Retour en fanfare des plus illustres mélangeurs de genre de la musique électrifiée d'aujourd'hui : les TV on the Radio viennent de commettre leur troisième LP, Dear Science ! Et c'est toujours, peut-être même de plus en plus, une gageure de décrire ce qu'ils font : rock, soul, .../...

Retour en fanfare des plus illustres mélangeurs de genre de la musique électrifiée d'aujourd'hui : les
TV on the Radio viennent de commettre leur troisième LP,
Dear Science ! Et c'est toujours, peut-être même de plus en plus, une gageure de décrire ce qu'ils font : rock, soul, rap, stoner, disco, pop, jazz, afro beat, et surtout deux, si possible trois de ces styles au moins à la fois... Le mélange a généralement pour effet, et c'est encore le cas ici, d'horripiler terriblement au premier contact, à un point tel que, énervé de ne pas comprendre, on est obligé d'écouter encore, et encore... jusqu'à être totalement ensorcelé par des compositions d'une originalité radicale..
On pourrait consacrer une page à la dissection des mélanges et influences décelées dans chaque chanson sans être plus avancé. Un coup,
Bloc Party jamme avec
Saul Williams sur un sample de
Kool and the Gang, un autre,
Keziah Jones improvise avec
Arcade Fire feat. Akosh ...
Trent Reznor remixe les
QOTSA avec la voix de
Gnarls Barkley ? Ahhhh, laissez tomber, comme dirait le sieur Bangs, vous voyez bien que c'est sans espoir...
Il est vrai que non seulement le chanteur
Tunde Adebimpe a une voix à large spectre (et une présence
scénique proche de l'hystérie mâle), mais qu'il a en plus derrière lui un quarteron d'illustres zicos ch'tarbés, que ce soit l'hirsute guitariste au son
Mogwaïoïde Kyp Malone, un batteur
incapable de jouer en binaire appelé
Jaleel Bunton et pire, à la basse et à la production le requin
Dave Sitek (récemment auteur de l'album anecdotique, mais très bien foutu de reprises de Tom Waits par Scarlett Johannson...), le genre de type capable de convoquer n'importe quel instrument à n'importe quel moment, surtout s'il est incongru. On reconnait d'ailleurs aisément sa patte, par exemple sur la vaporeuse
Family Tree.
Chose agréable, on a le sentiment que le groupe loin de se reposer, cherche encore, se rate parfois, étonne toujours (
Shout me Out), balance un électro-slam
Dance Choose en début d'album et un hymne céleste et branque en fin (
Lover's Day)... Nul doute que les prochains concerts, qu'on espère ailleurs qu'en festival et en plein jour - où une bonne moitié du public ne comprend pas ce qu'ils font, comme on a souvent pu le vérifier - que ces concerts donc auront lieu dans une salle, sur une vraie durée et devant des fans endurcis et tout-terrains - en voilà une expérience sonique qui doit être proprement inoubliable !
(2008)