Blues touareg. Une formation où les guitares électriques retricotent les mailles mélodiques de l'ancestral répertoire touareg. Entre extase des paysages sans fin, ondulations funky des dunes de sables et riff rock'n'rollesque de ces combattants nomades.
Festival Zik Zac : Dupain + Toumast + Orchestre National de Barbes - 06 Juillet 2007 - Stade Pratesi - Aix 13
Un festival de musique populaire à Aix la bourgeoise ? Ouais je vois bien vos sarcasmes là bas au fond. Déjà le terme musique populaire cadre mal avec cette ville qui préfère investir 70 millions d'euros dans un nouveau théâtre au détriment des assos de musiques actuelles qui se bougent (cf : www.aixenlive.com ). Mais aussi parce que, avouons le, .../...
Un festival de musique populaire à Aix la bourgeoise ? Ouais je vois bien vos sarcasmes là bas au fond. Déjà le terme musique populaire cadre mal avec cette ville qui préfère investir 70 millions d'euros dans un nouveau théâtre au détriment des assos de musiques actuelles qui se bougent (cf : www.aixenlive.com ). Mais aussi parce que, avouons le, en tant que marseillais, quand on prend le bus Porte d'Aix et qu'on débarque Cours Mirabeau, on a l'impression d'avoir changé de monde. Mais des prolos y en a aussi à Aix, ils sont cachés en prériphérie dans la ZAC. Et c'est là-bas que les activistes de La Fonderie & co ont décidé d'installer leur Zik Zac.
Musique populaire ? Allez, soyons sérieux, le milieu culturel prompt à dégainer les termes de citoyen, populaire, démocratie... sait très bien que la musique, la vrai heing, pas celle de la Star'Academy, ça se discute dans des cercles d'initiés, ça se lit dans des hebdos spécialisés et ça s'écoutent dans des temples entre gens de bon goût. Parce que bon, hein, le bon peuple il écoute que des daube du genre Johnny et Obispo.
Et v'la-t-il pas que des assos se décident d'organiser des festivals dans ces quartiers de prolos. Que ce soit Métissons à la Sucrière à Marseille, les Agglos à Port-de-Bouc ou bien donc le Zik Zac à Aix. Et avec une programmation pas démago pour un sous, non, une prog' de qualité.
Et encore une fois on a pris notre pied.
On traverse donc la Zac, puis des stades de tennis, rugby, foot, pour arriver au stade où est installé le festival. De loin on entend les Dupain qui ont déjà attaqué et on arrive pil-poil pour Tout le monde. Que dire de plus sur ce groupe qu'on adore, qu'on a chroniqué pleins de fois, à part qu'ils avaient la pêcche et que le plaisir de jouer était évident. Trop peu de monde pour en profiter mais les Dupain sont de retour et ça fait du bien.
On découvre un peu les lieux (stands de prévention, artisanat du monde, bouffe, toilettes sèches...) pour revenir pour Toumast. J'avais été sous le charme de leur concert au Café Julien et cette fois encore, la magie opère. Petit rappel sur l'histoire du groupe car respect. Moussa Ag Keyna, fondateur et guitariste/chanteur du groupe est un ancien combattant touareg qui a été grievement bléssé et qui depuis continue la lutte par la musique. La filiation avec Tinariwen est évidente d'autant que Toumast signifie identité en touareg.
Guitare et chant pour elle et lui, appuyés par une solide section rythmique : percus, un bassiste efficace qui ne décochera pas un sourire et batterie. Tous les deux sont en habits traditionnels, Gibson à la main et ça balance d'entrée un bon son blues à faire frémir autant les alligators du bayou que les chameaux du désert. Le mariage entre chant touareg, guitare blues et percus orientale est diablement efficace. Musique de transe, c'est bien de cela dont il s'agit. Rythmes répétitifs ponctués de solo du guitariste hilare tandis que la chanteuse envoie des youyous qui renforce ce sentiment mystique. On est plus dans un stade à Aix, on part.
La sensation de voyage est accentuée par cette langue qui nous est étrangère. Cela ne les empéchera de s'adresser en français au public, souvent pour parler liberté, quelque chose pour laquelle les touaregs se battent. Mais aussi avec humour, notamment ce morceau sur le diable, où ils sonnent rendez-vous au Shaïtan dans le désert, car au moins on le voit venir de loin... Quand on se retourne, c'est pour voir que la transe a gagné pas mal de monde, que ce soit l'étudiant hippie ou le lascard qui fait tourner son tee-shirt au dessus de sa tête, évoquant, sans le savoir, les derviches. Des mamas se retrouvent au bled et répondent par des youyous aux Toumast. On replonge dans sa transe hypnotique née de la rencontre entre la magie du désert et la rage guerrière. Et quand le concert s'achève, après avoir acclamé à tout rompre le groupe, une vague de nostalgie nous submerge.
Impression qui nous fera seulement écouter de loin Zouj, groupe de hip hop de la Zac qui prend la suite. Après une pause bouffe africaine / punch on revient pour l'Orchestre national de Barbès. Précédés d'une redoutable réputation scénique, j'avoue ne les avoir jamais vu en concert alors qu'ils ont écumé les scènes. Les nombreux musiciens vot en effet déchainer le public. Voix, instruments tarditionnels, batterie, guitares, basses, claviers ils vont nous servir leur mélange de musique traditionnelle du Maghreb (brassage des styles, gnaoua, chaâbi, kabyle, alaoui, ...), imprégnée de reggae, de funk, de jazz et de raï.
Cette remuante fanfare va faire sacrement bouger le public, ça danse dans tous les sens, les pas appris pour les mariages sont ressortis allégrement par les lascards, les mamas se lèvent de leurs chaises pour taper des mains et envoyer les youyous, les babas cool virevoltent. Entre morceaux traditionnels survatiminés, un zouk pas terrible, une chanson sur les tirailleurs, les ONB savent quand même mener leur affaire et l'enthousiasme est communicatif. Seul réserve pour moi, des claviers un peu trop présents par moment.
Mais ce n'est qu'un détail vu la bonne humeur généralisée (leur sens de l'humour fait souvent mouche) et la redoutable efficacité de leurs morceaux. Ils nous abandonnent après une fort drôle reprise de Sympathy for the devil et on sort de là épuisé d'avoir dansé mais heureux. Trop fatigué par contre pour le Dark swing de Poum Tchak, ils est 2h du mat', on rentre à Marseille.
Au final, je reviens quand même sur cette formidable initiative qu'est le Zik Zac qui m'a presque guéri de mon aixophobie. Un moment de pur bonheur dans une des ambiances les plus populo à laquelle j'ai assisté depuis l'extraordinaire concert d'Idir dans le cadre de Métissons. Encore merci !
Photos par Philippe, un peu de la veille aussi, mais qui n'est pas resté pour ONB hélas... Bien content lui aussi de l'ambiance de ce sympathique festival, avec bonne musique très variée, engagement écolo-citoyen et nourriture de qualité ! Expérience à reproduire sans fautes ! Réagir à cette critique
Toumast - 14 Décembre 2006 - Café Julien - Marseille Le premier écho de Toumast ce fut sur leur myspace et déjà le charme de leur blues touareg opère. Une furieuse envie de les voir sur scène s'empare de vous. En attendant la date fatidique, on se rencarde un peu sur l'histoire du groupe et là, respect. Moussa Ag Keyna, fondateur et guitariste/chanteur du groupe est un ancien combattant touareg qui a .../...
Le premier écho de Toumast ce fut sur leur myspace et déjà le charme de leur blues touareg opère. Une furieuse envie de les voir sur scène s'empare de vous. En attendant la date fatidique, on se rencarde un peu sur l'histoire du groupe et là, respect. Moussa Ag Keyna, fondateur et guitariste/chanteur du groupe est un ancien combattant touareg qui a été grievement bléssé et qui depuis continue la lutte par la musique. La filiation avec Tinariwen est évidente d'autant que Toumast signifie identité en touareg,
Ce soirée est organisé par la Confrérie des Convoyeurs de Sons aka Squaaly et Armando Coxe, qui programme des groupes musiques du monde de qualité et pas très connu. C'est d'ailleurs sur des mix d'Armando que débute la soirée, plutôt du côté du Brésil d'ailleurs.
Les Toumast entrent en scène et la magie opère. Il faut dire que la déco africaine du Café Julien permet d'entrer dans l'ambiance. En fait seul le chanteur gitariste et la guitariste/choeur/percus/youyous sont touareg les bassiste / Batteur et percussionistes ont épousé la cause politique et musicale.
D'entrée Moussa Ag Keyna balance un blues classique mais diablement efficace à la guitare. L'ambiance d'ailleurs viendra avec les percus omniprésente et les choeurs et youyous de la choriste, puis du chant saharien. Et tout au long du concert on retrouvera cette complémentarité entre l'aggréssivité de la guitare et les mélopées plus envoûtantes des voix et de la section rythmique. Entre la rage du guerrier à la guitare et la magie éternelle du désert.
On quitte le désert à la fin du concert, le coeur empreint de nostalgie dû à ce moment rare. Réagir à cette critique