Issu de la scène Slam marseillaise, Vibrion souffle un slam aux instrumentaux obsessionnels et hypnotiques en mêlant la guitare, la contrebasse, et le violoncelle aux samples électro. Vibrion crée un univers musical inclassable qui rassemblera aussi bien les les amateurs de chanson, que de jazz ou de rap.
Vibrion + Daffysam - 09 mai 2008 - Nomad Café - Marseille
Un petit mot vite fait à propos du concert de vendredi dernier (alors que personne n'a encore laissé de trace des concerts de Elektrolux, Spleen + Yael Naim , Massilia Sound System , et Leute et .../...
Un petit mot vite fait à propos du concert de vendredi dernier (alors que personne n'a encore laissé de trace des concerts de Elektrolux, Spleen + Yael Naim , Massilia Sound System , et Leute et qu'il faudra bien que je rattrape tout ça dès que cette semaine de folie sera passée) qui m'amenait pour la première fois au Nomad Café pour voir Vibrion (pas vus depuis trop longtemps) et Daffysam (nouveau groupe de hip hop marseillais aux textes sensés)
En entrant j'apprends de la bouche de Fred qu'il sera seul au chant ce soir et que le violoncelliste sera absent aussi … dommage mais je ne suis pas trop inquiet (pour avoir déjà vu Fred seul ou dans d'autres configurations). La salle se trouve au premier étage et le carrelage et le faux plafond assez bas lui donne plus des airs de salle de fête communale que de « café ». La scène légèrement surélevée est prête et après une blague dispensable sur le décès de l'animateur de La chance aux chansons et une petite présentation des deux groupes, Daffysam ne tarde pas à commencer.
Un DJ (caché sous sa capuche) qui commence à lancer des sons depuis son ordi, avant d'être rejoint par le duo de MC Sagosaï et Seth Rock aka Rocasieté. Les deux morceaux en écoute sur leur myspace : Ils gobent et Ma plume m'avaient très favorablement impressionnés … un mélange de IAM pour le phrasé un peu autoritaire et de HHPpour les sujets abordés et la pertinence de textes.
Ce soir ils jouaient « à la maison » puisque l'essentiel du public (connaissant les paroles et chantant) semblait être là pour eux. Entrée en scène cérémonieuse, concentrés et appliqués ils m'ont touchés avec leur textes, même si dans la forme ils sont parfois encore un peu naïfs. Bon équilibre entre les deux MC, DJ un peu statique (difficile de bien occuper la scène quand tout le boulot est fait en amont et que sur scène il vous reste juste à appuyer sur entrée et parfois sur une boite à clap) pour un résultat déjà très sympathique.
En tout cas comme chez HHP (l'une de mes principales références dans le coin) les textes sont intelligents, pas agressifs ni « bling bling » ; Bref un groupe que j'étais content de découvrir et qui devrait se bonifier avec le temps.
Puis après une pause un peu trop longue (pause fumeur de l'ingé son ou light ?) ce fut le tour de Vibrion version light ie sans Eric Cartier (le deuxième chanteur) ni Julien Lefevre (violoncelle) tous les deux « retenus » loin de Marseille. C'est Christophe Isselée qui attaquera seul à la guitare sous le regard attentif d'un public déjà moins dense malgré les encouragements de Daffysam à rester après eux (trop longue la pause !). L'ambiance est posée, décollage immédiat
Il est rapidement rejoint par Frédéric Nevchehirlian au chant donc et Stéphane Paulin à la batterie. Ce qui m'a tout de suite frappé c'est l'aisance et la complicité des 3 sur scène. Le chant et le jeu de Fred m'ont paru beaucoup plus naturel (y'a pas de secret, plus on tourne, plus ça devient sincère et spontané) ce qui est important dans le slam ou les morceaux déclamés où la part de théâtral est importante ... surtout quand les textes sont un peu intellos / poétiques comme ici.
Stéphane et Christophe que je trouvais avant effacés sont maintenant incroyablement présents. Certes ils restent discrets sur scène (ils ne sont pas en train de sauter dans tous les sens) mais ils dégagent vraiment quelque chose. Très à l'écoute (pour ne pas dire à l'affût) de Fred on sent que les morceaux peuvent évoluer et que s'ils le sentent ils peuvent partir dans n'importe quelle direction.
Cela a d'ailleurs du être le cas ce soir en raison de la configuration inhabituelle du groupe. On aura ainsi le droit à un version "massacrée" (dixit Fred) de La Cage avec des paroles complètement différentes (textes de Ronan Chéneau) et refrain "clin d'oeil" à Pascal Sevran. Sinon on aura aussi le droit à une pause slam (car Vibrion ce n'est pas du slam) pendant laquelle Aurélien (l'ingé son du Nomad) viendra nous dire un joli texte (un peu trop crié sur les parties énervées).
A deux reprises Fred prendra lui aussi une guitare pour s'énerver un peu dessus révélant / rappelant le potentiel rock / trippant de Vibrion qu'on a du coup hâte de revoir en version complète et peut être sur une plus grosse scène. Lorsque le concert finira je reprendrai conscience que nous ne sommes pas très nombreux dans le public (quel dommage) ... et passerai la demi-heure suivante à remettre un nom sur une tête familière (oui oui c'était bien Hervé André de Fictions Intimes)
Comme toujours c'est avec réticence que je vais à la Fiesta des Suds, faux festival (pas de pass = pas de festival), vraie pompe à subventions, "fête populaire" du moins quand les invitations peuvent rentrer, tarifs des consos souvent prohibitifs et surtout, jauge trop élevée, depuis à peu près toujours : serrés de partout, tout le temps. Quand le Dock a brûlé, on a parlé de malchance ? Bonne blague, moi j'ai parlé de chance : chance que ça ne soit pas arrivé un soir de concert, chance que ce soit arrivé avant qu'un jour un mouvement de panique quelconque ait fait des morts dans ce lieu dramatiquement mal fichu, mal ventilé, mal sécurisé.
Bon, en tout cas autant la soirée d'ouverture à eu l'air surpeuplée, autant ce soir on circule tranquille. Et puis les scènes sont placées si haut que même les handicapés en fauteuil y verront peut-être presque quelque chose, et par exemple celui avec la béquille qui va y slammer ce soir. Bon, ils verront moins bien que des 2 tribunes VIP bien sûr, faut pas déconner, les potos du Conseil Général, on va pas les mettre dans la fosse quand même... Autres détails qui fâchent, la bière en alu à 5 euros ou l'eau chaude dans les cabinets rappellent rapidement où l'on est. Et bien sûr on ricane comme toujours de voir les guignols d'Attac se fourvoyer dans ce temple de la consommation.
Mais Lo Cor de la Plana me rappelle à l'ordre : arrête de râler, c'est pour la programmation que t'es venu ! Le chant polyphonique bien connu de ces 6 gaillards déclenche rapidement des farandoles effrénées. Tout ça a capella, avec seulement quelques tambourins, le talent de Manu Théron pour tout mettre en musique (ah, la voix de ce type ...). Ils remettent au goût du jour des airs traditionnels parfois tristes, souvent rigolos (Fais le cocu ma fille, ton père l'était bien), on se retrouve à danser et à taper des mains naturellement. Une fanfare de cuivres au look très 'Royal de Luxe' vient leur prêter main-forte, talentueuse et cacophonique à la fois, le mélange est très sympa aussi. On s'éloigne quand même pour ne pas rater le thème de la soirée : le slam.
En chroniquant le disque sympa de Grand Corps Malade, j'avais été un poil énervé qu'on le présente comme le "premier", puisque par ici on suit la carrière de vibrion depuis bien longtemps. Ce soir, réconciliation : les deux vont pouvoir discourir, et dans le bon ordre ! C'est donc sur une très belle scène (non je ne dirai pas que du mal de l'organisation) sous l'autoroute, qu'on rejoint Fred, Eric et leurs musiciens célestes, en train de Décliner les Bleus. Il y a pas mal de monde par rapport à certaines programmations difficiles du groupe (comme l'ouverture de Marsatac en 2005) même si le public semble, comme à l'accoutumée, un peu désarçonné par cette musique.
Car au fond, pourquoi ne pas danser comme des fous sur Fusées (Kadish) et son rythme techno ? Nous on ne s'est pas gênés. Car ceux qui en attendaient une plus dansante seront déçus, ici on est d'abord politique : J'ai 8 ans, texte horrible décliné avec un petit sourire, L'Amérique, slam a capella foudroyant et texte fabuleux (malgré un petit bug de transmission neuronale après Gorge, bouche, gorge, bouche !), le public devient plus attentif. Une nouveauté (Dans le Stade ?) assez lancinante, à réécouter, ça semble se moquer des supporters - vibrion sait comment se faire des amis. Et puis la difficile Khora, à la musique crypto-industrielle puis percutante, celle qui m'avait fait aimer le groupe à la base. Au rappel, tout le monde salue et en bonus, Ce mec s'effrite c'est sûr, très hip hop, classe. Comme prévu donc, excellente prestation !
En attendant la suite du slam, on s'autorise un petit tour à Moussu T e lei Jovents : un groupe de reggae avec des bouts de Massilia dedans : le Tatou et son célèbre bleu de travail chantent de gentilles comptines occitanes d'un ton désinvolte, les deux musiciens sont en place, c'est assez sympa mais... c'est du reggae, je ne suis pas fan. Et pas question de rater celui que j'ai vu dans un contexte complètement différent : perdu parmi les rockeurs, Grand Corps Malade nous avait surpris et enchantés à Rock en Seine l'été dernier, alors cette fois-ci on est là pour lui !
A 22 h 30 pétantes, le Grand Corps Malade débarque sous l'autoroute ! Le public est conquis d'avance et le premier texte plante le décor : être handicapé en France (à plus forte raison, à la Fiesta), c'est d'abord se forger un Mental de résistant. Sa grosse voix grave nous enveloppe, il enchaîne avec la combattante Le Jour se lève et présente son percussioniste, Mr Feedback. Puis l'optimiste Sur mes deux oreilles. Il prend par la main un public très attentif (et qui semble pour pas mal d'entre eux découvrir le texte, je les envie) pour visiter 93200 Saint-Denis (ça tombe bien, cette petite moquerie vis à vis des parisiens, ça marche bien par ici). Après le bien qu'il en a dit, comparer Marseille à un grand Saint Denis au bord de la mer mettra définitivement le public dans sa poche ! Il en profite pour présenter son trio gagnant et drôle : ma Tête, mon coeur et mes couilles, qui fait toujours son effet...
Mais voici Midi 20, l'un de ses meilleurs textes ; le public scandera 'Appelez-moi GCM' avec lui. Ensuite, ça déroule et tout est agréable : Paris le Matin où le plaisir d'être chomeur volontaire, 6e sens où la difficulté d'être regardé par les autres quand on est handicapé. La faussement méchante Attentat Verbal, et par contre la vraiment détestable et hilarante J'aime pas les gens (bonne surprise, elle est sur son site web ici mais je pensais pas qu'il oserait). Il continue sur la chanson Chercheur de Phase au final musical enchanteur, J'ai oublié combattante et presque rap, puis un joli texte d'amour à sa béquille, et l'inévitable et un peu balourde Voyages en Train, sauvée par son duo piano-violon.
Bonne chose de faite, on peut passer à l'autre texte marrant : L'appart de célibataire. Puis il invite son pote John Pucc'chocolat à faire le duo Ca peu chémar où il feront participer la foule. Son collègue très doué mettra une gros ambiance en slammant quelques instants en ricain. Un autre texte d'amour assez joli (j'ai pensé à Renaud, dans le temps), cette fois à une fille, et puis la superbe Toucher l'instant. Le concert est déjà fini, mais le public lui fait un juste triomphe et le grand gaillard ne tarde pas à ramener sa carcasse et ses jolies musiciennes !
Il dit alors un texte technique (non de dieu, ça n'a pas du être facile à mémoriser) où revient sans cesse la syllabe "vers". Il enchaîne avec Vu de ma fenêtre et finit sur la chouette Les Rencontres. Il pensera à remercier tout le monde et faire saluer son groupe sous un tonnerre d'applaudissements. Si l'effet de surprise n'a pas joué comme la première fois (découvrant ses meilleurs textes et sa voix, j'en avais eu la chair de poule), j'ai tout de même apprécié de revoir tout ça, et ce très charismatique slammeur, tout en enviant les gens qui l'ont découvert ce soir. Une très bonne soirée donc, et à la Fiesta des suds ? Ma foi, tout arrive !
PS 1 : exceptionnellement pas de photos hélas, Pirlouiiiit a été empêché - ces photos prises ailleurs (par votre serviteur) à la place...
PS 2 : en bonus, ouais tout ça c'est un peu de la triche mais au moins la maison ne recule devant aucun sacrifice :
3 petites vidéos de vibrion au Cabaret Aléatoire par ici et une de Grand Corps Malade à Paris par là ! Réagir à cette critique
Fiesta - Grand Corps Malade, Vibrion, Moussu T - 26 octobre 2006 - Docks des suds, Marseille En fait, à la fiesta, fallait pas y aller à l'ouverture ! Trop de monde, des têtes d'affiches invisibles (ou amorphe, hein, Cesaria?) malgré leur qualité musicale.
Du coup j'y suis retourné hier .../...
En fait, à la fiesta, fallait pas y aller à l'ouverture ! Trop de monde, des têtes d'affiches invisibles (ou amorphe, hein, Cesaria?) malgré leur qualité musicale.
Du coup j'y suis retourné hier soir, pour la soirée "slam" ou "écoute" comme c'était marqué. C'était tout d'abord moins cher (merci la Fnac pour la place gratuite), pas de queue pour la bière ou la bouffe, et des artistes qu'on a pu non seulement entendre mais surtout voir !
Peut être que l'affiche était a priori moins alléchante que pour l'ouverture, enfin c'est ce que diront certaines personnes mal léchés, d'où une fréquentation moindre que pour l'ouverture, mais le plaisir n'en était que plus grand. Des groupes que je ne connaissais pas et qui tous m'ont agréablement surpris, a commencé par Lo Cor de La Plana ou Vibrion.
Enfin un bon moment et j'ai retenu la leçon pour l'année prochaine, j'éviterai l'ouverture (enfin sauf si on m'offre la place) Réagir à cette critique
Bien belle initiative ce soir, organisée par un collectif formé pendant l'été et manifestation placée fort intelligemment (pour éviter tout blabla sur une possible dérive communautaire ou politique) sous l'égide de l'indiscutable ONG Handicap International. Le cabaret Aléatoire est donc investi par une dizaine d'artistes et de groupes différents, qui vont se succéder à un rythme soutenu grâce à une organisation apparemment très rigoureuse. Entre chaque concert des DJ's et DJ'ettes assureront l'intérim.
Ce n'est pas complètement plein quand j'arrive pour Nawal, chanteuse orientale agréable, dont la voix a des accents aussi bien africains qu'orientaux. Elle chante de tristes complaintes, accompagnée un moment d'un banjo et d'une guitare. C'est vraiment très beau même si je suis déconcentré car je me bats avec les réglages de mon appareil photo. Elle finit par une chanson très entraînante sur un rythme des Iles, le public reprenant avec plaisir ses refrains.
Bains Douches & guests : c'est bête mais je crois que j'ai préféré les guests... Deux jeunes filles aux voix superbes et presque bouleversantes, qui chantent 2 ou 3 chansons tristes de musique séfarade, dont une a capella. Les Bains Douches eux, sont un duo de DJ/musiciens, qui alternent les instruments (guitare, saxo droit). Ils pratiquent un trip hop orientalisant, pas mal, avec de grosses basses. En fait, au début, j'ai un peu pensé à Massive Attack et puis à la fin, je me suis un peu ennuyé.
Anita & Trio Fernandez : comme son nom le laisse à supposer, un trio de flamenco espagnol accompagné d'une danseuse fort gironde et sympathique. petite ambiance arabo-andalouse pas désagréable - ils ne sont pas manchots à la guitare ! La Dame fait des arabesques, claque des talons et l'ambiance se fait un peu gipsy. Fort plaisant mais un peu contrariant : tout le monde étant assis, impossible d'esquisser un pas de danse...
Mais voici Musard, un de ces petits groupes classes que LiveinMarseille.com suit à la trace, des fois qu'ils exploseraient sans prévenir (ça a bien marché pour Anaïs entre autres !). La toujours délicieuse Candice et ses musiciens de chic et de choc, après avoir réglé divers problèmes de son, commencent par une nouvelle chanson (enfin il me semble). Puis ils mettent une belle ambiance dès lors qu'un type bien avisé aura fait lever toute la salle. Ouf ! On est quand même mieux pour écouter Wladimir (chanson dansante slave), Dehors et d'autres, avec ces trois voix mutines qui s'accordent à merveille sur un swing manouche de qualité (violon impeccable et sautillant).
Une chanson très appropriée dans un concert de solidarité, qui doit s'appeler Pourquoi te tues-tu et traite de nos petits égoïsmes face aux misères de la planète. Première frustration puisque c'est le premier groupe que je connais : horriblement trop court (pas même cette Mademoiselle que j'adore !) mais il faut bien laisser de la place aux autres ! Rendez-vous est pris avec plaisir au Balthazar début octobre, pour un concert dont nous n'avons vu que la bande-annonce ce soir...
(Suite à une divergence de vue avec un quelconque abruti d'Universal, pas de (mes) photos d'Anaïs ici, mais celles de Pirlouiiiit prises lors du Cheap "final" Show au Moulin, deux mois plus tard)
Petit message intermédiaire des organisateurs (en l'occurence deux organisatrices) qui remercient les sponsors (si l'on peut dire) et nous demandent d'accueillir la première qui a dit 'oui' pour chanter ici ce soir : Anaïs ! Voici l'arrivée triomphale de celle qui connaît la gloire suite à son Cheap Show enregistré au Poste à Galène début 2005 (concert chroniqué ce jour-là par votre serviteur par ici avec moult photos de Pirlouiiiit, vous voyez bien qu'on est sur le coup à LiveinMarseille !!).
Elle attaque par une reprise d'elle-même en anglais : My love, my honey qui semble déconcerter son nouveau public quelques instants (Ahaaa ! mais si chuis bête c'est 'mon amour mon coeur' ! entendu à ma droite). En tout cas c'est bien traduit, on comprend tout et ça sonne comme l'original. Vient ensuite l'inévitable Lynda Molay, hilarante caricature et sa La Vie c'pas du foie gras.
Bien évidemment Anaïs c'est d'abord et avant tout une intarissable source de déconnade. Elle convoque ainsi un Pharell Williams virtuel (elle fera aussi une imitation fort réussie de Camille), avant finalement une vraie invitée : sa copine "mystère" (O---N pour les intimes), avec qui elle interprête, forcément, une chanson sur les blondes. Deux grandes copines qui finissent par s'agonir d'injures parce qu'elles ont partagé un même ex, un succès. Et puis la chanson sur l'Ecosse (un orchestre celtique réalisé entièrement à la bouche et à la boucle),désormais archi-maîtrisée : elle présentera même ses musiciens qui feront chacun leur petit solo - excellent !
Mais elle aussi a très peu de temps (et notamment pas celui de nous raconter La plus belle chose du Monde) : voilà déjà une dernière chanson, reprise en coeur par le public aux refrains : Elle sort qu'avec des blacks. Avec un brin d'amusement, je me rappelle d'un truc : il y a deux ans jour pour jour, à la fête du Plateau, elle chantait ceci Place du Chien saucisse (avec Lafore, Boudin et d'autres) devant un public de fêtards peu attentifs, et maintenant elle est tête d'affiche et a même ouvert leS Eurockéennes 2006 sur la grande scène !! Quel parcours... c'est fou ce que la télé peut faire !
La pause sera l'occasion de sympathiser avec le fort agréable Cap'taine Carnasse (que j'ai reconnu même sans sa Mummy, son tricorne et son sang sur la gueule), alias DoM (cerveau malade géniteur d'homosuperior, Cockring etc) et accessoirement bon copain d'Anaïs avec qui il devrait jouer prochainement, officier anglais qui nous a fait l'honneur d'un interview tout récemment et devrait tout casser au Moulin la semaine prochaine dans son Maxi Monster Show.
Quoi qu'il en soit la soirée n'est pas terminée loin de là : je prends la décision de rester pour voir mes favoris, Vibrion (eux aussi suivis avec ténacité dans l'attente d'un succès mérité, et pas revus depuis Marsatac 2005) plutôt que de courir à la Machine à Coudre voir des poseurs crétins faire du punk-rock. Grand bien m'en a pris, je suis chopé aux tripes d'entrée : violoncelle + voix = Dans la cage et son boum-boum énorme, dont je sens le vent sortir des baffles - frissons garantis !
Frédéric N le chanteur arbore un look moins sage que d'habitude : barbe et casquette, un vrai bad boy, mais toujours le même flow, largement aussi classieux que celui d'un Grand corps Malade et sur des textes plus abstraits et plus dérangeants. Fabuleuse et envoûtante La Mer sait décliner les bleus, sublime et technoïde Kadish (et cette impression si rare en concert et que j'adore : 'Vibrion ne joue que pour moi').
Inexplicablement Eric C ne dira pas le texte J'ai 8 ans qui traite pourtant de guerre et d'enfants qui en souffrent, ni Gorge Bouche qui l'aurait bien fait aussi mais, comme l'annonce vibrion, on sait bien pourquoi on est là alors autant utiliser le potentiel musical à fond : la très classieuse Ce mec s'effrite c'est sûr sera la dernière pour ce soir... Bref on aura compris que je suis un fan total (et peut-être même déraisonnable) de ce groupe mais rassurez-vous, ils ne me donnent pas d'argent.
Désolé pour les historiques reggaemen des Raspigaous mais je m'envole ensuite sur mon fidèle destrier (miraculeusement intact) pour d'autres aventures, en félicitant encore une fois les organisateurs pour cette bien belle soirée. Et pour finir : Handicap International organise une pyramide de chaussures le samedi 30.09.2006, pour dire non aux bombes à sous-munitions - à Marseille ça se passera sur le Cours Julien de 10 h à 19 h. En attendant, une dernière pour photo pour le plaisir ?
En bonus, quelques vidéos souvenirs (qualité appareil photo) par ici
Post Scriptum : la soirée a rassemblé 60 bénévoles, 600 personnes, 9 groupes... et environ 12 000 € de dons pour Handicap International !! Succès musical, mais aussi "commercial" donc, pour cette initiative généreuse ! Encore bravo !!
Vibrion & Dupain - 14 janvier 2006 - Escale Saint Michel - Aubagne L'Escale St Michel d'Aubagne organise ce soir une rencontre alléchante entre deux formations coups de cœurs de Live In Marseille, les occitans enragés de Dupain et le slam obsessionnel de Vibrion. .../...
L'Escale St Michel d'Aubagne organise ce soir une rencontre alléchante entre deux formations coups de cœurs de Live In Marseille, les occitans enragés de Dupain et le slam obsessionnel de Vibrion. Poésie, engagement et transe sont à prévoir. D’autant que les passerelles sont nombreuses entre les deux groupes et cela laisse envisager un bœuf prometteur. C'est en pensant à cela dans le bus qui nous mène à Aubagne qu'on en oublie presque de pester contre la pauvreté du transport public à Marseille et se dire qu'il va falloir faire du stop pour rentrer.
150-200 personnes c'est peu dans le public. Le marseillais est frilleux dès qu'il faut se déplacer, sortir de la ville et les deux formations ont pas mal jouer ces derniers temps. C'est con parce qu'en écoutant la bande-annonce de ce qu'il va bientôt y passer (Mon Côté Punk, On s'fait une bouffe, Oshen, La Compagnie Jolie Môme,...), le lieu mérite le détour pour sa programmation. Le programateur de l''Escale prend la parole pour insister le plaisir d'organiser cette rencontre. Et on se dit que c'est étrange que personne n'y ai pensé avant.
Le guitariste et le violoncelliste de Vibrion entre sur scène. Et déjà, je suis scotché. Impressionant comme ils dégagent autant avec leur musique. J'avoue être en admiration devant ce gratteux depuis un duo hypnotique avec un joueur de khora, lors du concert de soutien à CQFD. Discret, voir éffacé (une amie l'appele l'elfe à la fois pour sa discretion et son physique), il est capable de distiller les touches qui achèvent d'installer la magie de la musique de Vibrion. Après cette mise en bouche, le reste du groupe entre sur scène. J'ai pourtant assisté à beaucoup de concerts du groupe, et cette fois encore ils m'ont paru se surpasser. Pour celles et ceux qui n'auraient pas lu les chroniques précédentes, rappelont que Vibrion c'est du slam aux instrumentaux électro-acoustique obsessionnels et hypnotiques. Lorsque l'on pense slam, c'est le côté texte qui s'impose. Cela serait une grave erreur de négliger la part musicale de Vibrion. Même si les deux slammeurs (Eric Cartier et Fredéric Nevchehirlian) prennent possession de la scène, le trio en retrait (Christophe Isselée, le guitariste, Julien Lefevre le violoncelliste et Stéphane Paulin, le bassiste, percussionniste) peuvent d'une basse lourde, d'un riff acéré ou de quelques notes, d'une nappe de violoncelle obsédante renforcer cette ambiance envoutante. Fredéric Nevchehirlian est toujours habité par ses textes, il ne tient pas en place, ses mains parlant presque autant que sa voix, son flow est impressionant et la poésie fuse. Eric Cartier est plus calme, sa voix plus basse. Mais que ce soit sur les obsessionels la Cage ou G8 ans, il vous prend aux trippes et ne vous lache pas. Sam Karpiénia des Dupain viendra apporter ses choeurs sur Khora. Vibrion ? Un groupe ensorcelant. Surement la faute aux elfes !
Après une pause la tribu Dupain (Sam Karpiena au chant et à la harangue, Samuel de Agostini à la batterie, Pierre-Laurent Bertolino à la vielle à roue, Noël Baille à la basse et Daniel Caglione à la mandole) prend le relais. Ils sont remontés à bloc. Sam, en tribun social, prône la révolte, la chanson Les Vivants étant dédicacés au militants qui se bougent pour changer les choses. On savait le groupe engagé mais le dernier album enfonce le clou. Mais en plus de propos politiques, la musique de Dupain est des plus efficaces. entre la vielle à roue qui se fait obsédante, les percus et la basses qui enracinent le son et la mandoline qui oscille entre un son trad', dansant et une saturation très rock. On y retrouve la démarche de Gancha empega, les instruments traditionnels, le chant en occitan sont au service d'un son très urbain. L'héritage est actualisé. Le verbe est acéré, l'utilisation, nouvelle pour eux, du français encourage à l'ouverture. La salle est d'ailleurs à fond, ça danse, s'interpelle en occitan. Port-de-Bouc, berceau du groupe avec le quartier de La Plaine, est en force. Le troublant Feniant, en occitan, raconte l'histoire, locale et malheureusement universelle, de ce vieil ouvrier utilisé par son patron et jeter comme une merde. Dupain freine son rythme, les percus et la basse sont lourdes, la vielle à roue obsédante, on est pris aux tripes. L'ambiance repartira, toujours dansante et revendicative avec des titres comme Tout le mode, Les Vivants,... La complicité avec la salle est à son paroxisme et lorsqu'ils quittent la scène, le rappel ne tarde pas. Avec tout d'abord un duo hypnotique avec la vielle à roue et la batterie. Le son monte, te noue et explose. Fred de Vibrion interviendra dans un morceau avec son flow martelé et efficace. Lorsque le concert se termine, la bonheur est palpable.
Une excelente soirée avec deux groupes qui allient, chacun dans des style différents, poésie, hargne et instrumentaux tripants.
Photos à venir.
Une interview de Dupain sur les droits d’auteurs et la loi DADVSI : 40 minutes où ils parlent aussi de leurs parcours atypique d’une major à un label indépendant, de leur musique, prochain concert, sortie d’album etc... C’est sur : http://www.meltingtalks.com Réagir à cette critique