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Usthiax - Interview

Marseille   Avril 2007

  Concert à ne pas manquer

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    L’émotion jusqu’à l’os



    Trois jours après, son concert donné mercredi dernier au théâtre de Lenche dans le cadre du festival « Avec le temps » (Cf chroniques de concerts : ici), Usthiax nous accorde deux heures au café du champs de mars à Marseille pour nous aider à sortir de la nasse des émotions fortes.

    Où as-tu appris à jouer ainsi de la guitare ?

    Tout seul. Enfin, avec mon père au départ. Il était musicien dans la fanfare à Banon (04) et il jouait de la guitare, du tuba, du banjo. A la maison, il y avait tout le temps de la musique. Vers 10 ans, j’ai pris sa guitare et il m’a montré la base, les 6, 7 accords qu’il faut maîtriser pour se débrouiller.

    Tu as joué dans des groupes ?

    Ouais, j’ai joué dans 3, 4 groupes. On jouait souvent du rock. Ensuite, je suis parti à la fac de lettres à Aix, j’ai fait ma licence à Montréal où j’ai rencontré Mike, puis je suis revenu finir mes études à Marseille. Là, j’étais face à un choix : poursuivre mes études et puis peut-être faire prof, ou la musique. J’ai choisi la deuxième voie.

    On en vit d’Usthiax ?

    On a des beaux moments, mais pour en vivre, c’est pas encore ça. Quand j’ai vraiment plus un radis, je me mets au taf, je monte des fenêtres, je travaille dans un restaurant. C’est pas facile tous les jours de bouffer des pâtes et des patates, mais c’est mon choix. Et puis, les pâtes et les patates, c’est pas si mauvais, faut juste savoir comment bien les cuisiner.

    Aujourd’hui, tu te produits en solo ou en trio comme au Lenche. C’est quoi Usthiax ?

    Usthiax, c’est mon nom, mal orthographié, Mathias. J’ai eu un premier groupe qui portait ce nom, Usthiax, avec lequel j’ai joué deux ans et avec qui j’ai fait mon premier autoproduit. Ensuite j’ai fait mon second disque seul avec Mike Aubé aux manettes. On travaille ensemble sur divers projets depuis bientôt 5 ans. Quant au batteur Benjamin Darnaud, il nous a rejoint récemment. En fait, j’aime bien jouer en solo comme en trio. La plupart du temps, je n’ai pas le choix. Tout dépend du cachet que l’on nous propose, des contraintes. S’il y a de quoi jouer à trois, on y va. Enfin, c’est pas très juste, puisque le concert du Lenche était notre première en public dans cette formation.



    Pourtant, on a senti une grande complicité, une grande harmonie entre vous trois, exactement comme si vous jouiez ensemble depuis des années.

    Ben, non, on sortait pour la première fois de la cave . Mais on a bénéficié, pour ce concert, de conditions optimales : on s’est installé la veille, on a eu le temps de tout régler, les lumières, le son, la mise en scène, et puis on a fait une sorte de générale.
    Mike Aubé : Pour notre première, on voulait retrouver l’univers intime de Mathias qui est assez prégnant. D’où l’idée au départ de faire comme si on était à la maison. On voulait que le public entre doucement dans notre monde.

    Aujourd’hui, on voit beaucoup de chanteurs et de chanteuses seuls à la guitare, mais qui usent du sample pour donner du volume à leur musique

    Oui, la technologie peut nous permettre de faire aujourd’hui seul du boucan pour 10. Dès fois, ça peut être bien (Nosfell, Claire DiTerzi), mais j’ai le sentiment que pour beaucoup, c’est une solution de facilité. Je sais que ce n’est pas le chemin que je veux emprunter. On parlait tout à l’heure de contrainte : la question que je me pose c’est « qu’est-ce que je peux donner aux gens avec juste une guitare et un micro ? » Je suis à la recherche de l’épure, j’ai besoin de me délester du superflu pour atteindre l’essentiel, l’émotion jusqu’à l’os.

    Dans le concert, on a justement très fortement senti cette fragilité. On avait l’impression d’être sur la corde raide et franchement ce n’est pas une sensation facile à éprouver, cette espèce de tension qui monte, qui frappe au ventre.

    C’est pour cela que je parle entre les morceaux. On m’a demandé d’expliquer certaines choses, mais je ne m’y retrouve pas trop. C’est bien d’introduire un titre, de donner un axe de lecture, mais c’est aussi faire retomber cette tension justement.

    Justement, tes textes, ceux qui cognent tant, comment ils se pointent chez toi ? tu as une méthode d’écriture ?

    Non, j’ai juste un cahier sur moi en permanence…enfin, sauf pour venir au café…
    Ça fait un moment que j’écris, j’ai appris à laisser les choses venir. Et souvent, ça arrive en bloc… Après dans ce bloc il faut faire un petit ménage.

    On a un peu l’impression que tu es un Ovni sur la scène marseillaise. Tu fais parti d’un réseau, tu as des affinités avec d’autres artiste ?

    Non, je suis un peu solitaire… Mais sans les connaître, j’apprécie le travail de David Lafore et d’Oshen…

    Bientôt un album ?

    Tant que l’ours n’est pas tué, je préfère ne pas en parler… Mais disons que l’on est en chasse
    `



    Un interview www.liveinmarseille.com

    Album Ecrire à l’envers, 9 titres
    En concert au Balthazar le 14 avril et encore le 25 mai au théâtre des Argonautes (Marseille)

    www.usthiax.com
    www.myspace.com/usthiax


    le 02/04/2007
    Signature :
    Stephane Sarpaux
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