Quel bonheur de se rendre à l'Usine surtout lorsque ce n'est pas pour y travailler. Alors que l'horloge marque à peine son vingtième tour de cadran la foule afflue déjà ; des jeunes, des plus vieux, des petits, des grands, même des militants GreenPeace embauchés spécialement pour l'occasion afin de faire une étude environnementale, bref une mixité .../...
Quel bonheur de se rendre à
l’Usine surtout lorsque ce n’est pas pour y travailler. Alors que l’horloge marque à peine son vingtième tour de cadran la foule afflue déjà ; des jeunes, des plus vieux, des petits, des grands, même des militants
GreenPeace embauchés spécialement pour l’occasion afin de faire une étude environnementale, bref une mixité et diversité socialo ethnique impressionnante. Il n’y a pas d’erreur c’est bien ce soir que doivent se produire
Tryo, qui font leur grand retour sur les planches de
l’Usine.
C’est à l’occasion de la sortie de leur nouvel album
« Ce que l’on sème » que le groupe a décidé de reprendre les routes de France, bien que leur réputation ne soit plus à faire,
Tryo c’est avant tout un engagement militant prononcé (notamment pour
Greenpeace ou encore la condition du Tibet) mais aussi 7 albums dont deux lives.
C’est à
Bense que revient l’honneur d’ouvrir le bal. Le jeune groupe parisien a mi chemin entre Maxime Le Forestier et les Beatles se relève, malgré une musique plutôt calme, être un véritable agitateur de foule. Lorsque vient le tour de
« Au grand jamais », le morceau qui aura permis la médiatisation de
Bense, le public est en pleine effervescence, toute la salle chante à tue tête
« Non jamais au grand jamais…». Même si le public s’avère être réceptif l’envie de voir
Tryo se fait de plus en plus criante. Les morceaux s’enchaînent rapidement, mais ne se ressemblent pas,
Bense entame une chanson du nouvel album qu’il est en train de confectionner, ce dernier semble être bien accueilli par le public. Cela fait à peine une demie heure que le concert a débuté lorsque la formation parisienne termine leur ultime chanson. Après un bref salut à la masse humaine, qui s’agglutine de plus en plus sur les premiers rangs, ils quittent la scène. Les applaudissements accompagnent leur sortie se transforment peu à peu en véritables cris d’appel en faveur de
Tryo.
Le changement de scène s’effectue rapidement, à peine le temps de s’immiscer dans les premiers rangs occupés déjà par les plus vaillantes groupies depuis presque 2 heures. Ainsi
Laura, jeune spectatrice de 14 ans nous confie que
Tryo « c’est plus qu’un groupe, c’est carrément une icône de l’adolescence ». Il est maintenant 22h, la salle est plongée dans la pénombre les cris des jeunes demoiselles, majoritaires dans la salle, s’intensifient de plus en plus. Le moment tant attendu n’est plus qu’à quelques secondes. Lorsque le quatuor débarque sur scène les hurlements atteignent leur apogée. Encensés par une salle archi pleine et après un court salut les premières notes de
« Ce que l’on sème » retentissent dans l’immense salle. Quelques mots de la part de Mali, et le concert reprend de plus belle sur
« G8 » qui - malheureusement - commence à coller de plus en plus à la réalité actuelle…
Puis arrivent sur scène deux nouveaux musiciens, l’argentin bassiste mais avant tout percussionniste
Pablo Mendez et un surprenant français (dont le nom m'a échappé), contrebassiste, violoniste et bassiste à ses heures perdues. Renforçant le retour aux origines de
Tryo l’effet est immédiat durant le morceau
« Quand les hommes» on se voit de suite télé porter en pleine savane africaine. Entre deux boutades sur la guerre des clans qui se déroule actuellement au sein du PS le quatuor enchaîne sans attendre sur
« Sortez les poubelles » puis « El dulce de leche » en l’honneur de
Danielito (le batteur percussionniste de Tryo) et
Pablo Mendez, une véritable hymne aux immigrés inspiré notamment du passé au Chili de
Danielito. L’hymne à l’immigration se perdure jusqu’au solo/duo des deux percussionnistes. La maîtrise est impressionnante la salle à même du mal à suivre le tempo.
« Tombé mal » réinstaure cette illusion d’Afrique mauritanienne.
Soudain le groupe s’arrête.
Christophe Mali interroge alors le public sur la potentielle existence de groupes connus originaires de la région Istrienne. Les réponses fusent des quatre coins de la salle c’est finalement un courte reprise de
Massillia Sound System qui est jouée, suivie
d’AC/DC avec un « Back In Black » aux couleurs du reggae et un
« Comme une vierge » à la
Brassens. Après ce divertissant entracte
Tryo continue dans sa lancée « reprise » et continue avec
« Le poinçonneur des Lilas » du merveilleux
Gainsbourg. Bien que la réplique n’égale pas l’originale, le groupe nous en offre une version fort sympathique. Vint le tour de la
« Main Verte », dans une ambiance verdâtre, les cigarettes magiques poussent un peu partout dans la salle.
S’en suit le morceau phare du dernier opus
« Toi et Moi », les attaques envers la politique drastique de
M.Sarkozy continuent
« Marcher droit » ainsi que
« PompAfrik » même si cette dernier est plus dirigée envers
M.Chirac, elle s’applique aussi bien à
M.Sarkozy. C’est maintenant à
Rachida Dati d’en prendre pour son grade comparée à un «
Croisé d'Jackie Sardou et d’un Pokémon », aurait t’on découvert le père de l’enfant de
Mme Dati ? Nous n’en saurons pas plus puisque après cette satire de l’alcool la salle s’éclaire,
Tryo présente une partie de son équipe puis évacue la salle. Quelques personnes commencent à déserter la salle ne croyant pas un rappel possible.
Ils avaient tort, puisque se ne sont pas un mais bien deux rappels, dont le groupe nous a régalés. Revisitant les succès d’autre fois, de
« Serre Moi » à
« Yakamoneye » sans oublier
« L’hymne de nos campagnes » entamée en attendant le second rappel par les « fidèles ». Un ultime et le groupe semble partir de la scène mais à la surprise générale Christophe Mali hurle
« Musiqueuuuh » immédiatement les quatre camarades de
Tryo plus les deux autres musiciens entreprennent une chorégraphie sur
«Around the World » de
Daft Punk.
Ainsi, après plus de deux heures de concert intense et riche en émotions s’achève - cette fois pour de bon - le retour de
Tryo à Istres. Prochain rendez vous le 17 décembre aux Docks des Sud de Marseille. Cette année, si toutes les représentations de
Tryo sont comparables à celle-ci le public ne risque pas de s’ennuyer.
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