Cette soirée co-organisée par Hp 905, l’association crée en 1986 avec le festival
Saint-Amant-Rock-Ça-Vibre (
Mano Negra,
Arno,
The Young Gods,
Bashung,
Les Thugs,
Les Wampas) et
Jarring Effects (
High Tone,
Interlope,
Mr Orange…) a été un succès populaire ! Un nombreux public a assisté aux concerts dans la grande et la petite salle de la
Coopérative de Mai et a pu prendre contact avec diverses associations (Ligue des droits de l’homme, Comité pour la régularisation des sans papiers) sous un mini chapiteau.
C’est
Mr Orange qui a la lourde tâche de démarrer la soirée dans la petite salle de la Coopé, peu après 19 heures. Armé d’un Bontempi, d’une Groove Box et de deux synthés ayant fait la guerre du son, il a enchanté le public présent à cet horaire propice aux apéritifs prolongés !
Ses morceaux sont très courts et ont souvent un démarrage difficile : avant de lancer définitivement un titre,
Mr Orange doit régler le rythme, s’accorder, rebrancher son Bontempi, demander une lumière adéquate… Un peu stressé, il s’inquiète des craquements émis par son matériel, demande si le son est assez fort, explique ses chansons ; tout ceci est réellement lo-fi et bricolo, c’est un bonheur d’assister à un concert qui semble improvisé et loin des machines trop huilées. Sous de faux airs de Mathias de
Dionysos pour la coupe de cheveux et l’accent, se cache un redoutable songwriter rappelant aussi
Jacques Dutronc,
Plastic Bertrand,
Beck ou les
Beastie Boys, excusez du peu !
Les textes sont hilarants et ne manquent pas de provoquer de nombreux fous rires ! Qu’il est agréable de ricaner en écoutant des textes naïvo-débilo-crétino-bizarro-juvéniles en appréciant les orchestrations minimales et drôles et les chorégraphies assez surréalistes ! On a l’impression que ce monsieur est dans sa chambre et s’amuse tout seul, loin de la pression de la scène et du jugement des spectateurs ; cette liberté qu’il s’autorise est particulièrement rafraîchissante !
Comme à Esfacy cet été,
Double Nelson a donné un show bien déjanté et expérimental ! Son énorme, morceaux hallucinés, poses sexuelles ou théâtrales, échanges d’instrument et trouvailles sonores : ils nous ont fait la totale ! Le public s’est littéralement laissé emporté dans ce tourbillon savamment orchestré par deux musiciens aimant créer des ambiances orageuses, ténébreuses et tribales. En surfant sur cette vague sonique, on se retrouve loin de tous les territoires sonores connus sur une plage balayée par des vents mauvais…
Les instruments (guitares, basses, batterie, sampler, cymbales fracassées, percussions venant d’un autre monde ) sont détournés de leur utilisation originelle pour obtenir des sons particulièrement originaux ! les voix des deux protagonistes du groupe viennent renforcer le côté expérimental par des hurlements ou des chuchotements. Le rock indus tribal délivré par les deux têtes chercheuses de
Double Nelson est donc à apprécier sans modération sur scène !
Le venue des
Young Gods à Clermont-Ferrand constituait pour beaucoup l’événement de cette soirée ! Leur entrée en matière est donc saluée, comme il se doit, par des applaudissements et par un comportement digne des meilleures raves ; le nombreux public présent dans la grande salle est immédiatement envoyé en apesanteur par la musique électro de
Lucidogen le premier titre de leur dernier album
Second nature.
Franz Treichler gratifie le public de vocaux torturés et bizarroïdes - en un mot trippants - il est bien aidé par son comparse depuis 1987,
Alain Monod, qui réussit à créer des ambiances surprenantes et variées avec ses claviers de l’espace, et par
Bernard Trontin, un batteur parfait et inventif caché derrière un kit de batterie énorme et mystérieux… Les chorégraphies et l’attitude inquiétantes de Franz ajoutent encore au pouvoir d’évocation de la musique du groupe ! Aidé par des lumières fascinantes, les
Young Gods projettent le public dans la stratosphère ! Entre les morceaux, Franz est très souriant et fait part de sa joie d’être là à l’occasion de cette soirée HP 905/Jarring effects…
Après avoir débuté avec des ambiances électro voire ambient ou expérimentales (solo de guitare surprenant de Franz, break planants d’Alain… ), le set se durcit sur la fin pour devenir une grande messe rock indus. Alain ressort alors des riffs de guitare titanesques de ses machines infernales : le pogo se déclenche immédiatement dans les premiers rangs !
Les
Young Gods sont venus, on les a vus (et entendus) et ils ont vaincu les dernières (minuscules) réticences du public : leurs concerts sont incroyablement puissants et fascinants !
A lire sur ConcertAndCo.com, une interview des Young Gods au grand complet…
(Photos prises à Annecy en 2001 par Marc Porral.)