La quinzième édition des
Eurockéennes de Belfort a été une indéniable réussite artistique mêlant habilement découvertes et stars. Le très nombreux public (90 000 personnes en 3 jours) a pu assister à d’excellents spectacles de groupes couvrant tout le spectre musical.
A Belfort, les fans de pop, rock, punk, électro, metal et hip hop trouvent leur bonheur et ont ainsi l’occasion de s’ouvrir sur des styles qu’ils n’ont pas l’habitude d’écouter. Si au camping et sur le site du festival, la coexistence de publics différents se passe dans une atmosphère bon enfant (mais malheureusement sous le regard omniprésent de la Gendarmerie et des Douanes mandatées par le sinistre maire de Belfort,
Jean-Pierre Chevénement, un fidèle larbin de
Sarkozy), ce clash musical peut entraîner des dommages irréversibles sur certaines oreilles sensibles (ou non).
Dans un cadre bucolique, l'inconditionnel du trash metal de
Slayer peut tomber fortuitement sur le très calme
Exit music (for a film) de
Radiohead, tandis que l’aficionado de le pop de
Nada Surf ou de
Tom McRae se voit contraint de subir (un bref instant) les outrages sonores Nu Metal de
AqME. Plus loin, les extrêmes prestations de
Tomahawk ou
The Melvins peuvent ruiner les velléités de trémoussements suggestifs des adeptes du hip hop de
Blackalicious ou
The Streets…
En marge de la musique, l’édition 2003 des Eurockéennes a été marquée par une très forte mobilisation des intermittents, qui, au lieu d’entraîner l’annulation pure et simple du festival en faisant grève, ont préféré intervenir avant les spectacles et expliquer au public les raisons de leur colère contre les vibrants défenseurs de la culture en France que sont
Ernest-Antoine Seillière,
Jean-Pierre Raffarin et
Jean-Jacques Aillagon…
Cette atmosphère de lutte contre des projets dangereux a reçu un écho positif chez la plupart des artistes (
Mickey 3d,
Nada Surf,
Dionysos ou
Zebda), ceux-ci prenant fait et cause pour les intermittents, certains demandant même (comme une partie du public) la libération de
José Bové, le leader syndical injustement incarcéré.
Ce court séjour sur la fraîche presqu’île de Malsaucy, magnifiquement décorée et éclairée, restera donc un très bon souvenir de communion musicale et militante…
Voici le compte rendu concert par concert (cliquez sur les liens en dessous des photos) :
Le 4 juillet 2003 :
The Datsuns, Mickey 3d, The Streets, The Roots
Console
Radiohead
Les Wampas
Le 5 juillet 2003 :
Electric Six
Dionysos
Tom McRae
Suicide
Tricky
Slayer, AqME, Hell is For Heroes
Le 6 juillet 2003 :
Eiffel, Nada Surf, Dave Gahan, Blackalicious, Zebda
The Polyphonic Spree
The Melvins, Tomahawk
Underworld
Massive Attack
(Photos : Jean-Pascal Blache sauf Massive Attack : Flore-Anne Roth au Printemps de Bourges 2003.)