Comment ça ? … Ce soir,
Toko investit la Machine à Coudre ?!?
OK…
Je vais encore me faire mal au cœur, je vais en prendre plein la tête, plein les oreilles, plein les yeux. Je vais applaudir, taper du pied, crier, faire des « Yiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiaaaaaaaaah » et autres « Yiba, Yiba ». En fait, je vais triper mais quand je dis que je vais me faire mal au cœur, c’est que je connais le talent des musiciens qui ferait pâlir n’importe quel zicos amateur comme moi. Du coup ce sera bon, très bon même… mais un peu frustrant également.
Allez, en route, direction Marseille, on refait à l’envers le chemin qu’on a parcouru le matin même (le chemin qu’on a parcouru… dédicace à
Lionnel…)… silence sur les 45 minutes passées à chercher une place pour se garer (et ouais, le 8 mai c’est férié et qui dit férié dit parking souterrain fermé) (cf plus bas).
Bref, on arrive à la Machine tant bien que mal à 22h passé et le concert n’a pas encore commencé (une bonne heure de retard comme d’hab). On patiente, on picole, on rigole et les musiciens se décident enfin. Toutes les places assises sont remplies et tout le monde attend de voir ce que ça va donner. Untel a entendu parler de
Toko par un pote qui disait que s’était vachement bien, unetelle a vu l’info dans la mailing list de
LiveinMarseille (Yes Hi, represent !), un autre a lu ma
chronique du dernier concert au Réveil (non, là j’m’enflamme).
Donc,
Alexandre (contre basse) arrive le premier sur scène, suivi de
Patricia (violon),
Lionnel et
Xavier (guitares) et c’est parti pour
Canicule. Et là, cash, on sent la différence avec la prestation du mois dernier. Non pas que cette dernière était moins bonne, seulement, cette fois la formation semble plus préparée (malgré le petit nombre de répèt’), plus carrée… En symbiose presque.
Les compos et les reprises du grand
Django s’enchaînent mais cette fois l’ambiance est tout de suite au taqué. L’audience est d’emblée conquise, emportée par le rythme effréné des morceaux. Bon bien entendu je parle pour moi là, mais en regardant autour de moi pendant le concert, j’avais l’impression que mon sentiment était partagé par le plus grand nombre.
Patricia nous rend fou ! Sous son apparence timide voire renfermée se cache une virtuose, un monstre de technique, de doigté et de feeling. Elle s’intègre encore mieux à la formation, restant silencieuse de moins en moins souvent. Sur
La Bourlingue (une de mes préférés du moment), elle double la mélodie jouée par
Xavier et c’est carrément magique. Ses doigts filent à une telle vitesse sur son manche et avec une telle facilité qu’on dirait un bon vieux play-back des familles comme on peut en voir dans toutes les émissions de télé. Peut-être parce que le but ultime du play-back, à part prendre les gens pour des cons, c’est de faire comme ci on jouait aussi bien que
Patricia Chaylade…
Lionnel n’est pas en reste pour autant. Non seulement il a les doigts en folie, tout comme son comparse
Xavier le magicien (le coup de la fameuse quintuple croche…), mais en plus il a bouffé un régime entier de clowns avant de monter sur scène. Il enchaîne les blagues du style « Le prochain morceau s’appelle
Canicule… On l’a composé l’été dernier… Spéciale dédicace à vos grand mères !?! ». Moi personnellement, ça m’a fait bien marré, j’ai trouvé ça fort. Surtout que ça va bien avec l’ambiance des morceaux. Non pas que les mélodies soient glauques, au contraire, non juste les titres (
Les yeux rouges,
Les poumons qui saignent,
Canicule...).
Comme la dernière fois,
Xavier troque ponctuellement sa guitare contre une derbuka, histoire de donner encore plus de rythme à tout ça. Et je réitère mon commentaire de la dernière fois, vraiment une petite percu sur chaque morceau ou presque ne serait pas mal du tout je pense. Que dire de ce
Xavier si ce n’est qu’il est au moins aussi bon que son compère
Lionnel, à savoir beaucoup plus que la moyenne des guitaristes, et qu’il est un peu plus sobre dans sa façon de jouer que ce dernier. Très peu de grimaces, tout est dans l’efficacité et le défonçage de cordes, et oui, il faut le dire.
Je termine ma chronique (que personne n’aura le courage de lire jusqu’au bout) par l’instrument par excellence : la contre-basse. Question sobriété,
Alexandre est au sommet de son art. Il est fidèle à lui-même, le regard fixe, concentré. En le regardant s’exprimer sur scène (ou ne pas avoir d'expression, plutôt), on a du mal à croire qu’il soit capable de déconner, de faire des blagues… tout ça. Mais en fait si. Les fans d’impro ont certainement du le voir sur scène au Bashiboozouk (désolé pour l’orthographe) en compagnie du maître saxophoniste
Akosh. En tout cas ce soir, il fait pleinement démonstration de l’étendu de ses dons et ce n’est pas sans me plaire. Il rend hommage, tout en finesse, au plus bel instrument qui soit.
Au bilan, un concert exceptionnel, à voir encore et encore. Vivement qu’ils reviennent.
Bon aller un petit bémol quand même, je dirais que je n’aime pas trop la petit valse. Je la trouve en dessous du reste. Par contre je kiffe toujours autant les compos comme
Toko,
La Bourlingue,
Canicule et
les poumons qui saignent, ainsi que les différentes reprises de
Django Reinhardt, notamment une nouvelle :
More, rebaptisée pour l’occasion
Mort de rire.
Merci à
Toko et à la
Machine à coudre, pour cette soirée inoubliable.
D’autant inoubliable que la voiture qui était si difficile à garer en début de soirée, a été encore plus difficile à retrouver en fin de soirée pour cause d’enlèvement par la fourrière (PAF : 136 euros)…merci pour eux.