce n'es déjà fait), les Raconteurs, qualifiés très souvent et injustement de "supergroupe"... Un peu réducteur non?
"Supergroupe (n.m.): terme (...) pour désigner un groupe (à la base, de rock) formé de musiciens ayant déjà acquis une certaine notoriété au sein d'un ou de plusieurs autres groupes. Il peut s'agir de formations éphémères, où des musiciens actifs dans des groupes à grande notoriété s'associent pour jouer ensemble le temps d'un album ou de quelques concerts."
Alors là, je dit Non. Bien qu'il soit effectivement le mélange de gars qui assurent (White, Benson et la section rythmique des Greenhornes), ils prouvent qu'ils ne sont pas un phénomène "juste pour un album". Ils l'ont prouvé dans leurs 2 excellent albums, confirmé en 2006 à Rock en Seine, et l'ont encore prouvé dans ce concert qui fait partie du top 3 des meilleurs concerts de ma vie. Mais revenons à la soirée...
Première partie: The Sadies. Très sympa, contrebasse et guitariste-violoniste-foufou ont assuré, en mettant une bonne ambiance dans la salle, qui se remplissait lentement mais sûrement. Bien que parfois penchant un peu trop dans la country old-style, j'ai passé un très bon moment, avec en prime un petit moment d'acrobatie guitaristique sur le dernier morceau, où les deux guitaristes ont continué à jouer sur leur propre guitare de la main droite mais en échageant les mains gauches (pas facile à expliquer, mais bon ça a fait son petit effet).
Le temps que les roadies aux chapeaux de la bande de Cincinnati fassent leur job sur scène, et hop ils arrivent. Le show des Raconteurs commence. La magie s'installe. Sur scène un cinquième compère multi-instrumentiste assure l'essentiel des parties claviers, piano, en ajoutant à ça les chœurs, un peu de violon et de percus. Je ne peux pas détailler le concert, ça serait comme essayer de décrire un tableau de Dali en sémaphore. Tout ce que je peux dire, c'est qu'il faut voir ça. On sent une vraie alchimie, du plaisir à jouer, chacun se donne à 200%. Même si, forcément j'allais dire, Jack White est un peu "la star", tout est fait pour que chacun ait sa part dans le groupe, Enfin ceci dit, c'est vrai qu'il assure le Jack. Un "Blue Veins" exceptionnel, à filer la chair de poule à un croque-mort. Si les morceaux sont parfaitement maîtrisés, ils sont également fouillés, triturés, étalés, retournés, étirés au maximum, démembrés et ré-assemblés avec maestria, pour en faire un chef-d'oeuvre de 10 minutes, sans un instant répétitif ou lassant. On a vraiment l'impression qu'ils s'ouvrent le ventre et mettent leur tripes à l'air, Jack White étant particulièrement expressif lors de cet exercice.
Un peu plus d'une heure et demi de dégustation. Ça m'a paru en même temps trop court, parce que trop bon, et vraiment long (dans le bon sens), parce que trop bon.
En rentrant, dans le métro, j'avais la tête complètement ailleurs, ça a été vraiment un grand moment. Exceptionnel. Allez les voir si vous le pouvez, ce sont de vrais Artistes, et pas juste un regroupement de mecs un peu connus dans le seul but de ramasser du fric. Réagir à cette critique |
|  | The Raconteurs (Rock en Seine 2006) - 25 août 2006 - Domaine National de Saint-Cloud 
Un excellent concert de rock ‘n roll, avec parfois des morceaux plus teintés pop/folk.
On se souvenait avec une émotion particulière du concert d'une affolante classe donné par les White Stripes en 2004 sur la grand scène du festival Rock en Seine... Et bien deux ans plus tard, le retour de Jack White avec le combo qu'il a formé .../...
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Un excellent concert de rock ‘n roll, avec parfois des morceaux plus teintés pop/folk.
On se souvenait avec une émotion particulière du concert d’une affolante classe donné par les White Stripes en 2004 sur la grand scène du festival Rock en Seine… Et bien deux ans plus tard, le retour de Jack White avec le combo qu’il a formé avec le songwriter Brendan Benson et la section rythmique des Greenhornes a lui aussi fait dangereusement monter dans le rouge les battements de notre coeur. Très sensible aux morceaux folk pop rock – entre Led Zeppellin, The Beatles et Bob Dylan – composés par The Raconteurs, un combo qui ne se la raconte vraiment pas.
Avec un impressionnant duo basse/batterie (capable de se déchaîner, comme de jouer avec finesse) pour les soutenir, les deux copains Brendan Benson et Jack White s’en donnent à coeur joie ; ils chantent superbement à deux, avant que l’un ne vienne soutenir l’autre aux chœurs, puis les parties de guitares s’emmêlent entre elles (solos, rythmiques joués en alternance par l’un ou l’autre des guitaristes/chanteurs). Personne ne tire la couverture à soi, et les deux « leaders » du combo semblent ravis de se mettre au service de leur acolyte. Tout le monde semble s’éclater sur scène… Ce qui fait mouche auprès du public, très rapidement aussi énervé que les quatre ferrailleurs présents sur la scène de la Cascade. On assiste à un excellent concert de rock ‘n roll, avec parfois des morceaux plus teintés pop/folk. Malgré les variations (très appréciables) de styles et d’ambiances, le point commun entre chacun des titres des Raconteurs semble être la qualité de l’écriture et le soin apporté aux parties chantées en duo. C’est du très haut niveau… à l’image de l’entêtant single Steady as she goes.
Ultime touche de goût, les quatre Raconteurs se lancent dans des reprises magistrales et personnelles de It ain’t easy de Ron Davies (dont David Bowie a livré sa version sur Ziggy Stardust and The Spiders From Mars) et de Bang Bang, My Baby shot me down – écrite par Sonny Bonno pour sa femme Cher, puis popularisée par Nancy Sinatra – (proposée à Saint-Cloud dans une version ultra rock ‘n roll tranchant radicalement avec le morceau figurant sur la BO de Kill Bill). Le concert se finit, trop tôt bien sûr, laissant une furieuse envie de remettre dès que possible le couvert avec les Raconteurs…

A lire également, les comptes rendus des brillants concerts de Radiohead, de Broken Social Scene + Fancy + Phoenix + The Dead 60's + The Rakes, de TV On The Radio + Dirty Pretty Things + Nada Surf + Calexico + Kasabian + Clap Your Hands Say Yeah ! et de Beck à Rock en Seine 2006, mais aussi les chroniques des concerts des White Stripes à Rock en Seine, en 2004, à Lyon, en 2003, et à Clermont-Ferrand, en 2001, ainsi que nombre de chroniques live du duo américain et des Raconteurs, sans oublier, des critiques des disques des White Stripes et des Raconteurs.
Site Internet : www.rockenseine.com.
Photo Frédéric Durand-Bazin Réagir à cette critique |
|  | (mon) Rock en Seine 2006, 1/2 : Wolfmother, Calexico, Clap Your Hands Say yeah, Dirty Pretty Things, TV on the Radio, The Raconteurs, DJ Shadow - 25 août 2006 - Parc de Saint-Cloud, Paris 
Photos par Philippe !
Troisième édition (pour moi) de Rock en Seine pour ce qui semble bien un renoncement définitif à snober la scène parisienne : une fois de plus l'affiche est (sur)excitante, peut-être plus pointue que celle des Eurockéennes de cette année ! Le temps est au très beau, le Porc est cloîtré au Paquebot et sa fille occupée à .../...
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Photos par Philippe !
Troisième édition (pour moi) de Rock en Seine pour ce qui semble bien un renoncement définitif à snober la scène parisienne : une fois de plus l'affiche est (sur)excitante, peut-être plus pointue que celle des Eurockéennes de cette année ! Le temps est au très beau, le Porc est cloîtré au Paquebot et sa fille occupée à poursuivre Katerine : les choses se présentent bien à Saint-Cloud !

Sur un groupe constitué de 8 personnes normales, 2 à 3 crétins congénitaux dont je m'honore de faire partie voulaient absolument voir Wolfmother. Un timing parfait leur permet d'aborder l'ouverture de la scène de la Cascade avec une grande bière à la main - il faut bien ça pour fêter dignement la venue de ce groupe de hard-stoner-Zep aussi réjouissant que régressif, dont j'ai eu le plaisir de chroniquer le premier et somptueux disque.

Le chanteur Andrew Stockdale, premier blanc au monde à oser porter la coupe afro avec la moustache, nous envoie d'entrée l'énorme Dimension, histoire de rappeler qu'il sait chanter comme Ozzy Osbourne en 1970. Mais aussi comme Jack White sur la pétaradante Apple Tree.... une tuerie.

Emporté par ce concert basique et classe, avec des riffs d'une simplicité biblique, on y apprécie aussi des titres plus faibles comme Woman ou White unicorn, ou même Mind's Eye qui sonne finalement bien plus Led Zep que Guns'n'Roses. The Joker and The Thief finit de retourner une assemblée de headbangers comblés par un concert, trop court évidemment (36 minutes ...), qui a en tout cas fort bien allumé la mêche et lancé l'activité des buvettes. Voilà qui méritait de se bouger le tafanàri pour être à l'heure !

Après une longue conversation plus ou moins agréable avec le propriétaire du Hummer mal garé en plein milieu du site (mais si, vous savez, cet énorme 4x4 mortifère de 3 mètres de large), dont on a heurté 'malencontreusement' le rétroviseur, on ne verra qu'une moitié de Calexico qui ne faisait heureusement pas partie de nos priorités. Rock à consonnances mexicaines (avec des cuivres hélas un peu trop rares) qui n'enflamme pas les foules malgré trois guitares alignées, typiquement un truc qui doit être mieux sur album !

Une fin plus emballante avec la chanson Crystal Frontier n'effacera pas cette impression mitigée. De même une expo photo splendide (elles le sont toujours ici !) de J.B. Mondino (Ah, Vanessa Paradis en cuir et cheveux noirs ...), ainsi qu'une soif tenace sous le soleil, nous tiendra éloignés du concert des -ô combien- dispensables Nada Surf, qui anonnent depuis dix ans en festivals leur plus très Popular single.

Mais voici le temps de voir enfin en France les Clap Your Hands Say Yeah que notre Pirlouiiiit national repéra il y a plus d'un an à domicile, à New York. Le public est plutôt enthousiasmé par cette salade pop joyeuse et foutraque malgré un son très moyennement réglé. A signaler, Is this Love ou the Skin of my Yellow... très plaisantes, ainsi que leur single Heavy Metal qui fit taper-ses-mains-dire-ouais à presque tout le public. Cela étant, le groupe est quand même scéniquement un peu faible, ils paraissent un peu paniqués par leur succès (tout le contraire d'Arcade Fire l'an passé, qui explosait littéralement de plaisir sur scène et joue décidément dans la catégorie d'au dessus au registre déjanté). Evidemment le chanteur est aussi nasillard que sur album sur Let the Cool... mais bon, on s'y fait. Au final, un bon moment mais déjà presque oublié trois jours après.

Tel n'est pas le cas de Dirty Pretty Things. On pensait avoir assez bien cerné le cas Libertines en ayant critiqué leur album, descendu celui de Pete Doherty, envoyé trois mails d'insultes à Rock&Folk, et ricané sans complaisance de la honteuse prestation du malheureux Piiiiiite l'an passé ici-même. Mais il faut croire qu'il avait une mauvaise influence sur Carl Barat dont le nouveau groupe fait par contre des merveilles. Rock à tendance punk, dansant et pogogène, sa musique nettement plus sulfureuse que celle des gentils CYHSY déclenche un plaisir simple : celui d'un putain de bon concert de rock qui tue ! Pas de playlist ici, on confesse une grosse lacune à rattraper...

Car ce type au bras soi-disant en écharpe (il en joue quand même de la guitare !), qui ressemble vaguement à Arno jeune, déverse avec ses 5 comparses un torrent de chansons de rock sexy, dépravé, suant et mal élevé, d'une classe folle même quand ils reprennent les Libertines... Un vrai bonheur venu tout droit de la perfide Albion. Le groupe laisse la grande scène KO debout, le phénoménal batteur black partant même à 4 pattes. A peu près comme nous d'ailleurs, qui passerons le concert de Kasabian à nous en remettre à la buvette (ça avait l'air très bien mais n'ayant rien vu ou presque, voici un retour en en SMS comme on en voit souvent sur Concertandco : 'c tro dla bal Kasabian g bi1 kifé ;-)').

Peu après, dans un registre moins accessible, mais plus créatif, les TV on the Radio explorent de nouvelles pistes musicales, comme sur leur deuxième album, l'intrigant-énervant-passionnant Return to the Cookie Mountain dont on se demande depuis une bonne semaine si on l'aime ou non. Pas encore assez écouté donc hélas encore sans playlist (à part Playhouses, Dirty Whirlwind, Wash the day away et Wolf like me dont on est à peu près sûr). Quoi qu'il en soit, des bizarreries et des fulgurances soniques étonnantes et inqualifiables (blaxploitation post-rock ? stoner-soul ? metal-funk ?) qui souffriront ici d'un son approximatif (quand celui du disque est énorme), malgré les efforts sautillants d'un magnifique roadie (en kilt vert et cheveux blonds platine).

Quoi qu'il en soit Tunde Adebimpe (ah le joli nom que voilà !) braille comme un beau diable, parfois même dans un mégaphone, Kip Malone invoque un sorcier vaudou avec sa guitare (qui n'est pas reliée à la terre si on en croit sa coupe de cheveux et de barbe), tandis que le sorcier du son David Sitek orchestre le tout. A un moment donné une improbable équation se forme dans mon esprit légèrement euphorique : [Mogwai x (Arcade Fire + Wraygunn) = TV on the Radio] (ça peut se démontrer bien sûr, mais surtout quand on est saoûl). Un human beat box vient aggraver la situation sur scène, tandis que le public sombre dans une inexplicable extase sonique. C'est sur un triomphe mérité que le groupe quitte la scène !

Ah ... Tuco cherchant en courant la tombe d'Arch Stanton sous le regard glacé de Blondin... On sait qu'on est en bonne compagnie quand un groupe choisit une telle musique - de Morricone bien sûr - pour entrer sur scène, ce qui est le cas des très attendus The Raconteurs. Ou comment faire un concert d'une heure avec un très bon disque de 30 minutes ! L'ambiance est déjà bouillante quand Jack White et Brendan Benson entament la pourtant moyenne Hands.

L'auditoire monte donc en puissance sur Level et ses solos toxiques, avant d'exploser de joie sur la jouissive Steady as she Goes. Le temps de calmer le jeu sur une version étirée de Together, où le chroniqueur enfin retombé sur ses pattes remarque que le son est par ailleurs très bon, ce que confirme une reprise de Bowie (It ain't easy), en version blues toxique et voix déchirantes.

Puis on lui remet une dose de sauce Sriracha dans les oreilles avec Store bought Bones, énorme, puis avec un gros blues qui s'avère une reprise très libre de Bang bang, my baby shot me down. La bave aux lèvres, le chroniqueur saoûl, épuisé, entraîné tout devant par un ami en pire état que lui, sursaute dans le pogo en se rappelant que le meilleur reste à venir : Broken boy Soldier, hurlée par un Jack White enragé, et à la fin de laquelle il s'arrachera les cordes vocales telle une adolescente à son premier concert de Raphaël.

Le concert continue sur de longues plages de blues aux larsens hypnotiques de ce groupe de 4 cadors totalement en place (note pour plus tard, écouter les Greenhornes !) dans lequel le leader des White Stripes a su se fondre avec modestie. L'affaire d'achève sur Blue Veins et (il me semble) Intimate Secretary - à cette heure-là, dans ce bordel-là et au niveau d'excitation atteint, voilà longtemps que mes notes sont devenus indéchiffrables... Je ne sais même plus si c'est le troisième ou le quatrième énorme concert de la journée, en tout cas j'en ai fait le plein.

Autant dire que Morrissey est encore une fois mal tombé sur la grille en ce qui me concerne, comme aux Eurocks... grosse flemme de s'intéresser à ce concert déjà bien commencé quand on y arrive, et qui semble pourtant de très grande qualité. Le Moz n'a cependant pas besoin d'un fan de plus. Cela étant le concert est raconté par Céline par ici. On ne s'intéresse pas plus à DJ Shadow, gros break-beateur assez dansant, mais sans génie. Et que le crétin congénital, qui a commencé sa journée il y a environ mille ans et trois litres de bière à Wolfmother, n'écoute plus que d'une oreille distraite. Sur scène, un harangueur/danseur tente de captiver son auditoire (apanage des DJ un peu justes sur scène, Roni Size aussi en use par exemple)... Rendez-nous Vitalic !

Bref, la soirée se termine, et il est temps ! Très grosse journée en tout cas, où l'on a pas eu le temps de s'ennuyer. Le plein fait de Rock, on refranchit la Seine. Paris by night nous attend, alors à demain !
Pour le samedi, c'est par ici !
Quelques petites vidéos pour se faire une idée, c'est par là ! Réagir à cette critique |
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