Pionniers du sampling, leur vague sonique est irresistible. Ambiances électro voire ambient ou expérimentales (solo de guitare surprenant, break planants... ), pouvant se durcir pour devenir une grande messe rock indus.
Dernière actu : Dans le cadre de la sortie de leur nouvel album intitulé "Knock on wood" prévue pour le 19 mai 2008, The Young Gods se produira à la Boule Noire en formation acoustique le 28 mai 2008.
Alors d'abord je tiens à dire que toutes les chroniques postées jusqu'ici sur ce festival sont vraiment particulièrement nazes ! Non c'est bon, je plaisante les gars... C'est au contraire un grand plaisir de voir tant de chroniques d'un festival sur ce site ! Je me suis par contre interdit de les lire pour ne pas être influencé (ni humilié et découragé, par exemple par la culture électronique sans failles de Mr. Sami ou par les formules dévastatrices de Mr. Stéphane S... !).
Bref, comme chaque année le dernier festival sympa de la fin d'été se passe à 30 minutes à pied de chez nous, en plein air et au bord de la mer, alors on ne se fait pas prier ! Marsatac, festival à la maturation et à la survie difficile : comme péripétie cette année, les sponsors de rugbymen avaient un temps menacé de monopoliser le J4 pour le remplir de supporters...
Marsatac donc, qui semble avoir trouvé son rythme de programmation, commençant très en amont avec des pré-concerts, et atteignant son apogée sur deux soirées dont une traditionnellement plus rock et l'autre plus hip-hop. Le tout étant entouré de moult DJ branchés de nature à réjouir les plus exigeants (et les plus intellos) des clubbers. Et comme chaque année on ira qu'à une soirée, celle qui nos branche le plus : la première.
A signaler, dans l'après-midi, les liverpuldiens des Dead 60's ont donné un mini show-case à la F--c ; le chanteur Matt Mc Manamon étant en petite forme vocale, ils se sont limités à trois titres, quand même plutôt cool même en version unplugged et sans percus. Evidemment Concertandco était représenté et les a même filmés un peu ! Et puis, apparemment un peu déphasés par leur tournée, ils ont répondu bien gentiment aux questions, nous laissant quand même un peu inquiets d'une possible extinction de voix d'ici ce soir.
A notre arrivée sur le site du J4, petite déception : l'agencement est beaucoup plus "scolaire" que l'an passé, où il avait un charme certain et où un vrai travail de décoration du site avait été réalisé... Là tout est au carré : un chapiteau, un bar, des toilettes, un chapiteau, un bar, etc. L'entrée est aussi moins fonctionnelle et plus embouteillée (digitick.com semblant victime de son succès). Mais enfin la présence de divers bars pas encore trop pris d'assaut, de stands sympas et notamment celui de nos potos de Lollipop (que squatte un Mystic Punk Penguin déjà un peu attaqué), nous remettent dans le droit chemin et la bonne humeur...
Pendant ce temps les Architecture in Helsinki, collectif barjo barbu et mal-nommément australien, met son petit bordel sous le chapiteau dit "Major". On avait pas trop accroché sur album, mais sur scène leur disco-rock s'avère à la fois ludique et plutôt rigolo... et à la longue un peu agaçant quand même, tout comme celui des Scissor Sisters auquel on pense souvent à leur écoute. Festif mais un peu vain peut-être ?
On fait donc le tour du site pour aller voir ce qui se trame sous l'autre chapiteau, dit "Pharo" : un groupe de rock bruyant et chevelu, plaisant et standard appelé Hifiklub (avec un nom pareil on avait pas du tout soupçonné que ça puisse être du rock !) est en train d'y faire parler sa poudre presque garage, sur de jolies animations textuelles faites exprès pour ce soir. C'est très sympa mais en fait c'est déjà fini, dommage...
On retourne donc voir la fin d'Architecture in Helsinki qui met une belle ambiance, le chanteur baragouinant un peu de français entre ses titres enjoués, qui font penser à du Arcade Fire en version funky. Le groupe finit sur son "tube" (ça c'est de l'info non ?) et ça le fait bien ! Toujours pas fan mais leur musique est agréable, plus en tout cas que celle de Swayzak, un de ces nombreux DJ électro austères et qui nous laissent chaque année de marbre, même si celui-ci a par moments un son dûr, quasiment indus'. L'occasion de retourner blaguer entre collègues autour de nos bacs à vinyls préférés.
Mais c'est déjà l'heure de The Divine comedy, groupe du très respecté Neil Hannon qu'on connait assez peu mais qui complètera idéalement notre tournée des crooners anglais, commencée cet été avec Damon Albarn à Belfort, Jarvis Cocker à Paris et même Amy 'Rehab' Winehouse... dans les étoiles. Bref ce garçon à la très jolie voix fait preuve d'un étonnant mimétisme avec un certain David Bowie : étant fan de celui-ci on ne peut donc qu'apprécier celui-là, dont c'est l'unique apparition en France cet été.
Et puis tandis que Damon commence à avoir un peu l'air défraîchi et que Jarvis se laisse également un peu aller, ce type a su garder la classe brit-pop 90's ultime : concert en costard-cravate s'il-vous-plaît ! Son répertoire avec cloche et violon évoque agréablement les années 60 et 70, les mélodies sont impeccablement bien troussées même si certaines flirtent parfois avec le kitsch.
Après avoir essayé sans succès de manger quelque chose de bon sur le site (pour moi la tartiflette-de-festival la plus dégueu que j'aie jamais mangé - avec pourtant 14 Eurocks au compteur- et pour Céline, des burritos au goût de carton bouilli), on retourne donc écouter la fin. A la réflexion la voix claire du tout petit Neil Hannon évoque aussi un David Eugene Edwards qui en aurait enfin fini avec ses démons...
On reconnaît par moments ses titres, notamment la chouette Becoming more like Alfie (merci à Neil pour le titre !) et d'autres balades orchestrales. The Divine Comedy termine pertinemment par un titre plus speed, mettant lui aussi une jolie ambiance à défaut d'une vraie émeute : très bon et très classe, à (ré)écouter sans fautes à l'occasion !
Juste pour parler, signalons un passage à Chromeo (en fait c'est Nathan Fake mais au fond on s'en fout), un DJ électro à la musique plus festive et plus dansante, mais qui nous est également passé au dessus ou en dessous de la tête... soit cette musique de branleurs de souris n'a aucun intérêt, soit on n'a plus d'oreilles pour elle.
Ce qui n'est pas le cas de celle des Dead 60's. Si ceux-ci semblent avoir commis un deuxième album assez inégal, voire carrément faiblard, il n'en reste pas moins que leur éponyme et plutôt excellent The Dead 60's avait été une des meilleures surprises de 2005. On reste en outre sur l'excellent souvenir d'une prestation dans la foulée à Saint-Cloud ! Les craintes sur une voix vacillante sont vite dissipées, peu après la traditionnelle sirène de départ et Loaded Gun : chanter à l'air un peu douloureux mais le kid va assurer, c'est sûr, et puis il a un groupe très incisif derrière !
En effet leur deuxième album est nettement plus pop (et moins intéressant), y compris certains titres (pourtant prometteurs) comme Start a War et l'assez embarrassant single Stand Up, même si ces nouvelles chansons sont en partie sauvées par un son plus rock sur scène. On prend quand même bien plus de plaisir à réentendre les dubs de Red Light et A Different Age...
Ou à We get High dont seuls quelques initiées savent qu'elle sera enchaînée sans prévenir avec la toujours excellentissime Riot Radio, évidemment le meilleur moment du concert... mais où beaucoup de gens ont déjà décroché dirait-on ! Suivi de la nouvelle Beat Generation, pas désagréable du tout tout comme l'explosif ska qui la suit, entrecoupé d'un long break instrumental où le chanteur martyrise une cloche. Une fois Stand up expédiée, le groupe finira sur la formidable Return of the Ghost Face Killer, la plus belle horror song depuis Red Right Hand de Nick Cave. Au final pour un groupe ayant seulement un bon et un mauvais album, les Dead 60's ont fait le meilleur concert possible !
Qui n'a cependant atteint à aucun moment la violence évocatrice et poignante des Young Gods, égaux à eux-même, qui sont plus vieux et suisses que jeunes et dieux, mais qui savent toujours déchaîner des tempêtes sous les crânes avec leurs basses telluriques et leurs déchaînements de violence.
Ayant piqué du nez pendant leur dernier concert aux Eurocks (en compagnie de rappeurs un peu soporifique, il est vrai), je suis bien content de pouvoir me rattraper. Ces trois gens-là, rappelons-le, font depuis une vingtaine d'années une musique électro-industrielle qui tue sa race, qui a terriblement (et bien) influencé des génies alors naissants comme Trent Reznor, et leur vaut un respect unanime quoique peu médiatique...
Pas la moindre idée des titres de la plupart de leurs chansons, puisque pour moi ce type d'albums s'écoute une fois par an environ, mais en entier, affalé dans une sorte d'extase mystique (qui s'accompagne fréquemment de filets de bave sans conséquences). Quoi qu'il en soit le batteur est un dieu, le synthé/guitare aussi et le chanteur ne l'est pas moins (avec un nom pareil, me direz-vous...). Niveau lumière aussi, quelques dispositifs assez chouettes (un spot caché sous le micro par exemple).
Et ils ont notamment joué, mais oui, des titres de TV Sky et d'autres de Only Heaven (en l'occurence la terrible Kissing the Sun et la tuante Speed of Night, qui me rappelle soudain de suicidaires expériences de deejaying que je fis en soirée étudiante il y a environ 10 ans... à l'époque déjà les blondasses de la fac n'entendaient rien au metal industriel helvète et me le firent brutalement savoir). Par contre je ne crois pas avoir entendu de morceaux de Second Nature (qu'un plus fidèle que moi me contredise sinon !) et rien de Kurt Weill, à qui ils avaient pourtant consacré un formidable album.
Pas trop de ces longues plages lentes et songeuses qui parsèment leur album (efficacité de festival oblige). Un peu de techno dérangée où il répète Qu'est-ce que c'est que c'est quoi sans fin, un blues ou quelque chose qui y ressemble vaguement... Bref après ce (au moins) 4ème concert d'eux en festival, on les quitte un peu avant la fin en se disant qu'il faudrait quand même les voir au moins une fois dans une vraie salle et rien que pour eux !
La prog ayant été un peu chamboulée, difficile de savoir si c'est bien Gusgus, groupe qu'on a complètement perdu de vue depuis son premier et plaisant Polydistortion. Un indice pourtant : beaucoup de blondes sur scène pourraient indiquer une origine scandinave ? En tout cas trois chanteuses et deux laptops, pour de l'électro assez calme et standard, juste le temps d'attendre le début du dernier de la soirée. De toutes façons je les ai toujours confondus avec Royksöpp, alors ...
Voilà en tout cas le dernier qu'on voulait voir un peu ce soir : Simian Mobile Disco, bien aimé aux Eurocks. Par contre là il y a tromperie sur la marchandise (ou alors c'était l'autre fois). En effet on avait bien aimé le dispositif (voir une photo par ici) : deux techniciens s'activant autour d'un gros cube plein de petites lumières pour en faire sortir des sons... ce soir il n'en reste qu'un seul, et sans la machine étrange !
Ca le fait un peu moins, d'autant que les titres reconnaissables de leur très bon album ADSR sont peu nombreux (où alors je suis vraiment fatigué) : Sleep Deprivation au début, It's the Beat juste avant qu'on parte, et rien de reconnaissable entre les deux... Mais enfin un musicien DJ très agité (donc sans doute très actif), du boum-boum électro-rock simple et jouissif, grosses basses et aigûs dans le style de Justice, à un moment un (possible) remix des Klaxons : bien aimé quand même la moitié de concert que j'en ai vu.
Bon, la fatigue, la bière et la perspective de la marche forcée de retour (qui nous a en effet tués) nous font partir et abandonner le pauvre Polo à son stand. Bien contents quand même d'être venu faire notre tour nocturne habituel sur le joli J4 au pied du sage Fort Saint-Jean, et même s'il nous a manqué une tuerie totale genre Vitalic à un moment donné.
>> Réponse (le 02/10/2007 par Stephane Sarpaux) Ce qui est rassurant finalement entre ta chronique, celle de Sami, celle du Pinguin et la mienne, c'est que nous avons à .../...La suite
Ah !!! Le festival Marsatac ! Ils font exprès de programmer chaque année deux groupes que j'apprécie, un en tout début de soirée (Architecture in Helsinki) et l'autre à 2 heures du matin (GusGus). Pas d'attente, ça commence dès 21h comme prévu sur la scène Major (la plus grande des deux et du côté de la cathédrale, d'où son nom).
Pour commencer, Architecture In Helsinki. Pour ceux qui croiraient qu'ils sont Finlandais, ils annoncent haut et fort qu'ils sont Australiens et visiblement fiers de l'être. Quelques supporters de l'équipe de rugby des wallabies sont déjà en place à Marseille pour le quart de finale de samedi prochain et font partie de l'assistance. Ils se voient déjà champions du monde le 20 octobre.
Les six musiciens sont très polyvalents. Ils vont passer une heure à se refiler les instruments. Ainsi par exemple, le batteur du premier morceau jouera tour à tour des claviers, de la guitare, du trombone et s'exercera au chant. S'exercer, c'est le mot justement. Le chant n'est pas le point fort du groupe. Je m'étais déjà fait la remarque en écoutant leurs CD, mais sur scène, c'est encore plus criant. Au bout d'un quart d'heure, on a pourtant l'impression qu'ils chantent juste. Leurs voix se sont-elles échauffées ou mon oreille s'est-elle habituée ? Il faut dire qu'ils ont joué coup sur coup "The Cemetery" et "Frenchy, I'm Faking", deux de mes morceaux préférés et que sur scène, ça rend plutôt bien.
Peu importe le chant après tout, ça conforte cette impression qui se dégage en les regardant jouer : on dirait qu'ils veulent nous dire : "on est une bande de copains et on s'éclate en jouant ensemble". Un effort doit être toutefois fait au niveau vestimentaire. Le site de Marsatac annonçait des costumes de scène et des paillettes, ils ont dû perdre leurs bagages à l'aéroport et acheter vite fait des t-shirts à la Porte d'Aix. La chanteuse avait un collant de schtroumpfette et n'en a pas tout à fait le look.
Pas de souci vestimentaire en revanche pour The Divine Comedy avec le divin Neil Hannon. Costume, cravate, lunettes noires, le dandy irlandais arrive sur scène et va nous offrir une (petite) heure de bonheur.
Avec ses sept musiciens (très bon clavier que j'ai déjà vu quelque part, mais où ??) dont une violoniste et une violoncelliste pas assez mises en valeur par la sono, il va survoler ses presque 20 ans de carrière, régalant autant ses vieux fans que ceux qui l'ont découvert plus récemment ou, comme beaucoup, ce soir.
Il fait un effort pour les enchaînements entre deux morceaux ce qui n'est pas si fréquent, très pince-sans-rire, british humour oblige. Il fera même mine d'entamer un strip-tease sur "Generation Sex", mais seule la cravate et deux boutons de chemise ont sauté au grand dam de ma voisine. Visiblement amoureux de notre région, il interprètera "A Lady Of A Certain Age", mon morceau préféré, qui se passe sur la Côte d'Azur avec une délectation palpable lorsqu'il prononce "He left the villa to his mistress in Marseilles".
Une trop courte heure de concert, pas de rappel (il serait visiblement bien volontiers resté sur scène) mais c'est l'inconvénient des festivals : c'est minuté et il faut faire la place aux suivants.
Les suivants, c'est The Dead 60's. Changement de registre assuré. D'ailleurs, le public change du tout au tout. Quatre garçons qui viennent de Liverpool et ont une pêche d'enfer. Mais ça n'est pas mon genre de musique préféré et je laisse le soin à d'autres de réaliser la chronique. Au bout de quatre morceaux, j'ai considéré avoir fait le tour du problème et je suis allé voir ce qu'il se passait sur la scène Pharo (plus petite et du côté du Palais du Pharo tout bien illuminé de l'autre côté du port).
Alors là, comment dire... Vous entrez dans une boîte de nuit géante où les gens dansent avec un verre de bière dans la main gauche et une cigarette (qui fait souvent rire) dans la droite. Pas facile de se frayer un passage si on ne veut pas passer le reste de la soirée à sentir la Pelforth. C'est vrai que la programmation était pleine de groupes avec des noms du genre X Feat. Y et que j'aurais dû me méfier. Mais c'est sous ce chapiteau que se produira GusGus à 2h30 et je suis aussi venu pour eux. Il faut donc tuer deux heures. Quand on aime la bière, c'est facile : on en boit deux, on fait une demi-heure de queue pour aller aux toilettes, on en reboit deux... Mais moi, je n'aime pas la bière (sauf devant un match de l'OM pour faire passer le piètre spectacle qu'ils nous offrent depuis 14 ans, mais je m'égare). Alors, je me promène dans le village, je m'offre un joli briquet Marsatac parce que j'en ai marre de refuser du feu aux demoiselles, je vais sentir les odeurs de kebab et de mexican food, et je reviens de temps en temps près des chapiteaux. Un jeu amusant aussi, c'est de trouver l'endroit exact entre les deux scènes où les sons se mélangent. Je vous conseille The Young Gods Vs Apparat.
The Young Gods, j'avais écouté un CD et je m'étais dit : "Tiens, encore un qui se prend pour Bashung" et quand il est content d'une phrase "Un trou noir, c'est troublant", il la répète dix fois pour ceux qui auraient pas compris. Mais sur scène, aucun rapport.
Ils sont seulement trois dont ledit chanteur qui ne peut rien faire d'autre vu que ses deux mains sont occupées à tenir le micro, une batterie et... un clavier. Tous les solos de guitare de l'album sont faits au clavier. On n'arrête pas le progrès.
Côté Pharo, les enchaînements se font plus vite que du côté Major, si bien qu'ils sont en avance sur l'horaire. Faut dire que pour brancher un ordi, il faut pas une demi-heure. Du coup, j'ai raté le début de GusGus. No regret toutefois. C'est le genre de groupe que j'apprécie sur une chaîne mais pas en concert. Deux mecs derrière des ordis, trois chanteuses bien nourries (au couscous ?) qui se trémoussent, et aucun de mes morceaux préférés.
Je continuerai toutefois d'écouter leur merveilleux premier album "Polydistortion" ou des morceaux comme "Call Of The Wild", "David" ou "Teenage Sensation". Les trois étoiles de ma chronique, c'est pas pour eux, c'est pour The Divine Comedy et Architecture In Helsinki.
Après GusGus, je me suis frayé un passage pour sortir. En sens inverse arrivaient les fans de Modeselektor. Je n'ai pas eu la patience d'attendre. De toute façon, j'ai assez dit de mal pour aujourd'hui. N'empêche, les programmateurs de Marsatac sont très forts.
Un monde fou avec un point culminant vers 23h00, des gens qui arrivent tard pour danser, d'autres qui partent dès qu'ils ont vu ce qu'ils sont venus voir, des bars qui ne désemplissent pas. Et un lieu idéal. Je reviens demain pour voir The Cinematic Orchestra.
Une entrée en matière plutôt réussie pour les Eurockéennes de Belfort 2007… En ce vendredi 29 juin humide, le site du festival est bien rempli, avec une public bigarré (hypsters, fans de musique en général, gens plus âgés venus pour faire la fête… ) comme tous les ans dans le Territoire de Belfort. Au milieu de la foule, impossible toutefois de manquer la horde de jeunes gens gothiques qui arpentent les alentours de la grande scène en attendant l’arrivée de la tête d’affiche du jour, Marilyn Manson, alias l’antéchrist en personne…
Archie Bronson Outfit :
Mais avant « l’événement » de la soirée, prévu à 0H30, pas le temps de s’ennuyer. Sur la scène placée à côté de la Plage de la presqu’île du Malsaucy Archie Bronson Outfit délivre un set percutant, dans la lignée du Gun Club de Jeffrey Lee Pierce, la grande influence des Anglais… Sorte de blues rock râpeux et free, la musique d’Archie Bronson Outfit appelle inexorablement à la transe sonique. Chant habité de chaman, magma de guitares démentes, rythmiques surpuissantes et saxophones débridés produisent un incroyable effet hallucinogène sur le nombreux public ayant préféré fuir le très dispensable hard rock sans saveur de Juliette & The Licks sur la grande scène. En plein jour, sous un ciel couvert, avec une brise fraîche, Archi Bronson Outfit marque les esprits ; on n’ose imaginer l’impact du groupe dans un club intimiste et bondé…
Wu-Tang Clan :
Quelques instants plus tard, sur la grande scène, le Wu-Tang Clan présente un show best of à l’américaine assez réjouissant. Les rappeurs américains semblent contents de se produire ensemble pour relever les compteurs du hip hop façon gangsters. Bien aidé par un DJ pas maladroit, la troupe - qui hurle des onomatopées fédératrices, rappe en groupe et fait le show avec une certaine conviction - emporte rapidement l’adhésion du public. Le côté je m’en foustiste et branleur du Wu-Tang Clan, s’il est toujours présent, semble s’être atténué : le collectif assure un set remuant et plutôt nerveux. Un set bien loin du foutage de gueule intégral de sa prestation lamentable au festival Rock à Paris au Parc des Pinces en 96 où, ivres morts au Champagne, les rappers avaient fait bien pâle figure. C’était du temps où Old Dirty Bastard était encore vivant… En 2007, il est sans doute toujours en train de déconner mais plus sur Terre ; il est désormais au paradis des gangsters… ET le Wu-Tang Clan 2007 lui rend un vibrant hommage en jouant de vieux titres mythiques, une attention saluée avec enthousiasme par l’assistance… Au final, un concert pro et plutôt convainquant d’un Wu-Tang emmené par un souriant Method Man.
Amy Winehouse :
C’est le moment de rejoindre avec empressement le chapiteau pour assister à la grand messe soul d’Amy Winehouse, une anglaise fervente disciple de Billy Holyday, Aretha Franklin, des Supremes et des Shangri-Las. Bien accompagnée par un impeccable groupe rhythm and blues/soul, l’ingérable nouvelle égérie de la soul pop chante divinement dès les premiers morceaux, mais conserve malheureusement sa moue très boudeuse pendant la première moitié du set. C’est un peu comme si elle était en pilotage automatique… Mais l’essentiel est là : des morceaux superbes entre soul, jazz et pop sixties, et une voix à donner des frissons. Après quelques verres et de nombreuses remontrances à ses hommes en coulisse, la bad girl se décontracte enfin et sourit furtivement au détour d’un couplet ou d’un refrain. Elle semble désormais parfaitement connectée avec l’émotion dégagée par ses chansons remplies d’âme. Un grand moment donc que ce concert ! A revoir très vite dans un cadre plus intimiste si possible, même si le décorum classieux adopté pour cette tournée nous a rappelé un club de jazz de New York ou New Orleans…
Les Rita Mitsouko :
Puis c’est au tour des Rita Mitsouko nouvelle formule de faire leur show sur la grande scène… Comme d’habitude, c’est Catherine Ringer qui assure sur le devant de la scène avec sa voix et ses danses improbables, laissant Fred Chichin derrière ses lunettes de soleil et sa guitare électro acoustique quasi inaudible. D’entrée, on observe que le groupe réuni pour cette tournée est de meilleure qualité que le précédent qui sonnait franchement « variété funk ». Là, la tonalité est plus rock/pop, mais si subsistent malheureusement quelques scories variétoche frenchy. On remarque également que les nouveaux morceaux passent plutôt bien la barrière du live, même s’ils ne déclenchent pas des bouffées de joie comme C’est comme ça et Andy, joués à la grande joie du public. Pour promouvoir la sortie de Variety, les Rita Mitsouko proposent un set professionnel et consensuel qui laisse malgré tout une bonne impression, grâce à l’étourdissante Catherine…
Young Gods vs Dälek :
La rencontre des mythiques suisses indus des Young Gods et du rapper bruitiste Dälek a tenu toutes ses (nombreuses) promesses ! En injectant une bonne dose de hip hop aventureux dans le rock indus de ses acolytes, Dälek réussit à propulser leur musique dans le 21ème siècle, gommant par là même le côté daté de certaines sonorités électroniques des derniers travaux des musiciens emmenés par Franz Treicler. La guitare acoustique trafiquée d’Alain Monod, la batterie sèche de Bernard Trontin, la guitare électrique bruitiste et le chant habité de Treicler se mêlent superbement aux parties rappées nocives et aux cataclysmes sonores déclenchés par Dälek… Pour créer de remarquables tableaux soniques aux humeurs tempétueuses. Chaque titre des Young Gods ou de Dälek s’en trouve joliment réinterprété et les morceaux originaux créés pour l’occasion sont captivants. Une belle réussite donc que cette création exceptionnelle !
Marilyn Manson :
Prévu pour durer 1h30 (de 0h30 à 2h), la grand messe satanique de Marilyn Manson n’a en fait duré qu’une petite heure (rappel compris !), le démoniaque chanteur étant arrivé 15 minutes en retard et reparti un quart d’heure plus tôt. C’est sans doute le sens du respect du public à l’américaine. Manson déchaîne pourtant toujours autant les passions, il suffit de compter le nombre impressionnant de fans grimés à son effigie. De nombreuses personnes ont en effet fait le déplacement à Belfort uniquement pour Manson. Malgré ce dévouement, Marilyn Manson se plait à traiter son public comme de la merde, et celui-ci, en bon masochiste, en redemande… Il faut dire qu’entre l’arrivée et la sortie de scène, le show est plutôt de bonne qualité, même si les grosses ficelles se voient parfaitement : c’est de l’entertainment avant tout, un spectacle pseudo métal sans subversion aucune. Manson arrive avec un micro prolongé par un énorme couteau de boucher, il fait mine d’étrangler son guitariste quand il n’hurle pas (plutôt bien) dans celui-ci, il se roule par terre théâtralement, fait mine de monter ses fesses !!! Hou la la, c’est très choquant ! Il faut vraiment être une vieille bigotte de 79 ans pour être choqué par ça… Cela dit, le spectacle grand guignol tient la route, les morceaux sont souvent percutants et joués de manière rock ‘n roll, même si cela manque tout de même un peu de frisson et d’inspiration… En plus, il faut se farcir les sempiternelles reprises tartes à la crème - Sweet Dreams et Tainted love -, avant d’avoir droit à quelques vieux titres aux riffs malsains. Marilyn Manson propose un show parfait pour Halloween, idéal pour faire fantasmer les adolescents mais, après, quand on rentre dormir, aucun risque de cauchemar, de pensées torturées ou malsaines ; on dort à poings fermés du sommeil du juste… Tant mieux : demain la journée promet d’être chargée sur la presqu’île du Malsaucy.
Peut-on dire "mes" et s'approprier un peu des mythiques Eurockéennes, sous prétexte qu'on y va pour la 14 ième fois ? Bof, tant qu'un type qui y serait allé 15 fois ou plus ne nous aura pas traité de merdeux néophyte, pourquoi pas ? On gagne donc en habitué notre presqu'Ile de festival favorite, à la recherche de petits améliorations ou changements. Pas grand chose cette année, à part quelques endroits défoncés accidentellement au Manitou, et une route en gros cailloux - preuve de la confiance qui règne sur ce site puisqu'ils pourraient très bien servir de projectiles, en d'autres contrées et d'autres ambiances !
Vendredi : Du gros son et une déesse en chignon
Bref c'est sous un ciel gris et un site encore presque vide qu'on arrive au Malsaucy, avec de mauvais pressentiments météorologiques, en écoutant d'un oreille distraite Kaolin ennuyer le public sous de lourds nuages et un chapiteau peu rempli. Heureusement une bière, un rayon de soleil et surtout les chiapacans new-yorkais de Gogol Bordello vont nous remettre d'aplomb, grâce à leur bonne humeur certes un peu too-much, mais résolument communicative.
Le chanteur a ce qu'il faut bien appeler une tête de voleur de poules, ses choristes par ailleurs splendides sont maquillées comme des camions volés et tous sont habillés comme des Didier Wampas - visuellement kitschissime, c'en est presque fatigant à regarder ! Mais ils ont une belle énergie, jouent à fond avec un son horriblement mal réglé leur gypsy punk caractéristique et entraînant, quoique répétitif, en déclenchant force pogos et slams sur des titres endiablés comme Sally ou Not a Crime.
D'autres titres (à peine) plus subtils comme Dogs were Barking et Start Wearing Purple, où l'on entend un peu mieux le violon, les rapprochent quelques instants du plus slave No smoking Orchestra. Le naturel revient vite au galop avec le technoïde Think Locally, fuck globally, Mishto et divers autres trucs pétaradants, sur lesquels le chanteur totalement dépouillé (au sens propre et figuré - il est à moitié à poil et a un peu forcé sur le picrate), finit en crowd-surfant avec une choriste sur un tambourin. Voilà qui nous a au moins échauffé les esgourdes comme il faut !
Le début d'excitation retombera toutefois bien vite avec la performance dispensable de Juliette & the Licks. Certes on y admire la jolie actrice tueuse née (qui s'est bien amochée avec un maquillage de mort-vivante), mais on se demande vite à quoi bon ce groupe. Caprice de star ou plutôt réorientation professionnelle suite à une carrière en dent de scie ? En tout cas son backing-band est tout juste bon à animer une mi-temps de Superbowl : gros rock ricain sans saveur, compositions ineptes... ce qui est d'autant plus dommage que sa voix un peu fêlée, son début de charisme même, pourraient être tellement mieux utilisés ! Tandis que la miss se la pète un peu trop en se roulant par terre, une amie émet l'hypothèse plausible suivante : "tu sais, en fait je crois qu'elle se drogue !". Bien possible en effet.
On partira donc vers des horizons plus sound-systémiques, et avec raison : les Hell's Kitchen sont un formidable trio de blues joué à fond la caisse, avec guitare fuzzy et contrebasse en roue libre. Par ailleurs ils sont francophones (suisses ?), font un peu les guignols et sont finalement très attachants. On les quitte sur la fin de leur concert, une sorte de folk-blues déchaîné et tout à fait convaincant. Pendant ce temps, au loin, on entend Juliette et les Léchouilles en train de massacrer Hot Stuff. Ils auront au moins joué une bonne chanson - God bless Donna Summer...
Sur la plage se produit alors Archie Bronson Outfit, un duo que nous a chaudement recommandé le Big Smelly Toe (marseillais crypto-suédois de nos amis et croisé à plusieurs reprises - mais il faut dire qu'il mesure au moins 2 mètres). Il s'avère que c'est un duo ... de quatre personnes, dont le rock un peu lancinant semble fort bien écrit (on pense tout de suite à 16 Horsepower et autres groupes du même auteur). Par contre il s'avère qu'on entend peu ou prou que les guitares (donc ni les voix ni la batterie, ni même le saxo pourtant un peu expérimental). Dommage, ça doit être bien sur disque et peu-être même en salle, à revoir.
A ne pas revoir par contre, les gros bourrins du Wu-Tang Clan, sept à huit pignoufs braillant des yeah, des shit et des fuck dans leur micro, au point que nul ne sait si c'est encore la balance ou déjà le (rires) "concert". Il paraît qu'ils ont réussi à se poser à Francfort pour venir ici, d'ailleurs, et qu'ils ont pourri la vie à l'organisation. La parfaite bande de branquignols en somme... Soit parce qu'on connait pas soit qu'on a pas les codes pour le rap US (on avait pourtant apprécié Jurassic 5 à Rock en Seine, dans le style ?), ça nous fait immédiatement chier. Quoi qu'il en soit, un type avec une voix de photocopieuse en bourrage et une gueule de camion fera un truc autrement plus convaincant le lendemain ici-même.
Ce sera donc le prétexte à acheter un énorme et régressif cornet de frites mayo-ketchup et à croiser notre camarade Pierre Andrieu, qui erre lui aussi à la recherche d'un bon concert. Que nous trouverons (comme souvent dans ces cas-là) au sound-system - il faut le savoir, il y a TOUJOURS un bon concert quelque part aux Eurockéennes ! Ca s'appelle donc Andy Newcomers, c'est jeune groupe de pop-rock explosive (genre Placebo, mais au siècle dernier) qui s'éclate vraiment, avec de bonne compos qui rappellent parfois Dirty Pretty Things, une référence ! Ils ont en plus amené des potes qui assurent l'ambiance dansante et même pogotante. Excellente surprise, à suivre si possible, je les préconise chaleureusement !
Mais voici venu le temps de s'y remettre. S'il est bien un concert que l'on ne manquerait pour rien au monde c'est celui de la diva punk-soul Amy Winehouse, notre révélation de l'année sur disque . Le décor sous chapiteau est d'une classe folle, tout en lourds rideaux, esprit très Motown, de bonne augure comme les musiciens blancs et les cuivres tout à son service... et puis ses deux choristes noirs en costards, beaux comme des dieux, avec leurs pas de danse au ralenti sur l'air jazzy qui introduit l'affaire. 9 personnes en tout, c'est bien le big band qu'on espérait !
Le speaker l'annonce et pas le temps de l'esquiver : cette fille est une bombe atomique que le chapiteau se prend en pleine gueule, avec ses tatouages, son chignon extravagant, son jean taille basse et ses boucles d'oreille de supermarché. Sa voix est à la fois grave, chaloupée et laid-back, globalement elle est comme qui dirait sexy à mourir. En plus elle n'est même pas vraiment drunk ni high (il paraît pourtant que ça lui arrive souvent en live), enfin pas au point de mal chanter Tears dry on their Own ou la délicate Love is a Losing Game...
Juste assez éméchée pour chanter sur le fil et sans violons, un extraordinaire Back to Black qui nous donne des frissons et recueillera un triomphe mérité ! Cette chanson est sans doute la chose la plus bouleversante entendue depuis Bang Bang de Nancy Sinatra... Le concert, d'abord soul mélancolique, prend ensuite assez vite une tonalité plus chaleureuse avec des morceaux sans doute plus anciens, un truc chicano-ska et même un titre carrément rocksteady qui mettra littéralement le feu - il faut dire que la demoiselle boit sec et commence à être d'autant plus enjouée. Tarantino doit absolument faire apparaître cette incroyable créature dans un film, à la bande-son ou mieux, à l'image, c'est urgent !
La déesse est finalement à point pour chanter magistralement Rehab, un peu plus vite que sur album - elle est en fait toujours un peu en retard ou en avance sur les musiciens mais se rattrape chaque fois avec classe - et si c'était simplement ça, la soul ? Le concert, notre premier concert de ce genre au fond, se termine sur You know I'm no good (mais si tu l'es chérie !) et un langoureux Me and Mr Jones (qui est ce Môssieu, on peut savoir ?). c'était à prévoir quand elle quitte la scène : nous sommes complètement amoureux d'elle, nous crions toutes et tous comme des fous, heureux et ivres - comme elle. Très grosse claque, vivement Rock en Seine...
Malheureusement Peter Von Poehl programmé en même temps en a fait les frais : on n'en voit que la toute fin (heureusement qu'on l'a déjà vu et aimé il y a peu à Marseille). De même on ne fera que passer au concert des Rita Mitsouko, dont les chansons de moins de 15 ans d'âge ne nous ont plus réellement passionné, même si un C'est comme ça bien torché nous rappelle de bons souvenirs du collège, comme le fort cool Andy qu'on chopera à la fin en repassant. Ca sonne un poil trop variète pour les Eurocks quand même, les Rita ... On fait aussi un tour sous la tente militante, qui propose cette année de s'engager contre l'échec scolaire en banlieue (www.pasdequartier.org).
Pas tout ça mais c'est peut-être le moment d'aller voir de l'électro ! Simian Mobile Disco, c'est deux types qui viennent de sortir un disque (chroniqué par Pierre Andrieu) et qui tournent dans la loggia en ébullition autour d'un gros cube avec des lumières clignotantes, dont ils actionnent des boutons, des trucs et des machins. La machine émet en retour un électro-rock énorme qui met, pardon, un putain de feu : ça tient plus de la rave que du concert mais c'est vraiment très excitant (il faut avouer que nous sommes à point, nous aussi).
Tellement à point que Young Gods vs Dälek sera mon concert de sieste (il y en a toujours un...) Il faut dire que la création, très recherchée et sonique, est très peu consensuelle. On y reconnait quelques airs des Young gods, retriturés en un trip-hop industriel sur lequel slamme le gros chanteur de Dälek, planqué derrière son laptop - le résultat n'est pas sans rappeler Tricky. Le son n'est hélas pas formidable, et le tout n'est pas complètement passionnant ni abouti. Nosfell vs Ez3kiel, c'était quand même autre chose ... et le chapiteau s'est pas mal vidé quand je ré-émerge.
Sans doute à cause du diable qui s'apprête à jouer. Autrefois explosif et vraiment excentrique, le grand Marylin Manson (déjà passé ici en 1999 - et il nous avait retournés !), a en effet précipité ici des hordes de jeunes adultes déguisés et maquillés - mais qui, je le signale avec ma perfidie de trentenaire, devaient plutôt vénérer Dragonball Z à l'époque de Portrait of an American Family en 1994... Ses concerts se sont pourtant transformés en un cirque grand-guignol et provocateur très calculé et plutôt vain... Le chanteur ne fait qu'esquiver toutes les parties vocales difficiles (il a récemment été pris en flag' de play-back sur ce site, d'ailleurs), brandit mollement un micro en forme de couteau dont il fait mine d'égorger son guitariste, qui est au fond presque plus inquiétant que lui, avec son regard de mérou en fin de criée.
Même si son show est très carré et ses décors assez pimpants, le virage pop plus ou moins assumé de l'Antechrist, ainsi que le départ de ses meilleurs musiciens (Twiggy Ramirez en tête) a fait de lui un clown un peu triste qui peine à mettre le feu avec ses chansons récentes comme mObscene (même un show de 2002 réécouté sur le trajet sonnait encore sacrément plus affreux, sale et méchant...). C'est même pire avec son nouvel album qui semble sonner comme du Cure de bas étage. La bonne reprise de Sweet Dreams, ou la mauvaise de Tainted Love, ne suffiront pas non plus à nous exciter les boyaux...
C'est quand il envoie des tubes anciens qu'il retrouve un peu de sa superbe : I am the God of Fuck, The Dope Show et deux trois vieilleries nous rappellent qu'on l'a un jour beaucoup aimé, sans doute avec raison, même si là où il montrait son cul et plus si affinités, il ne fait plus que montrer son caleçon... Allez Marylin, quittons-nous bons amis puisque tu as fait The Beautiful People, l'une de mes préférées, en rappel tout de blanc vêtu, en espérant que tu retrouveras un jour une gonzesse assez décadente pour te rendre ton inspiration !
Permets-nous cependant de nous rendre à Justice, dont l'album "†" demandait confirmation sur scène : voilà des gens qui savent énerver une foule ! Si les deux tiers des gens ont quitté le site après la gargouille glam, les autres se précipitent vers la croix blanche lumineuse déjà allumée, à l'entame d'un Genesis inaugural et identique à sa version disque, mais sur un très gros son ! L'enchaînement sera davantage remixé sur Phantom Pt I & II, puis sur D.A.N.C.E. nettement plus abrasif (et donc plus jouissif) que sur disque, tout comme D.V.N.O.
On ne reconnait pas tous les titres, soit parce qu'ils sont plus anciens soit parce qu'ils en gardent des méchants pour le live, mais c'est une tuerie à peu près du début à la fin : le light show d'abord un peu poussif monte en puissance et le show éclate dans toute sa puissance sur un phénoménal enchaînement qui, comme espéré, nous décalquera au plafond : Stress (ma préférée), Never Be Alone (funky à crever) et les terribles vrombissements de Waters of Nazareth - difficile de reprendre son souffle après ça !
Les deux compères qui font un tabac, ont pourtant un air un peu stressé qu'ils garderont tout le concert - allez quoi, c'est pas comme si on vous arrachait une dent, c'est quand même pas tous les jours qu'on fait danser 8000 personnes, faut rigoler les gars, ou alors mettez des casques comme vos aînés ! Un malheureux concours de circonstances m'a fait égarer mon dernier petit papier de la journée (or j'avais déjà paumé mes derniers neurones aussi) : je ne sais plus la fin de la tracklist mais il paraît évident qu'ils ont du jouer à peu près tout l'album et je crois même, un court remix de Daft Punk...
Alors pour conclure, certes ça n'a pas tout a fait été aussi formidable que ceux-ci l'an passé (mais personne ne s'y attendait non plus !) mais il faut bien constater que nous en sommes ressortis hilares et surexcités. Justice a largement tenu son rang de nouvelle sensation française de la so-called french touch. Et cette première journée de festival nous laisse enchantés !
Illustrations par Philippe
Un moulon de petites vidéos d'ambiance à tous ces concerts, c'est par ici !
Young Gods - 20 avril 2006 - Poste a Galene - Marseille
Vingt ans. Une poignée d'albums et une influence pour beaucoup. Dans un anonymat insupportable, les suisses défrichent depuis vingt ans.
Sur la scène du Poste à Galène, ils ont été magistraux. .../...
Vingt ans. Une poignée d'albums et une influence pour beaucoup. Dans un anonymat insupportable, les suisses défrichent depuis vingt ans.
Sur la scène du Poste à Galène, ils ont été magistraux. D'abord parce que leurs titres phares ont conservé leur efficacité et leur puissance ;
parce qu'ils se permettent ce que les morveux de Starsailor, vus dix jours plus tôt, ne se seraient jamais permis (trop risqué pour qui se préoccupe des ventes d'albums), à savoir jouer "Charlotte" ou "Child in a tree" devant un parterre d'excités.
Enfin, parce qu'ils ne seront jamais blasés, à l'évidence.
Franz est théâtral, amusé, amusant, chaleureux et véridique. Alain et Bernard, d'un coup d'oeil, font tourner les climats, sûrs d'eux mais alertes.
Un grand moment, dans une petite salle.
NB : Les titres du très prochain album laissent présager du meilleur.
Photos Pirlouiiiit qui sans que ça lui ait completmeent déplu, aurait peut être du aller voir Quaisoir, Troy Von Balthazar et Cabwaylingo au Cabaret Aleatoire