En première partie un
Chris Stills a la guitare et au chant, très sur de lui (clairement plus « ricain » que français comme il le dira lui-même), accompagne d'un batteur et bassiste ... des morceaux a la fois
love et entraînants a la
Jude /
Isaak ... pas mal pour commencer la soirée ... d'autant qu'il a réussi a faire chanter le public.
Puis celui qui des ses debuts a Marseille (
ici même en 2001) me faisait déjà l'effet d'un faut modeste ... la le gros
Tom McRae qui nous a subliminalement marqué pendant tout le concert (toujours pas effacé de ma rétine quand je ferme les yeux) n'était pas la pour me rassurer ... néanmoins j'ai passé un bon moment ... je laisse Dazuntski vous raconter ça ... car ce fut long, tres long … plein de rappels et tout.
Pirlouiiiit
Quand on entre au Moulin, un peu en retard,
Chris Stills est déjà sur scène. Difficile d’accrocher au début… et par la suite aussi. Le gars est accompagné sur scène d’un batteur et d’un bassiste, lui, joue de la guitare et chante. Malgré un morceau dont la mélodie ressemble à s’y méprendre au classique
Stand by me (ce qui bloque toujours un peu…beaucoup), j’accroche pas mal aux lignes de guitare qui sont, il faut le dire, souvent très belles. Par contre, je n’accroche pas trop à la voix et surtout au personnage.
Il a contre lui un sacré accent californien quand il parle français, accent qui fait malheureusement toujours un peu prétentieux. Et puis, le coup du « Un gars que je connais pas vraiment à la base m’a écrit les paroles de cette chanson. Ce gars c’est
Jean-Louis Murat », c’est toujours à double tranchant. Première possibilité, le mec se la raconte un peu en mentant (c'est-à-dire qu’il connait bien entendu l’auteur de cette phrase aussi blasphématoire qu’originale : « Douce la bite de Dieu, dans le corps de la mère du Christ »). Ou bien, deuxième option plus probable, le gars dit vrai et c’est du genre « Bonjour, je suis le fils de
Véronique Samson et même si je le connais pas du tout
Jean-Louis Murat m’écrit des textes… ». Moi, ma mère est femme de ménage, dois-je m’adresser à
Linda De Suza pour écrire mes textes ?
Plus sérieusement et en bref, j’ai bien aimé la musique, pas trop la voix, pas trop les textes et pas trop le personnage, mais c’est beaucoup plus une question de goût que de niveau, car le gars a du talent. Pour conclure, disons que dans la catégorie « Fils de… » (ou pour lui: "Double fils de..."), c’est mieux que
David Halliday mais moins bien et moins original qu’
Arthur H et à des années-lumière de
Jeff Buckley, qui a du pourtant pas mal l’influencer.
Il faut dire aussi que j’attend avec impatience de voir arriver sur scène
Tom McRae. Je me languis et en même temps j’appréhende les retrouvailles avec cet artiste qui, après m’avoir fait planer, rêver, pleurer… avec ses deux premiers album, m’a un peu déçu avec son 3ème et dernier opus.
Une pause d’une petite demi-heure d’attente et toutes les lumières de la salle s’éteignent pour laisser retentir la voix unique et si pure de
Tom McRae. Un
Mermaid Blues a capela et dans le noir, y’a pas mieux pour donner des frissons dans tout le corps. En s’allumant, les lumières laissent apparaître un
Tom McRae amaigri et avec une nouvelle coupe de cheveu, proche de celle de
Woody Harrelson dans
Larry Flint. D’ailleurs, cette coupe de cheveu, lui vaudra quelques taquineries de la part d’un énergumène très bruyant.
Après, il enchaîne direct sur un superbe et énergique
Karaoke Soul et le public, encore hésitant jusque là, rentre définitivement dedans.
Le line-up a légèrement évolué par rapport à
la dernière fois, le clavier notamment à semble-t-il changer de même que le bassiste au look surprenant (un peu androgyne) et à la voix haut-perchée. Le batteur est toujours présent, tout comme son talentueux complice de toujours au violoncelle,
Oli Kraus.
Ensuite, je ne me rappelle plus très bien de l’enchaînement des morceaux mais je sais qu’il n’a privilégié aucun des 3 albums, pour mon plus grand plaisir. On a eu le droit à presque tout ce qu’il a fait de meilleur avec
Ghost of a Shark,
Langage of Fool et surtout
Walking to Hawaï (sous une nouvelle version un peu épurée),
End of the world news (dose me up) (qui sera repris en chœur par le public… Un pur moment de Magie),
The boy with a bubblegun et la merveilleuse
A & B’s song.
Comme espéré, même les morceaux auxquels il manquait un petit quelque chose sur le nouvel album, prennent tout à coup une autre dimension. Les explosions rock de
Silent Boulevard, la poésie de
For the restless…
Tout absolument tout, prend une envergure exceptionnelle sur scène. Je surprend même
Pirlouiiiit, qui n’est jamais le dernier à dire que «
Tom McRae, c’est encore un truc tout mou à
dazuntski », et bien, je le surprend en train de headbanger comme un fou sur
HummingBird qui n’est pourtant pas le morceau qui a le plus de patate.
Le concert passe à une vitesse de folie et c’est déjà l’heure du rappel. Il entame au piano un morceau du dernier album, et s’arrête en plein milieu à cause d’un trou de mémoire, et après avoir déclaré « De toute façon, je préfère celle-là », il enchaîne avec un des plus beaux morceaux qui soient :
2nd Law.
Pour le deuxième rappel, il demande carrément ce qu’on veut. J’ai beau crier
One more mile comme un damné, le gars qui crie
Bloodless aura gain de cause et le concert s’achève ensuite comme il a commencé dans la poésie et la douceur.
Assurément, la prochaine fois que
Tom McRae repasse à Marseille, je serai là à me délecter de la beauté des compositions de cet artiste à la sensibilité exacerbée.
Peut-être même que cette fois-ci
Pirlouiiiit tirera moins la patte pour venir à nouveau prendre de superbes photos.
