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|  | Sigur Ros, Tindersticks, Girls In Hawaii, Poni Hoax, The Breeders, Why ?, No Age, The Notwist, Adam Kesher, French Cowboy, The Ting Tings, The Do, The War On Drugs, Pivot, Menomena, Midnight Juggernauts (La Route du Rock 2008) - 14,15,16 août 2008 - Fort de Saint-Père, Saint-Malo 
Très bonne édition de la Route du Rock 2008, un "petit" festival qui - après une période difficile cette année - semble reparti du bon pied grâce à une programmation classieuse et l'abandon de la chasse aux têtes d'affiche ultra coûteuses type Smashing Pumpkins... Avec 15 000 spectateurs répartis sur trois jours de festivités, la Route du .../...
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Très bonne édition de la Route du Rock 2008, un "petit" festival qui - après une période difficile cette année - semble reparti du bon pied grâce à une programmation classieuse et l'abandon de la chasse aux têtes d'affiche ultra coûteuses type Smashing Pumpkins... Avec 15 000 spectateurs répartis sur trois jours de festivités, la Route du Rock a gagné le droit de revenir l'année prochaine, une très bonne nouvelle !

The War On Drugs
C'est sous une pluie battante que commence le festival au fort de Saint-Père , le jeudi 14 août. Les Américains de The War On Drugs font très bonne impression avec le mélange complètement fou et barré qu'ils concoctent avec passion... C'est à la fois pop, folk et rock, c'est très frais et cela donne envie de revoir ce groupe sur une scène plus petite.

The Do
Juste après, The Do fait - comme d'habitude - un carton avec sa musique entrainante, épicée et échevelée. Un peu plus de sobriété dans la gestuelle du bassiste/organiste ne gênerait pas, mais c'est là le seul défaut qu'on puisse trouver à ce réjouissant duo franco finlandais !

Tindersticks
De défaut, on n'en trouvera pas à la prestation impeccable des Tindersticks, en forme et magistralement renforcés par une section de cordes et de cuivres. La classe effarante de Stuart Staples et de ses acolytes transparait à travers chaque composition interprétée devant une public ultra respectueux. Un moment magique donc, à prolonger en écoutant le dernier disque en date - The Hungry Saw - et en se préparant à la tournée automnale du groupe anglais...

The Breeders
La soirée se termine pour nous par le concert brouillon et branleur des Breeders : Kim et Kelley Deal semblent ne pas avoir répété depuis des lustres, et c'est ce qui fait leur charme. Quoique... Sur certains morceaux, c'est un véritable massacre : voix fausses, harmonies vocales hors sujet, guitares pas en place. Heureusement que la section rythmique évite au groupe de prendre l'eau, car le naufrage n'est vraiment pas loin. Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, on finit par se réhabituer à l'attitude LO FI ultra dilettante des Breeders et à apprécier ce qui peut l'être : Tipp city, Cannonball, Happiness is a warm gun (une reprise décalée des Beatles) et une flopée de titres punk 'n pop déjantés.

No Age
Après la pluie, le beau temps : c'est en effet sous un soleil radieux que les Américains de No Age ouvrent les hostilités le lendemain - vendredi 15 août - dans un Fort de Saint-Père encore en train de se remplir... Les (remuants) pensionnaires du mythique label Sub Pop font honneur à leurs illustres ainés avec un set épatant convoquant sur scène le meilleur du punk bruitiste, de la pop nerveuse et du rock énervé. C'est fou le bruit qu'on peut faire à deux avec une batterie démoniaque et une guitare électrifiée ! Sorte de rencontre entre Husker Du, Ramones, Nirvana et Neil Young & Crazy Horse, No Age allie avec maestria l'énergie maléfique du punk rock, l'intransigeance de l'expérimental et la candeur de la pop. Chapeau bas !

Why ?
Immédiatement après cet excellent départ, le groupe Why ? offre également une prestation remarquable au public de la Route du Rock. Les quatre musiciens s'attachent en effet à créer un univers entre pop grinçante, rock chaotique et hip hop étrange ; c'est un véritable enchevêtrement de rythmes, de sons et de voix qui aboutit au final à un maelström sonore délicieusement envoutant. La puissance des morceaux - déjà incroyable - est de surcroît renforcée par des textes extrêmement barrés... On ne peut donc qu'apprécier le talent scénique de ce groupe décidément brillant (on se souvient d'un concert génial donné ici même il y a deux ans).

The Notwist
La suite s'avérera d'un superbe niveau également, puisque les très discrets Allemands de The Notwist se lancent dans un set parfait en tous points. La finesse de l'écriture, le subtile équilibre entre distorsion et électronique et l'alchimie entre mélodie et dissonance, tout concourt chez The Notwist à l'obtention de petites merveilles électro pop légèrement bruitistes. Le genre de morceaux insidieux et irrémédiablement accrocheurs qui ne s'oublient pas de sitôt ! Il ne manque chez ce groupe qu'un peu de charisme et de présence scénique pour connaitre un succès plus grand (et mérité).

Sigur Ros
La tête d'affiche du festival - Sigur Ros - a confirmé tous les espoirs placés en elle en attirant un nombreux public et en proposant un set véritablement marquant. Les montées hallucinogènes, les descentes abyssales et les soubresauts soniques qui les accompagnent sont toujours aussi impressionnants et saisissants quand Sigur Ros occupe une scène. Le groupe a néanmoins décidé d'ajouter à cela une facette plus pop sur son dernier album, qui s'accompagne d'une mise en scène très réussie avec canons à confettis et section de cuivres tout de blanc vêtue. On gagne en spectacle ce que l'on perd (un peu) en mystère, mais l'essentiel est là, puisque la magie reste toujours présente aux spectacles en forme de grand messe des taciturnes Islandais.
Pivot
Il se fait déjà tard (1h30) quand le groupe Pivot se lance dans un concert entre électronique ultra dansante et expérimentations rock. Le résultat est aussi réussi qu'intéressant et maintient l'attention, à défaut de déchainer les foules encore sous le charme de Sigur Ros...
Adam Kesher
Le point final à cette soirée très réussie est mis de manière magistrale par les Français d'Adam Kesher, en grande forme malgré l'heure tardive et le froid. Avec leur rock teinté d'électro et de R&B, les six musiciens récents auteurs de l'excellent album Heading For The Hills, Feeling Warm inside ont tous les atouts en main pour faire danser lascivement, pogoter et s'entrechoquer leur public. Tout cela sonne à la fois ultra actuel (Adam Kesher est tout à fait dans la vague électro rock), branché (dans le bon sens du terme) et rock 'n roll (les guitares font franchement plaisir à entendre) : la musique de ce combo doué et sexy en diable est de nature à réconcilier durablement les filles et les garçons, avant de les pousser à se lancer dans des parades amoureuses incontrôlées. Adam Kesher est un groupe à voir absolument sur scène (avant de rentrer se coucher bien accompagné) !

Menomena !
La dernière journée de la Route du Rock 2008 débute avec d'étranges hommes venus de Portland... Ils ont choisi le nom de Menomena ! et leur musique entre électro, funk et punk a de quoi faire devenir hystérique n'importe quel réfractaire à ce style musical. Avec une batterie, un saxophone, une basse et une guitare, les trois extra terrestres de Menomena ! arrivent sans problème à atteindre une sorte de nirvana expérimental, planant et dansant... Une aventure à tenter !

French Cowboy
La prestation enlevée, drôle et pleine de rebondissements de French Cowboy a été sans conteste un des grands moments du festival malouin... Avec un répertoire superbe (entre pop, folk, et rock), une reprise magique d'Amy Winehouse (l'immense Back to black) et un sketch hilarant en chanteur désespéré invitant deux jeunes filles sur scène, on ne peut pas dire que French Cowboy ait laissé une seule seconde de répit au public, véritablement aux anges ! Quel bonheur de constater que le grand retour des Little Rabbits avec un nouveau style soit aussi apprécié... Complices, passionnés et doués, les French Cowboy méritent amplement ce nouveau départ.

Girls In Hawaii
Comme au festival Europavox en juin 2008, le concert des Belges de Girls In Hawaii a permis au groupe de démontrer ses talents de mélodistes et de créateurs d'atmosphères hors pairs. Concentrée, contente d'être là et très en forme au niveau vocal, la troupe présente un joli florilège de sa discographie ne souffrant d'aucune tâche. Le très bon dernier album se taille la part du lion dans une set list de rêve, à la grande joie d'une assistance conquise... A la prochaine !

The Ting Tings
Les suivants à passer sur la scène du Fort de Saint-Père sont les Anglais de The Ting Tings. Leur show ultra carré et professionnel est sans doute un peu trop formaté (on aimerait un peu plus de simplicité et de naturel), mais le résultat est là : on se trémousse au rythme des tubes imparables écrits à la chaine par ce duo percutant et funky. Seul hic : le slow mielleux et ennuyeux placé au milieu d'un concert truffé de bombes pop 'n rock groovy.

Poni Hoax
Grosse sensation peu après, avec la prestation humide (dans tous les sens du terme) et vrillante de Poni Hoax, un groupe français promis à un bel avenir avec sa kyrielle de compositions irrésistibles. En faisant s'entrechoquer à vive allure du Post Punk démoniaque, de la new wave mélodique, du rock énergique et de la pop accrocheuse, cette machine de guerre scénique fait un effet boeuf ; l'on se sent positivement électrisé par la virulence des titres de Poni Hoax (le crachin breton faisant encore plus passer le courant). Le diabolique chanteur et ses vocalises mélangeant les influences de Ian Curtis (Joy Division) et Dave Gahan (Depeche Mode) est l'un des points forts de ce groupe dont la musique se révèle joyeusement malsaine, furieusement sexy et sacrément dansante... A voir !
Midnight Juggernauts
Le festival se termine par une prestation remuante et truffée de tubes planétaires des Midnight Juggernauts. Chaque titre est plus électronico funky que le précédent, tant et si bien qu'on peut parler de best of groove 'n rock pour le show des Australiens. Seul défaut - et il est de taille -, la voix du chanteur principal est très mal assurée ; soit la tournée mondiale a mis a mal ses cordes vocales, soit le travail de l'ingénieur du son en studio a été remarquable (car sur le disque cela sonne très bien). Quoi qu'il en soit, la Route du Rock 2008 se termine sur un concert festif, une belle manière de saluer la bonne nouvelle du jour : il y aura une édition 2009 de ce précieux rassemblement indépendant ! Champagne !
Sites internet : www.laroutedurock.com, www.myspace.com/laroutedurock, http://www.myspace.com/thewarondrugs, http://www.myspace.com/tindersticksofficial, http://www.myspace.com/thebreeders, http://www.myspace.com/nonoage, http://www.myspace.com/whyanticon, www.myspace.com/notwist, www.myspace.com/sigurros, www.myspace.com/pivotpivot, www.myspace.com/adamkesher.
Photos : F. Villemin (www.tasteofindie.com www.froggydelight.com) sauf Pony Hoax (photo par Vincent Moreau, www.zeroflash.net)
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|  | Neil Young, Gossip, Grinderman, MGMT, Radiohead, Kings Of Leon, Jay-Z, Gnarls Barkley, The Raveonettes, Jose Gonzales, Yeasayer, Santogold, Black Mountain, Digitalism, Band Of Horses, Tokyo Police Club, Salomon Burke, Cat Power, Bonnie Prince Billy, Teitur, A Kid Hereafter, Duffy (Roskilde Festival 2008) - 3 au 6 juillet 2008 - Roskilde, Danemark 
Créé en 1971, le festival Roskilde est un des rendez-vous incontournables du circuit européen pour les artistes du monde entier... La raison de ce succès est assez simple : tous les ans, entre 75 000 et 100 000 personnes se pressent chaque jour dans l'enceinte de cet énorme festival. Celui-ci comporte 7 scènes devant lesquelles .../...
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Créé en 1971, le festival Roskilde est un des rendez-vous incontournables du circuit européen pour les artistes du monde entier... La raison de ce succès est assez simple : tous les ans, entre 75 000 et 100 000 personnes se pressent chaque jour dans l'enceinte de cet énorme festival. Celui-ci comporte 7 scènes devant lesquelles l'ambiance - ultra festive, très bon enfant et franchement familiale - est un véritable must... Avec pareille réserve de public, il est "facile" de se payer des têtes d'affiche d'envergure mondiale comme Radiohead, Neil Young, Jay-Z, My Bloody Valentine ou les Chemical Brothers, ce qui contribue à la renommée de ce grand raout estival. Les fans de musique venus de l'Europe entière s'acquittent sans broncher de la somme de 200 euros pour rester pendant 4 jours dans une véritable ville accueillant en parallèle des concerts (dans tous les styles possibles), un cinéma, une boite de nuit, un skate park, une cathédrale de silence, une patinoire, un lac pour nager, un lac pour pêcher, des plages, des supermarchés, une gare et - bien sûr - d'immenses campings.

Sorte de mélange réussi entre les festivals de Glastonbury en Angleterre (le gigantisme et le temps, souvent pluvieux), Benicassim en Espagne (la programmation indie pop rock classe, le rassemblement de gens beaux, en bonne santé et pas exactement dans le besoin ) et les Vieilles Charrues en Bretagne (pour l'ambiance de fête intergénérationelle et un mélange des genres assez audacieux entre pop consensuelle danoise, têtes d'affiche internationales classieuses - electro/pop/rock/soul - ou heavy metal daté : Judas Priest), le Roskilde Festival permet de se plonger quatre jours durant dans un incroyable bain de foule en écoutant en bonne compagnie - ah, le charme des Danoises ! - les meilleurs groupes du monde. Retour sur un week end musical de rêve au pays des gentils Vikings...

Jeudi 3 juillet :
Les choses sérieuses commencent dès le premier jour puisque les superstars de Radiohead sont attendues sur la scène Orange à 22 heures pétantes... La foule déjà très compacte (67 000 spectateurs ont acheté un forfait 4 jours, plus les bénévoles, les invités etc etc) n'a pas de soucis à se faire pour patienter avant les Anglais : la programmation est copieuse.

Duffy
C'est donc un véritable ras de marée humain qui s'abat vers 18h sur la Roskilde Arena - un chapiteau de la taille d'un zénith situé à l'entrée du site . Impossible d'approcher de la scène, mais ça ne fait rien, c'est la très "variété soul" Duffy qui officie sur les planches. Pas de quoi fouetter un chat...

Juste le temps de déguster une bière Tuborg (sponsor du festival), de découvrir un peu le gigantesque site, ses immenses allées peuplées d'une foule bigarrée (jeunes, moins jeunes, personnes vraiment âgées, handicapés, parents avec bébé... ) et la propension des Danois à uriner absolument sans aucune gêne partout (quel que soit leur sexe !), et l'on se retrouve devant la monumentale scène orange placée devant un site grand comme deux terrains de foot...

Teitur
C'est une des vedettes locales, le songwriter pop folk Teitur, qui joue sur scène, et il fait un triomphe. Son répertoire inégal comporte de belles réussites, mais le lieu semble quand même un peu grand pour ses petites chansons intimistes, même s'il est accompagné d'un groupe complet. Sa prestation au festival Europavox en 2006, dans un lieu beaucoup plus petit il est vrai, était plus marquante.

MGMT
Il est déjà temps de rejoindre le Roskilde Odeon - un chapiteau de grande taille - pour assister à la prestation très attendue des New Yorkais de MGMT. Entourés par un groupe au taquet, les deux protagonistes du groupe se mettent le public dans la poche en deux temps trois mouvements avec leur mix sexy entre pop, rock, psychédélisme, funk et electro. Habillé comme un shaman croisé avec Keith Richards, le chanteur/guitariste varie admirablement les ambiances délivrées par sa voix malléable à l'envi. Les hits se succèdent à un rythme soutenu (Time to pretend, Electric feel, Week end wars, Pieces of what, The Youth et le génial Kids en final triomphal), et ils sont entrecoupés par des parties plus psychédéliques de nature à faire planer dans de hautes sphères. Et l'on commence à se dire que Roskilde, quand il ne pleut pas, c'est le paradis sur terre : MGMT en grande forme sur scène, de la bière de bonne qualité, un soleil radieux, des top models partout (une véritable torture, d'autant qu'elles ont souvent les seins gonflés par le désir de vivre... ), une ambiance "peace and love" facon Woodstock...

Gossip
Après ce très bon moment, se pose le premier dilemme du festival : faire la queue pour renter dans le mosh pit protégé (pour éviter les mouvements de foule et les drames comme celui de 2000 : 8 morts) afin de voir une énième fois Radiohead ou assister à la prestation des démoniaques Gossip. Notre sang ne fait qu'un tour : Radiohead a un peu tendance à nous fatiguer avec ses côtés sérieux, moralisateurs et mercantiles, direction l'Odeon pour Gossip donc. Dès les premières secondes du show, on s'autofélicite : Beth Ditto et son armada punk funk démontrent devant nos yeux et nos oreilles ébahis une propension à électriser n'importe quel auditoire ! Entre punk diabolique, soul à la Janis Joplin, rock bruitiste et electro dance hédoniste, Gossip en met plein la vue aux festivaliers, totalement ravis... Cette femme au physique hors norme possède un don unique pour communiquer sa foi en sa musique et faire partager aussi bien ses idées pro homos que ses douloureuses peines de coeur. Devant pareille démonstration, on a souvent très envie de la serrer fort dans nos bras pour la réconforter et la remercier, quand on ne pense pas à bouger son corps comme un petit hystérique. Et l'on n'est pas le seul à être enthousiaste : les tubes du groupe sont accueillis de manière hyper enthousiaste par la foule, qui n'en revient pas d'assister à pareille fiesta sonique : Yr mangled heart, Standing in the way of control, Heavy kross etc etc. Si Beth Ditto est une performeuse de génie, l'excellent guitariste, la puissante batteuse et le furieux bassiste/clavieriste ne sont pas étrangers non plus au succès retentissant de cet hallucinant show. Désolée que le public ne puisse assister au concert de Radiohead - qui a commencé - Beth se lance au cours du live de Gossip dans une reprise a capella drolatique de Creep.

Radiohead
Après cette prestation positivement remuante, le show calibré et lointain de Radiohead dégage un léger sentiment d'ennui, malgré la qualité des morceaux interprétés et l'impressionnant light show. Pas sûr que ces gens là croient toujours en ce qu'ils font... Les quelques mots bredouillés par Thom Yorke accréditent d'ailleurs cette thèse : ils sonnent faux et distants après les incantations poignantes de Gossip, qui restera comme le point culminant de cette première soirée de feu au festival Roskilde.

Vendredi 4 juillet :
La journée du vendredi au festival Roskilde est un bon exemple de ce que peut offrir ce festival : une flopée de groupes "découvertes" ou non consensuels accueillis comme des héros par un public en liesse. Un exemple : Nick Cave et son projet rock bruitiste Grinderman a droit au même accueil que Radiohead sur la grande scène, devant 50 ou 60 000 spectateurs...

Band Of Horses
En ce joli 4 juillet, jour de fête nationale américaine, c'est Band Of Horses qui ouvre le bal devant une foule compacte de 10 000 personnes sous la Roskilde Arena. Désormais superstars, les Américains sont acclamés comme des têtes d'affiche. Tant mieux pour eux, mais leur virage "classic stadium rock" grandiloquent à la U2 n'est pas une excellente idée, à notre humble avis. On préférait, et de loin, le son du premier album, à l'époque de leur passage à la Route du Rock, en 2006 ; il reste néanmoins une voix magistrale et un savoir faire impressionnant pour écrire des chansons qui accrochent l'oreille. Le chanteur en fait malgré tout beaucoup trop... Reste le titre The Funeral, toujours incroyablement émouvant. Et cette phase pleine de bon sens du leader de Band Of Horses : "Vous avez vraiment les plus belles femmes du monde ici !" Bien vu monsieur, il faudrait être aussi clairvoyant pour votre musique...

Gnarls Barkley
Juste après sur la grande scène baignée de soleil, le chanteur de Gnarls Barkley, l'imposant Cee-Lo vante, lui, la qualité irréprochable des poitrines danoises ; on peut être artiste et savoir apprécier des choses simples... Sinon, musicalement parlant Gnarls Barkley emporte l'adhésion grâce au show de Cee- Lo, l'homme à la voix soul en or. Entre deux ou trois blagues salaces et autres facéties, l'impressionnant bonhomme habite littéralement les morceaux écrits par Danger Mouse (planqué à l'orgue sur scène). Attention, malgré le caractère pro et carré du concert, la pop ' n soul sacrément groovy de Gnarls Barkley provoque des sensations de bien être incontrôlées !

Kings Of Leon
Après s'être sustenté avec comme fond musical et visuel lointain le bon concert de Vieux Farka Toure, le fils du légendaire bluesman africain Ali Farka Toure, retour devant la grande scène pour communier avec les quatre fils de prêtre de Kings Of Leon. Toujours impressionnant sur les planches, le combo américain a fait une nouvelle fois preuve de son savoir faire pour lancer une folle cavalcade rock 'n roll à base de tubes aussi accrocheurs et rugueux qu'authentiques et crasseux... Au programme, entre autres : Molly's Chambers, On Call, My Party et Charmer en rugissant final, plus de nouveaux morceaux prometteurs. Le tout envoyé en serrant les dents (allez, un petit sourire les gars !), pied au plancher et avec une énergie et une virulence inégalables. Malgré une petite baisse de régime en milieu de set, les Kings Of Leon ont prouvé sur la scène de Roskilde qu'ils formaient une machine de guerre scénique inattaquable. Leurs armes : batterie implacable, basse reptilienne, guitares tranchantes et chant volcanique... La Classe !

Santogold
Il est temps maintenant de faire bouger son popotin au son des pop songs épicées de l'Américaine Santogold, auteure d'un premier album de nature à illuminer une journée entière . Malgré la très faible durée de son set et ses propos un peu trop niais entre les morceaux (on croirait presque entendre cette endive de Celine Dion), la très en forme chanteuse a fait une éclatante démonstration de ses talents pour mixer dans sa centrifugeuse sonique electro, pop, R&B, reggae, soul, world et rock. C'est frais, explosif et roboratif, aucun doute là dessus ! Et le public chauffé à blanc de la Cosmopol (encore un immense chapiteau) l'a bien compris : il s'est lancé dans force danses groovy.

Grinderman
Place maintenant au plat de résistance de la soirée avec le show tétanisant de Grinderman, le nouveau groupe rock bruitiste de l'immense Nick Cave. Arpentant la monumentale scène comme un lion en cage à la recherche de sexe, notre homme et ses trois musiciens (une section rythmique en acier trempé et l'homme des cavernes complétement fou Warren Ellis au violon, à la mini guitare fuzz/wah wah et aux percussions diaboliques) ont littéralement brulé les planches avec un set en forme de boulet de canon bruyant, violent et dissonnant. Les imprécations du prêcheur avec de nombreuses idées derrière la tête (baiser à tout prix, se comporter comme un fou dangereux), ses embardées guitaristiques vrillantes et l'infernal vacarme de ses acolytes électrocutent le public sur place, sans le tuer, mais en l'irradiant d'une folle envie de tout casser... Avec entre autres Get it On, No Pussy Blues, Love Bomb, Go tell the Women et un nouveau titre des Bad Seeds en rappel, on peut vraiment dire que le public en a eu pour son argent avec le freakshow rock ' roll de Grinderman !
Yeayayer
Le périple nocturne se termine (pour nous) avec le très joli concert des Américains de Yeayayer sous le Pavillon, un chapiteau un peu plus petit que les autres et du coup plus convivial. Ravi de jouer au Danemark le jour de leur fête nationale, partant pour démontrer au public les immenses qualités de leur répertoire sautillant et aérien (cf l'album All Hour Cymbals), le groupe propose un set rafraîchissant, tourbillonnant et marquant. Les voix célestes, les harmonies vocales ultra pop, les guitares sidérantes et les rythmiques intenables s'unissent pour créer une pop world psychédélique et dansante. A voir absolument sur scène !
Samedi 5 juillet :

The Tings Tings
Illuminée par la prestation remarquable de l'éternel Neil Young (lire la chronique de son inoubliable concert), la journée du samedi 5 juillet fut également riche en bon moments. Dès 12h30, The Tings Tings se font forts de faire bouger le public avec les hits en or massif (Shut up and let me go, That's not my name, Great DJ, Be the one etc etc) présents sur leur très festif album We Started Nothing.

Jose Gonzales
Jose Gonzales, quant à lui, réussit à donner un concert très intimiste dans un chapiteau bondé, enthousiaste et ultra respectueux (merci les Danois)... Sa voix et ses arpèges de guitares magiques ne manquent pas de transpercer le coeur des aficionados de folk pop enchanteresse. Cerise sur le gâteau, les reprises à couper le souffle de The Knife - Heartbeats - et Massive Attack, Teardrops.

Tokyo Police Club
Juste après, les Canadiens de Tokyo Police Club font bonne impression dans un style Strokes énervés et souriants.
Salomon Burke
Un peu plus tard, le grande revue soul de Salomon Burke réchauffe le coeur... Assis sur son trône, entouré par un groupe honnête, l'homme à la voix en or massif interprète les plus grands tubes de la soul avec maestria et professionnalisme. Même si l'on voit bien pourquoi il est là - pour gagner un joli paquet d'argent -, commet il chante admirablement et fait le show entre les morceaux, on repart content d'avoir croisé la route d'un légende vivante de la soul music.

The Raveonettes
Après la fin du set de Neil Young, les Raveonettes font un tabac à domicile devant une véritable marée humaine qui les acclame à chaque occasion. Toujours aussi bon ce groupe danois au regard tourné vers les fifties et les sixties !
Chemical Brothers
Juste après les Chemical Brothers font leur boulot : transformer une immense pelouse en dance floor géant. En pilotage automatique depuis trop longtemps, le duo assure le minimum syndical.
Black Mountain
Pour finir la soirée sur une bonne note, Black Mountain donne un concert d'anthologie avec son heavy rock furieusement psychédélique. Ce groupe là est un ovni noir scintillant dans la nuit... Sa musique métallique, viscérale, planante et ennivrante provoque des hallucinations de fort belle tenue en live (comme sur le disque In The Future) ! Un trip à essayer de toute urgence si vous avez un jour rêvé d'une infernale rencontre entre Pink Floyd et Led Zeppelin...
Dimanche 6 juillet :

A Kid Hereafter
Le festival se termine par une dernière journée pluvieuse, malheureusement. La star locale A Kid Hereafter offre un superbe set facon Mercury Rev/Flamings Lips au nombreux public de l'Astoria (une véritable salle de concert montée de toutes pièces pour le festival !). Bien allumé, le chanteur ressemblant à un savant fou vocalise joliment sur des symphonies pop psyché.

Cat Power
Malheureusement Cat Power et son groupe n'ont pas le même enthousiasme ; Chan Marshall fait le minimum car elle est fatiguée et énervée par la mauvaise qualité du son, son groupe l'accompagne sans conviction. C'est triste de voir ça quand on sait à quel point Cat Power peut nous transporter de joie quand elle est en forme...

Bonnie Prince Billy
Bonnie Prince Billy est, lui, plutôt de bon poil, il blague entre les morceaux, demande des champignons hallucinogènes au public et offre un set - 100% country folk - de bon aloi. On aurait préfèré un concert plus folk rock comme aux Eurockéennes de Belfort 2005, mais Will Oldham n'est pas du genre à transiger : et en ce moment, c'est à fond dans la country ! Donc acte. C'est à cet instant précis que les éléments se déchaînent et que le déluge s'abat sur le festival Roskilde.

Jay-Z
La prestation ultra pro de Jay-Z ne souffre toutefois pas de cet état de fait : le public danois est chaud bouillant même sous l'averse ! Le show mainstream, souriant et énergisant de Jay-Z et de son groupe fonctionne à plein regime : grâce au flow imparable du rappeur américain, à ses tubes interplanétaires et à sa bonne humeur communicative, on oublierait presque le côté consensuel de ce concert best of des familles. Mais il y a là de quoi lever les mains en l'air et passer un bon moment.
Digitalism
Le festival se termine avec une prestation impeccable des électroniciens allemands de Digitalism. Venus en voisins et gonflés à bloc, le deux musiciens s'y entendent parfaitement pour attiser le désir et faire péter les plombs de leur auditoire. A ce niveau, c'est du grand art ! Parfaite conclusion pour un festival de rêve donc. Si l'on est fan des grands festivals, le voyage à Roskilde au Danemark est vivement recommandé...

Sites internet : www.roskilde-festival.dk, www.myspace.com/roskildefestival, www.myspace.com/bandofhorses, www.myspace.com/gnarlsbarkley, www.myspace.com/kingsofleon, www.myspace.com/santogold, www.myspace.com/grinderman, www.myspace.com/josegonzales, www.myspace.com/thetingtings, www.myspace.com/kingsolomonburke, www.myspace.com/blackmountain. Réagir à cette critique |
|  | Foreign Beggars + Yo Majesty + The Ting Tings + Metronomy + Simian Mobile Disco + The Glass (Trans Musicales 2007) - 8 décembre 2007 - Parc des Expos, Rennes 
Après le très bon moment passé à la salle de la Cité avec Candie Payne, Getatchew Mekuria et The Ex, dernier aller retour au Parc des Expos pour ces Trans Musicales de Rennes 2007 bien remplies (The Whip, Tiny Masters Of Today, Dead Kids, Les Vedettes, Papier Tigre, Calvin Harris, South Central, Solange la Frange, Kate Nash, Indigo Moss et .../...
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Après le très bon moment passé à la salle de la Cité avec Candie Payne, Getatchew Mekuria et The Ex, dernier aller retour au Parc des Expos pour ces Trans Musicales de Rennes 2007 bien remplies (The Whip, Tiny Masters Of Today, Dead Kids, Les Vedettes, Papier Tigre, Calvin Harris, South Central, Solange la Frange, Kate Nash, Indigo Moss et The Do, The Heavy, My Federation, French Cowboy, Twisted Charm, The View)… Au menu ce soir, un copieux plateau électronique prevu pour faire danser jusqu’au bout de la nuit…

The Ting Tings :
Des l’arrivée dans le hall 3, le duo mancunien The Ting Tings commence à provoquer des trémoussements inopinés avec son électro pop teintée de hip hop, de R & B… et de folk. A la fois organique et programmée électroniquement, la musique de The Ting Tings est un habile mélange furieusement sexy et dansant. Un batteur, guitariste, choriste et une chanteuse guitariste - habillée comme une star du R&B flirtant avec le porno, qui a dit comme Christina Aguilera ? – créent à quatre mains de petits hymnes remuants, futés et hédonistes… Le tout sonne à la fois funky, lo fi et électronico hip hop grâce à des samples percutants ; le public danse avec le sourire aux lèvres, un peu interloqué par ce groupe vraiment atypique… Et il y a même un tube à retenir : That’s not my name… Un petit conseil aux Ting Tings : évitez de finir par un rappel avec un morceau folk pop intimiste quand on vient de faire danser les gens, car la redescente est un peu dure…
Foreign Beggars :
Juste après, le meilleur concert de la soirée débute sur les chapeaux de roues : Foreign Beggars propose d’entrée de jeu un set impressionnant de maitrise entre hip hop, dub step et human beat box show. Les deux MC (Orifice Vulgatron et Metropolis) ont des flows percutants, les sons envoyés par leur acolyte aux platines sont vrillants, le contact avec le public est très chaleureux : n’en jetez plus, on tient là un concert de très haute tenue. Les morceaux s’enchainent à la vitesse de la lumière, pour le plus grand bonheur d'un hall 4 conquis par l’abattage de Foreign Beggars… Cerise sur le gâteau, la prestation de Shlomo, l’invité beat boxer, laisse tout le monde sur le carreau : avec un ou deux micros et ses cordes vocales magiques, ce gars là réussit à créer des véritables titres à lui tout seul… Foreign Beggars, un nom a retenir.

Metronomy :
C'est maintenant au groupe londonien Metronomy de faire ses preuves sur la scène du hall 3... Et le moins qu'on puisse dire, c'est que cette bande de petits agités s'y entend pour marquer les esprits : titres disco punk ou électro pop bien secoués, présence scénique et mise en scène marquantes (tenues noires avec un rond fluorescent sur le torse pour chaque musicien). En à peine quelques titres, Metronomy éveille le désir et donne envie d'en savoir plus à son sujet... Les fans de sons électroniques, synthéthico rock et discoïdes trouveront sans aucun doute de quoi danser jusqu'au bout de la nuit et finir sur le toit... ou la tête dans les étoiles.

Yo Majesty :
Yo Majesty nous a tout simplement mis la fièvre avec son hip hop ultra salé et hyper virulent... Le rap de ces deux femmes originaires de Tampa en Floride est fait pour remuer son cul en poussant des cris de bêtes sauvages (et en rut !). Beats énervés, flow complètement fous, morceaux agités de soubresauts, attitude belliqueuse, Yo Majesty n'est pas du genre à s'en laisser conter ! Si tu ne danses pas avec la série de claques hip hop que tu prends dans la gueule, c'est tout simplement que tu dois être mort... Au cas où certains seraient un peu endormis (on ne voit pas bien comment, mais bon hein... ) , la plus corpulente des deux rappeuses se charge de réveiller tout le monde avec des chorégraphies torrides, chemise grande ouverte et soutien gorge aux abonnés absents. Yo Majesty sur scène, ça fait l'effet d'un uppercut au foie ou d'un coup de pied dans les couilles... OUCH !
Simian Mobile Disco :
Dans une ambiance très fervente, Simian Mobile Disco a démontré son talent unique pour transformer un immense hall d'aéroport en plus grande discothèque du monde avec ses bidouillages électroniques. James Ford et James Shaw sont bien planqués derrière un light show démoniaque qui permet seulement de deviner leur présence en ombres chinoises. Toujours en train de s'agiter sur leurs machines infernales, les deux savants fous envoient une série de tubes électro pop (présents sur l'album Attack Decay Sustain Release) imparablement remixés pour la scène. Epileptiques, arthrytiques, agoraphobes, rockers trop exclusifs, s'abstenir absolument...
The Glass :
Le prix du meilleur « vilain petit canard » est attribué au chanteur des New Yorkais de The Glass. A moitié (voire complètement ivre mort), celui-ci a essayé de battre le record de conneries et autres jurons adressés au public ou à Daft Punk (« putain de connards de branchés parisiens ») en un seul concert... L'électro pop dansante (parfois proche de Depeche Mode) de The Glass pourrait éventuellement se révéler intéressante et efficace mais tout, ou presque, est ruiné par une attitude je m'en foutiste assez exaspérante. A part les insultes, le public - qui siffle en retour – a le droit de voir ces gens-là se trémousser sur un playback de Bloc Party ou encore faire semblant de jouer de la guitare. Garçon, remettez la même pour ces messieurs s'il vous plait... Comme ça, au moins, ils se casseront plus vite de la scène !
C'est fourbu, mais heureux, qu'on repart des Trans Musicacles de Rennes 2007, le festival breton ayant réservé - comme à son habitude - son lot de précieuses découvertes musicales. Vivement l'édition 2008, pour fêter comme il se doit les 30 ans des Trans !
Photos : Nicolas Joubard (The Ting Tings), Delphine Gallot (Metronomy, Yo Majesty)
Sites internet : www.lestrans.com, www.myspace.com/metronomy, www.myspace.com/thetingtings, www.myspace.com/yomajesty4life, www.myspace.com/foreignbeggars, www.myspace.com/theglass, www.myspace.com/simianmobiledisco.
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