Tragique fin de parcours, hier soir à Marseille, pour les requins bedonnants du rock FM californien. Dans un Dôme réduit à l’état d’hospice pour retraités nécessiteux, sur une scène au poussiéreux décor de voilages dont le patron d’une boîte de nuit du centre commercial de La Garenne-Bezons ne voudrait pas pour ses week-ends, et en présence de 7000 pensionnaires de 17 à 97 ans gémissant comme si une panne de télé les avait privé de leur
Bigdil quotidien, le spectacle décati des quinquas essoufflés de
Toto, tout en artifices poussifs et light-show vieillots, s’est chargé, en plus de deux heures de temps, de sonner le glas de leurs vingt-cinq ans de carrière.
Devant un public de chevelus babas aux blousons élimés, enthousiaste comme un contingent de jeunes appelés à l’heure de partir au bordel, tout y passe :
- un jeu de scène à peu près aussi vigoureux que celui de grabataires sous morphine en phase Alzheimer prononcée,
- le répertoire archi-prévisible de tubes canoniques et de reprises (leur dernière poussée de fièvre
Through the looking glass nous étant infligée en long, en large et en travers, à la suite de fastidieux discours ânonnés en anglais)
- d’interminables soli de guitares larmoyantes, de percussions boum-taga-boum et de claviers bavochants,
- une collection ringarde de gimmicks vus et revus semblant n’amuser qu’eux-mêmes,
- et surtout, une arrogance et une suffisance semblable à celle d’énurétiques confondant délibérément pot de fleur et vase de nuit pour faire chier l’infirmière.

Toto à Marseille ? Un concert d’adieu totalement inutile et parfaitement dispensable.
Toto à Marseille ? Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin… elle nous les brise.
On a beau chercher quelque chose à sauver, un moment de grâce, un morceau de bravoure, quand la virtuosité n’a pas d’âme et que le talent qui s’exprime n’est pas au service de l’art mais, pourquoi le cacher, sert à payer les impôts en retard d’imprévoyants millionnaires, on peine à s’attendrir devant l’admiration palpable qui s’échappe du cœur des spectateurs.
Et devant le résultat, on se console à peine en constatant que
Toto à Marseille n’est rien d’autre qu’un formidable plaidoyer pour la retraite à 50 ans. Partenaires sociaux, vous savez maintenant ce qui vous reste à faire jusqu’au printemps : raconter à Seillière et Raffarin une histoire de Toto…
photos du copain de la fille de Jeanine