Nation All Dust + The Rakes - 27 Octobre 2007 - Cabaret Aléatoire - Marseille Le quatuor briton sous valium est de retour à Marseille... Non... Là de suite, forcement, ça part mal, j'entends déjà les gens hurler "mais pourquoi t'est retourné les voir alors ?! Espèce de Pink .../...
Le quatuor briton sous valium est de retour à Marseille… Non… Là de suite, forcement, ça part mal, j’entends déjà les gens hurler « mais pourquoi t’est retourné les voir alors ?! Espèce de Pink Floyd ! ». Bah oui, il faut dire que c’était bien mou l’an dernier au Moulin. Mais je vais vous le dire, je suis retourné les voir parce que les disques des râteaux sont des putains de bons disques, que l’espoir fait vivre, et puis c’est tout.
Ah si ! Aussi parce que les anglais sont passé sans froncer de foudroyants morceaux disco-punk sur leur première galette, à un post punk plus tendu - dira t’on - sur leur nouvel opus, donc nécessitant - en théorie - un peu moins d’énergie. Enfin presque. Il faut l’animer un peu son set, y mettre de la magie, dégager un truc, si c’est pour écouter des morceaux - très bien jouer - comme sur le CD, je reste à la maison, y a le foot à la télé ! Et la dernière fois on ne peut pas dire qu’on ait eu droit aux David Coperpotter du post disco punk un peu funk et légèrement pop. Ah ça ils n’allaient pas se faire flasher pour excès de vitesses eux. Mais alors cette fois ??!
Parti mollement dans un Cabaret Aléatoire un peu plus fourni que le Moulin, leur set est rapidement monté en pression. Plus sobre (pas d’écran derrière cette fois), moins carré, mais diablement plus efficace. Voilà ce que j’en retiens.
Sur les deux ou trois premiers morceaux j’ai eu un peu peur. C’est parti mollement et ça ne sonnait pas très juste. Mais au fil des titres les londoniens ont chargés les accus. L’an dernier on reprochait essentiellement aux Rakes de bien jouer mais de ne rien dégager, ça sonnait bien, c’était beau comme sur le disque, mais voilà. Là les morceaux sont un peu défigurés, sonnent différemment, mais au moins on s’amuse.
Ca on en prend un certain plaisir. Devant la scène les groupies sont hystériques, tout le monde a les guibolles qui swinguent au son de leurs hits imparablement dansant : Retreat, We danced together, Terror, We are all animals, 22 grand job, Strasbourg, … et l’excellente reprise de Gainsbourg : Just a man with a job (avec refrain en français pour l’occasion). C’est de la putain d’hystérie en boite. Et ça me rappelle combien leurs disques sont des petits bijoux.
Si le groupe apporte un regain de folie comparé à la fois précédente, ils ne sont en revanche pas des masses plus dynamiques. Sortie du chanteur et de son jeu de bras complètement barré (il est tranquille lui ?), les membres du groupe ont des têtes de nerd qui feraient passer les gars de Have Heart pour des punkachien. Finalement le seul qui remue c’est le clavier pour aller jouer de la guitare, essentiellement sur les morceaux du deuxième album.
Le concert se termine trop vite… oh c’était court là ! Ils reviennent pour un rappel avec entre autre la - désormais - limite insupportable Open book mais surtout l’excellente The world was a mess but his hair was perfect pour bien finir la soirée. Ca n’empêche que c’était super court (Jack de Marseille oblige ?), mais contrairement à la dernière fois j’ai vraiment apprécié ce set, pourtant mal partie, des Rakes.
Sans être le concert de l’année (loin de là), les cinq anglais ont enfin fait un minimum honneur à leurs deux excellents disques. Ils nous ont fait guincher frénétiquement (pendant une maigrichonne heure), et finalement c’est un peu tout ce que je leur demandais. Au Moulin je m’attendais à du bon, j’avais été déçu, cette fois ci j’ai rabaissé mon niveau d’attente et ils m’ont comblé. Même si à l’image des Arctic Monkeys et de cette nouvelle vague anglaise, ils sont éblouissants sur disque mais un peu mou du genou sur scène…
Comme je fais tout à l’envers (brisons les codes, anarchie, tout ça) on va maintenant parler de la sensation bobo-ventilo-indé-rock marseillaise, les Nation All Dust. Sensation, soit dit en passant, totalement mérité vu la qualité du groupe.
Ma chère et tendre peste contre leur présence en première partie, arguant que leur nom ne lui plaît pas. Deux morceaux plus tard - le temps d’aller chercher à boire - elle les trouve franchement excellents.
Je ne peux qu’acquiescer cette affirmation. C’est fou comme ils sonnent anglo-saxons ! Difficile à croire qu’ils soient français. Mon unique contact avec eux, c’était il y a deux ans en première partie du terrible Wraygunn, c’était déjà très bon mais encore un peu perfectible. Depuis leur jeu scénique à évolué, leur musique s’est peaufiné et les cheveux du chanteur ont poussés (comme Mick Jagger pour ma bien aimée, comme Carles Puyol pour moi, chacun ses références). Leur indie rock (on ne va pas s’emmerder d’étiquette) en jette, les morceaux sont accrocheurs, bref, c’était vraiment bien et c’était surtout une excellente idée de première partie.
Live report from Massilia's Burning : http://massilia.burning.free.fr/
Nation all Dust & The Rakes - 27 octobre 2007 - Cabaret Aléatoire - Marseille Partis un poil trop tard pour voir le début du concert de Nation all Dust (rrr), je suis assez déçue car j'aime beaucoup ce jeune groupe marseillais ingénieux. Nous ne manquons qu'un quart d'heure .../...
Partis un poil trop tard pour voir le début du concert de Nation all Dust (rrr), je suis assez déçue car j’aime beaucoup ce jeune groupe marseillais ingénieux. Nous ne manquons qu’un quart d’heure mais sur un set de 25 min, ça tronque bien quand même.. Je trouve que leurs morceaux ont toutefois une grande énergie, plus qu’avant, et un côté peut-être un peu plus pop aussi, en tout cas moins dissonant (la lueur de folie dans le regard du chanteur s’étant un peu amoindrie à mon goût. Dommage).
Bref que, très vite, The Rakes arrive. Les groupies sont en furie aux premiers rangs.
Voilà donc un « bon vieux groupe à l’Anglaise » comme dirait le photographe de Live In Marseille Yoan : Une bonne énergie, des mélodies qui fonctionnent bien sans tomber dans des « chansons soupe ». La plupart des morceaux ne sont pas d’une originalité folle, il y en a même un ou deux qu’on dirait tout droit sortis de la cave des Strokes, mais bon.. il y a pire comme référence. Il y a même bien, à deux ou trois moments, des passages de génie. Sans compter la voix du chanteur (qui en passant ressemble comme deux gouttes d’eau à Peter Petrelli de Heroes, mais oui celui qui risque d’exploser.. pardon je m’égare) qui est assez grave et particulière.
Au final un bon concert de rock, une très bonne ambiance au Cabaret, le tout un peu trop court, peut-être à cause de la soirée qui suit avec Jack de Marseille. Réagir à cette critique
>> Réponse (le 29/10/2007 par Cul Rose) On l'attendait de pied ferme, cette date... Oui, depuis ce mini-show de rentrée de septembre pour la 2nde "Gold soundz .../...La suite
The Rakes + Eleasy - 26 octobre 2007 - La Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand Une bonne décharge de pop/rock sexy avec The Rakes et Eleasy à la Coopérative de Mai... Les survoltés anglais ont été parfaitement placés sur une rampe de lancement par le très prometteur trio .../...
Une bonne décharge de pop/rock sexy avec The Rakes et Eleasy à la Coopérative de Mai… Les survoltés anglais ont été parfaitement placés sur une rampe de lancement par le très prometteur trio clermontois qui a assuré la première partie la soirée.
Avec l’ingénieur du son des Rakes aux manettes et le bassiste poupon des auteurs de Ten new messages sous le charme derrière la console, Eleasy a une pression maximale sur les épaules au début du concert, et ça se sent. Virginie, la chanteuse/bassiste semble terrifiée par le public (nombreux, le concert est complet). Même si on l’a connue plus décontractée, sa voix - fraîche, mutine, acidulée -, et ses lignes de basse percutantes s’entendent à merveille avec la guitare sèchement catchy et la batterie giflée de ses deux acolytes… Eleasy a vraiment le chic pour trousser des pop songs directes, accrocheuses et excitantes. Même le chant en français sur deux nouveaux titres (excellents) réussit à convaincre, ce qui n’était pas gagné d’avance. Entre pop, rock et disco punk, le répertoire d’Eleasy ne devrait pas rester confidentiel très longtemps.
Confidentiel, cela fait longtemps que la musique des Rakes ne l’est plus. Et l’on sait parfaitement pour quelle raison : ce quatuor anglais compose des hits singles à la chaîne et fait partie des tout meilleurs groupes de scène actuels. Son concert dans le club de la Coopérative de Mai pour assurer la promotion de son deuxième album a confirmé ce que nous savions déjà : l’on tient là un groupe précieux capable de faire partir en vrille n’importe quelle salle de concert. Emmené par un chanteur/danseur pince sans rire, les Rakes jouent serrés, concentrés mais en toute décontraction, car ils sont sûrs de leur force. Pendant que leur vocaliste cabotine comme un Robert Smith un peu bourré ou chante à la manière – intense – d’un Ian Curtis ressuscité, ses camarades de jeu font - bien - leur boulot : le guitariste riffe comme un malade, le bassiste force le respect, le batteur enflamme son kit et le guitariste/organiste d’appoint fait bien ce qu’il a à faire. Cerise sur le gâteau, le groupe semble ravi de se produire sur une scène, sourit très souvent et fait le show… Les tubes s’enchaînent donc à la vitesse de la lumière (We danced together, Man with a job – la reprise du Poinçonneur des lilas de Gainsbourg, When Tom Cruise cries, The world was a mess, Retreat, 22 grand job, Strasbourg, Work Work Work, Open book… ) et tout le monde semble passer une soirée réussie. Revenez nous vite gentlemen !
Après une journée déjà bien remplie, et dès la fin de Joan As police Woman au théâtre Jacques Cœur, nous avons juste le temps de traverser en quatrième vitesse les rues du vieux Bourges, et, hop, arrivée au 22, LA salle rock ‘roll de la cité berruyère, agrémentée d’une chapiteau doublant la capacité du lieu et permettant l’installation de deux scènes.
Naast :
Il est 23 heures et les nouveaux héros du rock en France (sic !), Les Naast, arrivent sur scène, tout énervés. C’est parti pour 35 minutes de rock pseudo garage chanté en Français… Force est de constater que le groupe est bien meilleur qu’en novembre 2006 à la Coopérative de Mai , devant un public restreint et très froid… Ici, c’est dans une salle surchauffée que les Parisiens chou chou de la presse se produisent : des hordes de lycéens et collégiens en goguette se bousculent devant la scène pour faire un triomphe aux stars vues à la télé, entendues à la radio et lues dans les journaux… Ça pogote à tout va, ça crie son amour pour les quatre gravures de mode et ça fait un bruit de cour d’école à la veille des vacances scolaires ! Le matraquage incessant (et énervant !) a fait son effet : Les Naast ont un public qui répond au quart de tour à leurs morceaux bien joués, enlevés et plutôt percutants. Oui, sur scène devant un public chaud bouillant, le groupe fait montre d’une belle énergie. Cela dit, le chanteur/leader omnipotent ayant un bon coup de fourchette est toujours aussi imbu de sa personne, hautain, tête à claques et maniéré. On dirait qu’il a un orgasme super violent chaque fois qu’il touche ses instruments de travail (guitare et micro). Malgré ce désagrément, le combo de jeunots joue de manière si soudée et convaincue qu’on y croirait presque, s’il n’y avait cette voix qui déraille, ces textes risibles (exemple : « tuuuuuuuu caaaaasses mon cooooeur de glaaaaaaaaaaaaace !!! » et cette armoire à glace/vigile qui scrute le public pour éviter les débordements et autres bagarres… Si ces jeunes gens travaillent encore quelques temps avec le même acharnement, ils peuvent devenir meilleurs et - pourquoi pas ? - écrire de bons titres...
Galaxie :
Peu de temps après, dans le 22 Ouest également, les Canadiens de Galaxie ont fait une vaine tentative d’écroulement des murs sous la force de leurs coups de boutoirs soniques. Et oui, Galaxie est composé de furieux musiciens toujours à fond quand il s’agit de balancer un rock stoner bien gras, truffé de riffs surpuissants, de solo décoiffants et voix hurlées à la Kurt Cobain… Véritablement démoniaque, cet assaut sacrément virulent fait un effet énorme, le chant en français étant joliment noyé dans une cathédrale de distorsion. Galaxie fait donc très bonne impression, avant de sombrer dans els morceaux instrumentaux interminables sur la fin de son set hystérique. Dommage, car le début nous avait carrément laissé sur le cul, sous le charme de l’abattage rock ‘n roll de ces bandes de gars n’ayant pas fait le voyage pour rien.
Akron/Family :
Changement de style assez radical, quelques secondes plus tard avec le show d’une sorte de chorale hippie rock très étrange dénommée Akron/Family. Barbus et farfelus comme Grandaddy, cette famille franchement décalée et originale ressemble à un mélange entre Neil Young And Crazy Horse, Grateful Dead, et Bonnie Prince Billy quand elle joue ses morceaux versatiles sur une scène. Chez Akron/Family, les déferlantes de sons distordus sont suivies par des folk songs apaisées ou des odes a capella à l’amour… Dans le genre surprenant, ce combo disparate se pose là ! Le public, chaud, souriant et enchanté par la prestation de ces hurluberlus est même mis à contribution pour une sorte de hola déclenchée par les musiciens au cours d’un morceau divin. Il est une heure du matin à Bourges, et l’on retombe en enfance tout en étant projeté aux Etats-Unis sur une plage autour d’un feu de camps. Tout va bien. Je répète : tout va bien. Et la vie est belle.
Bromheads Jacket :
La vie est d’autant plus belle qu’un Power trio de la pire espèce (c'est-à-dire la meilleure) déboule sur les planches dans la foulée. Son nom ? Bromheads Jacket… Trois musiciens complètement déchaînés produisant une musique à rendre dingue n’importe quel public (à part peut être celui de Johnny Hallyday et Florent Pagny). Avec un batteur jouant en apnée tellement il se démène, un bassiste toujours en surrégime et un chanteur/guitariste maniant la nitroglycérine sonique sans discernement et sans aucune précaution… Normal donc qu’à chaque couplet, à chaque refrain, tout le temps quoi, le punk rock high energy des Bromheads Jacket explose à la gueule du public, positivement ravi de découvrir ces nouveaux Nirvana ! Les messages de bienvenus (sur scène et en France) se succèdent en provenance de la fosse, et la folle sarabande sonique se poursuit dans un bruit assourdissant et très jouissif…
Acoustic Ladyland :
La fièvre sonique retombe - un peu - avec le groupe Acoustic Ladyland qui se produit ensuite. Bien sûr, rien à voir avec Jimi Hendrix, et rien à voir avec un son acoustique, il fallait s’en douter. Très arty, très audacieux, cet étrange réunion de musiciens barrés tente de propulser ceux qui assistent à ses concerts dans une dimension parallèle. Une dimension où le sax free de John Coltrane croise un rock aussi déstructuré que scotchant.
The Rakes :
Quand The Rakes, les vedettes de la soirée, juste en dessous des Naast bien évidemment (rires), arrivent sur scène on en frétille de joie, mais on se demande si le public va répondre au quart de tour. Un peu mon neveu ! C’est devant une salle en feu (et complètement déchaînée) que les Rakes délivrent un set d’anthologie, avec les tubes irrésistibles de leur deux disques, ceux du deuxième réussissant à se hisser au niveau de ceux - imparables - du premier opus. Les stage diving sont incessants, les premiers rangs jouant à cache cache avec les deux roadies chargés de permettre au groupe de jouer. Rapidement débordée et finalement impressionnée par la ferveur française, la sécurité se contente d’éviter les étreintes trop prolongées avec le chanteur et le bassiste, avant de renvoyer les petits agités surfer sur les mains de leurs camarades de jeu. Flegmatique mais jetant sans cesse de l’huile sur le feu avec ses danses de robot hytéro, le chanteur à la voix grave - façon Ian Curtis - en vient même à slammer lui aussi, son micro ayant été projeté à terre par le public. Grâce à un groupe impeccable (un guitariste véritable machine à riff post punk et une section rythmique impériale), la tension et l’intensité des morceaux des Rakes ne se dément pas : l’on assiste à un véritable best of post punk aux fort relents de Gang Of Four et Joy Division. Impossible d’arrêter de sourire en se trémoussant comme l’avis de son corps (début du set : 1h50), c’est une véritable tuerie ! 22 Grand Job, Pub Club Sleep, Open book et Ten new messages (entre autres) sont accueillis dans l’hystérie générale. Pendant le court break que le groupe s’autorise avant le rappel, les spectateurs piquent le micro et hurlent dedans, puis lors du retour des idoles, de véritables grappes de furies énamourées montent sur scène pour embrasser leur idoles : le bassiste, presque forcé à sourire vu l’enthousiasme qu’il provoque, le chanteur et… tout le groupe. Un Triomphe donc pour les Rakes que ce show berruyer.
Deerhoof :
C’est Deerhoof qui conclut une soirée bien remplie avec un set expérimentalo rock assez bluffant malgré l’horaire ultra tardif… Batterie survoltée, basse vrombissante, voix angélique et guitare free hardcore jazz, ça dépote véritablement ! Les différents styles se télescopent dans un grand raout sonique, pour provoquer des hallucinations sonores assez incroyables. La pop, le punk, le rock arty, le hardcore, le jazz fricote joyeusement ensemble dans l’univers de Deerhoof. Pour un résultat aussi expérimental que captivant. Tout cela met un joli point final à une incroyable journée de concerts, et à une soirée rock aussi variée que réussie. Les grands écarts perpétuels, ça a parfois du bon !
Avant les prestations mémorables de Beck et de Radiohead en fin de journée, la deuxième journée passée au Domaine de Saint-Cloud pour le festival Rock en Seine avait de quoi réjouir les amoureux de rock sous toutes ses formes.
Broken Social Scene : En route pour la joie !
Broken Social Scene, le premier groupe programmé (à 15h), ensorcelle le public, dès les premiers morceaux. Malgré la pluie qui s’abat sur le site, on ressent immédiatement une sorte d’onde de bonheur très communicative qui se propage devant la scène de la cascade. C’est à coup sûr un des effets secondaires du cocktail euphorisant proposé sur scène : une enthousiasmante folk pop groovy, qui donne une prodigieuse envie de faire l’amour et/ou de sauter en l’air avec son parapluie et son K-Way… Les Canadiens semblent ravis de se produire près de Paris, ils se lancent donc dans une farandole musicale débridée : les instruments changent de mains, la chanteuse Feist (membre du collectif à l’origine) fait quelques apparitions vocales, une chorale improvisée de roadies/amis fait son apparition sur un titre, des cuivres s’invitent à la fête… C’est véritablement le bonheur ! Portés par des lignes de basses énormes et un chant décomplexé très impressionnant, les compositions à multiples rebondissements de Broken Social Scene sont une invitation à la joie qui mérite d’être saluée à sa juste valeur ! C'est-à-dire avec des salves d’applaudissements nourries, de cris de joie et des danses lascives, ce qui fut fait. Maintenant, il ne reste plus qu’à écouter en boucle la discographie de ces Canadiens libérés.
Fancy : I’m so excited !!!!!!!!!
Le temps de se déplacer de la scène de la cascade en direction de celle de l’industrie, et les petits jeunes de Fancy sont déjà sur les planches. Avec la ferme intention de les brûler immédiatement… Avant le traditionnel « J’aime ou j’aime pas ? », la première question que l’on se pose est un peu triviale : « garçons ou filles ? » Il faut dire que le chanteur arbore une touffe de cheveux afro digne de Diana Ross (ou de Michael Jackson jeune), qu’il est plutôt efféminé quand il se trémousse comme une pom pom girl rock ‘n roll, et qu’il chante en couinant joliment dans les aigus, à la manière du fils caché que Bon Scott d’AC/DC et de Freddie Mercury de Queen n’ont jamais eu. Comme son acolyte guitariste roi de la rythmique moonwalk (il traverse la scène de long en large avec ces impressionnants pas de danse) est aussi jeune qu’androgyne, la question posée - assez anecdotique, il est vrai -, met un certain temps à trouver une réponse définitive. Le cirque rock ‘n roll que fait Fancy sur scène pourrait être ridicule, mais ce jeune groupe fait admirablement le show, et avec un humour ravageur, dans les poses archi cliché et dans les discours entre les morceaux, en franglais bravache s'il vous plaît. Même si les morceaux sont percutants dans le style disco punk rock groovy, ils ne révolutionneront pas la musique du 21ème siècle ; certes, mais on constate que le soleil est revenu, que tout le monde sourit béatement, que les filles sont plutôt jolies et que les regards entre les personnes présentes se font plus appuyés. C’est le désir qui monte… Au moment même où Fancy entame une épatante version d’un tube des Pointer Sisters, I’m so excited. Ça c’est du timing, ou on ne s’y connais pas !
Phoenix : un grand moment de solitude.
Pour calmer les ardeurs ou mettre de l’huile sur le feu de la passion (selon son degré de sensibilité au charme de Phoenix), les Versaillais populaires partout dans le monde sauf en France se lancent dans un show plutôt distrayant et bien accueilli par la majorité du public. Pour nous, Phoenix fait du soft rock pour la bande FM, un style qui ne nous a jamais particulièrement séduit. Pour avoir déjà subi deux fois (il y a quelques temps déjà, à la Coopérative de Mai et à la Route du Rock) les prestations exténuantes de ce groupe soi disant branché, on peut affirmer ici haut et fort qu’il y a du progrès en 2006. Quand le groupe hausse le ton et sonne plus rock, c’est quand même beaucoup mieux. Cela étant dit, il reste les singles mièvres et sucrés à souhait, qui plaisent toujours autant aux filles... et aux Japonais. Et qui nous insupportent plus que jamais. Ainsi, assister à l’interprétation d'un des « titres phares » de Phoenix assis sur une butte entouré de jeunes femmes fort bien de leur personne et d’un Japonais hystérique (et à crête, allez comprendre) peut très vite devenir une torture auditive. Il faut déjà subir la chanson de Phoenix, mais quand elle est – en plus – reprise par un japonais chantant faux comme une casserole, avec des choeurs féminins de ci de là, c’est un grand moment de solitude !
The Dead 60’s : une véritable machine à faire bouger, groover et rocker.
Fort heureusement, les très doués anglais de The Dead 60’s se chargent de nous redonner le sourire pendant que la dramatique ex chanteuse de Skunk Anansie, Skin, finit de s’époumoner en vain à l’autre bout du site… Ce tout jeune quatuor en provenance de Liverpool est une véritable machine à faire bouger, groover et rocker. Leurs tubes, qui peuvent être disco punk, punk rock, reggae ou dub, sont autant de bombes anti immobilisme et morosité servis comme des cocktails Molotov, c'est-à-dire violemment brûlants. S’il manque un peu de communication et de sourire sur scène, le professionnalisme de l’exécution des morceaux et les enchaînements sont, eux, absolument parfaits. Parfait, chaque musicien l’est également, que ce soit à la guitare et au chant, à l’orgue et à la guitare, à la basse et aux chœurs ou à la batterie. Le trip musical proposé par The Dead 60’s, s’il est fortement influencé par The Specials, The Clash et Gang Of Four, n’en demeure pas moins irrésistible.
The Rakes: imparables.
Le bonheur se prolonge quelques instants plus tard avec la prestation électrisante de The Rakes, toujours aussi imparables en live. Malgré des looks d’étudiants en mathématiques mal dégrossis (la palme revenant au chanteur en pull bleu), ces quatre-là ont un talent inné pour rendre fou n’importe quel public. Normal, ils ne composent quasiment que des tubes sidérants de classe, c’est leur grande force. Comment en effet résister à des hit aussi frénétiques que Strasbourg, 22 Grand job, Work Work Work (Pub Club Sleep) ou Retreat ? Et bien, c’est matériellement impossible : dès les intros des titres de The Rakes, si l’on est fatigué, on l’oublie illico presto, si l’on est unijambiste, on danse sur l’autre jambe, si l’on est cul-de-jatte, on danse sur la tête… On ne peut pas rester immobile, c’est comme ça, rien ne sert d’essayer. Cerné, on se rend sans conditions aux Rakes. Car, en plus, comme s’il était besoin, cette bande de garnements outrageusement doués, reprend avec maestria un titre de Serge Gainsbourg, Le poinçonneur des lilas, transformé en Just a man with a job. La mythique chanson française rive gauche se transforme alors en furieux tube disco punk destiné à retourner les dance-floors des clubs de la Terre entière. Un tour de force. Un de plus signé The Rakes.
Inutile de dire qu’avec de telles premières parties, les concerts de Beck et Radiohead, à suivre, s’annonçaient sous les meilleurs auspices !