Sorte de mélange rêvé entre The Jesus And Mary Chain, les Ronettes du producteur Phil Spector, The Velvet Underground et l'univers de David Lynch/Julee Cruise, The Raveonettes écrivent des pop songs percutantes, caressantes, sexy et/ou agressives.
The Raveonettes + Da Brasilians + The Cribs - 19 septembre 2007 - La Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand Jolie soirée de rentrée pour le public rock de la Coopérative de Mai, avec Da Brasilians, The Raveonettes et The Cribs invités par la tournée Inrocks Indie Club ... Une occasion immanquable de revoir The Raveonettes dans une petite salle, de découvrir leurs nouveaux morceaux et d'assister à l'éclosion de deux jeunes combos : les Français plutôt .../...
Jolie soirée de rentrée pour le public rock de la Coopérative de Mai, avec Da Brasilians, The Raveonettes et The Cribs invités par la tournée Inrocks Indie Club … Une occasion immanquable de revoir The Raveonettes dans une petite salle, de découvrir leurs nouveaux morceaux et d’assister à l’éclosion de deux jeunes combos : les Français plutôt doués de Da Brasilians et les Anglais éreintants de The Cribs.
Da Brasilians : prometteur.
Dans une style pop sixties très bien maîtrisé (instrumentation classieuse, belles harmonies vocales), Da Brasilians a placé la soirée sous les meilleurs auspices. La recette est simple : des morceaux composés en orfèvres pop suivant les méthodes de Crosby, Stills, Nash & Young, The Byrds et Brian Wilson. Malgré un son un peu trop agressif pour le style musical et la légère monotonie qui s’installe en fin de set, l’on tient là un groupe prometteur pour l’avenir.
The Raveonettes : embarquement immédiat pour le pays du mur du son, des mélodies insidieuses et des guitares surf.
The Raveonettes, le groupe s’installant ensuite en version power trio sur la scène du club de la Coopé, n’est plus à mettre dans la catégorie « groupe prometteur » : c’est un excellent groupe de scène (excellent concert à la Route du Rock 2005) produisant des disques remarquables, même s’il en vend peu. Les Raveonettes s’apprêtent à faire paraître un nouvel album en novembre 2007, et souhaitent commencer à le promouvoir sur scène. D’où un set avec de larges extraits du prochain opus, sans oublier les tubes imparables du trio venu du froid. Sorte de mélange rêvé entre The Jesus And Mary Chain (dans une bonne forme relative – eu égard aux excès passés – à Rock en Seine 2007), les Ronettes du producteur Phil Spector, The Velvet Underground et l’univers de David Lynch/Julee Cruise, The Raveonettes s’attachent à proposer une belle série de titres percutants, caressants, sexy et agressifs. Un guitariste/chanteur taciturne mais flamboyant, une guitariste/chanteuse suave, un très bon batteur, qui joue debout (comme Moe Tucker du Velvet, ce n’est pas un détail), quelques samples de basse, et hop, le tour est joué : on embarque pour le pays du mur du son, des mélodies insidieuses et des guitares surf. Entre le feu et la glace, la tendresse et la domination, la douceur et la violence, les Raveonettes marquent durablement… Sans rappel et presque sans sourire, le groupe quitte la scène, laissant le public – ravi par la prestation – orphelin.
The Cribs : à la fois punk/métal ultra brouillon et pop FM à roulettes.
Le nombreux public est d’autant plus orphelin, que juste après les trois garnements de The Cribs déboiulent sur scène... pour vider la salle en deux temps trois mouvements. Normal, avec des chansons mal écrites, mal jouées et mal chantées. Il ne suffit pas d’essayer de ressembler aux Libertines pour faire quelque chose d’intéressant, messieurs ! Tout cela sonne à la fois punk métal ultra brouillon et pop FM à roulettes. Une véritable horreur à déconseiller à tout le monde, sauf aux amateurs d’énergie saignante : le groupe ne ménageant pas sa peine et le guitariste chanteur se faisant fort de s’exploser la lèvre sur le micro dès le premier morceau. The Cribs : du sang, de la sueur et c’est tout… On retiendra donc de cette soirée la belle prestation de Da Brasilians et le set ébouriffant des Raveonettes.
Quinzième anniversaire réussi pour la Route du Rock.
Fort de la plus belle affiche de l’été, la quinzième Route du Rock a permis d’offrir aux festivaliers ravis un panorama quasi complet de ce qui se fait de mieux actuellement en pop et rock (voire électro, mais dans une moindre mesure). Les slogans affichés sur les t-shirts 2005 du meilleur festival français de la catégorie pop – qui semblaient un peu trop aguicheurs avant le début des hostilités – étaient cette année « Pop is not dead » et « Sea, sex and rock ‘n roll » ; ils se sont finalement révélés prémonitoires et furieusement tendance. La pop n’est toujours pas morte, c’est vrai, mais ça on s'en doutait quand même un peu… La plage de Saint-Malo est plus que jamais magique, avec son sable fin et sa vue imprenable sur les bikinis et autres strings ou top less, et si l’eau est un froide au début, quand on en ressort elle provoque instantanément des envies humides, voire lubriques. Hum, hum… Le rock ‘n roll, quant à lui, est toujours la chose la plus réjouissante inventée par l’homme pour péter les plombs. La preuve ? Même les branchés têtes à claques, qui il n’y a pas si longtemps s’extasiaient sur le moindre DJ planqué derrière ses sinistres platines et dissertaient à n’en plus finir sur la qualités de tel ou tel groupuscule anecdotique estampillé électro, se retrouvent aujourd’hui à headbanger au premier rang des concerts de Yo La Tengo, The National, du Wedding Present, des Raveonettes ou d’Alamo Race Track en converse, jean et veste étriquée… Tout en vantant les mérites de leurs « découvertes » du moment, cela va de soit ! Et oui, la pop et le rock sont furieusement « in » en 2005 ! Une preuve de plus ? Les philanthropes de la société Coca Cola sponsorisent les festivals d’été, par pur amour de la musique du diable, n’en doutons pas… Il n’y a bien que les éternels rabat joie frustrés par leur morne existence qui semblent s’être ennuyés ferme pendant leur week-end passé en Bretagne. Il y aussi Bernard Lenoir, pour qui la musique est un travail comme un autre, qui tire la gueule chaque fois qu’on le croise et n’assiste à aucun concert. Il devrait sourire un peu, il paraîtrait moins vieux sous sa coiffure grise plaquée en arrière et son bronzage de séducteur sur le retour. Compte rendu non exhaustif (mais presque) et subjectif de trois jours de rêve passés au fort de Saint Père et au Palais du Grand Large. Il y eut beaucoup de réussites, de nombreuses révélations et quelques (relatives pour la plupart) déceptions …
Les réussites :
The Cure : Just like heaven.
Le concert le plus long est signé par la méga tête d’affiche du festival : The Cure . Samedi 13 août, les 12 000 personnes présentes sur le site (affichant complet) se délectent des 2 h 20 d’une prestation couvrant quasiment toutes les périodes du groupe de Robert Smith. Cerise sur le gâteau d’une set list faite pour les fans de longue date : les versions très rock (voire punk) proposées grâce au brillant retour de Porl Thompson à la guitare et à l’absence de claviers sur scène. Très en voix, d’humeur badine (il cabotine devant les caméras et s’adresse volontiers à la foule), Mr. Smith peut démontrer sans aucun problèmes que son combo n’a pas à rougir devant la nouvelle garde qui s’inspire allégrement de lui : The Rapture, Bloc Party, Interpol, The Organ, The Rakes etc. Du début à la fin du show, le chant étranglé si caractéristique du leader charismatique des Cure et sa guitare – qui s’entremêle admirablement avec celle de son lieutenant Mr Thompson – sont solidement soutenus par la basse métallique de Simon Gallup et la batterie giflée par Jason Cooper. Sans être réellement démonstratif, The Cure s’en donne néanmoins à cœur joie en interprétant son répertoire pour une horde d’aficionados peinturlurés (ou non). A la grande joie de ces derniers (et au désespoir de ceux qui ne goûtent guère sa musique), le vaisseau The Cure navigue longuement dans l’océan de ses albums truffés de tubes et de morceaux mémorables. De Plainsong à 10 :15 Saturday night en passant par Shake the dog Shake, Just like heaven, A night like this, Lullaby, One hundred years ou encore Fascination street, Play for today, A forest et Boys don’t’t cry, le très nombreux public a la joie de participer à une superbe démonstration en forme de best of classieux agrémentée de quelques titres du nouvel album (loin d’être dispensable, malgré deux ou trois titres anecdotiques). Pour résumer, Robert Smith et ses hommes ont offert un concert jubilatoire à La Route du Rock 2005, donnant très envie de se replonger dans la discographie complète des Cure…
Yo La Tengo : à la fois intimiste, bruitiste et drôle.
Les très attendus Américains de Yo La Tengo ont sans conteste donné le show le plus farfelu et original des trois jours de festivités musicales. Le mythique groupe d’Ira Kaplan (guitare, basse, voix), Georgia Hubley (batterie, chant) et James Mc New (basse, orgue, chant) a réussi à donner un concert à la fois intimiste, bruitiste et drôle. En deux mots : surprenant et décalé sur une grande scène. Le meilleur lieu pour assister à un concert de Yo La tengo est une petite salle, c’est évident… Mais malgré la taille de la scène montée à l’intérieur du Fort de Saint-Père, les trois multi instrumentistes doués ont quand même pu délivrer leurs atmosphères particulières, entre pop sixties, Velvet Underground, envolées planantes, jazz drolatique, rock aventureux et sonique. Le spectacle best of proposé a permis d’avoir un éventail complet des multiples talents de ce groupe protéiforme. Yo la tengo est capable de composer des tubes dans tous les styles qu’il aborde. La preuve irréfutable de cette affirmation figure sur la compilation trois Cd intitulée Prisoners of Love, A Smattering of Scintillating Senescent Songs qui vient de sortir chez Matador. Elle est chaudement recommandée, à tout le monde, sans exception !
The Raveonettes : l’alliance réussie de la glace et du feu.
Juste avant les Cure, The Raveonettes avait parfaitement mis l’assistance en condition avec un set brûlant et percutant, prélude à la sortie de leur nouvel album, Pretty in black. Pour faire court, le duo suédois (renforcé sur scène par un groupe désireux d’en découdre) provoque la délicieuse impression de voir The Jesus and Mary Chain jammer (violemment) avec Les Ronettes de Phil Spector et le Velvet Underground de Maureen Tucker (qui joue sur leur dernier opus). Harmonies vocales à deux voix (l’un féminine, l’une masculine), guitares façon tronçonneuse sonique, rythmiques saccadées très pop sixties : c’est véritablement un bonheur à écouter (et à contempler). L’alliance de la glace (le brun guitariste/chanteur clone de Robert Smith, décidément… ) et du feu (la blonde chanteuse /guitariste sosie de Debbie Harry) fonctionne à merveille ; et ce n’est surtout pas un hasard si le groupe reçoit un triomphe en se produisant devant une foule agitée par des trémoussements furieusement rythmés…
Great Lake Swimmers : on s’est presque vu voler...
Encore peu connus malgré deux précieux albums parus chez Fargo Records – Bodies and minds et Great Lake Swimmers –, les Great Lake Swimmers (soit « Les nageurs des grands lacs » comme ils se présentent eux mêmes) et leur très discret leader ne devraient pas rester dans cette situation bien longtemps... Surtout s’ils continuent à proposer en concert des prestations aussi marquantes que celles données en première partie de Camille au Palais du Grand Large. Commencé et conclu par un poignant set solo acoustique de Tony Dekker, le concert de Great Lake Swimmers fut tout simplement un long trip en apesanteur provoqué par une voix magique et des musiques superbes. Le très subtil groupe qui accompagne le leader Mr Dekker ne brise pas le charme créé par des morceaux tous plus superbement country folk roots les uns que les autres. C’est très beau, et ce n’est pas la peine d’en rajouter. Malgré la (bonne) reprise de Tom Waits, c’est à un jeune et calme Neil Young qu’on pense le plus… Dans le superbe théâtre utilisé cette année pour les concerts au Palais du Grand Large, on s’est presque vu voler grâce à Great Lake Swimmers…
Camille : entre humour, poésie et émotion.
Après l’installation du matériel des musiciens de Camille et du fameux fil (blanc) qui donne son nom à l’album, la toujours déjantée et fofolle chanteuse a survolé son répertoire en équilibriste. Entre humour, poésie et émotion. Accompagnée par des musiciens excellentissimes et drôles, celle qui illumine les disques du vieux briscard Jean-Louis Murat et celui de Nouvelle Vague a enchanté un public enthousiaste et visiblement fan de son travail. Il est vrai qu’il est difficile de faire un bide avec une voix aussi belle que versatile, des morceaux originaux - entre chanson, world, funk, soul et pop - et une personnalité aussi explosive qu’unique. L’alchimie fonctionne à merveille entre la jeune femme et ses musiciens (basse, piano, bruitages réalisés avec la bouche, les mains et le corps), c’est un véritable plaisir d’assister à ces moments de communion musicale. Sur scène - comme en dehors semble-t-il… -, Camille respire la joie de vivre, chacun de ses gestes est gracieux, chacune de ses interventions est hilarante, quant à son sens de l’impro, il est digne des plus grand performers… L’ interprétation d’un des tubes de son premier album, Les ex, donne d’ailleurs lieu à une partie de franche rigolade. Camille demande à Robert et Jean-Jacques, deux ex qui sont présents dans les murs, de venir danser de manière sensuelle avec elle sur scène... Deux jeunes hommes se dévouent, pour lui faire plaisir, en exécutant des chorégraphies ridicules à souhait. L’un des deux, qui n’a pas bien compris le terme « sensuel », se lance dans une bourrée auvergnate hilarante, et a bien sûr droit aux remontrances de son ancienne conquête. Après un rappel réclamé à corps et à cris par une salle ravie (pour laquelle elle chante le fameux Putain putain popularisé par Arno) , Camille s’évanouit dans la nature, sans nous avoir coupé l’envie de la revoir dès que possible…
!!! : un grand n’importe quoi jouissif et remuant.
Le concert le plus dansant fut donné par les inestimables !!!, toujours prompts à déclencher l’hystérie dès qu’ils apparaissent sur une scène. On se souvenait avec émotion de leur prestation brillante aux Eurockéennes de Belfort en 2004. Et bien, ils ont réitéré leur exploit à Saint-Malo, devant un public ravi de pouvoir se dégourdir les guiboles (et tout le corps) après le concert des très bons mais peu dansants Cure. Dès le début du show tardif de !!! (mais c’est samedi soir pendant les grandes vacances, oh et puis merde), on se dit qu’on va passer une fin de soirée de rêve en voyant arriver Nic Hoffer, sosie de Beck avec chevelure frisée de chien fou et accoutrement complet de footballeur est allemand de troisième division dans les années 70. Jugez plutôt, tout est là : short du meilleur effet, maillot très seyant et… mais il manque quelque chose ! Où sont passées les pompes de footeux ? Et oui, c’est samedi soir et notre ami a voulu faire bonne impression auprès de la gent féminine : il a chaussé des mocassins… Le con ! Les branchés qui avaient pourtant fait un effort notable pour attirer l’attention sont relégués dans les profondeurs du classement : Nic Hoffer est insurpassable au niveau vestimentaire. Il devient même intouchable dès qu’il commence à exécuter ses fameuses chorégraphies idiotes superbement réalisées sur le P Funk (à moins que ce ne soit du F Punk, du disco Punk du ou tout simplement un grand n’importe quoi jouissif et remuant) ourdi par son groupe de tarés… C'était prévisible : le public décolle et le pétage de plombs est général, même si tous les morceaux se ressemblent. La chanteuse Camille, pas maladroite non plus en choré débiles, a même droit à un tour sur scène en compagnie de Nic et ses potes. On n’ose imaginer ces deux là vivant en couple, les soirées seraient pour le moins agitées… Comme ce genre de show donne envie d’engloutir des milliards de litres de bière, de gober quantité de produits illicites, de fumer tout ce qui passe à portée de main et de sauter comme un marsupilami sous ecstasy, il est important de faire très attention à ne pas se « faire une cheville ». Finir en Claudiquant sur le dancefloor comme Luz, avec encore une journée de festival à suivre, très peu pour nous ! Cela étant dit, on ne peut que remercier !!! d’exister. Et encore merci Nic pour les conseils vestimentaires...
The Polyphonic Spree : alléluia mes frères !
Le grand gourou/guitariste/chanteur de The Polyphonic Spree, Tim DeLaugther, et ses nombreux adeptes musiciens ont offert à la Route du Rock 2005 le concert le plus exaltant du week-end. Chez ce groupe découvert avec autant de stupeur que de joie aux Eurockéennes 2003, tout est propice au décollage vers les cieux : accoutrements dignes d’une secte américaine, décorum religieusement extraterrestre, orchestration foisonnante (chœurs fournis, harpe, batteries, percussions, cordes, guitares, basse, vents etc), invitations vocales à la transe collective, changements de rythmes incessants et montées soniques vers le pays où l’amour est roi. Seuls bémols : tous les morceaux se ressemblent un peu et les motivations du groupe sont un peu obscures. Veulent-ils qu’on soit tous heureux ensemble sur cette Terre où sévissent quotidiennement guerres, attentats, meurtres, trahisons, accidents, loi du plus fort ? Qu’on achète simplement leurs disques ? Ou peut-être qu’on intègre leur secte ? Mystère... Mais le grand mérite d’un concert de The Polyphonic Spree est de rendre heureux une foule entière au même moment. Et ça, c'est déjà beaucoup.
The Wedding Present : voyage intersidéral au pays de la pop cactus bruitiste.
Le concert le plus hargneux fut signé par The Wedding Present, galvanisé par l’accueil très chaleureux de la foule et par un batteur différent de celui qui avait officié au festival de Sédières. Boosté par un bon groupe, toujours aussi virulent avec sa guitare, alternant les caresses et les gifles sur son micro, David Gedge nous a tout simplement emmené jouer avec lui sur sa Flying saucer pour rejoindre la Queen of outer space… Ah que c’est bon un voyage intersidéral au pays de la pop cactus bruitiste avec le Wedding Present ! Avec un répertoire en acier trempé comme le sien (dans lequel le dernier opus - Take fountain - ne fait pas tâche, bien au contraire !) interprété énergiquement, on ne voit pas comment on pourrait résister aux charmes de ce groupe à part…
The National : intense et captivant.
Programmé beaucoup trop tardivement, à 2 h 30 du matin, The National a néanmoins réussi à tirer son épingle du jeu en délivrant un set intense et captivant. Même si les membres du groupe, et particulièrement le chanteur Matt Berninger, semblaient très tendus sur le premier morceau (à cause du déferlement médiatique inhérent à la Route du Rock, à la captation du concert et à l’horaire), par la suite, le quintet américain a prouvé son immense savoir faire scénique, avec un set dans la veine de celui donné à Sédières un mois plus tôt. Mais en moins décontracté et souriant. The National n’est jamais aussi impressionnant que dans une petite salle, mais semble sur la bonne voie pour passer dans la catégorie scénique supérieure… A suivre.
Les révélations :
Sébastien Schuller : magique...
Dans un Palais du Grand Large unanimement sous le charme, Sébastien Schuller a donné un concert qu’on pourrait sans exagérer qualifier de « magique ». Le discret songwriter a présenté son sublime album entouré par un groupe aussi fin que la musique de son leader le méritait. L’univers mélancolique et planant (on pense à Radiohead et à Sigur Ros) de l’auteur d’ Happiness est illustré sur scène par de superbes projections, simples, marquantes et perturbantes (c'est-à-dire à des années lumière de celles choisies par Mercury Rev, nous y reviendrons). La voix sidérante de beauté - et sur le fil du rasoir - de Sébastien Shuller, ses interventions aux claviers et à la guitare font le reste. A la fin, l’assistance semble être sur un petit nuage. C’est rare, très rare des concerts de cette qualité…
Mus : un concert envoûtant.
Juste avant Sébastien Shuller, le groupe espagnol Mus avait fait forte impression avec sa musique entre pop, folk des Asturies et post rock. Ils disent préférer le studio aux concerts mais être quand même contents d’être là, ouf ! Nous aussi, on est plutôt contents d’être là à écouter quasi religieusement les morceaux portés par la voix troublante de la chanteuse de Mus et les musiques aussi aériennes qu’émouvantes. Sur scène, on ne peut pas dire que Mus soit très sexy ou festif mais les ambiances irrésistiblement prenantes distillées à longueur de morceaux valent à elles seules le détour. Ce groupe - qui a signé chez Acuarela le très bel album Divina Lluz - permet de voyager agréablement au pays de la mélancolie.
The Organ : à suivre !
Jouer en plein jour à 19h devant une foule attendant impatiemment les Cure n’a rien de facile. Mais, grâce aux bons morceaux de leur album Grab that gun, les cinq membres de The Organ ont placé la soirée sur de bons rails, tout en recueillant des applaudissements nourris. Il faut dire que à l’instar du clip de Boys don’t cry où les membres de Cure sont remplacés par des enfants, on a l’impression de voir un groupe de filles jouant à être les Cure (les guitares, l’orgue et le son général), avec une chanteuse faisant une fixation sur Morrissey. Pourtant, The Organ ne se limite pas à ça, malgré les références très présentes. Car les titres sont efficaces et font de l’effet, tout simplement. Et ce malgré une présence scénique très faible : un premier concert en France devant 12000 personnes, ça impressionne, c’est tout à fait normal. Cela étant dit, pourquoi bouder son plaisir et snober ses jeunes filles prometteuses aux allures garçonnes ? On réécoutera leur disque avec plaisir, tout en espérant les revoir très vite dans un lieu plus adapté.
Art Brut : une Artbrutmania sous peu ?
Ah, le groupe réjouissant que voilà ! Décomplexé, énervé, minimaliste, gravement enthousiaste, punk, rock et pop, Art Brut semble s’être formé pour plusieurs choses essentielles. Tout d’abord, réveiller le festivalier alangui. Ensuite, déclencher des émeutes. Puis, carrément donner envie de courir droit dans le mur. Enfin, provoquer de purs moments de rock ‘n roll jouissifs. Vous l’aurez compris, cette bande de petits garnements au nom osé, possède tous les atouts en main pour déclencher une Artbrutmania sous peu. Leur album s’intitule Bang, bang rock ‘n roll…
Alamo Race Track : percutant et plein de conviction…
Comme un mois plut tôt en Corrèze en compagnie de The National et The Wedding Present, Alamo Race Track a donné un concert percutant et plein de conviction… Certains ne goûtent guère ce groupe signé chez Fargo car il détonne dans le catalogue du label français ; pas de country folk US ici, mais plutôt un pop/rock racé à l’inspiration variée (comme le prouve l'écoute attentive de leur premier album Birds at home). Le combo hollandais s’y entend parfaitement pour créer des ambiances entre post punk à la Joy Division et rock à la Doors grâce à l’organe vocal très marquant du leader du groupe. Notre homme tutoie Ian Curtis et Jim Morrison avec une facilité déconcertante. Comme son groupe ferraille de manière infernale derrière lui, il faut vraiment être de mauvaise foi pour ne pas se laisser saisir par la musique d’Alamo Race Track.
Boom Bip : on ne sait plus où donner de la tête...
Entre organique et électronique, jazz, pop et rock et avec un fort goût pour les expérimentations tous azimuts, Boom Bip est un groupe promis à un bel avenir… Certes, au premier abord, il peut être difficile de pénétrer dans l’univers de certains morceaux ; mais avec un minimum de patience, ils permettent pour la plupart de partir dangereusement en vrille. Plongé dans le tourbillon des idées du leader de ce groupe bizarroïde – Bryan Hollon –, l’auditeur ne sait plus où donner de la tête. Il faut vraiment avoir le cœur bien accroché ! Et c’est très bien comme ça. A revoir plus longuement…
Maxïmo Park : des hits efficaces et remuants.
C’est la première fois qu’ils jouent à la lumière du soleil, et ils se sentent comme des vampires, déclare le chanteur de ce combo rock signé chez Warp Records… Au vu de ce concert brut et sans fioritures, Maxïmo Park a tout pour continuer à rester en pleine lumière encore quelque temps. Si les chansons du groupe anglais puisent allégrement leur inspiration dans le post punk, la manière percutante avec laquelle elles sont troussées leur donne des airs de tubes en puissance. Et il est bien difficile de rester de marbre devant un tel déferlement de hits remuants. Car ils sont interprétés par un groupe peu visuel mais très efficace, et sont chantés par un frontman très à l’aise. Malgré un look inquiétant de prof d’anglais limite psychopathe (cette mèche, quand même !), le chanteur de ce combo a pour lui, une belle voix grave, un enthousiasme communicatif, une propension hallucinante à tenir des propos farfelus, sans oublier l’essentiel : une surprenante faculté à sauter en l’air en faisant un grand écart (comme le leader des divins Hives)… A suivre donc.
Les déceptions :
Daniel Johnston : see you soon...
L’annulation du concert de Daniel Johnston est bien évidemment la plus grosse déception de cette Route du Rock 2005… On se faisait une joie de le revoir sur scène après son concert extrêmement touchant donné au Café de la Danse en juin. Las, la maladie mentale dont souffre depuis longtemps le songwriter en apesanteur s’est à nouveau manifestée, le privant (et nous par là même) d’un tournée des festivals d’été qui auraient pu lui montrer, une fois de plus, tout l’amour que son public ressent pour lui.
Colder : froid et sans aspérités.
On n’a vraiment rien contre le groupe français Colder, mais il faut avouer que sa musique ne nous a guère emballés. Pourtant, avec un peu plus de conviction et d’originalité, cela pourrait éventuellement marcher ; mais la prestation du groupe de Marc N’Guyen Tan à Saint-Malo manquait cruellement de ces qualités…
Sonic Youth : bonnes vacances !
Un groupe en vacances. Voilà ce qu’il nous a semblé en assistant au set un peu mou du genou - et beaucoup moins nerveux qu’à Rock en Seine 2004 et aux Eurocks 2005 - donné par Sonic Youth à la Route du Rock. Même si l’on était quand même assez loin du concert totalement raté, on a connu les vétérans de la scène alternative en bien meilleure forme, et c’est un euphémisme ! Un groupe qui se veut expérimental et qui sert la même set list à deux mois d’écart (sans montrer la même conviction en plus), c’est un tantinet décevant, non ? Il y eut malgré tout de bons moments de bruit organisé et de bons morceaux… Mais la trop longue fin bruitiste (et sans inspiration) ne fit que confirmer les premières impressions. Sonic Youth n’était pas dans un très grand jour ou avait la tête ailleurs. Ça arrive aux meilleurs. La preuve…
Mercury Rev : et la sobriété, bordel !
Le concert de Mercury Rev fut sans doute le plus controversé et le plus unanimement brocardé de tout le festival. La musique du groupe des Catskills Mountains n’a pourtant toujours rien à voir avec le rock progressif ignoble que servaient quantité de groupes épuisants dans les années 70, 80 et 90 (pour prétendre ça, il faut vraiment être un sinistre binoclard déversant son savoir baveux dans les Inrocks). Toutefois, il faut avouer que Mercury Rev donne le bâton pour se faire battre en prenant une direction fort discutable sur sa nouvelle tournée. Des projections ridiculissimes (des oiseaux qui volent au ralenti, des dauphins qui nagent - au ralenti toujours… -, ce type de banalités) agrémentés de slogans risibles au possible (« Sois toi-même », « L’amour est le plus grand des pouvoirs. », ce genre de conneries cliché ! Non mais de qui se moque-t-on ? Ils ont recopié les leitmotivs de la secte de scientologie ou quoi ?), avec en plus une attitude par trop grandiloquente de Jonathan Donahue. Cela fait quand même beaucoup pour un seul groupe ! Pourtant, il reste bien l’essentiel : des morceaux magiques et planants de pop panoramique (extraits de Deserter’s songs, All is dream et The secret migration), chantés admirablement et joués avec mæstria par des musiciens au faîte de leur art. Quelqu’un pourrait-il seulement leur dire de se présenter sur scène de manière plus sobre ? Cela ferait le plus grand bien à nos chers Mercury Rev…
Après trois jours assez idylliques passés dans les environs de Saint-Malo pour la Route du Rock quinzième du nom, on a désormais une petite idée derrière la tête en ce qui concerne notre week-end du 15 août 2006… Un voyage au fort de Saint-Père parait être la meilleure des solutions pour passer à nouveau quelques jours de « Sea, sex & rock ‘n roll » entre jeunes gens amoureux de la pop et affiliés. A cette époque, vous connaissez un autre festival à taille relativement humaine permettant de découvrir des jeunes pousses prometteuses, puis de se délecter des prestations de têtes d’affiche de qualité ? Nous non.
The Organ, Colder, The Raveonettes, The Cure, !!! (route du Rock 2005) - 13 août 2005 - Fort de Saint Père - St Malo: Un week-end qui se libère au dernier moment, Sonic Youth et The Cure en tête d'affiche, il n'en a pas fallu plus pour que je me métamorphose en mouette et prenne mon envol vers l'Ouest et la Route du Rock. Le lieu est plutôt agréable. La grande court centrale d'un fort. Une scène à l'une des extrémités. Des stands de bouffe et de bière tout autour. .../...
Un week-end qui se libère au dernier moment, Sonic Youth et The Cure en tête d’affiche, il n’en a pas fallu plus pour que je me métamorphose en mouette et prenne mon envol vers l’Ouest et la Route du Rock. Le lieu est plutôt agréable. La grande court centrale d’un fort. Une scène à l’une des extrémités. Des stands de bouffe et de bière tout autour. Ca fonctionne avec des jetons. 2,3 euros, le jeton. Une barquette de frites ou une bière = un jeton. On trouve aussi une tente pour les dédicaces et une autre où on vend des disques et où quelques associations ont posé leurs fesses et leurs projets.
Autant le dire de suite, mon impression sur les deux jours (samedi et dimanche) est plutôt mitigée. Peu de bons groupes et peu de bonnes chansons et pour l’ambiance générale, ce n’était pas non plus folichon. Trop de flicage.
The Organ : têtes de morts
Je n’avais encore jamais vu un groupe avec aussi peu de présence. Même à Auschwitz, sur le quai des arrivées, il devait y avoir plus d’ambiance. Il n’y a qu’une horreur comme Oasis pour rivaliser avec un tel degré de vacuité et d’absence d’originalité.
C’est affreux. On devrait peut-être me pendre pour écrire de telles choses. Oser parler d’Oasis !
Bon, elles sont cinq, canadiennes, de Vancouver. J’ai dû aller sur leur site pour vérifier que l’endive qui tenait le micro était une fille comme les quatre autres. Elle s’appelle Katie Sketch et reconnaît l’influence de Cure, des Smiths et de Joy Division. Elle aime bien aussi Interpol. Ca s’entend, je n’ai même entendu que ça. Et je n’ai vu ni cœur, ni âme dans leur performance. On aurait dit des créatures sous hypnoses. La guitariste, par exemple, gardait le regard fixe, perdu loin devant elle, très belle dans son isolement. Pendant ce temps, ses doigts se déplaçaient seuls sur son instrument comme mus par leur propre instinct de doigts. Tout n’est donc pas à jeter, loin de là, mais pourquoi programmer une telle formation dans un festival ? Sous le soleil. Elles auraient tellement été mieux à leur place au Congrès international des suicidés anonymes à Deuil la Barre.
Colder : trophistiqués
Curieusement, Colder a réchauffé l’ambiance. Les Français évoluent dans un univers cold-wave proche de The Organ, mais eux ont le double mérite d’être vivants et de faire preuve d’audace. Ils sont contents d’être là et de jouer ce qui me rassure sur ma fonction de spectateur. Ils sont quatre, basse, guitare, batterie, plus Marc Nguyen, le chanteur, principal compositeur, qui envoie aussi des parties enregistrées depuis un synthétiseurs.
Leur musique est tout sauf un décalque de leurs influences. Mais je n’ai pas non plus été emballés. Les compositions sont soit trop compliquées, soit trop simplistes (Silicon Sexy, Downtown) dans un espèce de parti pris dandy qui nous éloigne de l’énergie primale que peut transmettre la musique.
The Raveonettes : l’immobilisme dans la continuité
Simpliste, primale, primaire, la musique des Raveonettes l’est sans aucun doute. C’est même revendiqué. Sur deux de leurs disques, Chain gang of love et Whip it on, les Danois avaient clairement affiché que toutes les chansons avaient été composées avec un seul accord, « recorded in Bb major ». Et donc en concert, on a l’impression d’entendre une seule et même chanson, plutôt plaisante, du rock’n’roll dans la veine noisy des Jesus and Mary Chain. On sait, où l’on va, nulle part, mais c’est efficace, parfait pour un public de festival. Le son est bien lourd avec trois guitares puisque le duo d’origine, Sune rose Wagner et Sharin Foo, un brun et une blonde, s’est mué en quintette pour ce concert (ce qui nous donne trois guitares, une basse et une batterie).
The Cure : deux heures et quart avec Robert
The Cure a longtemps été lui aussi un quintette ces dernières années, mais c’est en quartette que le Cure 2005 se produit. Perry Bamonte et Roger O’Donnel sont partis, le guitariste Porl Thompson est revenu. Moins de synthés, un peu plus de guitares. Le son n’en est pas plus léger pour autant. Beaucoup de reverb dans les six cordes, comme dans la voix et l’impression d’un Robert Smith devenu vieille tragédienne.
Mais bon, il nous en a mis quand même une sacrée dose puisant dans l’ensemble de sa discographie, à peu d’exception (pas de morceaux de Seventeen Seconds, ni de Japanese Whispers) : Plainsong, Open, Shake Dog Shake, Disintegration, Fascination Street, Lullabye, From the edge of the deep green sea, Siamese twins, Play for today, Push, At night, One hundred years, Never Enough, Cut, End, A forest, 10 :15 Saturday night, Boys don’t cry. Cette liste ne contient que les morceaux que j’ai pu identifier. Ils ont aussi interprété des chansons de leurs derniers albums, mais j’avoue que depuis l’album Wish(1992), j’ai fait l’impasse sur les travaux de Cure.
A noter : The Cure a dû remporter le concours du groupe ayant le plus grand nombre de tee-shirts à son effigie dans le public.
!!!: du bon usage de la drogue chez les musiciens
De mauvaises langues, bien renseignées, ont prétendu que les !!! étaient chargés de cocaïne au moment de monter sur scène. Deux heures avant, ils étaient encore en train de dormir.
Cocaïne ou don du ciel, ce concert fut sans nul doute le meilleur du week-end. Sur disque, les New-Yorkais ont tendance à m’endormir par la longueur et la répétitivité de leurs morceaux, mais là, au fort de Saint-Père, ils étaient totalement survoltés.
A huit sur scène, avec cuivres, percussions, leur disco-punk a provoqué une parfaite explosion de tous les sens après les humeurs noires accumulées pendant les sets précédents. Take ecstasy with me, comme en témoigne leur dernier titre paru, leur musique est un appel à tous les relâchements et cette nuit elle causa les pires dégâts sous les tentes du camping, ainsi que sur scène où, plusieurs mouettes, éperdues d’amour pour le chanteur et son short, sont venus s’écraser autour de Nic Offer. Une belle orgie.
Overhead + The Raveonettes - 15 mai 2003 - Le Botanique, Bruxelles Salut à tous,
retour au Bota une semaine après le grand ramonesage de tympans à la sauce punk, cette fois-ci en charmante compagnie puisque Claire et Mélanie ont décidé ce soir d'envoyer bouler Chopin et Beethoven pour plonger dans le grand chaudron rock... Chapeau mesdemoiselles !
20h, il n'y a presque personne alors qu'Overhead prend place .../...
Salut à tous,
retour au Bota une semaine après le grand ramonesage de tympans à la sauce punk, cette fois-ci en charmante compagnie puisque Claire et Mélanie ont décidé ce soir d'envoyer bouler Chopin et Beethoven pour plonger dans le grand chaudron rock... Chapeau mesdemoiselles !
20h, il n'y a presque personne alors qu'Overhead prend place sur scène. Une séance de roulage sous les yeux bienveillants du molosse qui garde la porte d'entrée plus tard et le concert commence, avec lui la douce caresse mélodique de ces quatre jeunes français aussi. Dommage que le public soit venu si peu nombreux découvrir cette musique teintée de Buckley, de Radiohead et de Led Zep façon The rain song. Un bassiste bien dans le ton, qui nous a offert des milliards de plans ; le batteur et le deuxième gratteux corrects. Le chanteur est pas mal, avec une voix un peu à la Saybia. Il m'a fait triper, le con, à avoir les même basket jaunes que moi ! Je l'ai quand même trouvé un peu juste niveau voix, ne retrouvant pas la pureté ni le timbre cristallin de l'album. Le début du concert le fait bien, avec de bonnes montées d'ambiance ; les versions proposées s'éloignent peu ou prou de l'album et durent bien. Le public, au départ dubitatif (attention, je n'ai pas dit éjaculateur précoce), commence à apprécier nos quatre amis. D'après ce que je vois, quelques connaisseurs ont eu le bon goût de venir comme moi accompagnés de jolies filles, ce qui ne gâche rien. Cependant, au bout d'une demi-heure de concert, je commence à sentir un peu de lassitude. Si le groupe est bien au point musicalement et maîtrise bien les effets, divers et variés, qui composent le background sonore de leurs morceaux, la communication avec le public n'est pas vraiment leur fort. D'accord, ce dernier était plus que clairsemé, mais quand même, je l'ai senti prêt à s'enthousiasmer à condition d'y être un peu aidé. Làs, Overhead est agréable à écouter mais les musiciens sortent rarement de leur trip pour partager avec l'auditoire et j'ai eu l'impression qu'ils jouaient leur musique avant tout pour eux. La performance scénique m'a laissé sur ma faim, malgré un bon son (mis à part une basse un peu saturée) et une bonne maîtrise technique globale. Malgré tout, courrez acheter leur album et écoutez-le en boucle, ça vous fera du bien (surtout toi Nobs!)
Une demi-heure plus tard, changement radical d'ambiance pour la tête d'affiche de la soirée, The Raveonettes, quatuor danois passé par Manchester. Salle bondée, où tous les anglophones de Bruxelles semblent s'être donné rendez-vous. Après la quiétude paisible d'Overhead, le volume semble bien avoir décuplé, de même que l'énergie contenue dans les chansons. Le style est un peu bizarre et en tout cas c'est difficile d'accrocher dès les deux-trois premières chansons. Il faut d'abord comprendre la philosophie de nos amis vikings - garage avec que des chansons en si mineur - et se laisser aller au rythme de leurs riffs de déménageurs. A la fin de la première chanson, je comprends vite que c'est un peu trop violent et trop fort pour les filles, qui s'éclipseront finalement à la fin du quatrième morceaux. C'est vrai que le son est très agressif et que les basses ont de méchants airs de ce qui se fait dans la fosse à Bercy, au moins au début du concert. Ca ira mieux sur la fin. Tout l'album défile (facile, il dure 26 minutes et compte 8 chansons) plus quelques inédits qui sortiront sur le prochain opus. Un heure de concert plus tard, rappel compris, on retient le look du groupe, le chant bizarre à base de double voix chanteuse (qui joue de la basse aussi, respect!) - chanteur et le jeu de scène du guitariste qui se donne bien. Quant à la musique, comme je l'ai dit plus haut, on aime ou on aime pas, c'est ça l'avant garde. Réagir à cette critique