Il fait plutôt frais ce vendredi soir pour un concert en extérieur. On espère tous que les beats de Cassius nous feront oublier que ça pince un peu.
La Fiesta des Suds donc, toujours fidèle à elle même, a encore déversé une montagne d’invitation pour cette soirée ou l’on cherche le Sud. Car Ultra Orange, DJ Zebra et Cassius n’ont rien de bodega, de caliente, de saudade ou de rumba cha cha cha. Bref, on est loin de la world music et de l’esprit Fiesta mais bon, comme entendu de la bouche du directeur sur France Inter quelques jours auparavant : « on est toujours au sud de quelque chose » . Alors …
Je ne m’attarderais pas trop sur Ultra Orange, pour la bonne et simple raison que je ne m’y suis pas trop attardé ce soir là. Du gros rock assez sympa mais manquant furieusement d’originalité. L’attraction du groupe, c’est la très sensuelle Emmanuelle Seigner, qui danse comme une poule de luxe, mais qui chante comme un poulet à la dioxine. Dommage, car sa belle présence est gâchée par ses limites vocales qui nous rappellent nos pires soirées Karaoké. Bref, ça ne décolle pas.
Une petite biere à 3 € et l’on se fait alpaguer sur la grande scène par un fou furieux déguisé en Dark Vador et parlant comme un animateur de NRJ. C’est DJ Zebra, un espèce d’allumé branché sur le secteur pendant 2 heures, loin mais alors très loin des DJ autistes que l’on a l’habitude de voir. Zebra, il kiffe la musique et c’est tout une époque qu’il mixe et remixe : Nirvana, Mano Negra, NTM, Blur, Dakt Punk … Le garçon a une pêche hallucinante, il chante, il joue de la guitare, se roule par terre, se jette dans le public et surtout, surtout … ne se prend pas au sérieux. A vrai dire, on dirait un type qui tripe dans sa chambre avec 4000 personnes qui le regardent. L’ambiance est brulante, d’autant plus que Zebra est venu accompagné de Leeroy (de Saian Supa Crew) et de Anis pour assurer le show. Le final est hallucinant : un mix de « antisocial » de Trust et de « Qu’est-ce qu’on attend ? » de NTM qui débouche bien les portugaises et remet les idées à l’endroit. DJ Zebra restera vraiment le moment fort de la soirée.
Parce que la suite est un ton en dessous. En terme d’émotions, je veux dire, parce qu’en terme de décibels, Cassius écrase tout sur son passage. L’idée est alléchante : de l’electro, de la bonne dance made in Cubase adaptée au live avec 7 musiciens. Nombreux sont ceux qui ne s’en sont pas remis lors de leurs précédents concerts. Ca commence fort d’ailleurs avec deux morceaux bien rythmés mais pas trop bourrins, dont l’excellent «Toop Toop» en version longue. La mayonnaise du live avec les deux chanteurs prend mais rapidement, le groupe vire sur du lourd, du dur dès le 3ème ou 4ème morceau. Cassius, ça devient le mur du son et c’est parfois presque inaudible. Bref, votre serviteur, par ailleurs père de famille fatigué et non drogué, ne tiendra pas jusqu’à le fin.
Reste donc un souvenir mitigé de cette soirée, sauvée quand même par un DJ Zebra dont l’enthousiasme renverse tout sur son passage.